802.1X
Contrôle d'accès au réseau : le commutateur n'ouvre le port qu'après validation de l'équipement par un serveur RADIUS.
3.3 · Bastion, VPN, 802.1XBase de connaissance · réseau, cloud, risque, homologation
Rédigé par Jawad Boujnane, Ingénieur Cybersécurité GRC.
Mon espace personnel pour centraliser, structurer et partager mes connaissances.
Du paquet réseau au dossier d'homologation, en passant par le cloud, l'architecture et la gestion des risques.
Des notes techniques, des schémas et des retours d'expérience, enrichis au fil de mes apprentissages.
Dix chapitres, du réseau à l'homologation. Chaque chapitre a sa couleur, comme les lots d'un plan d'architecte : on la retrouve dans le sommaire, les codes des modules et les figures.
ISP, homologation, IGI 1300, II 901, IM 900, ISO 27001, tiers.
10 chapitres · 32 modulesune couleur par chapitre, comme les lots d'un plan
Même base, deux chemins. L'ingénieur suit la route technique, du paquet au SOC ; le RSSI suit la route de la décision, du risque à l'homologation.
Le vocabulaire du risque et les principes qui tranchent avant tout achat : besoin DICT, défense en profondeur, moindre privilège.
1.1Fondations
Le vocabulaire du risque et les cinq principes qui tranchent d'avance — avant d'acheter quoi que ce soit.
Savoir formuler un besoin en DICT (disponibilité, intégrité, confidentialité, traçabilité), distinguer menace, vulnérabilité et risque, et citer pour chaque principe (moindre privilège, défense en profondeur, refus par défaut) un exemple de mesure.
Ces principes servent à trancher avant d'acheter : un projet qui ne sait pas dire son besoin DICT n'est pas prêt pour un choix de solution. Les exiger dès l'expression de besoin évite de payer deux fois.
Avant les outils, il y a des distinctions qui tiennent dans le temps. Ce module pose le vocabulaire commun et les principes qui permettent de dire non à une mauvaise idée sans se fâcher avec personne.
Six termes, une définition opérationnelle, et l'erreur qui coûte cher.
| Terme | Définition opérationnelle | Exemple (cloud) | Erreur fréquente |
|---|---|---|---|
| Actif | Ce qui a de la valeur et qu'on protège (donnée, service, compétence, image). | Base Postgres d'un service client | Compter les serveurs et oublier les données et les identités |
| Vulnérabilité | Faiblesse exploitable : technique, de configuration, de processus ou humaine. | Bucket S3 à policy publique, dépendance non patchée | La réduire à un CVE : la mauvaise configuration domine |
| Menace | Ce qui peut exploiter la faiblesse (acteur, capacité, intention, opportunité). | Rançongiciel opportuniste, fraude au président | Imaginer un attaquant omniscient et gonfler la sévérité |
| Risque | Combinaison d'un impact et d'une vraisemblance, dans un contexte donné. | Fuite de données clients via un accès trop large | Traiter le risque brut et jamais le risque résiduel |
| Contrôle | Ce qui réduit le risque : préventif, détectif ou correctif. | SCP d'organisation, MFA matérielle, sauvegarde immuable | Confondre contrôle et produit acheté |
| Preuve | Trace datée, attribuable et rejouable qu'un contrôle fonctionne. | Journal de révocation, rapport de restore, ticket d'écart | Prendre une capture d'écran pour la preuve d'un contrôle permanent |
Quand deux options se valent techniquement, ces principes départagent — et se vérifient.
| Principe | Ce que ça veut dire | Ce que ça casse | Signal de vérification |
|---|---|---|---|
| Moindre privilège | Chaque identité a le droit minimum, pour une durée bornée, sur une ressource nommée. | Les droits hérités « au cas où » et les comptes partagés | Combien de rôles ont un * dans une politique ? Combien de droits permanents ? |
| Défense en profondeur | Aucune couche n'est censée suffire : l'attaquant doit en franchir plusieurs. | Le pari sur un produit unique « qui règle tout » | Quelle couche absorbe si la précédente échoue ? |
| Refus par défaut | Ce qui n'est pas explicitement autorisé est refusé, et le refus est journalisé. | Les flux implicites, l'accès « même réseau » | Le refus apparaît-il dans les journaux avec son motif ? |
| Séparation des tâches | Celui qui décide, celui qui exécute et celui qui contrôle ne sont pas la même personne. | Le compte administrateur unique, l'auto-approbation en production | Qui peut modifier une politique sans revue ? |
| Échec sûr | En panne, le système se ferme ou se dégrade proprement — jamais il ne s'ouvre. | Le mode dégradé oublié, l'accès de secours toujours ouvert | Que se passe-t-il si l'annuaire est indisponible ? Le mode dégradé a-t-il été testé ? |
Ces principes se traduisent en questions concrètes en revue de design : c'est ce qui les rend opposables.
Raisonner par couche évite de croire qu'un EDR remplace l'identité faible.
| Couche | Ce qu'elle arrête | Ce qu'elle n'arrête pas | Contrôle de secours |
|---|---|---|---|
| Identité et accès | Vol de mot de passe, accès depuis un poste non conforme, élévation | Session déjà ouverte, jeton volé, identité de service | Détection d'abus d'identité, durée de session courte, révocation rapide |
| Poste et endpoint | Exécution malveillante, rançongiciel, mouvement latéral depuis le poste | Attaque directe sur une API exposée, compromission d'un compte cloud | EDR managé, durcissement, inventaire des logiciels, restauration |
| Réseau et segmentation | Mouvement latéral, exfiltration, accès aux interfaces d'administration | Trafic chiffré autorisé, hameçonnage, fuite par un SaaS approuvé | Filtrage sortant, DNS filtré, détection réseau, cloisonnement par zone |
| Application et code | Injection, logique métier détournée, dépendance vulnérable | Abus légitime de fonctionnalité, erreur de configuration | Revue de code, SAST/SCA, tests, limitation de débit, journalisation applicative |
| Données et cryptographie | Lecture après vol de support ou d'instantané, altération silencieuse | Clé compromise, données exfiltrées avec des droits légitimes | KMS/HSM, séparation des clés, rotation, DLP, classification |
| Journalisation et sauvegarde | Effacement des traces, extension des privilèges non détectée | Attaque pendant la fenêtre de rétention, sauvegarde corrompue non testée | Journalisation immuable, horodatage, restauration testée, comptes dédiés |
Vulnérabilité (faiblesse exploitable). La menace est l'acteur qui la trouve et l'exploite ; le risque est la combinaison impact × vraisemblance dans le contexte considéré.
Déclaré : documenté dans une politique ou un schéma. Testé : exécuté et tracé (date, opérateur, résultat). Un auditeur ne paie qu'avec le second.
Quelle couche absorbe l'échec de celle-ci. Aucune couche n'est suffisante seule : c'est le principe de défense en profondeur.
Ce qu'il faut savoir du réseau avant de le sécuriser : le trajet d'un paquet, la commutation (VLAN, STP, EtherChannel) et le routage (OSPF, BGP, redondance).
2.1Réseau
Sécuriser un réseau commence par savoir ce qu'il fait : un poste obtient une adresse, résout un nom, trouve sa passerelle, puis traverse un pare-feu qui traduit et retient la session.
192.168.10.0/24 contient 254 adresses utilisables, de .1 à .254.Savoir dire à quelle couche travaille un équipement, calculer un sous-réseau en /24 ou /26, et suivre le trajet d'une requête (DHCP, DNS, ARP, routage, NAT). C'est ce qui permet de diagnostiquer avant d'accuser le pare-feu.
DNS, DHCP et la passerelle sont des actifs critiques : qui les détourne détourne tout le trafic. Exiger qu'ils figurent dans la cartographie, la supervision et l'analyse de risque, au même rang que les serveurs métier.
Ce module donne le minimum vital : les couches, l'adressage, les services de base et le trajet complet d'une requête. C'est la grammaire de tous les modules de sécurité réseau qui suivent.
Les plages à reconnaître d'un coup d'œil dans une configuration ou un journal.
| Plage | Usage | À savoir |
|---|---|---|
10.0.0.0/8 · 172.16.0.0/12 · 192.168.0.0/16 | Adresses privées (RFC 1918), non routées sur Internet | Sortie vers Internet par NAT ; deux sites qui utilisent la même plage se chevauchent |
127.0.0.0/8 | Boucle locale : la machine elle-même | Un service qui n'écoute que sur 127.0.0.1 n'est pas joignable depuis le réseau |
169.254.0.0/16 | Adresse automatique de lien local | Symptôme typique : le poste n'a pas trouvé de serveur DHCP |
192.0.2.0/24 · 198.51.100.0/24 · 203.0.113.0/24 | Plages de documentation (RFC 5737) | À utiliser dans les schémas et les exemples : jamais l'adresse réelle d'un client |
IPv6 fe80::/10 · fc00::/7 | Lien local, adresses locales uniques (l'équivalent du privé) | L'IPv6 est souvent actif par défaut : il se filtre et se supervise aussi |
Rarement dans le périmètre d'un audit applicatif : c'est précisément pour cela qu'ils sont visés.
| Service | Rôle | Attaque typique | Parade |
|---|---|---|---|
| DHCP (UDP 67, 68) | Attribue adresse, masque, passerelle, DNS | Faux serveur DHCP qui se déclare passerelle | DHCP snooping sur les commutateurs |
| ARP | Trouve l'adresse MAC d'une IP voisine | Usurpation ARP : l'attaquant s'interpose entre deux machines | Inspection ARP dynamique, segmentation |
| DNS (UDP et TCP 53) | Traduit un nom en adresse | Réponse falsifiée ; données exfiltrées cachées dans les requêtes | Résolveurs internes maîtrisés, DNSSEC, journalisation des requêtes |
| NAT | Traduit adresses privées et publiques | Exposition involontaire par une redirection de port oubliée | Revue des redirections, inventaire d'exposition |
| NTP (UDP 123) | Donne l'heure | Horloges décalées : journaux inexploitables, certificats refusés | Sources de temps internes et authentifiées |
Il constate que la destination est hors de son sous-réseau (troisième octet différent avec un masque /24). Il obtient l'adresse MAC de sa passerelle par ARP et lui envoie la trame ; le routage, et le filtrage, se font sur la passerelle.
Il n'a pas obtenu de bail DHCP et s'est attribué une adresse de lien local. À vérifier : le lien, le VLAN du port, la joignabilité du serveur DHCP ou du relais DHCP.
Parce qu'il mémorise la session ouverte (adresses, ports, état TCP) : le retour qui correspond à une session autorisée passe automatiquement. Un filtrage sans état exigerait une règle dans chaque sens.
2.2Réseau
Le réseau local se découpe en VLAN, se protège des boucles avec Spanning Tree et gagne en débit et en redondance avec EtherChannel : trois mécanismes à connaître avant de parler de segmentation.
Savoir configurer un port d'accès et un trunk, lire une étiquette 802.1Q, reconnaître le pont racine et le port bloqué d'une topologie Spanning Tree, et expliquer pourquoi un agrégat LACP survit à la perte d'un lien.
Un VLAN cloisonne, mais il n'est pas une frontière de sécurité à lui seul : le contrôle se fait au routage entre VLAN. Exiger que ce routage passe par un point de filtrage, et que les protections de couche 2 soient activées sur les ports utilisateurs.
Ce module couvre la couche 2 : comment on découpe un réseau local, comment on évite qu'il s'effondre sur une boucle, et comment on double les liens sans créer de boucle.
Ce qu'un poste branché sur une prise peut tenter, et ce que le commutateur doit empêcher.
| Attaque | Ce que fait l'attaquant | Parade sur le commutateur |
|---|---|---|
| Saut de VLAN | Négocie un trunk depuis un port d'accès, ou double l'étiquette pour atteindre un autre VLAN | Ports d'accès forcés en accès, négociation de trunk désactivée, VLAN natif inutilisé |
| Usurpation du pont racine | Annonce une priorité Spanning Tree plus basse pour devenir racine et voir le trafic | BPDU Guard sur les ports d'accès, Root Guard vers la périphérie |
| Saturation de la table MAC | Inonde de fausses adresses MAC : le commutateur diffuse tout, comme un concentrateur | Port security : nombre d'adresses MAC limité par port |
| Faux DHCP, usurpation ARP | Se déclare passerelle, s'interpose entre les postes | DHCP snooping, inspection ARP dynamique |
| Branchement sauvage | Un équipement inconnu sur une prise libre | 802.1X, ports inutilisés désactivés et placés dans un VLAN poubelle |
La norme et le réglage à vérifier en revue de configuration.
| Mécanisme | Problème résolu | Norme | Réglage à vérifier |
|---|---|---|---|
| VLAN, trunk | Séparer des réseaux sur le même matériel | IEEE 802.1Q | Liste des VLAN autorisés sur chaque trunk ; VLAN natif dédié et inutilisé |
| Spanning Tree | Éviter les boucles d'une topologie redondante | 802.1D, 802.1w (RSTP), 802.1s (MSTP) | Pont racine désigné par sa priorité ; BPDU Guard en accès |
| EtherChannel, LACP | Agréger des liens : débit et redondance | IEEE 802.3ad, repris dans 802.1AX | Même vitesse et même configuration sur tous les membres ; LACP en mode actif |
Pas directement : ils sont dans deux réseaux de niveau 2 distincts. Il faut un routage entre VLAN (routeur, commutateur de niveau 3 ou pare-feu). Placer ce routage sur un pare-feu permet de filtrer et de journaliser le passage.
Parce qu'une topologie redondante crée des boucles en couche 2, où les trames de diffusion tourneraient sans fin. Spanning Tree garde un seul chemin actif vers le pont racine et met les autres en secours. Pour utiliser tous les liens entre deux équipements, on les agrège en EtherChannel.
Mode accès forcé (pas de négociation de trunk), BPDU Guard (le port se coupe s'il reçoit une annonce Spanning Tree), port security ou 802.1X, et le bon VLAN métier. Un port inutilisé est désactivé.
2.3Réseau
Un routeur choisit le meilleur chemin selon sa table : écrite à la main (statique), apprise des voisins de l'entreprise (OSPF) ou négociée avec les autres réseaux d'Internet (BGP).
10.1.2.0/24 l'emporte sur 10.0.0.0/8). La route par défaut (0.0.0.0/0) attrape tout le reste.Savoir lire une table de routage, expliquer pourquoi le préfixe le plus long gagne, faire la différence entre OSPF (à l'intérieur) et BGP (entre réseaux), et décrire une bascule VRRP.
Le routage est un plan de contrôle : qui peut annoncer une route peut détourner du trafic. Demander que les sessions de routage soient authentifiées, que les annonces BGP soient filtrées, et que chaque changement de routage ait un retour arrière testé.
Ce module donne les bases du routage : lire une table, distinguer routage interne et externe, rendre une passerelle redondante. Assez pour suivre une revue d'architecture réseau et repérer ce qui doit être protégé.
Le choix du protocole fixe aussi le risque à maîtriser.
| Protocole | Où | Comment il choisit | Risque à maîtriser |
|---|---|---|---|
| Routes statiques | Petits réseaux, liens simples, route par défaut | Ce que l'administrateur a écrit | Route oubliée qui survit des années ; aucune bascule automatique |
| OSPF | À l'intérieur d'une organisation (IGP) | Plus court chemin, selon un coût lié au débit | Voisin non authentifié qui injecte des routes : authentifier les adjacences |
| BGP | Entre organisations, vers les opérateurs (EGP) | Politique : préférences, chemin d'AS, filtres | Annonce erronée ou détournement de préfixe : filtres, RPKI, surveillance des annonces |
| VRRP, HSRP | Passerelle des postes | Priorité : le routeur maître répond pour l'adresse virtuelle | Annonces non authentifiées : un tiers peut se déclarer maître |
Un routeur se protège comme un serveur critique, parce qu'il en est un.
| Élément | Pourquoi c'est sensible | Mesure |
|---|---|---|
| Accès d'administration | Qui administre le routeur contrôle le trafic | Réseau d'administration dédié, bastion, SSH, comptes nominatifs |
| Sessions de routage | Une route injectée détourne ou coupe le trafic | Authentification des voisins, filtres d'annonces |
| Configuration | Une erreur de saisie peut isoler un site | Gestion des changements, sauvegarde, retour arrière testé |
| Journaux et heure | Sans eux, impossible de reconstituer un incident | Journalisation centralisée, NTP interne |
| Tables séparées (VRF) | Plusieurs réseaux partagent le même équipement | Une VRF par niveau de confiance ; fuites de routes déclarées et justifiées |
Vers B : la route la plus précise (le plus long préfixe, /24) l'emporte sur la route générale (/8), quel que soit l'ordre de saisie.
Parce qu'il choisit parmi les chemins annoncés selon des préférences administratives (opérateur préféré, chemin d'AS, filtres) et non selon la seule distance. C'est aussi pourquoi une annonce erronée se propage : chaque voisin applique sa politique à ce qu'on lui envoie.
Rien, idéalement : il continue d'envoyer vers la même adresse de passerelle virtuelle, désormais tenue par le routeur de secours. Les sessions en cours peuvent subir une interruption de quelques secondes.
Filtrer, cloisonner, administrer : pare-feu et DMZ, WAF et IPS, zones de confiance et matrice de flux, bastion, VPN et 802.1X.
3.1Sécurité réseau
Un pare-feu ne protège que ce qu'on lui a appris à refuser : la valeur est dans la politique (refus par défaut, flux déclarés, journalisation), pas dans la boîte.
Savoir dire ce que voit un filtrage sans état, un pare-feu à états et un NGFW ; placer reverse proxy, WAF, relais de messagerie et proxy sortant dans une DMZ ; écrire une règle avec source, destination, service, action et journalisation.
Un pare-feu ne vaut que par sa politique : exiger une revue périodique des règles (propriétaire, besoin, expiration), le refus par défaut et la journalisation. Pour un SI sensible, la double barrière et le proxy sortant sont des attendus d'architecture.
Ce module présente les équipements de filtrage, ce que chacun voit, où il se place, et comment s'écrit une politique de flux qui tient dans le temps.
Chacun voit une partie du flux ; aucun ne voit tout.
| Équipement | Où il se place | Ce qu'il bloque | Ce qu'il ne voit pas |
|---|---|---|---|
| Pare-feu à états | Entre zones de confiance | Flux non déclarés : adresses, ports, sessions | Le contenu d'un flux autorisé ; l'abus d'un compte légitime |
| NGFW | En bordure, entre zones sensibles | Applications et utilisateurs non autorisés, signatures d'attaque | Le trafic chiffré qu'il ne déchiffre pas |
| Reverse proxy + WAF | Devant une application web exposée | Injections, abus de requêtes, robots | Une faille de logique métier ou d'autorisation |
| Proxy sortant | Entre les utilisateurs et Internet | Sites malveillants, catégories interdites, téléchargements | Ce qui le contourne, si la sortie directe n'est pas bloquée |
| IDS | En écoute, sur une copie du trafic | Rien : il alerte | Ce qu'il ne reçoit pas en copie |
| IPS | En ligne, sur le chemin | Exploits connus, en temps réel | Les attaques sans signature ; un faux positif coupe un flux légitime |
Cinq champs, et la règle se relit encore dans trois ans.
| Champ | Ce qu'on y met | Pourquoi |
|---|---|---|
| Source et destination | Des objets nommés (groupe, zone), pas des adresses brutes | Une règle se relit ; une adresse isolée ne dit rien de son usage |
| Service | Le port et le protocole exacts | « any » est un aveu : personne ne sait ce qui doit passer |
| Action et journalisation | Autoriser ou refuser, et toujours journaliser | Sans journal, ni enquête ni preuve en audit |
| Besoin et propriétaire | Le ticket, l'application, la personne qui répond | Une règle sans propriétaire ne sera jamais supprimée |
| Échéance | Une date de revue ou d'expiration | Les règles temporaires deviennent permanentes par oubli |
C'est le socle que l'on retrouve dans les recommandations de l'ANSSI pour l'interconnexion d'un SI à Internet : zones distinctes pour ce qui est exposé, flux sortants par un relais, refus par défaut.
Le reverse proxy (avec WAF) en DMZ ; le serveur applicatif et la base en zone interne. Flux autorisés : Internet vers le reverse proxy en HTTPS, reverse proxy vers le serveur applicatif sur un port déclaré, serveur applicatif vers la base. Aucun accès direct d'Internet ni de la DMZ à la base.
Pour qu'une même vulnérabilité ou une même erreur de configuration ne suffise pas à traverser les deux barrières. C'est la défense en profondeur appliquée au périmètre ; le prix est une exploitation un peu plus lourde.
Cela dépend du coût d'un faux positif. Un IPS bloque en temps réel mais peut couper un flux légitime : on le passe d'abord en observation, on ajuste, puis on bloque. Un IDS n'interrompt rien, mais il faut quelqu'un pour traiter ses alertes.
3.2Sécurité réseau
Le périmètre n'est plus un mur : c'est un ensemble de zones, de flux déclarés et de décisions journalisées.
Savoir définir des zones de confiance, rédiger une ligne de matrice de flux (source, destination, service, justification, propriétaire) et expliquer la différence entre VPN, ZTNA et SASE.
La matrice de flux est la pièce qui prouve la segmentation : sans elle, un schéma de zones n'est qu'une intention. Exiger qu'elle soit tenue à jour, revue, et reliée aux règles réelles des pare-feu.
Le réseau reste la grammaire de base : on ne peut pas discuter d'architecture cloud sans savoir ce qu'est un flux, une zone et une frontière. Ce module donne la grille de lecture que le cloud réutilise telle quelle (VPC, security groups, points de terminaison).
Ce qui revient systématiquement dans une conversation technique, même en full cloud.
| Notion | Ce qu'il faut savoir | Pourquoi c'est un sujet de sécurité |
|---|---|---|
| Adressage et CIDR | Une plage s'écrit 10.20.0.0/16 : 16 bits fixes, le reste variable. On découpe en sous-réseaux par usage, pas par étage. | Un chevauchement de plages entre deux réseaux interdit tout routage propre et force des contournements. |
| DNS | Résolution de noms : c'est le premier service appelé et le plus souvent oublié dans l'inventaire. | Qui contrôle le DNS contrôle la destination : DNS filtré, enregistrements surveillés, DNSSEC côté zones publiques. |
| Flux et ports | Un flux = source + destination + protocole + port + sens + authentification. | Une règle any/any interne annule la segmentation : il faut nommer le service et le port. |
| Chiffrement TLS | TLS 1.3 en standard ; le certificat prouve l'identité du serveur ; mTLS ajoute celle du client. | Un flux interne non chiffré est lisible par un attaquant déjà présent : chiffrer ne remplace pas segmenter, mais limite. |
Une zone n'est pas un VLAN : c'est un niveau de confiance, avec un contrôle imposé et un propriétaire.
| Zone | Ce qu'elle contient | Contrôle imposé | Piège classique |
|---|---|---|---|
| z0 · Bordure exposée | Points d'entrée Internet : répartiteurs, pare-feu, passerelles applicatives | Filtrage, limitation de débit, journalisation complète, correctifs rapides | Y laisser une interface d'administration joignable depuis Internet |
| z1 · DMZ et services d'exposition | Reverse proxies, serveurs de rebond, collecteurs de fichiers | Zone sacrifiable par conception : aucune donnée de production, aucun accès direct au cœur | Utiliser la DMZ comme zone de transit vers la production |
| z2 · Applications et API | Services métier, API, ordonnanceurs, files de messages | Politique applicative nommée : qui appelle quoi, avec quelle authentification | Ouvrir les flux « pour que ça marche » sans propriétaire nommé |
| z3 · Données et journaux | Bases, entrepôts, stockage objet, journaux, sauvegardes | Aucun accès direct depuis les postes ; chiffrement ; immuabilité des journaux et sauvegardes | Laisser un compte applicatif écrire dans les journaux qu'il produit |
| z4 · Administration et supervision | Bastions, consoles cloud, outils de supervision, coffre de secrets | MFA matérielle, poste dédié, élévation à la demande, session enregistrée | Confondre zone d'administration et zone applicative — c'est le rang 0, il administre tout le reste |
La z4 est la plus critique : qui la compromet n'a plus besoin d'exploiter une faille applicative.
Trois réponses à trois questions différentes — les mélanger, c'est promettre ce qu'on ne livre pas.
| Solution | Ce qu'elle donne accès | Où se prend la décision | Ce qu'elle ne règle pas |
|---|---|---|---|
| VPN | Un réseau : une fois connecté, on atteint tout ce que le routage autorise. | Au point d'entrée, une fois pour toutes : l'identité est vérifiée à la connexion. | Le mouvement latéral dans le réseau, la visibilité applicative, l'accès des prestataires non maîtrisés. |
| ZTNA | Une application précise, jamais un réseau. | À chaque requête : identité + contexte + posture, la décision est rejouée. | Le trafic SaaS direct qui ne passe pas par le tunnel, ni la donnée déjà copiée par un utilisateur légitime. |
| SASE / SSE | Un plan de contrôle cloud unifié : web, SaaS, applications privées, avec politique unique. | Dans le nuage de sécurité, au plus près de l'utilisateur, quel que soit son lieu. | L'authentification elle-même, et la qualité des politiques : un mauvais réglage reste une mauvaise règle, simplement appliquée partout. |
SSE = les fonctions de sécurité du SASE (ZTNA, passerelle web, CASB, filtrage DNS, pare-feu en service). SASE y ajoute la partie réseau (SD-WAN).
Une matrice de flux est un document d'ingénierie : six colonnes suffisent à la rendre opposable.
| Champ | Pourquoi il est obligatoire | Exemple |
|---|---|---|
| Besoin métier | Un flux sans besoin métier écrit est un flux à supprimer : c'est ainsi qu'on ferme une surface. | « Le service de paie consulte l'annuaire pour valider les comptes » |
| Propriétaire | Une personne, jamais une équipe — sinon personne ne tranche en cas de doute. | Responsable de la plateforme paie (nom, pas service) |
| Service et port | Nommer le protocole empêche l'ouverture générique « pour que ça marche ». | HTTPS 443 sortant vers le connecteur d'annuaire |
| Sens et déclencheur | Un sens unique réduit la surface : le retour est souvent inutile. | Entrant uniquement ; aucun appel retour côté annuaire |
| Authentification | Sans authentification, le flux est ouvert à qui atteint l'adresse. | mTLS + rôle applicatif dédié |
| Test de non-accès | C'est la preuve que la segmentation existe vraiment, et pas seulement sur le schéma. | Depuis z2, la base en z3 refuse la connexion — journal à l'appui |
Avant toute micro-segmentation : 30 jours d'observation des flux réels. Sans inventaire, on conçoit des exceptions, pas des règles.
On ne donne pas un réseau : on expose une application ou une API précise, avec authentification, depuis une zone dédiée, avec journalisation, et un test de non-accès. Le besoin métier et le propriétaire doivent être écrits.
Parce que les flux réels diffèrent presque toujours des flux documentés. Sans inventaire, on conçoit des règles à l'aveugle et on multiplie les exceptions ouvertes.
À la décision d'accès applicative (ZTNA / politique), pas au tunnel réseau : le tunnel prouve seulement que l'utilisateur atteint le point d'entrée.
3.3Sécurité réseau
Les accès les plus puissants doivent être les plus contrôlés : un poste d'administration dédié, un bastion qui trace tout, des tunnels chiffrés, et un réseau qui vérifie qui se branche.
Savoir décrire le trajet d'une session d'administration (poste dédié, bastion, cible), la différence entre tunnel de site à site et accès nomade, et les trois acteurs de 802.1X (supplicant, authentificateur, serveur RADIUS).
L'administration est la question posée à chaque commission d'homologation : par où passent les administrateurs, avec quel poste, et comment le prouver. Le bastion, ses journaux et la revue des comptes à privilèges répondent aux trois.
Ce module couvre les accès privilégiés et distants : comment on administre sans s'exposer, comment on relie des sites et des nomades, et comment on empêche un équipement inconnu de se brancher.
Chaque brique laisse une preuve, et c'est la preuve que l'on montre en audit.
Vérifié le 11/10/2026
| Brique | Rôle | Preuve attendue |
|---|---|---|
| Poste d'administration dédié | Séparer l'administration des usages exposés (messagerie, web) | Inventaire des postes, configuration durcie |
| Zone et réseau d'administration | Faire circuler les flux d'administration à part | Matrice de flux, VLAN ou VRF dédiés |
| Bastion | Point de passage unique, authentification forte, traçabilité | Journaux et enregistrements de session |
| Coffre de secrets | Mots de passe des comptes à privilèges gérés, renouvelés, jamais vus | Historique d'accès au coffre, rotation |
| Revue des comptes | Retirer les droits devenus inutiles | Compte rendu daté, signé par le responsable |
Référence : recommandations de l'ANSSI relatives à l'administration sécurisée des systèmes d'information (PA-022, version 3.0 de 2021).
Ce que chaque solution ouvre, et quand la choisir.
| Solution | Ce qu'elle ouvre | Quand l'utiliser | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| VPN IPsec de site à site | Un réseau à un autre réseau | Relier deux sites de confiance équivalente | Filtrer quand même ce qui traverse le tunnel |
| VPN nomade (IPsec ou TLS) | Le poste aux réseaux autorisés | Applications internes, périmètre réseau défini | Un poste compromis peut atteindre les routes et flux autorisés : limiter les accès et segmenter |
| ZTNA | Une application précise | Accès aux applications, prestataires | La décision ne vaut que par ses signaux : identité, état du poste |
| Chiffreur agréé par l'ANSSI | Un lien entre SI sensibles | Information Diffusion Restreinte ou classifiée | Produit et usage fixés par le texte et par l'homologation |
Parce que la messagerie et la navigation sont les premières voies d'intrusion. Si le poste qui détient les accès d'administration est compromis par un courriel piégé, l'attaquant hérite de ces accès. Séparer les usages coupe ce chemin.
L'identification de la personne (comptes nominatifs, MFA), la gestion des secrets (l'administrateur ne connaît pas le mot de passe de la cible) et la traçabilité fine (qui a fait quoi, quand, avec l'enregistrement de la session). Le pare-feu, lui, ne voit que des flux.
ZTNA, ou un accès par bastion : il n'a besoin que de cette application, pas du réseau. Un VPN complet lui donnerait une visibilité et une surface d'attaque bien plus larges que son besoin.
L'identité est devenue le périmètre : IAM, MFA, comptes à privilèges, puis Zero Trust et accès distant.
4.1Identité et accès
Quatre populations, cinq familles de politiques : l'identité est devenue le périmètre, et la preuve se lit dans les journaux.
Savoir distinguer les quatre populations d'identités, choisir un facteur MFA résistant à l'hameçonnage, et décrire le cycle de vie d'un compte, de l'arrivée au départ.
Les comptes à privilèges et les comptes de service sont le premier rayon d'impact d'une intrusion. Exiger une revue périodique, des comptes nominatifs et un MFA résistant à l'hameçonnage pour tout accès d'administration.
L'identité est le nouveau périmètre : l'attaquant n'a plus besoin d'entrer dans un réseau, il a besoin d'un compte. Ce module couvre les quatre populations, la mécanique réelle des politiques cloud et le cycle de vie d'un accès.
Même exigence de fond (identité, portée, journal) mais des moyens très différents.
| Population | Ce qui la protège | Ce qui la casse | Preuve attendue |
|---|---|---|---|
| Collaborateurs | SSO, MFA résistante au hameçonnage, accès conditionnel par contexte | Mot de passe réutilisé, session ouverte, appareil non conforme | Taux d'adoption MFA matérielle, liste des exceptions et leur échéance |
| Administrateurs | Comptes nominatifs, coffre de secrets, élévation à la demande (JIT), session enregistrée | Compte partagé, droits permanents, poste non dédié | Journal d'élévation, durée moyenne de privilège, revue des comptes à privilèges |
| Charges de travail | Identité fédérée (rôle, mTLS, SPIFFE), portée minimale, expiration courte | Clé d'accès dans une variable d'environnement, secret dans le code | Inventaire des identités non humaines, âge des secrets, rotation constatée |
| Agents IA | Identité propre, outils en liste blanche, plafonds quantitatifs, validation humaine | Accès direct aux données et aux outils, absence de journal exploitable | Journal des actions d'agent, tests adverses, procédure d'arrêt d'urgence testée |
Une identité non humaine n'a pas de MFA : sa protection, c'est sa portée et sa durée de vie.
Toutes les multifacteurs ne se valent pas face à la même attaque.
| Méthode | Résiste au hameçonnage | Ce qu'elle arrête | Ce qu'elle n'arrête pas |
|---|---|---|---|
| SMS ou appel | ❌ Non | L'attaque par mot de passe seul, partiellement | La lecture du code relayée en direct, la fraude à la carte SIM |
| Code à usage unique (TOTP) | ❌ Non | Le rejeu ultérieur du mot de passe | La capture en temps réel par un proxy inverse : l'attaquant saisit le code avec la victime |
| Notification push chiffrée (avec numéro) | ⚠️ Partiellement | La plupart des hameçonnages automatiques | La fatigue de notification (spam de validation) : elle se traite par politique, pas par l'utilisateur |
| FIDO2 / passkey (facteur matériel) | ✅ Oui | Le hameçonnage, la reprise de session, la fatigue de notification | Rien de tout cela — le reste du travail porte sur les sessions et les jetons : durée courte, liaison à l'appareil, révocation |
Un facteur lié à l'origine du site ne peut pas être rejoué sur un site cloné : c'est la seule barrière qui tienne face au proxy inverse.
La question n'est pas « qui a le droit ? » mais « quelle intersection autorise ? ».
Vérifié le 26/09/2026
| Famille | Ce qu'elle fait | Ce qu'elle ne fait pas | Où elle vit |
|---|---|---|---|
| Politique d'identité | Autorise des actions sur des ressources pour un principal (utilisateur, rôle, groupe). | N'annule jamais un refus explicite posé ailleurs. | Attachée au principal (ou à son groupe) |
| Politique de ressource | Décrit qui peut accéder à l'objet : seau, clé, file, fonction. | Ne suffit pas seule pour un appel entre deux comptes : les deux côtés doivent autoriser. | Sur la ressource elle-même |
| Garde-fou d'organisation (SCP) | Plafonne ce que le compte peut faire, y compris son compte racine. | N'accorde jamais de droit : c'est un plafond, pas une permission. | À la racine de l'organisation ou sur une unité |
| Limite de permissions | Fixe un plafond attaché à un principal précis (délégation encadrée). | N'accorde aucun droit par elle-même : elle réduit. | Attachée à l'utilisateur ou au rôle |
| Politique de session | Réduit encore la portée le temps d'une session fédérée ou d'un rôle assumé. | Ne survit pas à la session : tout redevient normal au prochain appel d'identifiants. | Fournie au moment de l'obtention des identifiants |
Règle simple à retenir : un refus explicite l'emporte ; sinon il faut un « autoriser » explicite ; sans autorisation, c'est un refus implicite — et tout cela finit dans le journal. La documentation AWS recense neuf types au total : s'y ajoutent les RCP (plafond d'organisation côté ressources, depuis 2024), les politiques de point de terminaison VPC, les ACL et les partages RAM.
C'est là que se perdent les droits : pas à l'ouverture, au changement et au départ.
| Étape | Ce qu'on vérifie | Ce qui est souvent oublié |
|---|---|---|
| Arrivée (joiner) | Qui approuve, quels rôles par défaut, quel appareil, quelle MFA ? | Les rôles « par défaut » trop larges que personne ne revoit jamais |
| Mutation (mover) | Les anciens droits sont-ils retirés quand la fonction change ? | L'accumulation : on ajoute des droits, on n'en retire pas |
| Départ (leaver) | Révocation en heures — sessions, jetons et secrets d'application inclus. | Les jetons déjà émis, les secrets d'application, les comptes de service créés à la main |
| Revue périodique | Qui a accès à quoi, avec quelle justification écrite ? | La revue validée en bloc sans regarder : elle produit une signature, pas une preuve |
| Révocation d'urgence | Procédure testée, périmètre connu, délai mesuré et publié. | Le test : on découvre que la révocation prend trois jours — ou qu'elle ne marche pas sur les jetons |
Un objectif de révocation (« moins de 15 minutes ») se mesure lors d'un exercice, pas dans une politique.
Une fédération OIDC vers un rôle temporaire, une politique de confiance restreinte (émetteur, audience, branche) et des permissions bornées. La clé statique est refusée par défaut : elle ne s'attribue ni ne tourne toute seule.
Les deux refusent, mais le refus explicite est intentionnel et documenté : il protège même si une politique large est ajoutée plus tard par erreur. L'absence d'autorisation dépend de la configuration du moment.
Le compte et ses rôles, mais aussi : sessions actives, jetons, secrets d'application qu'il détenait, comptes de service créés à la main, accès physiques et de télémaintenance.
4.2Identité et accès
La confiance ne vient plus d'un lieu : chaque accès est décidé, journalisé, révocable — et la décision est rejouée en cours de session.
Savoir placer le point de décision (PDP) et le point d'application (PEP), citer les signaux qui nourrissent une décision d'accès, et expliquer pourquoi la décision se rejoue pendant la session.
Zero Trust n'est pas un produit : c'est une trajectoire qui commence par l'inventaire des identités, des équipements et des flux. Demander une feuille de route par étapes plutôt qu'un achat unique.
Zero Trust n'est pas un produit à acheter : c'est un modèle de décision. Ce module explique la boucle réelle d'une requête d'accès, ce qu'elle garantit, ce qu'elle ne garantit pas, et pourquoi le plan de contrôle devient la cible numéro un.
Beaucoup de malentendus coûteux se règlent avec ce tableau.
| Sujet | Ce que Zero Trust change | Ce qu'il ne change pas |
|---|---|---|
| Le périmètre | Il devient granulaire : une application, une action, une donnée. | Il ne disparaît pas : il se déplace de la position réseau vers l'identité et le contexte. |
| L'authentification | Elle se poursuit pendant la session (re-vérification, étape supplémentaire sur action sensible). | Elle ne remplace pas l'autorisation : être authentifié ne dit rien de ce qu'on a le droit de faire. |
| La segmentation | Elle s'appuie sur une politique nommée par service, pas sur un plan d'adressage. | Elle ne rend pas la segmentation réseau inutile : elle la complète, elle ne l'annule pas. |
| Le poste | Sa posture devient une condition d'accès : correctifs, chiffrement, agent de protection actif. | Il ne dispense pas de l'inventaire : un poste inconnu est une condition qu'on ne peut pas évaluer. |
| L'exploitation | Le refus devient normal et journalisé : c'est un signal de détection. | Il n'exonère pas du support aux utilisateurs : un modèle qui bloque l'activité sera contourné. |
Sans ces sources, la décision se réduit à une authentification déguisée.
| Source | Ce qu'elle apporte à la décision | Ce qui se passe si elle manque |
|---|---|---|
| Identité et cycle de vie | Qui agit, avec quel rôle, dans quel état (actif, sortant, suspendu). | Un compte oublié reste autorisé : c'est le chemin le plus court pour un attaquant. |
| Posture et inventaire | L'état de l'appareil et de la charge : correctifs, chiffrement, agent actif. | Un poste compromis accède comme un poste sain : la décision perd sa valeur. |
| Menace et réputation | Indicateurs, campagnes en cours, adresses et domaines signalés. | Aucun ajustement contextuel : pas de durcissement pendant une campagne active. |
| Comportement et journaux | Historique d'accès, dérive, horaires et volumes inhabituels. | Les accès anormaux ne se distinguent pas des accès normaux. |
| PKI et attestation | Certificats, facteur matériel, preuve d'intégrité de la machine. | Impossible de distinguer un utilisateur de la copie de son poste. |
Une politique se versionne et se relit comme du code : qui l'a changée, quand, pourquoi, et quel test l'a validée.
Le modèle échoue rarement pour des raisons techniques.
| Erreur | Symptôme observable | Parade |
|---|---|---|
| Laisser des accès directs « pour ne pas bloquer » | Des ressources joignables hors du point d'application | Inventorier les chemins de contournement, fermer avec une date ou écrire la dette et la faire valider |
| Décider sans source de posture | La politique retombe sur le seul mot de passe | Brancher d'abord posture, inventaire et PKI : ce sont des sources, pas des accessoires |
| Bloquer sans expliquer | Contournements, partage de comptes, « VPN parallèle » | Refus motivé, canal de support, mode dégradé borné et journalisé |
| Oublier la supervision du plan de contrôle | Une compromission du moteur de décision ouvre tous les accès | Plan de contrôle isolé, administration dédiée, journalisation immuable, alertes sur les modifications de politique |
| Croire que c'est un projet avec une fin | La politique se périme silencieusement | Revue périodique, propriétaire nommé, tests de refus rejoués à chaque évolution |
Toute ressource joignable hors du point d'application est un chemin de contournement : il faut l'inventorier, puis décider de le fermer ou d'assumer la dette par écrit, avec un propriétaire et une échéance.
Parce qu'il devient un signal de détection (tentatives anormales) et une preuve que la politique est appliquée. Un refus silencieux ne produit ni sécurité observable, ni matière à investigation.
Le Policy Engine évalue la politique et rend une décision ; le Policy Administrator la traduit en instruction concrète vers le point d'application (ouvrir, restreindre, révoquer). Aucun des deux ne voit le flux de données.
Ce qu'est le cloud, qui est responsable de quoi, et comment le sécuriser chez n'importe quel fournisseur : zone d'accueil, identité, chiffrement, conteneurs, chaîne logicielle.
5.1Cloud et DevSecOps
Le cloud n'est pas « l'ordinateur de quelqu'un d'autre » : c'est un service à la demande, élastique et mesuré, dont on choisit le modèle (IaaS, PaaS, SaaS) et le déploiement (public, privé, hybride) selon le besoin et la sensibilité des données.
Savoir expliquer les cinq caractéristiques du cloud, classer une offre en IaaS, PaaS ou SaaS, et dire pour chacune ce qui reste à la charge du client : données, identités, accès, et selon le modèle, système et application.
Le choix du modèle et du fournisseur est d'abord un choix de risque : sensibilité des données, droit applicable, réversibilité. Exiger que la localisation, le droit applicable et la sortie soient contractualisés avant la migration, pas après.
Ce module pose le vocabulaire du cloud et ses grands choix, avant d'aborder sa sécurité : qui gère quoi selon le modèle, où vivent les données, et ce que change la souveraineté.
Ce que le client garde à sa charge, et où se produisent les incidents.
| Modèle | Exemple de service | Ce que gère le client | Risque fréquent |
|---|---|---|---|
| IaaS | Machines virtuelles, réseaux virtuels, stockage | Système, correctifs, réseau virtuel, applications, données | Machine exposée, non corrigée, ouverte au monde |
| PaaS | Base de données gérée, fonctions, conteneurs gérés | Code, configuration, identités, données | Paramétrage public par défaut, secrets dans le code |
| SaaS | Messagerie, gestion de la relation client, suite bureautique | Comptes, droits, paramétrage, données | Partages ouverts à tous, comptes non désactivés au départ |
| Sur site | Votre salle, votre matériel | Tout, du bâtiment aux données | Moyens et compétences pour tout maintenir à niveau |
Ce qui oriente le choix d'un hébergement quand les données sont sensibles.
Vérifié le 11/10/2026
| Repère | Ce que c'est | Pourquoi ça compte |
|---|---|---|
| SecNumCloud (ANSSI) | Qualification d'offres cloud ; version 3.2 (2022) : exigences techniques, organisationnelles et juridiques | Inclut l'immunité aux lois extra-européennes : la référence pour les données sensibles |
| Lois extraterritoriales | Textes étrangers permettant d'exiger des données d'un fournisseur soumis à leur droit | Héberger en Europe ne suffit pas si le fournisseur reste soumis à ces lois |
| Doctrine « cloud au centre » | Politique de l'État pour ses propres systèmes (2021, mise à jour en 2023) | Le cloud par défaut, et une offre qualifiée pour les données sensibles |
| Loi SREN, article 31 | Loi du 21 mai 2024 ; décret d'application du 14 avril 2026 | Les administrations concernées hébergent leurs données particulièrement sensibles sur des offres qualifiées SecNumCloud |
| Réversibilité | Capacité à récupérer ses données et à changer de fournisseur | Sans elle, le risque fournisseur devient un risque d'activité |
Faits relus sur les sources officielles ; le décret de 2026 prévoit aussi des dérogations temporaires quand aucune offre adaptée n'existe.
Le fournisseur corrige et maintient le moteur ; le client gère les identités, les droits, la configuration (exposition réseau, chiffrement) et les données. En PaaS, la plupart des incidents viennent d'un paramétrage client, pas de la plateforme.
L'hybride relie un SI sur site et un cloud pour former un seul système ; le multi-cloud utilise plusieurs fournisseurs de cloud, souvent publics. Les deux peuvent coexister ; chacun multiplie les identités et les flux à maîtriser.
Parce qu'un fournisseur soumis à une loi extra-européenne peut être obligé de transmettre des données, quel que soit leur emplacement. La version 3.2 ajoute des exigences d'immunité à ces lois aux exigences techniques et organisationnelles.
5.2Cloud et DevSecOps
Dans le cloud, le périmètre est l'identité et la configuration : une zone d'accueil bien construite, des identités fédérées, des clés maîtrisées et des journaux immuables, quel que soit le fournisseur.
Savoir dessiner une zone d'accueil (organisation, comptes, garde-fous, journalisation), expliquer la responsabilité partagée pour un service IaaS et un service SaaS, et reconnaître les mauvaises configurations les plus courantes.
Exiger trois choses avant toute mise en production dans le cloud : une zone d'accueil avec garde-fous, une identité fédérée avec MFA, des journaux centralisés hors de portée des équipes projets. Le reste se surveille en continu, avec un propriétaire par écart.
Ce module donne les fondamentaux valables chez tous les fournisseurs, avec leurs équivalents chez les trois principaux. Le module suivant détaille un exemple concret sur AWS.
Les noms changent, les questions restent : qui administre, avec quels droits, où partent les journaux, qui détient les clés.
Vérifié le 11/10/2026
| Brique | AWS | Microsoft Azure | Google Cloud |
|---|---|---|---|
| Organisation et garde-fous | Organizations, SCP | Management Groups, Azure Policy | Folders, Organization Policy |
| Identité et rôles | IAM Identity Center, rôles IAM | Entra ID, RBAC | Cloud Identity, IAM |
| Réseau virtuel | VPC, groupes de sécurité | VNet, groupes de sécurité réseau | VPC, règles de pare-feu |
| Clés de chiffrement | KMS, CloudHSM | Key Vault, Managed HSM | Cloud KMS, Cloud HSM |
| Journal d'activité | CloudTrail | Activity Log, Azure Monitor | Cloud Audit Logs |
| Posture de sécurité | Security Hub, Config | Defender for Cloud | Security Command Center |
Chacune a son garde-fou, posé au niveau de l'organisation plutôt que projet par projet.
| Configuration | Conséquence | Garde-fou |
|---|---|---|
| Stockage objet public | Fuite de données, parfois indexée | Politique d'organisation : blocage de l'accès public |
| Clé d'accès longue durée dans le code | Prise de contrôle du compte | Rôles temporaires, détection de secrets dans les dépôts |
| Port d'administration ouvert à Internet | Force brute, exploitation | Accès par bastion ou session gérée ; aucune règle ouverte à tout Internet |
| Journaux désactivables par l'équipe projet | Attaque sans trace | Journal d'organisation, stockage immuable dans un compte séparé |
| Droits « administrateur » pour aller vite | Rayon d'impact maximal | Rôles au moindre privilège, revue trimestrielle |
Une politique au niveau de l'organisation qui interdit l'accès public au stockage, héritée par tous les comptes et non modifiable par l'équipe projet. La surveillance de posture (CSPM) doit en plus alerter si un écart apparaît.
Pour qu'un attaquant, ou une erreur, dans un compte applicatif ne puisse ni effacer ni modifier les traces. Les journaux partent vers un compte dédié, en stockage immuable, avec des droits de lecture limités.
Le fournisseur gère l'infrastructure et le logiciel ; le client reste responsable des comptes (MFA, départs), des droits, du paramétrage (partages, transferts automatiques) et des données. La plupart des incidents SaaS viennent de cette part client.
5.3Cloud et DevSecOps
La responsabilité partagée n'est pas un slogan : elle se lit dans dix briques de socle, et se prouve dans les journaux.
Savoir dérouler un socle AWS minimal en dix briques et dire à quoi sert chacune : c'est l'application concrète, chez un fournisseur, des fondamentaux du module précédent.
Utiliser ce socle comme liste de contrôle de démarrage : chaque brique a une preuve attendue, à demander avant la première mise en production.
Le cloud déplace le travail : on ne durcit plus des serveurs, on écrit des politiques et des garde-fous. Ce module donne le socle AWS minimal, la lecture des droits effectifs et les réglages qui évitent 90 % des incidents.
À connaître par cœur : chaque brique a un rôle et une erreur classique associée.
| Brique | Rôle | Erreur classique |
|---|---|---|
| Organizations et garde-fous (SCP) | Plafonner ce que chaque compte membre peut faire, y compris sa racine (le compte de gestion n'est pas concerné : on n'y fait tourner aucune charge). | Créer des comptes hors organisation, sans héritage de garde-fous |
| Comptes cloisonnés | Séparer production, hors production, journal et sécurité : le rayon d'impact devient un compte. | Tout mettre dans un seul compte « pour simplifier » |
| IAM | Rôles fédérés, conditions, permissions minimales, bornes. | Wildcard sur l'action et la ressource, clés longue durée |
| Réseau (VPC) | Sous-réseaux, listes de sécurité, points de terminaison, sortie maîtrisée. | Ouvrir 0.0.0.0/0 sur un port d'administration |
| Clés et chiffrement (KMS) | Chiffrement au repos, clés séparées par usage, rotation. | Une seule clé pour tout, jamais tournée, sans politique restrictive |
| Journalisation (CloudTrail, Config) | Trace des actions d'API et état de conformité des ressources. | Journal dans le compte de production, modifiable par ses administrateurs |
| Détection (GuardDuty, Security Hub) | Findings prioritaires et vue consolidée. | Activer sans triage : la file de findings devient un cimetière |
| Stockage verrouillé (S3) | Blocage public, chiffrement, journalisation, verrouillage d'objet. | Politique de seau permissive laissée par un test oublié |
| Inventaire et exposition | Savoir ce qui existe et ce qui est joignable depuis Internet. | Découvrir un service exposé lors de l'incident |
| Sauvegarde et restauration | Instantanés, sauvegardes immuables, restauration testée. | Sauvegarde dans le même compte avec les mêmes droits que la production |
AWS Well-Architected (pilier sécurité) et CIS Benchmarks donnent les détails de configuration : ici, on retient la structure.
Le curseur se déplace entre IaaS, PaaS et SaaS, mais la colonne de droite ne se délègue jamais.
| Couche | Ce que le fournisseur garantit | Ce qui reste au client |
|---|---|---|
| Identités et données | Rien sur les données, l'annuaire et les habilitations du client. | Classification, chiffrement, gestion des accès, cycle de vie, sauvegarde |
| Configuration des services | Il fournit les garde-fous disponibles (plafonds d'organisation, blocage public, options de journalisation). | Les activer, suivre les écarts, corriger — et ne pas laisser les valeurs par défaut en production |
| Charges de travail | Sécurité du service managé et de son plan de contrôle. | Images, dépendances, systèmes invités, correctifs, droits d'exécution |
| Réseau | Isolation physique, disponibilité des services réseau managés. | Sous-réseaux, listes de sécurité, exposition, points de terminaison, sortie maîtrisée |
| Journalisation et détection | Il expose les journaux d'API et des moteurs de détection. | Tout activer, centraliser, protéger (immuable) et exploiter dans un délai utile |
| Résilience | SLA du service, redondance des zones du fournisseur. | Architecture multi-zone, sauvegardes, plan de reprise, exercices de restauration |
| Accès physique | Sécurité des centres de données du fournisseur. | Les locaux du client, ses accès de télémaintenance, sa chaîne de sous-traitants |
Phrase à retenir pour un comité : « managé » veut dire que le fournisseur opère le service, pas qu'il configure la sécurité à la place du client.
Cinq réglages qu'on retrouve dans presque tous les constats d'audit cloud.
| Objet | À retenir | Erreur qui coûte cher |
|---|---|---|
| Listes de sécurité (security groups) | Avec état, uniquement des autorisations, attachées à l'interface d'une ressource. | Ouvrir 0.0.0.0/0 sur un port d'administration « temporairement » — le temporaire a une longue vie |
| Listes de contrôle (NACL) | Sans état, autorisations et refus, appliquées au sous-réseau, évaluées dans l'ordre. | Y loger la logique métier : une NACL ne voit pas l'application |
| Points de terminaison et sortie | Le trafic vers les services managés passe sans sortir sur Internet ; la sortie est inspectée et journalisée. | Laisser la sortie Internet grande ouverte : l'exfiltration devient invisible |
| Comptes et rôles par environnement | Un compte par environnement, des rôles par usage, un compte journal séparé. | Partager un rôle entre production et tests, puis s'étonner du rayon d'impact |
| Stockage objet | Blocage public, chiffrement par défaut, journalisation des accès, verrouillage d'objet. | Un seau de test resté public qui contient des journaux ou des extraits de base |
Quatre questions différentes — la confusion vient du vocabulaire des éditeurs.
| Capacité | La question à laquelle elle répond | Exemples natifs | Piège |
|---|---|---|---|
| CSPM — posture de configuration | La configuration est-elle conforme aux règles que je me suis fixées ? | Config, Security Hub, évaluations de conformité | Corriger à la main ce qui devrait l'être par infrastructure-as-code |
| CIEM — droits effectifs | Qui peut réellement faire quoi, et par quel chemin d'escalade ? | Analyseur d'accès IAM, inventaire des rôles | Lire seulement les politiques attachées et ignorer les chemins hérités |
| CWPP — charges de travail | Que font réellement mes conteneurs, fonctions et machines ? | Détection d'exécution, analyse d'images | Protéger les machines et oublier les fonctions et les conteneurs |
| DSPM — données | Où sont mes données sensibles, et qui peut y accéder ? | Macie, étiquetage de sensibilité | Classer une fois puis ne jamais rafraîchir : la donnée se déplace |
Un CNAPP n'est que la réunion de ces quatre vues dans une console corrélée : utile, mais ce sont les décisions de correction qui produisent la sécurité.
Le chiffrement par défaut protège contre l'accès au support, pas contre un accès légitime mal encadré : qui a la permission de lecture peut lire. Ce sont les politiques d'accès, le blocage public et la journalisation qui protègent réellement.
Qui l'utilise réellement et pour quoi (droits effectifs, journaux d'usage) — puis remplacer par des actions nommées, ou justifier par écrit l'exception avec une échéance. Un wildcard non justifié est un incident en attente.
Pour que la compromission d'un compte de production ne permette pas de modifier ou d'effacer les preuves. Le journal est en écriture seule depuis les autres comptes, avec sa propre administration.
5.4Cloud et DevSecOps
Kubernetes est permissif par défaut : tout pod parle à tout pod, un compte de service trop large ouvre le cluster, un conteneur privilégié ouvre le nœud.
Savoir citer les réglages par défaut à inverser (politiques réseau, droits des comptes de service, conteneurs privilégiés) et le rôle du contrôle d'admission.
Kubernetes est permissif par défaut : exiger des garde-fous au niveau du cluster (admission, politiques réseau) plutôt qu'une discipline laissée à chaque équipe.
Les modules cloud et DevSecOps traitent le compte cloud et le pipeline ; celui-ci traite ce qui tourne dedans. Il donne les couches de sécurité d'un cluster, les réglages par défaut à inverser et les contrôles d'admission qui arrêtent un déploiement dangereux avant la production.
Six couches ; une seule ouverte suffit à perdre le cluster.
| Couche | Risque | Contrôle | Preuve |
|---|---|---|---|
| Plan de contrôle | Serveur d'API exposé, etcd lisible, accès administrateur partagé. | API privée ou filtrée, authentification par le fournisseur d'identité, secrets chiffrés dans etcd, journaux d'audit activés. | Accès depuis Internet refusé ; journaux d'audit présents dans le SIEM |
| Identités (RBAC) | Comptes de service trop larges, droits cluster-admin distribués, jeton monté partout. | Rôles par espace de noms, aucun cluster-admin applicatif, montage automatique du jeton désactivé si inutile. | Revue des liaisons de rôles : aucun sujet applicatif en cluster-admin |
| Charges de travail | Conteneur privilégié, exécution en root, accès au système de fichiers de l'hôte. | Profil restricted, système de fichiers en lecture seule, capacités Linux retirées. | Pod privilégié déployé dans un espace applicatif : refusé |
| Réseau | Tout pod joint tout pod, et le service de métadonnées du cloud. | NetworkPolicy de refus par défaut, flux déclarés, sortie filtrée. | Connexion entre deux espaces de noms : refusée |
| Chaîne d'approvisionnement | Image non signée, registre public, vulnérabilités connues. | Registre privé, signature vérifiée à l'admission, analyse d'image dans le pipeline. | Image non signée : refusée à l'admission |
| Nœuds | Un nœud compromis livre tous ses pods. | Système minimal durci, images de nœud renouvelées, pas d'accès SSH permanent, détection à l'exécution. | Âge des images de nœud, alertes d'exécution remontées |
Kubernetes de base privilégie la facilité de démarrage ; la production demande l'inverse.
| Par défaut | Risque | Réglage cible |
|---|---|---|
| Tous les pods communiquent entre eux | Un pod compromis balaie tout le cluster. | NetworkPolicy de refus par défaut dans chaque espace de noms, puis flux déclarés |
| Jeton du compte de service monté dans chaque pod | Un pod compromis parle à l'API avec l'identité de son compte. | automountServiceAccountToken à false sauf besoin, un compte dédié par application |
| Aucun profil de sécurité imposé aux pods | Conteneurs privilégiés ou en root admis. | Pod Security Admission en mode enforce, profil restricted pour les applications |
| Secrets encodés, pas chiffrés | Le Base64 n'est pas du chiffrement : qui lit etcd lit tout. | Chiffrement des secrets au repos par KMS, ou gestionnaire de secrets externe |
| Aucune limite de ressources | Un pod consomme tout le nœud. | Requêtes et limites obligatoires, quotas par espace de noms |
Défauts de Kubernetes de base : certains services managés en corrigent une partie (chiffrement des secrets notamment) — à vérifier pour le service retenu, et à consigner dans l'ADR.
Cinq règles ; chacune passe d'abord en mode audit, puis en refus.
| Règle | Pourquoi | Mise en œuvre |
|---|---|---|
| Image signée, issue du registre autorisé | Seul ce qui sort du pipeline arrive en production. | Vérification de signature et de provenance (SLSA) à l'admission |
| Aucun conteneur privilégié ni accès à l'hôte | Un conteneur privilégié équivaut à un accès au nœud. | Pod Security Admission, profil restricted |
| Pas d'étiquette latest | Une étiquette mobile rend le déploiement non reproductible. | Image référencée par son empreinte |
| Ressources bornées | Un pod ne doit pas affamer les autres. | Requêtes et limites obligatoires |
| Étiquette de propriétaire | Chaque charge a un responsable joignable. | Refus d'un déploiement sans étiquette propriétaire |
Les politiques s'écrivent en ValidatingAdmissionPolicy (natif, langage CEL) ou avec un moteur dédié (Kyverno, OPA Gatekeeper) ; le choix se trace dans un ADR.
Non en production : un pod privilégié donne accès au nœud et à ses autres pods. Alternatives : conteneur de débogage éphémère aux droits limités, reproduction hors production, ou exception temporaire tracée dans un espace de noms isolé, avec expiration et revue.
Par un test : depuis un pod de l'application A, une connexion vers un pod de B échoue, alors que les flux déclarés passent. Le test se rejoue après chaque changement de politique ; la présence d'une NetworkPolicy ne prouve rien si le plugin réseau ne l'applique pas.
Parce que la plupart des applications n'appellent jamais l'API Kubernetes : le jeton monté ne leur sert à rien, mais sert à l'attaquant qui compromet le pod. Il n'est monté que pour les charges qui en ont besoin, avec un compte dédié aux droits minimaux.
5.5Cloud et DevSecOps
Le pipeline possède les droits de déployer : c'est donc lui qu'on protège, et c'est lui qui produit les preuves.
Savoir placer les contrôles dans un pipeline (secrets, dépendances, code, infrastructure, image, déploiement) et lire un rapport SAST ou SCA sans le confondre avec une preuve de sécurité.
Le pipeline a les droits de déployer en production : il se protège comme un compte à privilèges. Ses rapports sont des preuves datées, réutilisables en audit et en homologation.
La sécurité applicative ne se joue plus seulement dans le code : elle se joue dans la chaîne qui l'amène en production. Ce module couvre les portes du pipeline, les risques propres à l'infrastructure-as-code et ce qui rend un artefact réellement déployable.
Une porte bloque, documente ou refuse — mais jamais elle ne « conseille ».
| Porte | Ce qu'elle arrête | Preuve laissée |
|---|---|---|
| 1 · Revue par un pair | Le code livré sans relecture, les modifications de dernière minute | Approbation tracée sur la branche protégée |
| 2 · Secrets et dépendances | Secret committé (même dans l'historique), bibliothèque vulnérable connue | Rapport de détection, décision de rotation ou exception écrite |
| 3 · Analyse statique et IaC | Motifs de code dangereux, configuration d'infrastructure non conforme | Rapport SAST et résultat de politique-as-code |
| 4 · Build reproductible et signé | Artefact non traçable, image gonflée par des outils inutiles | Empreinte, SBOM, attestation de provenance et signature |
| 5 · Admission | Image non signée, base vulnérable, configuration interdite en production | Décision d'admission journalisée (accepté ou refusé, et pourquoi) |
| 6 · Déploiement fédéré | Secret statique partagé, droits de déploiement permanents | Journal d'identité fédérée : rôle, session, heure, artefacts |
Une exception non écrite devient la règle de fait : toute dérogation doit être datée, nommée et expirante.
Un outil ne remplace pas l'autre : chacun voit une classe de problème.
| Analyse | Ce qu'elle cherche | Quand elle tourne | Ce qu'elle ne voit pas |
|---|---|---|---|
| Secrets | Clés, jetons et mots de passe dans le code, l'historique et les variables du pipeline. | À chaque commit, et sur tout l'historique | Un secret stocké ailleurs (wiki, ticket, capture) ou déjà révoqué |
| SCA (dépendances) | Bibliothèques vulnérables connues, versions obsolètes, licences. | À chaque build, et en continu sur la production | Une vulnérabilité non encore publiée, ou un code non atteignable |
| SAST (code) | Motifs dangereux : injection, cryptographie faible, gestion d'erreur, secret en dur. | Avant le build, en priorité sur le diff | La logique métier détournée et les erreurs de conception |
| Scan IaC | Configuration non conforme : exposition, absence de chiffrement, droits trop larges. | À la pull request, avant le plan et l'application | L'écart entre la politique écrite et ce qui tourne réellement |
| DAST (applicatif) | Failles observables à l'exécution : en-têtes, session, injection sur l'application déployée. | Sur un environnement de test, à la demande ou en continu | Les chemins fonctionnels que le scanner ne parcourt pas |
Deux règles d'or : un rapport sans propriétaire ni échéance ne produit rien, et un seuil qui bloque doit être écrit avant d'être appliqué.
L'infrastructure-as-code est un programme privilégié : elle mérite la même rigueur qu'un accès administrateur.
| Point | Le risque | Bonne pratique |
|---|---|---|
| État (state) | Il contient des valeurs sensibles en clair et il est indispensable : le perdre ou le divulguer est grave. | Stockage distant chiffré, versionné, accès restreint, verrouillage contre les exécutions concurrentes |
| Secrets | Un mot de passe passé en variable se retrouve souvent dans l'état ou les journaux. | Secrets gérés hors du code (coffre), références au lieu de valeurs, rotation après toute exposition |
| Dérive (drift) | Quelqu'un modifie la production à la main : le code ne décrit plus la réalité. | Détection planifiée de la dérive, correction par le code, exception écrite si la main est inévitable |
| Modules et versions | Un module tiers non figé peut changer de comportement sans prévenir. | Versions figées, modules revus, sources internes quand c'est possible |
| Identité du pipeline | Un jeton permanent dans les variables du pipeline ouvre la production à qui le lit. | Rôle fédéré à durée courte, permissions bornées au périmètre déployé |
| Destruction et remplacement | Un apply mal relu peut détruire une ressource à données (base, seau, journal). | Protection contre la suppression sur les ressources sensibles, revue obligatoire des plans destructifs, sauvegarde avant application |
Le plan (terraform plan) est une pièce d'audit : il montre exactement ce qui va changer avant que cela change.
Le jeton est un secret partagé et permanent : toute personne qui y accède (ou le vol) obtient la production, sans attribution claire. Correction : identité fédérée par OIDC, rôle à durée courte, permissions limitées au périmètre déployé, journalisation des sessions.
Parce que la réalité finit toujours par diverger (intervention d'urgence, correction à chaud). La détection permet de décider consciemment : réintégrer le changement dans le code, ou le supprimer. Sans détection, on découvre l'écart pendant l'incident.
On ne bloque pas sur l'existant : on bloque sur le diff (nouveau code), on trie par exploitabilité et criticité, on corrige les hautes, et on planifie le reste avec un propriétaire et une échéance. Sinon l'équipe apprend à ignorer le rapport.
Le cœur du métier : apprécier un risque avec EBIOS Risk Manager, atelier par atelier, puis le relier aux attaques réelles et aux vulnérabilités à traiter.
6.1Risque et EBIOS RM
La méthode française d'appréciation du risque : partir de ce qui a de la valeur, imaginer qui voudrait y nuire et par quel chemin, puis décider quoi faire et ce que l'on accepte.
Savoir conduire chaque atelier : lister valeurs métier et biens supports, formuler un événement redouté et sa gravité, retenir des couples SR/OV, coter une partie prenante, dessiner un graphe d'attaque et le coter en vraisemblance.
EBIOS RM produit une décision, pas un document : une cartographie des risques, une stratégie de traitement et une liste de risques résiduels à accepter par écrit. Exiger que l'atelier 1 parte du métier, et que chaque risque ait un propriétaire.
Ce module explique la méthode atelier par atelier, avec ses échelles, la cartographie de l'écosystème et la cartographie des risques. Le module suivant l'applique à un cas complet.
Une démarche itérative : chaque atelier produit une pièce utilisable en comité.
Vérifié le 11/10/2026
| Atelier | La question posée | Livrable | Erreur fréquente |
|---|---|---|---|
| 1 · Cadrage et socle de sécurité | Quel périmètre, quelles valeurs métier, quels événements redoutés, avec quelle gravité ? | Missions, valeurs métier, biens supports, événements redoutés, écarts au socle | Lister des menaces avant de savoir ce qu'on protège |
| 2 · Sources de risque | Qui pourrait porter atteinte aux missions, et dans quel but ? | Couples source de risque et objectif visé retenus | Retenir un attaquant omniscient : tout devient critique, donc rien ne l'est |
| 3 · Scénarios stratégiques | Par quels chemins, y compris via l'écosystème, une source atteint-elle un événement redouté ? | Cartographie de l'écosystème, parties prenantes critiques, scénarios stratégiques | Oublier les tiers ou présumer la vraisemblance d'un chemin sans l'étudier |
| 4 · Scénarios opérationnels | Par quels modes opératoires techniques, sur quels biens supports ? | Graphes d'attaque, vraisemblance de chaque scénario | Décrire des enchaînements invraisemblables pour justifier un achat |
| 5 · Traitement du risque | Quelles mesures, pour quel risque résiduel, accepté par qui ? | Stratégie et plan de traitement, risques résiduels, cadre de suivi | Ne pas écrire le risque résiduel : il revient par surprise |
Elles se fixent avant l'atelier 1, pour que les cotations restent comparables d'une étude à l'autre.
Vérifié le 11/10/2026
| Niveau | Gravité d'un événement redouté | Vraisemblance d'un scénario |
|---|---|---|
| 4 | Critique : incapacité d'assurer tout ou partie de l'activité ; la survie est menacée | Quasi certain : la source atteindra certainement son objectif |
| 3 | Grave : forte dégradation, fonctionnement très dégradé | Très vraisemblable : elle l'atteindra probablement |
| 2 | Significative : dégradation, fonctionnement dégradé | Vraisemblable : elle est susceptible de l'atteindre |
| 1 | Mineure : pas d'impact opérationnel, consommation des marges | Peu vraisemblable : elle a peu de chances de l'atteindre |
Échelles d'exemple du guide ANSSI v1.5 (2024). Le niveau de menace d'une partie prenante se calcule à part : (dépendance × pénétration) ÷ (maturité cyber × confiance).
Six mots qui structurent toute l'étude.
| Terme | Définition courte | Exemple |
|---|---|---|
| Valeur métier | Ce qui a de la valeur pour la mission : une information, un processus | Les plans d'un produit, la paie, la conduite d'un système |
| Bien support | Ce sur quoi repose la valeur métier : matériel, logiciel, réseau, personne, local | Le serveur de fichiers, le poste du bureau d'études |
| Événement redouté | Ce que l'on craint pour une valeur métier, avec sa gravité | Fuite des plans du produit, gravité G4 |
| Source de risque, objectif visé | Qui pourrait nuire, et dans quel but | Un État étranger qui veut voler la conception |
| Partie prenante | Acteur de l'écosystème : client, partenaire, prestataire | Le mainteneur qui dispose d'un accès distant |
| Risque résiduel | Ce qui reste après traitement, accepté par écrit | Exfiltration via un prestataire, ramenée de V3 à V1 |
L'événement redouté décrit l'atteinte à une valeur métier et sa gravité (« fuite des plans du produit, G4 »). Le scénario décrit comment une source de risque y parvient (chemin stratégique, mode opératoire) et sa vraisemblance. Le risque combine les deux.
À l'atelier 3 : c'est une partie prenante au niveau de menace élevé (forte dépendance, forte pénétration). Elle entre dans les scénarios stratégiques, et les mesures (accès par bastion, droits réduits, clauses contractuelles) visent à la sortir de la zone de danger.
Le propriétaire du risque désigné au cadrage (pour un SI homologué, l'autorité d'homologation), par écrit, avec le risque restant, sa justification et la date de réexamen. Une acceptation orale n'existe pas en audit.
6.2Risque et EBIOS RM
Un cas d'école complet, inspiré d'une analyse réelle mais entièrement fictif : un poste isolé qui fait tourner un modèle de langage en local, analysé atelier par atelier.
Voir la méthode appliquée de bout en bout, de la valeur métier au graphe d'attaque puis aux mesures. Retenir qu'un système isolé reste exposé par sa chaîne d'approvisionnement (ici, les poids du modèle) et par ses supports.
Pour un usage d'IA générative en environnement sensible, l'isolement réseau ne suffit pas : la provenance du modèle, le sas de transfert et le cadrage des usages sont les vraies décisions. Le périmètre et le niveau d'information autorisés s'écrivent dans la décision d'homologation.
Le cas suit les cinq ateliers sur un exemple compact. Toutes les données sont fictives : il illustre une démarche, il ne reproduit aucune étude réelle.
Données fictives, construites pour l'exemple.
| Élément | Dans ce cas |
|---|---|
| Valeurs métier | Confidentialité des documents traités ; intégrité des réponses utilisées pour décider ; disponibilité de l'outil |
| Biens supports | Poste et son système, modèle (poids), moteur d'inférence, sas de transfert, supports amovibles, utilisateurs |
| Événements redoutés | Fuite de documents (G4) ; décision prise sur une réponse fausse (G3) ; perte de l'outil (G2) |
| Sources de risque et objectifs | Service de renseignement étranger : obtenir les documents ; acteur malveillant de la chaîne d'approvisionnement : piéger les modèles diffusés ; utilisateur négligent ou malveillant : sortir des données |
Vraisemblance avant et après les mesures retenues.
| Scénario | Chemin | Avant | Mesures | Après |
|---|---|---|---|---|
| Modèle piégé | Dépôt public, sas, chargement des poids, exécution de code | V3 | Formats sans code exécutable, empreinte et provenance vérifiées, chargement dans un environnement restreint | V1 |
| Fuite par support | Copie de résultats ou de documents vers un support non contrôlé | V3 | Sas unique, supports marqués et tracés, ports désactivés hors du sas | V1 |
| Instructions cachées | Document soumis contenant des consignes adressées au modèle | V2 | Documents du seul périmètre, relecture humaine des sorties | V1 |
| Réponse fausse prise pour un fait | Hallucination reprise dans une note ou une décision | V3 | Mention « produit par IA », vérification à la source, formation des utilisateurs | V2 |
| Usage hors périmètre | Données d'un niveau supérieur à celui homologué | V2 | Niveau et usages écrits dans la décision, sensibilisation, contrôle | V1 |
Le risque « réponse fausse » ne descend pas à V1 : aucune mesure technique ne supprime l'hallucination. Il reste un risque résiduel, accepté par écrit avec sa mesure organisationnelle.
Certains formats de sérialisation peuvent exécuter du code au chargement : un modèle piégé compromettrait le poste dès son ouverture. Un format qui ne contient que des données, avec une empreinte et une provenance vérifiées, ferme ce chemin.
La réponse fausse reprise comme un fait : l'hallucination est inhérente au fonctionnement d'un modèle de langage. On la réduit par la vérification humaine et le marquage des sorties, mais elle reste un risque résiduel accepté par écrit.
C'est une partie prenante de l'écosystème (atelier 3) et un maillon de la chaîne d'approvisionnement : il fournit des biens supports, les poids. Le scénario « modèle piégé » passe par lui, et les mesures portent sur le sas et la vérification de provenance.
6.3Risque et EBIOS RM
Huit maillons alignés sur les 15 tactiques ATT&CK, trois voies d'intrusion dominantes : le but n'est pas de tout couvrir, c'est de savoir où l'on est aveugle.
Savoir relier une tactique ATT&CK à un contrôle qui la casse et à un signal qui la détecte, et reconnaître les trois voies d'intrusion dominantes.
La chaîne d'attaque sert à décider où investir : chaque maillon sans contrôle est un écart à écrire, avec un propriétaire et une échéance. La reprise après rançongiciel se prépare, elle ne s'improvise pas.
Comprendre l'attaque sert à choisir les contrôles. Ce module donne la chaîne d'attaque en huit maillons alignés sur MITRE ATT&CK, les trois voies réelles d'intrusion, et les prérequis d'une reprise crédible.
Modèle simplifié : chaque maillon regroupe une ou plusieurs tactiques MITRE ATT&CK Enterprise ; pour chacun, le contrôle préventif et le signal de détection.
Vérifié le 26/09/2026
| Maillon | Tactiques ATT&CK | Ce que fait l'attaquant | Contrôle qui casse le maillon | Signal de détection |
|---|---|---|---|---|
| 1 · Préparation | TA0043 Reconnaissance · TA0042 Resource Development | Inventorie l'exposition (domaines, services joignables, identités publiques, fuites) et prépare ses moyens : infrastructure, comptes, outils. | Réduction de surface (inventaire d'exposition, fermeture des services inutiles), veille sur les fuites et sur les domaines qui imitent le sien. | Balayages, énumération DNS, domaines voisins enregistrés |
| 2 · Accès initial | TA0001 Initial Access | Entre par une identité (hameçonnage, vol de session) ou par une faille exposée. | MFA résistante au hameçonnage, filtrage entrant, correctifs rapides sur la bordure. | Connexion impossible (voyage), nouvelle règle de transfert, exploitation de vulnérabilité |
| 3 · Exécution | TA0002 Execution | Fait tourner du code : script, binaire, outil légitime détourné. | Exécution durcie des charges, contrôle d'intégrité, liste blanche d'applications. | Processus inattendu, ligne de commande suspecte, charge anormale |
| 4 · Persistance | TA0003 Persistence | S'ancre pour survivre à un redémarrage ou à un changement de mot de passe : compte, clé, tâche planifiée, service. | Revue des identités et des tâches planifiées, rotation des secrets, inventaire des clés d'accès. | Nouveau compte, nouvelle clé, tâche planifiée ou service créé |
| 5 · Élévation et vol d'identifiants | TA0004 Privilege Escalation · TA0006 Credential Access | Passe d'un compte ordinaire à un compte à privilèges ; récupère mots de passe, jetons et clés. | Moindre privilège, séparation des rôles, protection du rang 0, secrets courts et coffre-fort. | Création de rôle, ajout à un groupe privilégié, accès à la mémoire d'authentification |
| 6 · Découverte et mouvement latéral | TA0007 Discovery · TA0008 Lateral Movement | Cartographie l'environnement puis se déplace vers les données et les systèmes utiles. | Segmentation, authentification entre services, aucun secret partagé. | Connexions inhabituelles entre zones, énumération d'annuaire, découverte de partages |
| 7 · Collecte, commande et exfiltration | TA0009 Collection · TA0011 Command and Control · TA0010 Exfiltration | Rassemble les données, garde un canal de pilotage, les fait sortir. | Sortie maîtrisée (proxy, filtrage DNS), DLP, liste blanche des destinations. | Volume sortant inhabituel, balises régulières vers un domaine récent, archives créées en masse |
| 8 · Impact | TA0040 Impact | Chiffre, détruit, altère ou rend indisponible ; souvent après avoir volé (double extorsion). | Sauvegardes déconnectées et immuables, restauration testée, identités de secours. | Suppression massive, arrêt de services, altération de sauvegardes |
| Transverse · Furtivité et neutralisation des défenses | TA0005 Stealth · TA0112 Defense Impairment | À chaque maillon : se fond dans l'activité légitime, désactive agents, journaux et pipelines de sécurité. | Journaux immuables hors de portée de l'attaquant, protection anti-altération des agents. | Arrêt d'un agent, trou de journalisation, modification d'une règle de détection |
Modèle simplifié : ATT&CK décrit des objectifs, pas une séquence — un attaquant répète, saute ou réordonne les tactiques. Version consultée : MITRE ATT&CK Enterprise v19.2 (15 tactiques ; TA0112 Defense Impairment créée le 14/04/2026, à côté de TA0005 renommée Stealth). Un maillon peut rester sans contrôle, mais il s'écrit alors comme dette assumée, avec l'impact estimé et une échéance.
Concentrer l'effort là où ça arrive vraiment, plutôt que de couvrir tous les cas imaginaires.
| Voie | Ce que cherche l'attaquant | Ce qui la réduit vraiment | Ce qui la détecte |
|---|---|---|---|
| Identité (hameçonnage, vol de session, fatigue de validation) | Un compte valide, idéalement à privilèges, avec une session ouverte. | MFA liée à l'origine, accès conditionnel, session courte, révocation rapide. | Détection d'abus d'identité, connexions impossibles, création de règles de messagerie, pics de validation |
| Périphériques et services exposés | Un service joignable depuis Internet avec une faille exploitable (appliance, interface d'administration, API). | Inventaire d'exposition, fermeture par défaut, correctifs rapides, authentification forte sur les interfaces. | Alertes d'exploitation, journaux de la bordure, comptes ou fichiers inattendus |
| Droits légitimes abusés (interne, prestataire, compte de service) | Utiliser un accès existant sans déclencher d'alarme. | Moindre privilège, revues d'accès, secrets non partagés, traçabilité des actions sensibles. | Analyse comportementale, actions hors horaires, accès inhabituels à des données |
Le jour où ça arrive, ce qui compte n'est pas la détection mais la capacité à redémarrer.
| Prérequis | Ce que ça veut dire concrètement | Comment on le prouve |
|---|---|---|
| Sauvegardes déconnectées et immuables | Une copie non atteignable depuis le réseau de production, non modifiable pendant sa rétention. | Test de suppression impossible, compte de sauvegarde séparé, verrouillage d'objet activé |
| Restauration testée | On a déjà restauré un service complet, avec un chronomètre et un compte rendu. | Rapport de restauration daté : périmètre, durée, écarts constatés |
| RTO et RPO écrits par criticité | Ce que l'activité accepte comme interruption et comme perte de données. | Validation par la direction, pas seulement par l'équipe technique |
| Plan de communication | Qui parle aux clients, aux autorités, aux équipes — avec quels délais réglementaires. | Annuaire de crise à jour, procédure de notification connue (24 h / 72 h selon le régime) |
| Identités de secours | Un accès d'administration hors du domaine compromis, testé et gardé hors ligne. | Procédure d'urgence testée au moins une fois par an, avec compte rendu |
Payer ne restaure pas la confiance : la reprise se joue sur les sauvegardes, la documentation et les décisions prises d'avance.
Méthode : projeter les huit maillons (et leurs tactiques ATT&CK) sur les contrôles réels, documentés et testés. Un maillon sans contrôle devient une ligne du registre de risque : impact, vraisemblance, propriétaire, échéance — pas un oubli tacite.
Parce que l'attaquant utilise des identités légitimes : si la sauvegarde est accessible avec ces mêmes identités, il la supprime. Sans copie non atteignable et non modifiable, la reprise dépend de la bonne volonté de l'attaquant.
Risque élevé : exposition (joignable), vraisemblance (vulnérabilités connues sur une interface exposée), impact (selon les données et les droits). Décision : fermer, isoler derrière une authentification forte, ou mettre à jour — avec une date.
6.4Risque et EBIOS RM
Un risque s'argumente : impact, vraisemblance, contexte, propriétaire. Le reste n'est qu'une opinion bien présentée.
Savoir parcourir STRIDE frontière par frontière, croiser CVSS, EPSS et KEV avec l'exposition pour fixer une échéance, et tenir une ligne de registre de risque complète.
Le score ne décide pas : l'exposition, l'exploitation observée et la criticité métier fixent l'échéance. Exiger une preuve de clôture pour chaque correctif, et un résiduel écrit pour ce qui est accepté.
L'appréciation du risque d'un système se fait avec EBIOS RM (modules 6.1 et 6.2). Ce module donne les outils de l'échelle suivante : STRIDE pour un design, et la priorisation des vulnérabilités pour décider quoi corriger cette semaine.
La grille qui évite d'oublier une catégorie entière de menaces — à parcourir frontière par frontière.
| Famille | Question à poser au design | Exemple concret | Contre-mesure typique |
|---|---|---|---|
| Usurpation (Spoofing) | Peut-on se faire passer pour quelqu'un ou quelque chose ? | Vol de session, faux service appelé par un autre | Authentification forte, authentification mutuelle, facteur lié à l'origine |
| Altération (Tampering) | Peut-on modifier des données ou du code en transit ou au repos ? | Artefact de build modifié, journal édité | Signature, contrôle d'intégrité, journal immuable |
| Répudiation | Peut-on nier une action sans qu'on puisse le prouver ? | Action administrative sans trace attribuable | Journalisation fiable, horodatage, identités nominatives |
| Divulgation d'information | Peut-on accéder à ce qu'on ne devrait pas voir ? | Stockage public, journal contenant des données personnelles | Chiffrement, moindre privilège, classification, filtrage des sorties |
| Déni de service | Peut-on empêcher le service de fonctionner ? | Saturation, épuisement de ressources, requête coûteuse | Limitation de débit, quotas, capacité d'absorption |
| Élévation de privilèges | Peut-on obtenir plus de droits qu'attendu ? | Rôle trop large, tâche planifiée détournée | Moindre privilège, séparation des rôles, revue des identités |
Parcourir STRIDE sur chaque frontière de confiance, pas sur le schéma en général : c'est là que se trouvent les menaces intéressantes.
Le score seul ne dit pas quoi faire cette semaine.
Vérifié le 26/09/2026
| Élément | Ce qu'il mesure | Ce qu'il ne dit pas | Comment on l'utilise |
|---|---|---|---|
| CVSS (sévérité) | La gravité intrinsèque de la faille (score de base) ; CVSS 4.0 permet de l'ajuster à la menace et à l'environnement (CVSS-BT, -BE, -BTE). | Si quelqu'un l'exploite réellement, ni si l'actif est exposé. | Point de départ du tri, jamais une décision à lui seul |
| EPSS (probabilité) | La probabilité d'exploitation dans les 30 jours, estimée sur des données observées. | La gravité de l'impact dans l'organisation. | Départage les failles de sévérité proche : on traite d'abord ce qui s'exploite en pratique |
| KEV (exploitation avérée) | La faille est déjà exploitée activement (catalogue public de la CISA). | Si l'actif est exposé, ni l'impact dans l'organisation. | Priorité absolue si l'actif est exposé ou critique |
| Contexte métier | Exposition, criticité du service, données touchées, contrôles compensatoires. | — | C'est lui qui fixe l'échéance réelle |
| Décision et échéance | P0 : 24-72 h · P1 : 7 jours · P2 : 30 jours · P3 : accepté et écrit. | — | Chaque niveau a un propriétaire et une preuve de clôture |
Un correctif non déployé n'est pas un risque traité : c'est un risque documenté. La preuve, c'est le re-scan ou le changement constaté.
Un registre utile se lit en comité en trois minutes.
| Colonne | Ce qu'on y écrit | Pourquoi c'est obligatoire |
|---|---|---|
| Identifiant et date | Une référence stable, la date de création et de dernière revue. | Sans identifiant, aucune décision ne peut le citer ; sans date, il vieillit sans qu'on le sache |
| Énoncé du risque | « Cause → événement → impact » en une phrase. | Un énoncé flou donne un débat flou : la structure force la précision |
| Actif ou valeur métier | Ce qui est en jeu : donnée, service, image, conformité. | Un risque sans valeur métier associée n'a pas de gravité défendable |
| Vraisemblance et impact | Échelle courte (1 à 4) avec justification écrite. | La justification est ce qui rend l'échelle crédible et recalibrable en réunion |
| Propriétaire | Une personne nommée, pas un service. | Un risque sans propriétaire n'est traité par personne |
| Mesure et échéance | Ce qui est fait, pour quand, et comment on saura que c'est fait. | C'est la partie actionnable : sans elle, le registre est un inventaire de regrets |
| Risque résiduel accepté | Ce qui reste après la mesure, validé par qui de droit. | Sans acceptation formelle, le résiduel devient une surprise en cas d'incident |
Probablement P2 ou P3, par écrit : la sévérité est élevée mais l'exposition et l'impact sont faibles. La décision se documente (exposition, impact, contrôles compensatoires) et se revoit à date. Le P0 est réservé à l'exploitation avérée ou à une exposition critique.
Par une preuve de clôture : re-scan propre, changement de version constaté, ou test manuel daté. Un ticket fermé « corrigé » sans vérification est une déclaration, pas une preuve.
À rendre explicite ce qu'on accepte de ne pas couvrir, avec son impact et ses critères de réexamen. C'est ce qui permet de dire en comité : « nous avons choisi, voici le coût de ce choix ».
Intégrer la sécurité dans les projets, homologuer un système, connaître les textes de l'État et de la défense (IGI 1300, II 901, IM 900), tenir un SMSI et maîtriser les tiers.
7.1Homologation et conformité
La sécurité coûte peu au début d'un projet et très cher à la fin : l'intégration de la sécurité dans les projets (ISP) pose les exigences dès le besoin, les vérifie à chaque jalon et livre un dossier prêt pour l'homologation.
Savoir quelle pièce produire à quelle phase (besoins DICT, exigences, architecture, PAS, matrice de conformité, audit, dossier d'homologation), et préparer un jalon : ce qui doit être prêt pour que la sécurité donne son accord.
L'ISP est le meilleur levier de coût : un écart trouvé en conception coûte une ligne à changer, trouvé en homologation une refonte et un retard. Exiger un jalon de sécurité dans la gouvernance des projets, au même titre que le budget et le planning.
Ce module décrit le processus d'intégration de la sécurité dans les projets : qui intervient, quand, avec quels livrables, et comment il prépare l'homologation au lieu de la subir.
Chaque jalon pose une seule question ; le livrable y répond.
| Phase | Livrable de sécurité | Question du jalon |
|---|---|---|
| Opportunité, besoin | Expression des besoins de sécurité, niveau de la démarche d'homologation | Sait-on ce qu'on protège, et à quel niveau ? |
| Conception | Exigences au cahier des charges, architecture de sécurité, analyse de risque | L'architecture répond-elle aux risques retenus ? |
| Réalisation | Plan d'assurance sécurité du prestataire, durcissement, matrice de conformité | Ce qui est construit correspond-il à ce qui a été décidé ? |
| Intégration, recette | Audit, test d'intrusion, dossier des vulnérabilités résiduelles | Ce qui reste est-il connu et acceptable ? |
| Mise en service | Dossier et commission d'homologation | L'autorité accepte-t-elle les risques résiduels ? |
| Exploitation | Maintien en condition de sécurité, plan d'action, revue annuelle | Le niveau de sécurité tient-il dans le temps ? |
R réalise, A approuve, C est consulté, I est informé.
| Activité | Chef de projet | Architecte | Sécurité (RSSI) | Autorité d'homologation |
|---|---|---|---|---|
| Besoins de sécurité (DICT) | R | C | A | I |
| Analyse de risque | C | C | R | A |
| Architecture de sécurité | I | R | A | I |
| Exigences au prestataire, PAS | R | C | A | I |
| Audit, test d'intrusion | C | C | R | I |
| Décision d'homologation | I | I | C | A |
La sécurité ne dessine pas l'architecture à la place du projet : l'architecte la réalise, la sécurité l'approuve. C'est ce partage qui évite le « dossier de sécurité » écrit à côté du vrai système.
Elle refuse le jalon ou le conditionne : l'administration passera par un bastion depuis une zone dédiée. L'écart se corrige maintenant pour le prix d'une ligne de schéma, au lieu d'une refonte découverte à l'audit.
Le plan d'assurance sécurité décrit comment le prestataire respecte les exigences de sécurité du projet (organisation, moyens, contrôles). On l'exige dans la consultation et on le contractualise avant la réalisation, pour pouvoir ensuite l'auditer.
Parce qu'il détermine les pièces à produire (analyse de risque plus ou moins complète, audits, plans), donc le budget et le planning. Le découvrir à la fin, c'est découvrir des travaux non prévus.
7.2Homologation et conformité
Homologuer, c'est faire décider par une autorité, en connaissance de cause, qu'un système peut être mis en service avec les risques qui restent. C'est une décision de responsabilité, pas un certificat technique.
Savoir constituer un dossier d'homologation au bon niveau, rédiger un dossier des vulnérabilités résiduelles (vulnérabilité, mesure compensatoire, risque restant, échéance) et préparer ce qui sera montré en commission.
L'homologation engage l'autorité, pas l'équipe technique : le rôle du RSSI est d'animer le comité et de rendre un avis clair. Un bon dossier tient en peu de pages, montre l'architecture d'un coup d'œil et donne à chaque risque résiduel un propriétaire et une échéance.
Ce module explique l'homologation telle que la décrit le guide de 2025 : qui décide, comment se proportionne la démarche, ce que contient le dossier et comment se tient une commission.
Ce que chaque pièce démontre, et l'erreur qui la rend inutile.
Vérifié le 11/10/2026
| Pièce | Ce qu'elle démontre | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Document d'accompagnement | Le système dans son contexte, et pourquoi ce niveau de démarche | Un copier-coller de la présentation du projet |
| Dossier d'architecture technique | Composants, flux, zones, administration | Un schéma illisible ou périmé |
| Matrice de conformité | Chaque exigence applicable, son statut et sa preuve | Des « conforme » sans preuve ni date |
| Analyse de risque | Les risques, leur traitement, le résiduel | Une liste de menaces génériques sans lien avec le système |
| Procédures, plans de maintien en condition | Comment le système est exploité et maintenu sûr | Des documents d'organisation jamais déclinés pour ce système |
| Plan d'action | Les écarts restants, avec responsable et échéance | Des actions sans date |
| Plan de résilience, audits, historique | La capacité à reprendre, les contrôles passés, les incidents | Des audits trop anciens pour être représentatifs |
Le guide de 2025 rappelle que la documentation doit exister pour exploiter le système, et non être écrite pour l'homologation ; les pièces sont protégées selon le besoin d'en connaître.
Qui fait quoi, du technicien à l'autorité.
Vérifié le 11/10/2026
| Acteur | Rôle | Ce qu'on attend de lui |
|---|---|---|
| Autorité d'homologation | Décide de l'emploi du système et accepte les risques résiduels | Être proche du métier ; décider par écrit |
| Comité d'homologation | Rassemble métier, technique et sécurité ; émet un avis | Un avis motivé, des réserves précises |
| RSSI (deuxième ligne) | Anime le comité, conduit la démarche | Un dossier proportionné et lisible |
| Équipes techniques (première ligne) | Produisent la documentation, mettent en œuvre les mesures | Des preuves à jour |
| Audit, conseiller sécurité numérique (troisième ligne) | Contrôle indépendant | Des constats exploitables |
| ANSSI | Peut siéger à toute commission ; membre de droit quand le SGDSN est l’autorité | Avis technique, agrément des dispositifs |
La durée maximale et les audits viennent du texte, pas d'un choix de confort.
Vérifié le 11/10/2026
| Texte | Durée maximale | Contrôles spécifiques |
|---|---|---|
| IGI 1300 · Secret | 3 ans | Audits de conformité, technique et organisationnel ; TEMPEST ; avis d'aptitude physique des locaux |
| IGI 1300 · Très Secret | 2 ans | Les mêmes. Autorité : l’AQSSI, ou le SGDSN (ANSSI par délégation) si classification spéciale |
| RGS, SIIV | Selon le texte ; 3 ans recommandés | Audits d'organisation, de configuration et d'architecture par un prestataire qualifié (PASSI) |
| Sans texte imposant une durée | 3 ans recommandés par l'ANSSI | Selon la PSSI de l'organisme et le niveau de la démarche |
Non, selon le guide de 2025 : l'homologation porte sur l'emploi en conditions réelles. Elle devient obligatoire avant le passage en production, ou dès que de vraies données y sont traitées.
En évaluant la criticité du système pour l'organisation et son exposition aux sources de risque : un site vitrine ou un poste isolé peu critique relève du simplifié, un système traitant des données personnelles de l'intermédiaire, un système sensible ou critique du renforcé.
Les points bloquants sont traités et le dossier est présenté à nouveau. La commission, lorsqu'elle est réunie, formule un avis ; l'autorité peut décider avec réserves, un plan d'action et une durée adaptée. Sa décision et l'acceptation des risques résiduels sont formalisées par écrit.
7.3Homologation et conformité
Le niveau de l'information désigne le texte applicable, et le texte fixe les exigences : produits agréés, homologation, durée, audits. Savoir lire cette chaîne, c'est savoir cadrer un projet sensible dès le premier jour.
Savoir déterminer le texte applicable à partir du niveau de l'information, citer ce qu'il impose (homologation, produits, audits, durée), et tenir une matrice de conformité qui relie chaque exigence à sa preuve.
Le texte applicable se décide au cadrage, avec le niveau de l'information : il conditionne les produits, l'hébergement, les habilitations, les audits et le calendrier. Un niveau mal cadré est l'erreur la plus coûteuse d'un projet sensible.
Ce module donne la carte des textes rencontrés sur un SI de l'État ou de la défense : lequel s'applique, ce qu'il impose, et comment s'y retrouver entre agrément, qualification et certification.
Le niveau de l'information désigne le texte ; le texte désigne les exigences.
Vérifié le 11/10/2026
| Texte | Ce qu'il couvre | Exigences phares | Qui est concerné |
|---|---|---|---|
| IGI 1300 (2021) | Secret de la défense nationale : SI classifiés Secret et Très Secret | Homologation, dispositifs agréés, audits dont TEMPEST, habilitations | Administrations, industriels de défense habilités |
| II 901 (2015) | SI sensibles, information Diffusion Restreinte | PSSI, homologation, architecture, chiffrement agréé en sortie du SI | Administrations et organismes qui traitent du DR |
| IM 900 (2021) | Protection du secret et des informations DR et sensibles au ministère des Armées | Organisation, rôles, règles internes au ministère | Ministère des Armées et ses partenaires |
| IGI 1337 (2022), PSSIE | Gouvernance de la sécurité numérique de l'État | Rôles (HFDS, FSSI, AQSSI, CSN, RSSI), instances, règles de sécurité | Ministères et établissements publics |
| RGS | Échanges électroniques entre usagers et administrations | Homologation, produits et prestataires qualifiés | Autorités administratives |
| LPM, SIIV | Systèmes d'importance vitale des opérateurs d'importance vitale | Homologation, audits, détection, déclaration d'incidents | Opérateurs désignés |
| NIS 2, ReCyF | Entités essentielles et importantes (directive européenne) | Gestion du risque, notification d'incidents ; ReCyF : mesures recommandées par l'ANSSI | Des milliers d'entités, selon le secteur et la taille |
Lors de la dernière vérification, la loi française de transposition de NIS 2 restait en cours d'adoption ; l'ANSSI a publié le ReCyF en mars 2026 comme document de travail. Relire l'état du texte avant tout engagement.
Trois labels de l'État, trois usages.
Vérifié le 11/10/2026
| Label | Ce qu'il atteste | Exemple d'usage |
|---|---|---|
| Certification (CSPN, Critères communs) | Un produit a résisté à une évaluation de sécurité menée par un laboratoire agréé | Choisir un produit dont la robustesse a été évaluée |
| Qualification (élémentaire, standard, renforcée) | Un produit ou un prestataire est recommandé par l'État après évaluation et contrôle de conformité | Prestataires d'audit (PASSI), de réponse aux incidents (PRIS), de détection (PDIS) ; offres SecNumCloud |
| Agrément | Un dispositif est autorisé à protéger de l'information classifiée ou Diffusion Restreinte | Chiffreurs pour le DR (II 901) et pour le classifié (IGI 1300) |
Qui fixe, qui contrôle, qui décide.
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| SGDSN | Coordonne la politique de sécurité nationale ; l'ANSSI lui est rattachée |
| ANSSI | Autorité nationale de sécurité des SI : doctrine, agrément, qualification. Elle peut siéger à toute commission d'homologation classifiée et en est membre de droit quand le SGDSN est l'autorité |
| HFDS, FSSI | Haut fonctionnaire de défense et de sécurité, et fonctionnaire de sécurité des SI, dans chaque ministère |
| AQSSI | Autorité qualifiée pour la sécurité des SI, responsable de son périmètre |
| Autorité d'homologation | Décide de l'emploi d'un SI et accepte ses risques résiduels |
| RSSI, OSSI, CSN | Conduisent la sécurité au quotidien et la démarche d'homologation |
L'II 901 : SI homologué, socle de sécurité et PSSI, architecture conforme, et chiffrement de l'information DR qui sort du SI par un produit agréé. Au ministère des Armées, l'IM 900 précise l'organisation interne.
La qualification est une recommandation de l'État après évaluation (niveaux élémentaire, standard, renforcé) ; l'agrément autorise un dispositif à protéger de l'information classifiée ou Diffusion Restreinte. Pour du classifié, c'est l'agrément qui est exigé par défaut.
Depuis le 1er juillet 2021, l'ancien Confidentiel Défense correspond au niveau Secret, et l'ancien Secret Défense au Très Secret. Les règles de transition du décret de 2019 encadrent le traitement des anciens marquages.
7.4Homologation et conformité
Un SMSI n'est pas un classeur : c'est un cycle qui transforme une politique en preuve, et une preuve en décision.
Savoir ce qu'un auditeur vérifie à chaque clause d'ISO 27001, ce qu'est une déclaration d'applicabilité, et comment rattacher plusieurs référentiels à un seul pivot.
Un SMSI se juge à ses traces : une politique signée, des revues tenues, des non-conformités analysées. Choisir un référentiel pivot évite d'entretenir quatre vérités différentes.
La conformité n'est utile que si elle change des décisions techniques. Ce module donne la mécanique du SMSI, la carte des référentiels et les obligations de notification qu'il faut connaître sans les confondre.
Le système de management, avant même les mesures techniques.
| Clause | Exigence | Preuve typiquement demandée | Écart classique |
|---|---|---|---|
| 4 · Contexte | Comprendre l'organisation, les parties intéressées, définir le périmètre du SMSI. | Analyse de contexte, périmètre documenté, cartographie des parties intéressées | Périmètre flou : les filiales ou le cloud sont « dedans mais pas vraiment » |
| 5 · Leadership | Direction impliquée : politique, rôles, responsabilités, moyens. | Politique signée, comptes rendus de comité, définition de rôles | Politique signée il y a trois ans, jamais revue, jamais déclinée |
| 6 · Planification | Appréciation des risques, traitement, déclaration d'applicabilité, objectifs. | Méthode d'appréciation, registre de risques, SoA, objectifs mesurables | Risques identifiés sans propriétaire ni échéance |
| 7 · Support | Ressources, compétences, sensibilisation, communication, informations documentées. | Matrice de compétences, plan de sensibilisation, gestion documentaire | Sensibilisation annuelle générique, sans mesure d'efficacité |
| 8 · Fonctionnement | Mettre en œuvre ce qui a été planifié, maîtriser les prestataires et les évolutions. | Procédures appliquées, suivi des changements, contrats fournisseurs | Procédures écrites jamais suivies : le document vit sa vie |
| 9 · Évaluation | Surveillance, mesure, audit interne, revue de direction. | Programme d'audit, rapports d'audit interne, revue de direction annuelle | Auto-évaluation déguisée en audit interne : la même personne contrôle son travail |
| 10 · Amélioration | Non-conformités, actions correctives, amélioration continue. | Fiches de non-conformité, actions correctives, suivi d'efficacité | Non-conformités fermées sans analyse de cause racine |
Un SMSI se juge à ses traces : si une exigence n'a pas de preuve datée, elle n'existe pas pour un auditeur.
La répartition à connaître, avec ce qui rate le plus souvent dans chaque thème.
| Thème | Nombre | Exemples | Ce qui rate le plus souvent |
|---|---|---|---|
| Organisationnelles (A.5) | 37 | Politiques, rôles et responsabilités, gestion des incidents, continuité, relations fournisseurs, menaces liées au cloud | Politiques écrites jamais déclinées dans les outils ; fournisseurs jamais évalués ni revus |
| Personnes (A.6) | 8 | Sélection, sensibilisation, télétravail, signalement des incidents, fin de contrat | Sensibilisation annuelle générique, sans mesure d'efficacité ni retour d'expérience |
| Physiques (A.7) | 14 | Zones sécurisées, accès physique, bureaux, équipements, destruction de supports | Accès physiques des prestataires accordés puis jamais revus |
| Technologiques (A.8) | 34 | Identité, chiffrement, journalisation, sécurité des développements, réseau, sauvegardes, cloud | Journalisation activée mais non testée ; secrets hors coffre ; sauvegardes non restaurées |
La SoA justifie l'inclusion ou l'exclusion de chaque mesure : « non applicable, voici pourquoi » est une réponse valable — « on verra plus tard » n'en est pas une.
Neuf textes qui reviennent en permanence, et le piège d'usage de chacun.
Vérifié le 26/09/2026
| Référentiel | Nature | Ce qu'il apporte | Piège d'usage |
|---|---|---|---|
| ISO/IEC 27001:2022 (+ Amd 1:2024) | Exigences certifiables pour un SMSI ; l'amendement 2024 ajoute le changement climatique au contexte (4.1, 4.2) | Un système managé, auditable et reconnu en Europe | Confondre certification et sécurité réelle : on certifie un système, pas un niveau de résistance |
| ISO/IEC 27002:2022 | Recueil de mesures (guide) | Le détail des 93 mesures et un vocabulaire commun | Le présenter comme une exigence : c'est un guide, pas un cahier des charges |
| NIST CSF 2.0 | Cadre volontaire (6 fonctions, 22 catégories) | Excellent pivot pour rattacher plusieurs réglementations | Répondre oui/non sans preuve : le taux de couverture devient décoratif |
| CIS Controls v8.1 | 18 contrôles opérationnels priorisés | Le langage de l'exploitation, très concret | Le suivre seul et ignorer la gouvernance et le risque |
| SOC 2 | Attestation (critères de confiance) | Attendu par les clients SaaS anglo-saxons | Croire qu'il remplace ISO 27001 — ou l'inverse : les périmètres diffèrent |
| NIS2 | Directive UE (art. 21 mesures, art. 23 notification) | Obligation juridique avec délais et responsabilité de la direction | Attendre la transposition nationale : les obligations s'imposent déjà par contrat |
| DORA | Règlement UE (secteur financier) | Risque TIC, incidents, tests de résistance, prestataires tiers | Oublier le registre des prestataires et la capacité de sortie (réversibilité) |
| CRA | Règlement UE (produits comportant du numérique) | Sécurité produit, SBOM, notification des vulnérabilités exploitées | Ne pas qualifier son périmètre : fabricant, importateur et distributeur ont des rôles différents |
| RGPD | Règlement UE (données personnelles) | Protection des personnes, analyse d'impact, notification sous 72 h | Le traiter comme un sujet purement juridique, déconnecté de la sécurité |
Un seul pivot, plusieurs déclinaisons : maintenir quatre copies d'un même contrôle aboutit toujours à quatre vérités différentes.
Quatre régimes, des délais courts, et une procédure unique à écrire avant l'incident.
Vérifié le 26/09/2026
| Régime | Déclencheur | Délais | Piège |
|---|---|---|---|
| CRA | Vulnérabilité activement exploitée ou incident grave affectant un produit. | Vulnérabilité : 24 h (alerte précoce) · 72 h (notification) · 14 j après le correctif (rapport final). Incident grave : 24 h · 72 h · 1 mois | Ne pas savoir qui notifie : c'est le fabricant, pas le client |
| NIS2 | Incident significatif dans une entité essentielle ou importante. | 24 h (alerte) · 72 h (évaluation initiale) · 1 mois (rapport final) | Confondre « significatif » et « grave » : les critères sont écrits, il faut les lire avant |
| RGPD | Violation de données personnelles susceptible d'engendrer un risque pour les personnes. | 72 h auprès de l'autorité de contrôle ; information des personnes si risque élevé | Attendre la fin de l'investigation pour prévenir : le délai court dès la connaissance |
| DORA | Incident lié aux technologies avec impact majeur sur les services financiers. | 4 h après classification comme majeur (au plus tard 24 h après la connaissance) · 72 h (rapport intermédiaire) · 1 mois (rapport final) — règlement délégué (UE) 2025/301 | Isoler le sujet « incident TIC » de la classification d'incident : les deux se recoupent |
Un incident peut déclencher les quatre : la procédure doit désigner un décideur, trois canaux et un modèle de notification prêt à remplir.
Incluse : la mesure est déclarée applicable et s'applique dans le périmètre. Testée : on a vérifié par une exécution tracée qu'elle fonctionne réellement. Beaucoup d'organisations ont la première sans la seconde — c'est exactement ce que l'auditeur cherche à distinguer.
Appliquer la procédure unique : qualification (RGPD + CRA, voire NIS2 selon le secteur), désignation du décideur, notification à 72 h pour le RGPD et 24 h/72 h pour le CRA, communication coordonnée, puis retour d'expérience. Les régimes se cumulent, ils ne se remplacent pas.
Parce que les contrôles sont les mêmes à 80 % : un pivot (CSF 2.0 ou ISO 27001) évite de maintenir plusieurs vérités divergentes, permet de prouver une fois et de décliner vers NIS2, DORA, CRA et RGPD sans recompter.
7.5Homologation et conformité
Un fournisseur est une extension du SI : ses accès, ses sous-traitants et ses défaillances deviennent ceux de l'organisation.
Savoir classer un tiers par criticité, lister les clauses qui comptent (accès, sous-traitance, notification, audit, réversibilité) et relier un tiers à l'atelier 3 d'EBIOS RM.
Un fournisseur critique est une extension du SI : ses accès, ses sous-traitants et sa sortie se décident au contrat. Exiger un registre des tiers critiques et une stratégie de sortie pour chacun.
Les autres modules sécurisent ce que l'organisation opère ; celui-ci traite ce qu'elle confie à d'autres. Il donne une méthode de classement des tiers, les clauses qui comptent, les exigences de DORA et de NIS 2, et la façon de garder la main sur les accès des prestataires.
Trois niveaux ; l'effort de vérification suit le niveau, pas la taille du contrat.
| Niveau | Critères | Exigences à l'entrée | Suivi |
|---|---|---|---|
| Critique | Soutient une fonction critique, détient des données sensibles ou dispose d'un accès d'administration ; difficile à remplacer. | Analyse de risque, preuves d'audit (ISO 27001 au périmètre vérifié, rapport SOC 2 de type II), clauses complètes, plan de sortie. | Revue annuelle, suivi des incidents, audit possible, plan de sortie testé |
| Important | Accès à des données internes ou connexion au SI ; remplaçable en quelques mois. | Questionnaire de sécurité, certifications, clauses de notification et de confidentialité. | Revue tous les deux ans, preuves mises à jour |
| Standard | Ni données sensibles ni accès au SI. | Clauses contractuelles types. | Revue à l'échéance du contrat |
Le périmètre d'une certification se lit : un certificat ISO 27001 qui couvre le siège social ne dit rien du service réellement fourni.
Six clauses ; chacune a un signe d'alerte reconnaissable à la lecture.
| Clause | Ce qu'elle garantit | Signe d'alerte |
|---|---|---|
| Notification d'incident | Délai et contenu de la notification, contact d'astreinte. | « Dans les meilleurs délais », sans durée chiffrée |
| Droit d'audit et d'accès | Accès aux preuves, audit sur place ou mutualisé, suivi des écarts. | Audit refusé, ou limité aux documents commerciaux |
| Sous-traitance | Liste des sous-traitants, information préalable, obligations répercutées en cascade. | Sous-traitance libre, sans information |
| Localisation et droit applicable | Lieux de traitement et de stockage, juridiction, accès des autorités étrangères. | Localisation « selon les besoins du service » |
| Réversibilité et sortie | Restitution des données dans un format exploitable, assistance à la transition, délais. | Restitution en format propriétaire, sans délai garanti |
| Sécurité et niveaux de service | Exigences minimales, indicateurs, pénalités, résiliation pour manquement. | Aucune exigence de sécurité mesurable |
Deux textes, une même logique : connaître ses dépendances, les encadrer par contrat, pouvoir en sortir.
Vérifié le 27/09/2026
| Texte | Exigence | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| DORA · art. 28 | Stratégie de risque lié aux tiers TIC, registre d'information de tous les accords, évaluation avant contrat, stratégies de sortie pour les fonctions critiques. | Registre tenu à jour et remis chaque année à l'autorité ; plan de sortie testé pour les prestataires critiques |
| DORA · art. 30 | Dispositions contractuelles essentielles : description des services, localisation, niveaux de service, notification d'incident, droits d'accès et d'audit, résiliation. | Contrats revus, avenants pour les accords existants |
| DORA · art. 31 et suivants | Surveillance directe des prestataires TIC critiques par les autorités européennes de surveillance. | 19 prestataires désignés le 18/11/2025 ; cette surveillance n'exonère pas l'entité de sa propre gestion du risque |
| NIS 2 · art. 21, § 2, d) | Sécurité de la chaîne d'approvisionnement, y compris les relations avec les fournisseurs directs. | Exigences de sécurité dans les contrats, évaluation des fournisseurs |
| NIS 2 · art. 21, § 3 | Tenir compte des vulnérabilités propres à chaque fournisseur direct et de la qualité de ses pratiques, développement sécurisé compris. | Évaluation fournisseur par fournisseur, pas un questionnaire unique |
Registre d'information : modèles fixés par le règlement d'exécution (UE) 2024/2956, collecte annuelle par les autorités nationales pour les autorités européennes. Liste des prestataires critiques publiée par l'EBA, l'EIOPA et l'ESMA.
Demander des preuves indépendantes équivalentes (rapport SOC 2 de type II récent, certificat ISO 27001 au périmètre vérifié, résultats de tests d'intrusion), proposer un audit mutualisé avec d'autres clients, et compenser par des contrôles côté client (journaux, chiffrement, réversibilité). Pour une fonction critique d'une entité soumise à DORA, le droit d'accès et d'audit n'est pas négociable.
Les données à récupérer et leur format, une solution de remplacement identifiée, la durée et le coût de la transition, l'assistance contractuelle du prestataire sortant, et un test daté, au moins sur table. Sans ces éléments, la dépendance est subie.
Comme des accès à privilèges : comptes nominatifs, passage par un bastion ou un courtier d'accès, activation à la demande et limitée dans le temps, session enregistrée, revue régulière et révocation immédiate en fin de contrat.
Protéger ce qui a de la valeur : clés et chiffrement, API et applications, poste de travail, messagerie et SaaS.
8.1Données, applications, postes
Chiffrer ne suffit pas : la vraie question est qui détient la clé, pour combien de temps, et comment on la remplace.
Savoir dire qui détient la clé dans chaque modèle (fournisseur, service de clés, clé apportée, clé détenue), distinguer KMS, HSM, PKI et coffre de secrets, et appliquer un niveau de classification.
La question n'est pas « est-ce chiffré ? » mais « qui détient la clé, et peut-on la renouveler ? ». Pour l'information sensible ou classifiée, le texte impose le produit : le choix se fait au cadrage.
La cryptographie est le dernier rempart : quand tout le reste est tombé, c'est elle qui protège encore la donnée. Ce module couvre la détention des clés, la gestion des secrets, la classification des données et la trajectoire post-quantique.
Le même chiffrement ne protège pas la même chose selon qui contrôle la clé.
| Modèle | Ce que ça protège | Ce que ça ne protège pas | Cas d'usage |
|---|---|---|---|
| Clé gérée par le fournisseur | L'accès au support physique et les erreurs d'exploitation de bas niveau. | Une injonction légale visant le fournisseur, ou une compromission de son plan de contrôle. | Données peu sensibles, services managés, rapidité de mise en œuvre |
| Clé gérée par le client (dans son compte) | La séparation des périmètres : un accès perdu chez le client ne donne pas la donnée. | Une mauvaise politique de clé côté client : wildcard, clé partagée, rotation absente. | Données métier sensibles, environnements multi-comptes |
| Clé détenue hors du cloud (BYOK / HYOK) | Le contrôle juridique et opérationnel de la clé racine. | La disponibilité : perdre la clé, c'est perdre la donnée. | Exigences de souveraineté, données réglementées |
| Clé matérielle (HSM) | L'extraction de la clé : elle ne sort pas du module. | Le mauvais usage fait avec la clé depuis l'application autorisée. | Signature, PKI racine, chiffrement à haute criticité |
Question à poser systématiquement en revue : « qui peut utiliser cette clé, depuis où, et comment le prouve-t-on ? »
Quatre briques complémentaires — les confondre est une erreur d'architecture classique.
| Brique | Rôle | Ce qu'elle protège | Erreur classique |
|---|---|---|---|
| Gestionnaire de clés (KMS) | Créer, stocker, utiliser et faire tourner les clés de chiffrement, avec journalisation des usages. | Les clés elles-mêmes et la traçabilité de leur usage. | Une seule clé pour toute l'organisation, sans politique ni rotation |
| Module matériel (HSM) | Conserver les clés racines hors d'atteinte logique : elles ne sortent pas du module. | Les clés les plus critiques (signature, autorité racine). | Garder la clé racine dans un fichier de configuration « plus simple » |
| Autorité de certification (PKI) | Émettre et révoquer des certificats, avec des durées de vie courtes. | L'identité des services et la confiance mutuelle (mTLS). | Certificats de dix ans, liste de révocation jamais publiée ni testée |
| Coffre de secrets | Stocker et distribuer les secrets applicatifs (mots de passe, jetons) avec audit et rotation. | Les secrets d'exécution, hors du code et de l'état d'infrastructure. | Secrets dans les variables d'environnement du pipeline, visibles de tous |
Le chiffrement d'enveloppe (une clé de données protégée par une clé maîtresse) permet de tourner la clé maîtresse sans réécrire toutes les données : c'est ce qui rend la rotation praticable.
Une donnée mal classée n'est protégée par aucune politique — elle est seulement espérée protégée.
| Niveau | Exemples | Ce que ça impose | Piège |
|---|---|---|---|
| Public | Site vitrine, documentation produit, offres d'emploi. | Intégrité et disponibilité ; diffusion maîtrisée. | Publier par erreur un document interne non classé |
| Interne | Procédures, comptes rendus, données d'exploitation non sensibles. | Accès réservé aux collaborateurs et prestataires habilités, journalisation des accès. | Tout laisser « interne par défaut » y compris le sensible |
| Confidentiel | Données clients, contrats, données financières, journaux contenant des identifiants. | Chiffrement au repos et en transit, accès nominatif, traçabilité, restriction de partage externe. | Partager par lien public « le temps d'une réunion » |
| Secret / hautement critique | Données réglementées, secrets industriels, clés, données de sécurité. | Chiffrement avec clés dédiées, séparation des environnements, journalisation immuable, DLP strict. | Mettre ces données dans le même compartiment que le reste pour simplifier |
La classification doit être rafraîchie : les données se déplacent, se copient dans des exports, des sauvegardes, des environnements de test.
Le risque n'est pas futur : ce qui est intercepté aujourd'hui peut être déchiffré demain.
Vérifié le 26/09/2026
| Vague | Ce qu'on fait | Pourquoi cette priorité | Piège |
|---|---|---|---|
| 1 · Inventaire et agilité | Inventorier les algorithmes, clés et certificats (inventaire cryptographique) et rendre l'algorithme paramétrable. | Sans inventaire, aucune migration n'est planifiable ; l'agilité est le seul prérequis durable. | Attendre la fin de l'inventaire pour rendre le code paramétrable |
| 2 · Hybridation des échanges de clés | Combiner un algorithme post-quantique et un algorithme classique sur les flux à longue conservation. | Protège contre l'interception aujourd'hui pour déchiffrement demain (HNDL). | Migrer tout en même temps plutôt que par criticité et durée de conservation |
| 3 · Signatures et racines de confiance | Migrer les signatures et les autorités racines, avec double signature pendant la transition. | Une signature forgée casse la confiance dans les mises à jour et les certificats. | Oublier les composants embarqués et les micrologiciels, difficiles à mettre à jour |
| 4 · Retrait des algorithmes faibles | Retirer progressivement RSA et les courbes classiques là où c'est possible, avec des critères écrits. | La dette cryptographique finit toujours par devenir un risque opérationnel. | Considérer la fin comme une date : c'est un plan par périmètre, pas un couperet |
Trois conditions d'agilité : algorithme paramétrable (jamais en dur), bibliothèques et matériel multi-algorithmes, rotation déjà répétée en production avant d'en avoir besoin. Jalons publics : la feuille de route coordonnée de l'UE (2025) demande des plans nationaux fin 2026, la migration des cas à haut risque fin 2030 et la généralisation fin 2035 ; le projet NIST IR 8547 déprécie RSA et les courbes elliptiques après 2030 et les interdit après 2035.
Qui peut utiliser la clé, sous quelle juridiction, et avec quelle traçabilité ? Si la clé est chez le fournisseur, une injonction ou une compromission de son plan de contrôle peut donner accès à la donnée : d'où l'intérêt du modèle client, voire externe, pour les données sensibles.
Parce qu'on ne rechiffre pas les données : on renouvelle la clé maîtresse qui protège les clés de données. La rotation devient une opération rapide et peu risquée, donc praticable régulièrement.
Que le risque d'interception aujourd'hui est déjà couvert par la stratégie HNDL : toute donnée à longue conservation (données de santé, secrets industriels, archives) peut être déchiffrée plus tard. On commence par l'inventaire cryptographique et l'agilité, sur les données qui ont la plus longue durée de vie.
8.2Données, applications, postes
Une API expose la logique métier, pas seulement des données : la plupart des failles viennent d'une autorisation oubliée, pas d'un chiffrement faible.
Savoir reconnaître les failles d'autorisation (BOLA, BFLA) de l'OWASP API Top 10, choisir un niveau ASVS, et poser les six questions du threat model d'une API.
La plupart des failles graves d'une API sont des contrôles d'autorisation oubliés, pas du chiffrement faible. Exiger un niveau ASVS cible et des tests d'autorisation dans la recette.
Les applications modernes sont des assemblages d'API : applications mobiles, partenaires, microservices et agents d'IA les consomment. Ce module donne les risques propres aux API, les exigences vérifiables de l'ASVS et un threat model d'API qui tient sur une page.
Dix risques, dont la moitié relève de l'autorisation ou de l'inventaire — pas de la cryptographie.
Vérifié le 27/09/2026
| Risque | Ce qui se passe | Contrôle d'architecture | Test qui le prouve |
|---|---|---|---|
| API1 · BOLA (objet) | Changer un identifiant dans l'URL donne accès à l'objet d'un autre client. | Contrôle d'appartenance côté serveur à chaque accès ; identifiants non devinables en complément, jamais à la place. | Deux comptes de test : A demande l'objet de B, refus attendu et journalisé |
| API2 · Authentification défaillante | Jetons mal validés, force brute sans limite, récupération de compte contournable. | Fournisseur d'identité standard (OIDC), validation stricte du jeton (signature, audience, expiration), limitation des tentatives. | Jeton expiré, mauvaise audience ou signature altérée : refus |
| API3 · BOPLA (propriétés) | L'API renvoie ou accepte des champs sensibles qu'elle ne devrait pas (affectation de masse). | Schémas de requête et de réponse explicites, liste blanche des champs modifiables. | Envoi d'un champ « role » ou « prix » non prévu : ignoré ou refusé |
| API4 · Consommation sans limite | Requêtes coûteuses, pagination infinie, fichiers énormes : déni de service ou facture. | Quotas par client, pagination bornée, tailles maximales, délais d'expiration à la passerelle. | Dépassement de quota : réponse 429 et alerte |
| API5 · BFLA (fonctions) | Un utilisateur standard appelle une route d'administration. | Autorisation par fonction centralisée, refus par défaut, routes d'administration séparées. | Route d'administration appelée avec un jeton standard : refus |
| API6 · Flux métier sensibles | Achat en masse, création de comptes, réservation automatisée : l'abus respecte les règles techniques. | Flux à forte valeur identifiés, limitation par flux, détection d'automatisation. | Rejeu scripté d'un flux d'achat : ralenti ou bloqué |
| API7 · SSRF | L'API va chercher une URL fournie par l'appelant et atteint le réseau interne ou les métadonnées cloud. | Liste blanche de destinations, sortie réseau filtrée, IMDSv2 côté AWS. | URL vers 169.254.169.254 ou un hôte interne : refus |
| API8 · Mauvaise configuration | CORS permissif, erreurs verbeuses, en-têtes manquants, TLS hétérogène. | Configuration de référence versionnée, appliquée par la passerelle et vérifiée en CI. | Scan de configuration comparé à la référence : zéro écart |
| API9 · Inventaire défaillant | Une ancienne version ou une API de test reste exposée, sans les correctifs. | Inventaire à jour, contrat OpenAPI par version, retrait daté des anciennes versions. | Découverte externe comparée à l'inventaire : zéro API inconnue |
| API10 · Consommation risquée d'API tierces | Les réponses d'un partenaire sont crues sans validation. | Valider et borner les données reçues, délais et chiffrement vers les tiers, suivi du fournisseur. | Réponse tierce malformée injectée en test : rejetée |
OWASP API Security Top 10, édition 2023 : toujours l'édition en vigueur au 27/09/2026. L'ordre reflète la fréquence et l'impact observés, pas un ordre de traitement.
Le niveau se décide par application, selon l'exposition et la valeur des données — pas une fois pour tout le SI.
Vérifié le 27/09/2026
| Niveau | Pour quelles applications | Ce qu'il ajoute | Comment on le vérifie |
|---|---|---|---|
| Niveau 1 | Premier palier pour tout le parc ; exposition limitée, données peu sensibles. | Les défenses de base : encodage et validation, authentification, session, contrôle d'accès élémentaire. | Tests automatisés en CI et revue ciblée |
| Niveau 2 | La plupart des applications métier : données personnelles, transactions, accès partenaires. | Autorisation fine, journalisation de sécurité, cryptographie maîtrisée, configuration durcie. | Revue de code et de configuration, test d'intrusion applicatif |
| Niveau 3 | Applications critiques : santé, paiement, infrastructures, forte valeur pour un attaquant. | Défense en profondeur sur chaque chapitre, architecture documentée et vérifiée. | Accès au code, à l'architecture et aux équipes ; vérification approfondie |
ASVS 5.0.0, publié par l'OWASP en mai 2025 : 17 chapitres, de l'encodage et la validation (V1, V2) à l'API (V4), aux jetons autoportés et à OAuth/OIDC (V9, V10) et à la journalisation (V16). Le niveau retenu s'écrit dans l'ADR de l'application.
Une page par API, relue à chaque changement de contrat.
| Question | Ce qu'on regarde | Réponse attendue |
|---|---|---|
| Qui appelle ? | Types de clients : navigateur, mobile, partenaire, service interne, agent d'IA. | Une identité par type de client, jamais un secret partagé entre clients |
| Avec quel jeton ? | Flux OAuth adapté (code + PKCE, identifiants client), durée de vie, audience. | Jetons courts, audience restreinte, signature vérifiée par l'API elle-même |
| Sur quels objets ? | Identifiants exposés, règles d'appartenance, cloisonnement entre clients. | Contrôle d'appartenance à chaque accès, testé avec deux comptes |
| Quelles actions ? | Routes d'écriture, d'administration, d'export, flux métier sensibles. | Autorisation par fonction, limitation par flux, validation humaine si l'action est irréversible |
| Jusqu'où ? | Quotas, tailles, pagination, appels sortants. | Limites à la passerelle, sortie réseau en liste blanche |
| Qu'est-ce qui reste ? | Journaux, corrélation, traces d'accès aux données sensibles. | Un journal par appel : identité, objet, action, décision — exploitable par le SOC |
La méthode générale (STRIDE, périmètre, preuves) est dans le module Risque et priorisation ; ces six questions en sont la version API.
/factures/{id} avec un jeton valide. Quel test prouve l'absence de BOLA ?Deux comptes de test : le compte A demande une facture du compte B et reçoit un refus (403 ou 404), journalisé. Le test s'automatise en CI pour chaque route qui prend un identifiant d'objet.
BOLA : l'appelant accède, par une fonction légitime, à un objet qui ne lui appartient pas. BFLA : il appelle une fonction qui ne lui est pas permise, comme une route d'administration. Le premier se corrige par un contrôle d'appartenance, le second par une autorisation par fonction.
Le niveau 2 au minimum, pour les données personnelles et les transactions. Le niveau 3 se discute si le portail est une cible de forte valeur (paiement à grande échelle, santé). La décision et sa justification vont dans l'ADR de l'application.
8.3Données, applications, postes
L'attaque commence le plus souvent par un courriel, un poste ou un compte SaaS : c'est la surface la plus banale, et la plus exposée.
p=reject empêchent l'usurpation du domaine ; le filtrage traite le reste.Savoir empiler les protections du poste, configurer SPF, DKIM et DMARC, et repérer les paramétrages SaaS à risque (partages, transferts, applications tierces).
La surface la plus banale est la plus exposée : messagerie, poste et comptes SaaS. Les usages non maîtrisés, comme l'IA générative grand public, se gouvernent par une offre encadrée plutôt que par une simple interdiction.
Les modules d'identité et de cloud couvrent l'infrastructure ; celui-ci couvre ce que les utilisateurs touchent tous les jours : poste, messagerie et applications SaaS. Il donne les contrôles de base, leur ordre de déploiement et la façon de prouver qu'ils fonctionnent.
Six couches ; chacune a sa preuve, sinon elle n'existe que dans la politique.
| Couche | Contrôle | Preuve de fonctionnement |
|---|---|---|
| Configuration | Référentiel de durcissement appliqué par la gestion centralisée (MDM ou équivalent), chiffrement du disque, démarrage sécurisé. | Taux de conformité par parc, écarts datés et traités |
| Privilèges | Aucun administrateur local permanent ; élévation à la demande, tracée ; mot de passe administrateur local unique par machine et renouvelé. | Inventaire des comptes locaux : aucun compte partagé |
| Exécution | Contrôle applicatif (liste d'autorisation) sur les postes sensibles, macros bloquées par défaut. | Exécution non autorisée tentée : bloquée et journalisée |
| Détection et réponse | EDR sur tout le parc, alertes remontées au SOC, isolation réseau à distance. | Couverture mesurée (poste sans agent actif = écart), test d'isolation |
| Correctifs | Système et navigateur à jour en quelques jours, vulnérabilités exploitées (KEV) en priorité. | Délai médian de déploiement mesuré par parc |
| Perte ou vol | Chiffrement, effacement à distance, révocation des sessions et jetons. | Exercice de révocation chronométré |
L'authentification du domaine se règle une fois ; le filtrage et le signalement s'exploitent tous les jours.
Vérifié le 27/09/2026
| Mécanisme | Ce qu'il garantit | Déploiement | Erreur fréquente |
|---|---|---|---|
| SPF | Quels serveurs ont le droit d'envoyer pour le domaine. | Enregistrement DNS listant les émetteurs, prestataires compris. | Dépasser la limite de 10 résolutions DNS : SPF invalide |
| DKIM | Que le message est signé par le domaine et n'a pas été modifié. | Une clé par émetteur, rotation planifiée. | Oublier la signature chez un prestataire d'envoi (CRM, facturation) |
| DMARC | Que le domaine affiché (From) est aligné sur SPF ou DKIM ; dit au destinataire quoi faire sinon. | p=none avec rapports, correction des émetteurs, puis quarantine, puis reject. | Rester en p=none indéfiniment : aucune protection réelle |
| Filtrage et bac à sable | Qu'une pièce jointe ou un lien n'est pas malveillant au moment du clic. | Filtrage entrant, réécriture des liens, analyse dynamique. | Laisser chaque utilisateur libérer lui-même la quarantaine |
| Signalement | Qu'un message suspect remonte en un clic au SOC. | Bouton de signalement, retour vers l'utilisateur. | Signalements jamais traités : les utilisateurs arrêtent |
DMARC est normalisé depuis mai 2026 par les RFC 9989, 9990 et 9991, qui remplacent la RFC 7489 (2015). Les grands fournisseurs de messagerie exigent SPF, DKIM et DMARC des expéditeurs en volume depuis 2024.
Le fournisseur sécurise la plateforme ; ces cinq réglages restent à la charge du client.
| Risque | Exemple | Contrôle | Mesure (SSPM) |
|---|---|---|---|
| Partage externe ouvert | Liens « toute personne disposant du lien » sur des documents sensibles. | Partage externe restreint par défaut, expiration des liens, étiquettes de sensibilité. | Liens publics par niveau de sensibilité |
| Applications tierces (OAuth) | Une application obtient la lecture de toutes les boîtes aux lettres par un simple consentement. | Consentement utilisateur limité, validation administrateur pour les droits étendus, revue périodique. | Applications autorisées, droits accordés, dernière utilisation |
| Comptes et rôles | Administrateurs trop nombreux, comptes d'anciens salariés encore actifs. | Rôles minimaux, provisionnement SCIM depuis l'annuaire, revue des administrateurs. | Administrateurs globaux, comptes orphelins |
| Journalisation | Journaux d'audit désactivés ou conservés quelques jours. | Journaux activés et exportés vers le SIEM, rétention adaptée. | Sources SaaS présentes dans le SIEM |
| Accès conditionnel | Connexion depuis un poste non géré à des données sensibles. | Accès conditionné à l'état du poste et au niveau de MFA. | Connexions hors politique, par application |
Le SSPM fait pour le SaaS ce que le CSPM fait pour le cloud (module Sécurité cloud) : comparer en continu la configuration réelle à une référence.
Si le domaine est usurpé : DMARC en p=reject, avec SPF et DKIM alignés, fait rejeter le message par le destinataire. Si le message vient d'un compte réellement compromis, DMARC passe : ce sont alors la détection (connexion anormale, règle de transfert créée) et le MFA résistant à l'hameçonnage qui protègent.
Parce que l'utilisateur s'authentifie normalement, MFA compris, puis accorde des droits à une application malveillante : celle-ci reçoit un jeton et lit les données sans jamais connaître le mot de passe. La parade : limiter le consentement utilisateur et revoir les applications autorisées.
Par trois mesures : couverture (postes avec agent actif sur postes inventoriés), remontée effective des alertes au SOC, et test d'isolation à distance sur un poste de test. Un agent installé mais muet, ou jamais exercé, ne prouve rien.
Voir, réagir, redémarrer : SOC et réponse à incident, ingénierie de détection, continuité d'activité et crise.
9.1Détecter et réagir
Détecter vite, contenir sans détruire la preuve, restaurer pour de vrai : trois compétences différentes, une même chaîne.
Savoir dérouler les phases d'une réponse à incident, préserver une preuve avant de nettoyer, et appliquer la règle de sauvegarde 3-2-1-1-0.
La réponse à incident se gagne avant l'incident : procédure à jour, journaux réellement collectés, annuaire de crise disponible hors du SI. Exiger un exercice par an et une restauration testée.
Détecter et répondre ne s'improvise pas au moment de l'incident. Ce module couvre la chaîne de valeur du SOC, le cycle de réponse aligné sur le CSF 2.0, et la mécanique de résilience qui décide de la survie d'un service.
Cinq étapes ; si l'une est faible, les suivantes ne compensent pas.
| Étape | Objectif | Indicateur utile | Piège |
|---|---|---|---|
| 1 · Télémétrie | Collecter ce qui permet de détecter et de reconstituer : identités, postes, réseau, cloud, applications. | Couverture par source et par actif critique | Collecter beaucoup et n'exploiter rien : le volume n'est pas la couverture |
| 2 · Plateforme | Normaliser, corréler, conserver — avec une rétention adaptée aux délais d'investigation. | Durée de rétention utile, coût par source | Rétention de 30 jours sur une attaque qui dure trois mois |
| 3 · Analytique | Détecter par règles versionnées et par comportement, avec un tri par risque réel. | Taux de vrais positifs, couverture des techniques adverses | Empiler des règles sans réduire le bruit : l'équipe cesse de regarder |
| 4 · Réponse | Contenir, éradiquer, restaurer selon des procédures connues et des rôles nommés. | Délai de confinement, taux de procédures appliquées | Improviser le confinement et détruire les preuves |
| 5 · Humain | Décider : escalade, crise, communication, obligations réglementaires. | Délai de décision, qualité du retour d'expérience | Confier la décision à un outil ou à une seule personne non suppléée |
Objectifs de temps à écrire et à mesurer : détection en minutes pour les signaux forts, confinement en heures, restauration selon le RTO validé.
Chaque phase a une décision à prendre et une trace à conserver.
| Phase | Décision à prendre | Preuve à conserver | Erreur qui coûte cher |
|---|---|---|---|
| Préparer | Qui est d'astreinte, qui décide, avec quels moyens et quels accès de secours ? | Playbooks testés, annuaire de crise, exercices datés | Découvrir pendant l'incident que personne ne peut couper un accès |
| Détecter et qualifier | Est-ce un incident, quelle sévérité, qui est prévenu ? | Journal de qualification : heure, signaux, décision | Qualifier à la baisse pour éviter la procédure |
| Contenir | Quel périmètre isoler, sans détruire la preuve ? | Horodatage des actions, captures, images mémoire si pertinent | Éteindre la machine : la mémoire et les indices disparaissent |
| Éradiquer | Quelle est la cause racine, et qu'est-ce qui a été touché ? | Analyse de cause, liste des comptes et secrets à révoquer | Se contenter de supprimer le symptôme visible |
| Restaurer | Quel retour progressif, avec quelle surveillance renforcée ? | Rapport de restauration, mesures de surveillance temporaires | Reconnecter tout d'un coup sur une sauvegarde non vérifiée |
| Clôturer | Quelles actions datées, quels contrôles à renforcer ? | Retour d'expérience, actions avec propriétaire et échéance | Clore sans retour d'expérience : le même incident revient |
| Crise et obligations | Faut-il notifier, à qui, et qui communique ? | Modèle de notification horodaté, journal de crise | Attendre la fin de l'analyse pour respecter un délai qui courait déjà |
Un incident se termine quand les actions du retour d'expérience sont planifiées, pas quand le service redémarre.
Cinq exigences qui font la différence entre une sauvegarde et une illusion.
| Exigence | Ce que ça veut dire | Comment on le prouve |
|---|---|---|
| 3 copies | Trois exemplaires des données au minimum, dont la production. | Inventaire des jeux de sauvegarde et des dépendances oubliées |
| 2 supports différents | Deux technologies ou emplacements distincts (pas deux dossiers du même serveur). | Cartographie des supports, séparation des identifiants d'accès |
| 1 copie hors site | Une copie dans un autre lieu ou un autre compte, isolée du réseau principal. | Test d'accès depuis le réseau compromis : doit échouer |
| 1 copie hors ligne ou immuable | Non modifiable, non supprimable pendant la rétention (verrouillage d'objet, bande hors ligne). | Tentative de suppression refusée, documentée |
| 0 erreur de restauration | On a restauré et vérifié l'intégrité, pas seulement écrit les données. | Rapport de restauration daté, avec durée et écarts |
Un RTO et un RPO se décident avec l'activité : sans validation, ce sont des vœux techniques que personne ne tiendra en cas de crise.
On isole (réseau, identités) pour préserver la mémoire et les journaux locaux. Éteindre détruit les indices volatils et complique l'analyse — sauf si le risque physique ou la propagation impose la coupure, et cela se décide explicitement.
Le RTO est la durée maximale d'interruption acceptée par l'activité ; le RPO est la perte de données maximale acceptable. Les deux se décident avec les métiers, par criticité, et se vérifient par des exercices de restauration.
Parce que les règles deviennent versionnées, testées et déployées comme du code : on peut mesurer la couverture des techniques adverses, gérer les régressions et démontrer au comité ce qui est réellement détecté.
9.2Détecter et réagir
Une détection vaut par la technique adverse qu'elle couvre et par le test qui prouve qu'elle se déclenche — pas par le nombre de règles.
Savoir écrire une règle de détection reliée à une technique ATT&CK, la tester en rejouant la technique, et mesurer une couverture sans gonfler les chiffres.
Une règle jamais déclenchée en test n'existe pas : demander la preuve de déclenchement, pas le nombre de règles. Le renseignement sur la menace n'a de valeur que s'il change une décision.
Le module SOC décrit la chaîne qui exécute ; celui-ci explique comment décider quoi détecter. Il relie la menace (ATT&CK, renseignement) à des règles versionnées et testées, et donne les indicateurs qui disent si la couverture progresse vraiment.
Six étapes ; une règle qui saute le test n'est qu'une intention.
| Étape | Ce qu'on produit | Critère de sortie |
|---|---|---|
| 1 · Hypothèse | Technique visée (identifiant ATT&CK), actifs concernés, scénario de l'attaquant. | Hypothèse écrite, rattachée à un risque ou à un renseignement |
| 2 · Données | Sources nécessaires (identité, EDR, cloud, réseau) et champs requis. | Source collectée, normalisée, conservée assez longtemps pour enquêter |
| 3 · Logique | Règle en Sigma ou dans le langage du SIEM, seuils, exclusions justifiées. | Revue par un pair, règle versionnée dans le dépôt |
| 4 · Test | Émulation de la technique en environnement contrôlé. | Alerte déclenchée par le test, silence sur l'activité normale mesurée |
| 5 · Déploiement | Mise en production par pipeline, runbook de réponse associé. | Runbook lié à l'alerte, propriétaire nommé |
| 6 · Mesure et revue | Taux de vrais positifs, volume, délai de traitement, date de revue. | Règle revue, ajustée ou retirée à échéance |
C'est le « detection-as-code » du module SOC, détaillé : la règle vit dans un dépôt, passe en CI et porte son test d'émulation.
Cinq indicateurs ; chacun a sa façon de paraître bon sans l'être.
| Indicateur | Ce qu'il mesure | Piège |
|---|---|---|
| Couverture ATT&CK testée | Part des techniques prioritaires qui ont au moins une détection testée récemment (par exemple sur 90 jours). | Déclarer une technique « couverte » sur la foi de la documentation de l'éditeur |
| Couverture des données | Part des actifs critiques dont les journaux nécessaires arrivent réellement. | Un tableau de bord vert alors qu'une source est muette depuis un mois |
| Taux de vrais positifs | Alertes confirmées sur alertes traitées, règle par règle. | Supprimer une règle bruyante au lieu de l'affiner |
| Délai de détection | Temps entre l'action de l'attaquant (ou du test) et l'alerte. | Ne mesurer que le délai de traitement, une fois l'alerte ouverte |
| Âge des règles | Règles non revues depuis un an, règles jamais déclenchées. | Prendre une règle jamais déclenchée pour la preuve d'une absence d'attaque |
Les techniques prioritaires se choisissent avec le threat model et la CTI du secteur : couvrir 100 % d'ATT&CK n'est ni possible ni utile.
Quatre niveaux de renseignement, quatre publics, quatre types de décision.
| Niveau | Pour qui | Question traitée | Exemple de décision |
|---|---|---|---|
| Stratégique | Direction, comité des risques | Quels acteurs visent le secteur, avec quels objectifs ? | Arbitrer un budget de résilience face au rançongiciel |
| Opérationnel | Responsable sécurité, cellule de crise | Quelle campagne est en cours, avec quel mode opératoire ? | Durcir en urgence un service exposé visé par une campagne |
| Tactique | Ingénierie de détection, architecture | Quelles techniques (TTP) ces acteurs emploient-ils ? | Écrire ou tester les détections des techniques observées |
| Technique | SOC, outils de filtrage | Quels indicateurs (IP, domaines, empreintes) bloquer maintenant ? | Blocage temporaire, recherche rétroactive dans les journaux |
Pyramide de la douleur (David Bianco) : une empreinte ou une adresse IP se remplace en minutes, un mode opératoire en mois — les détections comportementales durent. Partage selon le TLP 2.0 du FIRST (2022).
Extraire les techniques (TTP) du rapport, vérifier que les journaux d'identité et de consentement OAuth sont collectés, écrire ou adapter une détection, la tester par émulation, puis chercher rétroactivement dans l'historique. Les indicateurs techniques du rapport servent à cette recherche, pas de protection durable.
Parce que la logique devient portable et versionnable : la même règle se traduit vers plusieurs outils, se relit en revue de code et survit à un changement de SIEM. Le langage natif sert à l'optimisation, pas de source de vérité.
Pas forcément : la source peut être muette, un champ renommé ou la logique cassée. Le test d'émulation se rejoue : s'il ne déclenche pas l'alerte, la règle est réparée ou retirée.
9.3Détecter et réagir
La continuité ne se décide pas dans la salle serveur : c'est l'activité qui dit ce qui redémarre d'abord, en combien de temps, et avec quelle perte acceptable.
Savoir conduire un bilan d'impact sur l'activité, en déduire RTO et RPO, et distinguer continuité, reprise et gestion de crise.
C'est le métier qui fixe ce qu'il accepte de perdre, en durée et en données ; l'informatique en déduit l'architecture. Exiger que ces objectifs soient validés par la direction, puis testés.
Le module SOC traite l'incident ; celui-ci traite ce qui se passe pendant qu'il dure. Il donne la méthode du BIA, la différence entre plan de continuité, plan de reprise et gestion de crise, et le programme d'exercices qui transforme un document en capacité.
Cinq étapes ; les objectifs de reprise sont des décisions de l'activité, arbitrées par la direction.
| Étape | Ce qu'on établit | Qui décide | Livrable |
|---|---|---|---|
| 1 · Processus critiques | Les activités dont l'arrêt met en cause la mission, la conformité ou la trésorerie. | Direction et métiers | Liste hiérarchisée des processus |
| 2 · Impacts dans le temps | Ce que coûte l'arrêt à 4 h, 24 h, 72 h, une semaine : financier, réglementaire, humain, image. | Métiers, avec la gestion des risques | Courbe d'impact par processus |
| 3 · Seuils | DMIA, RTO et RPO par processus, cohérents entre eux. | Métiers, arbitrés par la direction | Objectifs de reprise signés |
| 4 · Dépendances | Applications, données, identités, prestataires, locaux et personnes clés derrière chaque processus. | Architecture et métiers | Cartographie des dépendances |
| 5 · Écarts | Comparaison entre les objectifs et ce que l'infrastructure sait réellement faire. | Architecture, avec le RSSI | Plan d'action chiffré, ou risque accepté par écrit |
Si le RTO d'une application est plus court que celui de l'annuaire ou du réseau dont elle dépend, l'objectif est faux : les dépendances fixent le plancher.
Quatre dispositifs complémentaires ; aucun ne remplace les autres.
| Dispositif | Question traitée | Contenu minimal | Preuve de capacité |
|---|---|---|---|
| PCA · plan de continuité d'activité | Comment l'activité continue-t-elle pendant l'interruption ? | Modes dégradés par processus, procédures manuelles, sites et moyens de repli, rôles. | Exercice métier en mode dégradé, daté |
| PRA · plan de reprise d'activité | Comment le SI revient-il, dans quel ordre, en combien de temps ? | Ordre de reprise par dépendances, sauvegardes isolées, environnement de reconstruction, runbooks. | Restauration chronométrée, comparée au RTO |
| Gestion de crise | Qui décide, qui communique, qui notifie ? | Cellule de crise, annuaire hors ligne, moyens de communication de secours, main courante, modèles de notification. | Exercice de crise sur table ou simulé, retour d'expérience |
| Plan de reconstruction | Comment repartir d'un SI de confiance après une compromission ? | Cœur de confiance (identité, administration) reconstruit en premier, secrets renouvelés, réintégration progressive. | Répétition de la reconstruction du cœur d'identité |
Après un rançongiciel, restaurer ne suffit pas : restaurer sur une infrastructure encore compromise rejoue l'attaque. La reconstruction du cœur de confiance précède la reprise des applications.
Trois références ; les mêmes preuves servent aux trois.
Vérifié le 27/09/2026
| Texte | Ce qu'il exige | Conséquence d'architecture |
|---|---|---|
| NIS 2 · art. 21, § 2, c) | Continuité des activités : gestion des sauvegardes, reprise après sinistre, gestion des crises. | Sauvegardes isolées et testées, plan de reprise et cellule de crise documentés |
| DORA · art. 11 et 12 | Politique de continuité des TIC, plans de réponse et de rétablissement testés au moins une fois par an, politique de sauvegarde et de restauration. | Exercices annuels tracés, sauvegardes séparées physiquement et logiquement de la source |
| ISO 22301:2019 | Système de management de la continuité : BIA, stratégies, plans, exercices, amélioration continue. | Cadre certifiable, qui partage le cycle PDCA du SMSI ISO 27001 |
NIS 2 (directive (UE) 2022/2555) s'applique à travers la transposition de chaque État membre ; DORA (règlement (UE) 2022/2554) s'applique directement aux entités financières depuis le 17 janvier 2025.
Que l'objectif est incohérent : l'application ne redémarre pas avant l'annuaire. Soit l'annuaire reçoit un objectif plus court et les moyens associés, soit l'application prévoit un mode dégradé sans lui, soit le RTO est révisé. La décision est tracée et arbitrée par la direction.
Le PCA maintient l'activité pendant l'interruption (modes dégradés, procédures manuelles, repli) ; le PRA restaure le système d'information dans l'ordre fixé par les dépendances et dans les délais convenus. Les deux s'appuient sur le BIA et se testent séparément.
Parce que le scénario de référence rend le SI indisponible ou non fiable : messagerie et annuaire peuvent être compromis, voire surveillés par l'attaquant. Annuaire de crise imprimé, téléphones et canal de communication de secours permettent de décider et de notifier quand même.
Les terrains particuliers (industriel, IA) et la méthode pour revoir un design et fermer un écart par une preuve.
10.1Spécialités et méthode
En industrie, la sûreté des personnes prime sur la confidentialité : cette inversion change toutes les règles.
Savoir placer un équipement dans le modèle de Purdue, et expliquer ce qu'est un conduit et ce qui ne doit jamais le traverser.
En industriel, la sûreté des personnes passe avant la confidentialité : toute mesure de sécurité se valide avec l'exploitation. Diodes et conduits se décident à l'architecture, pas après un incident.
L'OT n'est pas « l'IT en plus dur » : les priorités sont inversées (sûreté, disponibilité, intégrité, puis confidentialité), les équipements ont vingt ans et ne se patchent pas. Ce module donne la carte et les deux règles qui évitent l'accident industriel.
Ce qui protège à chaque niveau, et ce qui ne se fait jamais.
| Niveau | Ce qu'on y trouve | Contrôle adapté | Interdit |
|---|---|---|---|
| Niveau 5 et 4 · SI de gestion | ERP, messagerie, postes de bureau, services partagés. | Sécurité IT classique, cloisonnement strict avec l'OT. | Établir une confiance implicite avec l'OT « puisqu'on est interne » |
| Niveau 3,5 · DMZ industrielle | Répliques de données, dépôts de correctifs, courtier d'accès distant. | Aucun passage direct : médiation, authentification, journalisation, unidirectionnel si possible. | Laisser un accès direct de l'IT vers la supervision |
| Niveau 3 · Opérations du site | Supervision centrale, historiens, ingénierie. | Cloisonnement par cellules, comptes nominatifs, journaux remontés vers le SOC. | Ouvrir un accès distant de maintenance en permanence |
| Niveau 2 · Supervision locale | Interfaces opérateurs, automates de conduite. | Sessions nominatives, restrictions d'usage, pas de messagerie ni de navigation. | Brancher une clé USB « juste pour un rapport » |
| Niveau 1 · Automatisation | Automates, capteurs et actionneurs intelligents. | Programmes versionnés et sauvegardés, accès d'ingénierie encadré. | Mettre à jour un automate sans fenêtre ni sauvegarde du programme |
| Niveau 0 · Procédé physique | Capteurs, actionneurs, machines. | Sûreté intrinsèque : système instrumenté de sécurité indépendant, arrêt d'urgence matériel. | Compter sur le réseau pour arrêter un procédé dangereux |
Chaque flux entre zones est un contrôle nommé, possédé et surveillé.
| Flux | Sens autorisé | Contrôle appliqué | Ce qui est interdit |
|---|---|---|---|
| Données de supervision vers l'IT | OT → IT uniquement (réplique) | Miroir en lecture seule, filtrage protocolaire, journalisation vers le SOC. | Écriture depuis l'IT vers la supervision |
| Journaux industriels | OT → SOC | Collecte dédiée, sonde passive, horodatage, conservation immuable. | Utiliser un compte d'administration OT partagé pour la collecte |
| Correctifs et dépôts | IT → OT (via dépôt contrôlé) | Dépôt intermédiaire, validation antivirale et de signature, application en fenêtre de maintenance. | Déposer un correctif directement depuis un poste de bureau |
| Télémaintenance constructeur | Entrant borné, sur demande | Courtier d'accès : session enregistrée, fenêtre validée, comptes nominatifs, journalisation. | Accès permanent, compte partagé, absence d'enregistrement de session |
| Observation de sécurité | Passif uniquement | Sonde en écoute (SPAN/TAP), aucun paquet émis vers le procédé. | Scan actif, requêtes d'énumération, script d'inventaire agressif |
Le SIS (système instrumenté de sécurité) reste indépendant du réseau : cette indépendance est une exigence de sûreté, pas un choix d'architecture.
Un courtier d'accès : accès sur demande, fenêtre validée, compte nominatif, session enregistrée et journalisée, à travers la DMZ industrielle. Pas d'accès permanent ni partagé — et l'accès doit pouvoir être coupé immédiatement.
Parce que certains équipements anciens (automates, capteurs) ne supportent pas le trafic inattendu : un scan peut provoquer un arrêt de production, voire un incident de sûreté. On inventorie par observation passive (miroir de port, sonde en écoute).
Par un test : une tentative de connexion dans le sens interdit doit échouer et être journalisée. Le sens unique se prouve par le refus observé, pas par la documentation de l'équipement.
10.2Spécialités et méthode
Un copilote fuite, un RAG se fait piéger, un agent agit : trois risques distincts, une même règle — rien ne parle directement aux données.
Savoir distinguer les risques d'un copilote, d'un RAG et d'un agent, et dire à quoi sert chaque référentiel de l'IA (AI Act, ISO 42001, OWASP Top 10 LLM, MITRE ATLAS).
L'IA est un composant d'architecture comme un autre : identités, flux, données, droits. Gouverner les usages, y compris l'IA non déclarée, et conduire une analyse de risque dédiée pour les usages sensibles, comme dans le cas du module 6.2.
L'IA n'est pas un sujet à part : c'est un nouveau composant d'architecture, avec des identités, des flux et des responsabilités. Ce module donne les usages, les risques réels et les conditions à remplir avant de laisser un agent agir.
Le risque change de nature selon que le modèle lit, restitue ou agit.
| Usage | Ce que ça apporte | Risque principal | Contrôle prioritaire |
|---|---|---|---|
| Copilote (assistant généraliste) | Gain de temps sur la rédaction, la synthèse, le code. | Fuite de données dans un service tiers, hallucinations prises pour des faits. | Interdiction d'entrée des données classifiées, journalisation des requêtes, sensibilisation ciblée |
| RAG (recherche augmentée) | Réponses ancrées dans des documents internes, traçables. | Injection indirecte par un document empoisonné ; fuite par élargissement du périmètre de recherche. | Filtrage des sources indexées, cloisonnement par droits de l'utilisateur, citations obligatoires |
| Agent (appelle des outils) | Automatisation d'actions : requêtes, tickets, correctifs, déploiements. | Action non autorisée, effet de bord en cascade, boucle coûteuse. | Identité propre, outils en liste blanche, plafonds, validation humaine, arrêt d'urgence |
| Assistant de code | Productivité des développeurs, génération de tests, revue assistée. | Code vulnérable accepté sans revue, dépendance inventée, secret suggéré. | Revue humaine obligatoire, analyse statique, détection de secrets, politique de provenance des dépendances |
Une seule manquante suffit à transformer un gain de productivité en incident.
| Condition | Ce que ça veut dire | Comment on le vérifie |
|---|---|---|
| Identité propre | L'agent a sa propre identité, journalisée comme telle — pas celle d'un humain. | Journal des appels attribués à l'agent, pas au compte du demandeur |
| Outils en liste blanche | Il ne peut appeler que des outils explicitement autorisés, avec des actions bornées. | Configuration de la passerelle, test d'appel refusé |
| Plafonds quantitatifs | Limites de volume, de coût, de débit et de portée d'écriture. | Compteurs et alertes, test de dépassement |
| Validation humaine | Toute action sensible (écriture, suppression, envoi externe) exige une approbation. | Trace d'approbation par action, proportion d'actions auto-approuvées |
| Journal exploitable | Requêtes, sources consultées, outils appelés et résultats : de quoi reconstituer une décision. | Relecture d'un incident simulé : peut-on reconstituer le cheminement ? |
| Arrêt d'urgence | Coupure immédiate, testée, avec effet connu sur les tâches en cours. | Exercice d'arrêt daté et compte rendu |
Le modèle n'est pas le seul composant à sécuriser : la passerelle, les sources, les outils et les identités portent l'essentiel du risque.
Quatre repères, quatre usages : ils ne se remplacent pas, ils se complètent.
Vérifié le 27/09/2026
| Référentiel | Ce qu'il contient | Usage en architecture |
|---|---|---|
| OWASP Top 10 LLM (2025) | Dix risques des applications à base de LLM : injection de prompt (LLM01), divulgation d'informations sensibles, chaîne d'approvisionnement, empoisonnement des données et du modèle, gestion des sorties, agentivité excessive (LLM06), fuite du prompt système, faiblesses des vecteurs et embeddings, désinformation, consommation illimitée. | Grille de revue d'une application d'IA et de ses tests avant mise en production |
| MITRE ATLAS | Matrice des tactiques et techniques adverses contre les systèmes d'IA, sur le modèle d'ATT&CK : 16 tactiques, 120 techniques, 73 études de cas (version v2026.09 du 15/09/2026). | Threat model d'un système d'IA, scénarios d'exercice, couverture de détection |
| AI Act · règlement (UE) 2024/1689 | Obligations par niveau de risque : pratiques interdites et maîtrise de l'IA depuis le 02/02/2025, modèles à usage général depuis le 02/08/2025, transparence (art. 50) depuis le 02/08/2026 ; haut risque reporté par l'Omnibus IA, en vigueur depuis le 27/07/2026, au 02/12/2027 (annexe III) et au 02/08/2028 (annexe I). | Inventaire des cas d'usage classés par niveau de risque ; dossier de conformité pour chaque système à haut risque |
| ISO/IEC 42001 · NIST AI RMF | Système de management de l'IA (norme certifiable, 2023) et cadre de gestion des risques de l'IA (NIST, 2023). | Gouvernance : rôles, inventaire, évaluation d'impact, revue périodique |
Sources relues le 27/09/2026 : genai.owasp.org (édition 2025), atlas-data v2026.09, Conseil de l'UE (adoption finale de l'Omnibus IA le 29/06/2026) et Commission européenne (entrée en vigueur le 27/07/2026).
Identité propre à l'agent, accès en lecture via une vue restreinte, outils en liste blanche, plafonds de volume et de coût, validation humaine sur toute écriture, journal exploitable, arrêt d'urgence testé, et un test d'injection indirecte (document piégé).
Si l'index agrège des documents au-delà des droits de l'utilisateur, la réponse peut restituer une information à laquelle il n'a pas accès. La correction est le cloisonnement des sources par périmètre de droits, pas un filtre après coup.
Usage, propriétaire, données concernées et leur classification, modèle employé, outils accessibles, garde-fous en place, preuve de test, et décision (autorisé, encadré, refusé). Sans cette base, la gouvernance reste déclarative.
L'OWASP Top 10 LLM pour la revue de l'application (injection de prompt, divulgation d'informations sensibles, faiblesses des vecteurs et embeddings) ; MITRE ATLAS pour construire le threat model et les scénarios de test ; l'AI Act pour classer l'usage — un assistant documentaire interne n'est en général pas à haut risque, mais l'obligation de transparence envers les utilisateurs s'applique [hypothèse : à confirmer selon le cas d'usage].
10.3Spécialités et méthode
Une compétence ne se déclare pas, elle se démontre : une action minimale, une pièce vérifiable, une date.
Savoir conduire une revue de design avec dix questions, et transformer un écart en action vérifiable : une action minimale, une pièce, une date.
Une compétence ou un contrôle ne se déclare pas, il se démontre. Demander, pour chaque écart, la preuve qui le fermera et la date à laquelle on la verra.
Une méthode ne vaut que par ce qu'elle produit. Ce module donne la façon de transformer un écart en pièce démontrable, puis les dix questions à poser avant de valider un design — la grille qui sert aussi à relire ses propres architectures.
Pour chaque famille : l'action minimale qui produit une compétence réelle, et la pièce qui la démontre.
| Famille | Action minimale | Preuve attendue | Durée réaliste |
|---|---|---|---|
| Cloud opérationnel | Monter un compte dans une organisation avec garde-fous, un réseau, des rôles fédérés, la journalisation et la détection managée. | Schéma d'architecture du compte + garde-fous actifs + journal d'API centralisé | 3 à 5 semaines |
| Infrastructure-as-code et CI/CD | Écrire un module versionné, un état distant verrouillé, et un pipeline avec portes (secrets, IaC, build signé, admission). | Dépôt de démonstration : plan, garde-fous, artefact signé, pipeline vert puis rouge sur un écart | 4 à 6 semaines |
| AppSec et revue de code | Revoir dix pull requests avec une grille écrite : entrées, authentification, autorisation, secrets, dépendances, journalisation. | Grille de revue + deux revues documentées avec commentaires et suivi de correction | 2 à 3 semaines |
| Automatisation sécurité | Écrire un outil utile : collecte de preuves, vérification de configuration, export de conformité — testé et journalisé. | Code versionné, tests, exécution planifiée, sortie exploitable par un tiers | 4 à 8 semaines |
| Administration de parc | Administrer un parc réel ou un laboratoire : politiques de conformité, inventaire, durcissement, remontée d'alertes. | Tableau de conformité du parc, politique appliquée, procédure d'exception écrite | 3 à 4 semaines |
Un laboratoire personnel suffit : ce qui compte est la démarche complète (conception, mise en œuvre, preuve, écarts assumés), pas la taille du parc.
Ce qui doit être vrai à la fin de chaque temps — et comment le montrer.
| Temps | Objectif | Livrable démontrable | Signal d'échec |
|---|---|---|---|
| 1 · Fondations | Poser un socle reproductible sans dépendre d'un tiers : compte et garde-fous, réseau, identités fédérées, journalisation, premier module d'infrastructure-as-code. | Un dépôt d'infrastructure qui déploie un environnement complet, avec garde-fous actifs et journaux centralisés. | Un environnement monté à la main, sans code, impossible à reproduire |
| 2 · Pratique | Répéter les gestes du métier : revue de code avec grille, threat model d'un service, priorisation de vulnérabilités, pipeline à portes. | Une revue de code documentée, un threat model d'une page, une file de vulnérabilités priorisée avec échéances. | Des rapports sans décision : rien n'est corrigé, rien n'est daté |
| 3 · Démonstration | Montrer la chaîne complète : un service déployé, détecté, sauvegardé, documenté, avec ses preuves et ses écarts assumés. | Un dossier de cinq pages : schéma, décisions, preuves (journal, rapport de restauration, pipeline), écarts et plan. | Un dossier sans écarts assumés : signe qu'il n'a pas été regardé en face |
Le même dossier sert à plusieurs auditoires : ce sont les preuves mises en avant qui changent, pas le fond.
La grille de revue à garder sous la main — en comité comme sur une pull request d'architecture.
| Question | Ce qu'elle révèle |
|---|---|
| Qu'est-ce qui tombe si ce composant tombe ? | Le rayon d'impact et les points uniques de défaillance |
| Qui a le droit de faire quoi, et qui l'a décidé ? | La propriété des accès et la traçabilité des décisions |
| Quelle est la preuve que ce contrôle fonctionne ? | La différence entre un contrôle déclaré et un contrôle testé |
| Que se passe-t-il si l'authentification est indisponible ? | Le mode dégradé, souvent oublié, et l'accès de secours |
| Où sont les secrets, et comment tournent-ils ? | La gestion des identités non humaines et des clés |
| Quels flux sont autorisés, et qui les possède ? | Le sérieux de la segmentation et l'existence d'un propriétaire par règle |
| Quel signal produit ce composant en cas d'abus ? | L'observabilité et l'exploitabilité de la détection |
| Comment restaure-t-on, et en combien de temps ? | La résilience réelle, mesurée par un test et non par une promesse |
| Quelle donnée sort du périmètre, vers qui ? | Les tiers, la souveraineté et la réversibilité |
| Qu'est-ce qu'on accepte de ne pas couvrir ? | Le risque résiduel : la question qui transforme un débat en décision |
Ces dix questions se posent en cinq minutes ; elles évitent trois réunions et un incident.
Un environnement complet déployé par code : organisation et garde-fous, réseau, rôles fédérés, journalisation centralisée, un module versionné avec état distant. On peut alors raconter des décisions et des erreurs vécues — c'est ce qui distingue une pratique d'une lecture.
Par un laboratoire : deux machines, un outil open source d'administration, des politiques de conformité, un inventaire, une exception écrite et un test de non-conformité détecté. La démarche et les écarts sont transposables — la taille du parc n'est pas le sujet.
Un registre de risque ou une matrice de conformité reliés à des preuves datées : contrôle, composant, propriétaire, statut déclaré/testé, échéance. C'est la démonstration qu'on ne confond pas l'écrit et le fait.
Repères
Le vocabulaire qui fait gagner du crédit en réunion technique : filtrable à la volée, chaque terme relié à son module.
Contrôle d'accès au réseau : le commutateur n'ouvre le port qu'après validation de l'équipement par un serveur RADIUS.
3.3 · Bastion, VPN, 802.1XPorte d'entrée d'un déploiement : elle vérifie la signature, la provenance et la configuration avant d'admettre un artefact en production.
5.5 · DevSecOps et IaCArchitecture Decision Record : fiche datée d'une décision — contexte, options, décision, conséquences, critères de réexamen. Règle du dossier : aucune technologie retenue sans ADR.
6.4 · STRIDE et priorisationAutorisation par l'ANSSI d'un dispositif pour protéger de l'information classifiée ou Diffusion Restreinte.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Règlement (UE) 2024/1689 : obligations par niveau de risque. Interdictions depuis février 2025, modèles à usage général depuis août 2025 ; haut risque reporté par l'Omnibus IA au 2 décembre 2027 (annexe III) et au 2 août 2028 (annexe I).
10.2 · IA et sécuritéAI Bill of Materials : inventaire des modèles, jeux de données et dépendances d'intelligence artificielle.
10.2 · IA et sécuritéAutorité qualifiée pour la sécurité des systèmes d'information, responsable de la sécurité des SI de son périmètre.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Protocole qui associe une adresse IP voisine à son adresse MAC ; son usurpation permet de s'interposer entre deux machines.
2.1 · Trajet d'un paquetApplication Security Posture Management : dette de sécurité applicative, priorisée par le risque réel.
5.5 · DevSecOps et IaCObtention d'identifiants temporaires par échange de confiance (OIDC, SAML) au lieu d'un secret permanent : attribuable, expirant, révocable.
4.1 · Identité et IAMApplication Security Verification Standard (OWASP) : exigences de sécurité applicative vérifiables, en 17 chapitres et trois niveaux ; version 5.0 publiée en mai 2025.
8.2 · AppSec et APIRéférentiel MITRE des tactiques (15 en version Enterprise v19) et des techniques adverses. Les tactiques sont des objectifs, pas une séquence ; le référentiel sert à nommer les menaces d'un threat model et à mesurer la couverture de détection.
6.3 · Menaces et attaquesResponsable, proche du métier, qui décide de l'emploi d'un SI et accepte ses risques résiduels.
7.2 · Homologation SSIPoint de passage unique de l'administration : authentification forte, comptes nominatifs, secrets injectés, sessions enregistrées.
3.3 · Bastion, VPN, 802.1XProtocole de routage entre systèmes autonomes (Internet) : choix par politique ; filtrer les préfixes et signer les origines (RPKI).
2.3 · Routage, OSPF, BGPAnalyse, processus métier par processus métier, de l'impact d'une interruption dans le temps : elle fixe DMIA, RTO et RPO et révèle les dépendances.
9.3 · Continuité et criseCe sur quoi repose une valeur métier : matériel, logiciel, réseau, personne, local. C'est lui que l'attaquant vise.
6.1 · EBIOS RM, la méthodeRayon d'impact : ce qu'une compromission d'un composant permet d'atteindre ensuite. À mesurer, jamais à supposer.
4.1 · Identité et IAMAutorisation défaillante au niveau de l'objet (accès à la donnée d'un autre) ou de la fonction (appel d'une route interdite) : premier et cinquième risques du Top 10 API de l'OWASP (2023).
8.2 · AppSec et APICloud Access Security Broker : découverte des applications SaaS et contrôle des flux, en API et/ou inline. Couvrir les deux modes est une preuve, pas une option.
3.2 · Réseau et segmentationCryptography Bill of Materials : inventaire des algorithmes, clés et certificats. Prérequis de la migration post-quantique.
8.1 · Crypto et donnéesInstance restreinte qui décide, communique et notifie pendant une crise, avec des moyens extérieurs au SI touché (annuaire imprimé, téléphones, canal de secours) et une main courante.
9.3 · Continuité et criseUne clé maîtresse protège des clés de données : la rotation devient praticable sans rechiffrer les volumes.
8.1 · Crypto et donnéesCloud Infrastructure Entitlement Management : droits effectifs et chemins d'escalade de privilèges dans le cloud.
5.3 · Cas pratique AWSSI qui relie un existant sur site et un cloud pour former un seul système ; à distinguer du multi-cloud (plusieurs fournisseurs).
5.1 · Comprendre le cloudCloud-Native Application Protection Platform : posture cloud et applicative (CSPM, CIEM, CWPP, DSPM) dans une vue corrélée.
5.3 · Cas pratique AWSRéunion où le comité présente le dossier et son avis à l'autorité ; courte, décisionnelle.
7.2 · Homologation SSICompte créateur d'un compte AWS, qui détient tous les droits sur ce compte. Dans une organisation, les SCP le plafonnent sur les comptes membres, jamais sur le compte de gestion. MFA matérielle, aucune clé d'accès, usage exceptionnel et alerté.
5.3 · Cas pratique AWSIEC 62443 : unique chemin autorisé entre deux zones — filtrage protocolaire en liste blanche, unidirectionnel quand c'est possible.
10.1 · OT / ICSCyber Resilience Act (règlement UE 2024/2847). Vulnérabilité activement exploitée : alerte 24 h, notification 72 h, rapport final 14 jours après la mise à disposition d'un correctif. Incident grave : 24 h, 72 h, rapport final sous 1 mois. Déclarations obligatoires depuis le 11 septembre 2026 ; application complète le 11 décembre 2027.
7.4 · SMSI et référentielsCapacité à changer d'algorithme par paramétrage : l'algorithme est un paramètre, les bibliothèques en supportent plusieurs, la rotation est testée en production.
8.1 · Crypto et donnéesCloud Security Posture Management : détection des écarts de configuration aux référentiels durcis, corrigés par infrastructure-as-code.
5.3 · Cas pratique AWSCyber Threat Intelligence : connaissance des acteurs, campagnes, techniques et indicateurs, organisée pour éclairer une décision — stratégique, opérationnelle, tactique ou technique.
9.2 · Détection et CTIPrestataire de services TIC désigné critique au titre de DORA et surveillé directement par les autorités européennes : 19 désignés le 18/11/2025.
7.5 · Tiers et fournisseursCloud Workload Protection Platform : protection à l'exécution des charges de travail, blocage des comportements interdits.
5.3 · Cas pratique AWSToute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable (RGPD, art. 4). Sa violation déclenche la notification à la CNIL sous 72 heures lorsqu'elle présente un risque pour les personnes.
8.1 · Crypto et donnéesUn contrôle documenté est « déclaré » ; il ne devient « testé » qu'après une exécution tracée (date, opérateur, résultat). Seul le test mesure la maturité réelle.
6.4 · STRIDE et priorisationAucun flux n'existe par défaut : chaque flèche correspond à une règle déclarée, possédée par une personne nommée, et son refus est journalisé.
3.2 · Réseau et segmentationRègles de détection versionnées, testées et déployées comme du code — condition d'une couverture ATT&CK mesurable et opposable.
9.1 · SOC et résilienceService qui attribue adresse, masque, passerelle et DNS ; un faux serveur DHCP peut se déclarer passerelle (parade : DHCP snooping).
2.1 · Trajet d'un paquetMention de protection d'une information sensible (et non niveau de classification), régie par l'II 901.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Transfert unidirectionnel : les données remontent, aucune commande ne descend. Moyen technique d'imposer un sens unique.
10.1 · OT / ICSDurée maximale d'interruption admissible d'un processus métier, fixée par le BIA : au-delà, l'impact devient inacceptable. Le RTO doit rester en deçà.
9.3 · Continuité et criseZone qui accueille les services joignables depuis Internet, entre deux barrières de filtrage, sans exposer la zone interne.
3.1 · Pare-feu, DMZ, WAFRèglement (UE) 2022/2554 sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier : risque TIC, incidents, tests, prestataires tiers. Applicable depuis le 17 janvier 2025.
7.4 · SMSI et référentielsÉcart entre l'infrastructure décrite par le code et celle qui tourne réellement. Se détecte par un plan régulier, se corrige par le code.
5.5 · DevSecOps et IaCData Security Posture Management : découverte et classification de la donnée, y compris celle que l'on croyait absente.
5.3 · Cas pratique AWSMéthode d'appréciation du risque de l'ANSSI et du Club EBIOS : cinq ateliers, du cadrage au traitement du risque (guide v1.5, 2024).
6.1 · EBIOS RM, la méthodeEndpoint Detection and Response : agent qui observe l'activité du poste ou du serveur, détecte les comportements malveillants et permet l'isolation à distance. Se prouve par sa couverture et un test d'isolation.
8.3 · Poste, messagerie et SaaSProbabilité d'exploitation d'une vulnérabilité dans les 30 jours, fondée sur des données observées : complète le score de sévérité.
6.4 · STRIDE et priorisationCloisonnement logique d'un cluster Kubernetes : unité d'application des rôles, des quotas, des NetworkPolicy et des profils Pod Security.
5.4 · Conteneurs et KubernetesAgrégation de plusieurs liens physiques en un lien logique (802.3ad) : débit cumulé, redondance, aucun blocage par Spanning Tree.
2.2 · VLAN, STP, EtherChannelAtteinte crainte sur une valeur métier, cotée en gravité (G1 mineure à G4 critique).
6.1 · EBIOS RM, la méthodeAuthentification résistante au hameçonnage par facteur matériel ou clé liée à l'origine. NIST SP 800-63B-4 (2025) encadre aussi les passkeys synchronisées entre appareils.
4.1 · Identité et IAMFirewall as a Service : pare-feu opéré dans le cloud, avec politique unique et DNS filtré.
3.2 · Réseau et segmentationContrôle appliqué automatiquement par la plateforme ou par le code, qui rend une mauvaise configuration difficile, voire impossible.
5.5 · DevSecOps et IaCAttaque où l'utilisateur, authentifié normalement, accorde par OAuth des droits à une application malveillante : le MFA ne protège pas, la limitation du consentement oui.
8.3 · Poste, messagerie et SaaSHarvest Now, Decrypt Later : intercepter aujourd'hui ce qui sera déchiffrable demain. C'est pourquoi la menace post-quantique est présente, pas future.
8.1 · Crypto et donnéesDécision d'une autorité d'accepter les risques résiduels d'un SI avant sa mise en service ; trois ans au plus, deux en Très Secret.
7.2 · Homologation SSITrois modèles de service cloud : machines louées, plateforme gérée, logiciel prêt. Données, identités et accès restent toujours au client.
5.1 · Comprendre le cloudDécrire réseaux, identités et services dans des fichiers versionnés : la sécurité devient reproductible et vérifiable en revue.
5.5 · DevSecOps et IaCIdentity Provider : socle d'identité. Quand il est unique, il devient un point de défaillance de tous les accès — d'où l'ADR-004 sur l'accès d'urgence.
4.1 · Identité et IAMDétection d'intrusion en écoute (alerte seulement) ou prévention en ligne (bloque, au risque d'un faux positif).
3.1 · Pare-feu, DMZ, WAFInstruction générale interministérielle sur la protection du secret de la défense nationale (2021) : niveaux Secret et Très Secret, SI classifiés homologués.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Instruction interministérielle de 2015 sur les SI sensibles et l'information Diffusion Restreinte : PSSI, homologation, chiffrement agréé.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Instruction du ministère des Armées (2021) sur la protection du secret et des informations Diffusion Restreinte et sensibles.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Instruction hostile logée dans un contenu que l'agent consulte (document, ticket, télémétrie). Le vrai vecteur d'attaque des agents, plus que le jailbreak spectaculaire.
10.2 · IA et sécuritéProtocole de tunnel chiffré entre deux points : IKEv2 négocie et authentifie, ESP chiffre et protège l'intégrité.
3.3 · Bastion, VPN, 802.1XRéférentiels de management et d'évaluation du risque d'IA : inventaire des cas d'usage, tests adverses, journal, capacité de retrait.
10.2 · IA et sécuritéIntégration de la sécurité dans les projets : un livrable de sécurité par phase, un jalon de décision entre deux phases.
7.1 · ISP, sécurité des projetsIdentity Threat Detection and Response : détection d'abus d'identité — dérive de comportement, vol de jeton, MFA fatigue.
4.1 · Identité et IAMJust-In-Time : droit accordé pour une durée bornée, puis expiré automatiquement. Le contraire d'un droit permanent.
4.1 · Identité et IAMCatalogue public (CISA) des vulnérabilités exploitées activement : un signal fort, à croiser avec l'exposition et la criticité de l'actif pour fixer la priorité.
6.4 · STRIDE et priorisationPlafond attaché à un principal IAM : elle réduit ses droits effectifs sans jamais en accorder. Utile pour déléguer la création de rôles sans donner les clés du royaume.
4.1 · Identité et IAMNotation /n : nombre de bits qui désignent le réseau. Un /24 laisse 254 adresses d'hôtes ; tout ce qui sort du sous-réseau passe par la passerelle.
2.1 · Trajet d'un paquetRegistre reliant chaque contrôle d'un référentiel à un composant d'architecture et à une preuve. Une ligne sans preuve n'est pas un contrôle : c'est un écart.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Veille, correctifs, revue des comptes et des règles : ce qui garde un SI au niveau homologué dans la durée.
7.2 · Homologation SSIMobile Device Management : gestion centralisée des postes et mobiles (configuration, chiffrement, correctifs, effacement à distance) ; l'état qu'il rapporte sert aussi à l'accès conditionnel.
8.3 · Poste, messagerie et SaaSAuthentification multifacteur. Attention à ce qu'elle ne protège pas : une session déjà ouverte, ni une identité de service.
4.1 · Identité et IAMPolitique par service à l'intérieur d'une zone : le rayon d'impact se réduit au service, et le refus devient un signal exploitable.
3.2 · Réseau et segmentationBase de tactiques, techniques et études de cas d'attaques contre les systèmes d'IA, construite sur le modèle d'ATT&CK : 16 tactiques et 120 techniques en version v2026.09.
10.2 · IA et sécuritéFIPS 203 (ML-KEM, encapsulation de clés) et FIPS 204 (ML-DSA, signatures), publiés le 13 août 2024 avec FIPS 205 (SLH-DSA), signature à base de hachage retenue comme alternative de secours. HQC a été sélectionné en mars 2025 comme second mécanisme d'encapsulation.
8.1 · Crypto et donnéesSept couches pour décrire un échange réseau, de la couche physique (1) à l'application (7) ; sur le terrain, on raisonne en quatre couches TCP/IP.
2.1 · Trajet d'un paquetPrincipe appliqué aux agents IA : lecture seule par défaut, action bornée par exception, outils en liste blanche, plafonds et journal exploitable.
10.2 · IA et sécuritéDélais de détection et de remédiation : les seuls indicateurs qui comptent réellement pour un SOC. Le volume d'alertes n'en est pas un.
9.1 · SOC et résilienceTraduction d'adresses entre réseau privé et Internet ; le pare-feu retient la session pour inverser la traduction au retour.
2.1 · Trajet d'un paquetRègle Kubernetes qui filtre les flux entre pods. Sans elle, tout pod joint tout pod ; elle n'agit que si le plugin réseau l'applique — d'où le test de connexion refusée.
5.4 · Conteneurs et KubernetesPare-feu de nouvelle génération : reconnaît l'application et l'utilisateur, inspecte le contenu, intègre un IPS.
3.1 · Pare-feu, DMZ, WAFNon-Human Identity : identité de service, de charge de travail ou d'agent. Aucune MFA ne la protège : il faut un registre, une portée et une expiration.
4.1 · Identité et IAMDirective (UE) 2022/2555 : dix domaines de mesures (art. 21) et notification d'incident 24 h / 72 h / 1 mois (art. 23). Transposition française en attente (CJUE saisie le 08/07/2026).
7.4 · SMSI et référentielsÉcart constaté, analyse de cause racine, correction, vérification d'efficacité. La clause 10.2 est le moteur de l'amélioration.
7.4 · SMSI et référentielsOpenID Connect : couche d'identité au-dessus d'OAuth 2.0. En fédération CI → cloud, la plateforme présente un jeton signé et reçoit un rôle temporaire, sans secret statique à stocker.
4.1 · Identité et IAMProtocole de routage interne (IGP) : chaque routeur connaît la carte de son aire et calcule le plus court chemin.
2.3 · Routage, OSPF, BGPListe des dix risques des applications à base de grands modèles de langage (édition 2025) : de l'injection de prompt (LLM01) à la consommation illimitée (LLM10), en passant par l'agentivité excessive (LLM06).
10.2 · IA et sécuritéPrivileged Access Management : coffre de secrets, élévation à la demande, enregistrement de session pour les comptes à privilèges.
4.1 · Identité et IAMPare-feu qui suit chaque session et autorise automatiquement le trafic retour d'une connexion permise.
3.1 · Pare-feu, DMZ, WAFActeur de l'écosystème en zone de danger ou de contrôle : il entre dans les scénarios stratégiques.
6.1 · EBIOS RM, la méthodeEngagement contractuel du prestataire sur la manière dont il respecte les exigences de sécurité du projet.
7.1 · ISP, sécurité des projetsPlan de continuité d'activité (l'activité continue en mode dégradé) et plan de reprise d'activité (le SI revient dans l'ordre des dépendances). Deux plans distincts, testés séparément.
9.3 · Continuité et crisePlanifier, déployer, contrôler, améliorer : la boucle qui fait vivre un SMSI et se prouve par des enregistrements datés.
7.4 · SMSI et référentielsPolicy Decision Point : le moteur de décision (le « juge »). Il évalue la politique et rend une instruction — il ne voit pas le trafic.
4.2 · Zero TrustPolicy Enforcement Point : le point d'application de la décision (le « gendarme »). Il intercepte la requête et exécute l'instruction.
4.2 · Zero TrustProof Key for Code Exchange : extension d'OAuth qui lie la demande du code d'autorisation à son échange, et rend inutile un code intercepté. Recommandée pour tous les clients par la RFC 9700 (2025).
8.2 · AppSec et APITrois profils de sécurité des pods (privileged, baseline, restricted), imposés par espace de noms avec Pod Security Admission ; restricted est la cible des applications.
5.4 · Conteneurs et KubernetesPoste réservé à l'administration, sans messagerie ni navigation, placé dans une zone d'administration.
3.3 · Bastion, VPN, 802.1XÉtat de conformité de l'appareil ou de la session (correctifs, chiffrement, EDR actif). Une posture non fiable ramène la décision au niveau d'une simple authentification.
4.2 · Zero TrustÉtat de conformité d'un environnement : configuration, droits effectifs, charges, données. Quatre vues, quatre outils, une décision.
5.3 · Cas pratique AWSPost-Quantum Cryptography : algorithmes résistants à l'ordinateur quantique. Migration hybride, par vagues, priorité à l'agilité.
8.1 · Crypto et donnéesPièce datée, attribuable et rejouable : fichier:ligne, commande exécutée, capture horodatée, compte rendu de test. Une capture prouve un état à une date, pas un contrôle permanent.
6.4 · STRIDE et priorisationPolitique de sécurité des systèmes d'information : règles d'un organisme, socle exigé notamment par l'II 901.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Modèle de référence des niveaux industriels : 0 procédé, 1 automatisation, 2 supervision, 3 opérations, 3,5 DMZ industrielle, 4-5 SI de gestion.
10.1 · OT / ICSModèle de David Bianco : plus un indicateur est haut (des empreintes et adresses IP jusqu'aux TTP), plus il coûte à l'attaquant de le changer — et plus la détection qui s'y appuie dure.
9.2 · Détection et CTIRecommandation de l'État pour un produit ou un prestataire (PASSI, PRIS, PDIS, SecNumCloud) après évaluation.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Contrôle d'accès par rôles de l'API Kubernetes : rôles et liaisons, par espace de noms ou pour tout le cluster. Un compte applicatif ne reçoit jamais cluster-admin.
5.4 · Conteneurs et KubernetesRemote Browser Isolation : navigation distante jetable — le contenu s'exécute ailleurs, rien n'atteint le poste.
3.2 · Réseau et segmentationRéférentiel cyber France publié par l'ANSSI (2026) : mesures recommandées pour atteindre les objectifs de sécurité de NIS 2.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Registre, imposé par l'article 28 de DORA, de tous les accords contractuels TIC d'une entité financière ; modèles fixés par le règlement d'exécution (UE) 2024/2956, collecte annuelle par les autorités.
7.5 · Tiers et fournisseursLe fournisseur sécurise le cloud, le client ce qu'il y met ; la frontière bouge entre IaaS, PaaS et SaaS.
5.2 · Sécurité cloudRelais placé devant un service : termine TLS, filtre, répartit ; le serveur réel n'est jamais exposé directement.
3.1 · Pare-feu, DMZ, WAFCapacité de sortie d'un fournisseur : clause contractuelle, format d'export, coût et délai. Elle se prouve par un test, jamais par une clause.
6.4 · STRIDE et priorisationRisque qui subsiste après traitement, accepté par écrit par son propriétaire, avec une date de réexamen.
6.1 · EBIOS RM, la méthodeDurée maximale d'indisponibilité tolérée et perte de données acceptable, par criticité. Un RTO est une décision d'activité, pas un choix technique.
9.3 · Continuité et criseSecure Access Service Edge : convergence du réseau et de la sécurité en un plan de contrôle cloud (ZTNA, SWG, FWaaS, CASB). Le périmètre n'est plus un lieu, c'est une décision.
3.2 · Réseau et segmentationSoftware Bill of Materials : inventaire des composants logiciels. Sans inventaire, une vulnérabilité critique devient une chasse au trésor de plusieurs semaines.
5.5 · DevSecOps et IaCMode opératoire technique sur les biens supports, représenté en graphe d'attaque et coté en vraisemblance (atelier 4).
6.1 · EBIOS RM, la méthodeChemin d'attaque de haut niveau, d'une source de risque à un événement redouté, souvent via l'écosystème (atelier 3).
6.1 · EBIOS RM, la méthodeGarde-fou d'organisation AWS : il plafonne ce que les comptes membres peuvent faire, y compris leur compte racine — mais pas le compte de gestion, qu'aucune SCP ne limite. Il n'accorde jamais de droit.
5.3 · Cas pratique AWSQualification ANSSI des offres cloud (version 3.2, 2022), incluant l'immunité aux lois extra-européennes ; exigée pour les données particulièrement sensibles de l'État.
5.1 · Comprendre le cloudFormat ouvert de description des règles de détection, indépendant de l'outil : une règle Sigma se traduit vers plusieurs SIEM et se versionne comme du code.
9.2 · Détection et CTISafety Instrumented System : système instrumenté de sécurité, indépendant du réseau — son indépendance est une exigence de sûreté, pas une option d'architecture.
10.1 · OT / ICSIEC 62443 : niveau cible de sécurité (SL-T, ce que l'on vise) et niveau atteint (SL-A, ce qui est démontré). Deux valeurs distinctes, à écrire toutes les deux ; SL-C désigne la capacité intrinsèque d'un composant.
10.1 · OT / ICSIEC 62443 : niveaux de sécurité, du niveau 1 (violation fortuite ou accidentelle) au niveau 4 (attaque intentionnelle, moyens sophistiqués, ressources étendues, forte motivation).
10.1 · OT / ICSNiveaux de garantie de provenance d'un artefact de build ; la signature de la provenance arrive dès le niveau 2, le niveau 3 ajoute une plateforme de build durcie et des builds isolés.
5.5 · DevSecOps et IaCDocument central du SMSI : chaque mesure de l'Annexe A est déclarée applicable ou non, avec justification, propriétaire et preuve.
7.4 · SMSI et référentielsEnsemble des règles applicables (référentiels, PSSI) dont on mesure les écarts à l'atelier 1 d'EBIOS RM.
6.1 · EBIOS RM, la méthodeQui pourrait nuire (SR) et dans quel but (OV) ; les couples SR/OV retenus nourrissent les scénarios.
6.1 · EBIOS RM, la méthodeLocalisation et contrôle juridique des données et des traitements : contrôle capitalistique, immunité extraterritoriale, exposition aux injonctions.
5.1 · Comprendre le cloudProtocole qui élit un pont racine et bloque les liens redondants pour éviter les boucles de couche 2 ; RSTP (802.1w) converge plus vite.
2.2 · VLAN, STP, EtherChannelAuthentification du courriel : serveurs autorisés (SPF), signature du domaine (DKIM), alignement avec le domaine affiché et politique en cas d'échec (DMARC, RFC 9989 depuis mai 2026).
8.3 · Poste, messagerie et SaaSIdentité cryptographique de charge de travail et authentification mutuelle entre services, sans secret statique.
4.1 · Identité et IAMSingle Point Of Failure : composant dont la perte arrête le service. Le plus fréquent n'est pas matériel — c'est un plan de contrôle ou un annuaire.
6.4 · STRIDE et priorisationSecurity Service Edge : sous-ensemble du SASE, limité aux fonctions de sécurité. Ne pas confondre avec SASE — ambiguïté corrigée dans le schéma 04.
3.2 · Réseau et segmentationSaaS Security Posture Management : comparaison continue de la configuration des applications SaaS (partage, applications tierces, rôles, journaux) à une référence.
8.3 · Poste, messagerie et SaaSServer-Side Request Forgery : le serveur émet une requête vers une destination choisie par l'attaquant — réseau interne, métadonnées cloud. Se traite par liste blanche de destinations et filtrage de sortie.
8.2 · AppSec et APIPlan qui permet de quitter un prestataire sans interrompre la fonction soutenue : données et format, remplacement, durée, coût, assistance, test daté.
7.5 · Tiers et fournisseursSecure Web Gateway : passerelle web qui filtre la navigation et applique la politique d'usage.
3.2 · Réseau et segmentationProtection contre les signaux électromagnétiques compromettants ; audit exigé pour les SI classifiés.
7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900Analyse structurée des menaces : actifs, frontières de confiance, chemins d'abus, priorisation impact × exploitabilité, contre-mesures. Règle du dossier : aucun schéma livré sans threat model.
6.4 · STRIDE et priorisationDomaine de contrôle qui administre tous les autres (annuaire, plan de contrôle, console d'administration). Qui le contrôle, contrôle l'ensemble.
4.1 · Identité et IAMÉtiquettes de diffusion du renseignement, version 2.0 du FIRST (2022) : CLEAR, GREEN, AMBER, AMBER+STRICT, RED — du partage public au destinataire nommé seulement.
9.2 · Détection et CTIThird-Party Risk Management : gestion du risque lié aux tiers, de la sélection à la sortie, avec un effort proportionné à la criticité de chaque fournisseur.
7.5 · Tiers et fournisseursLien qui transporte plusieurs VLAN, chaque trame portant une étiquette de 4 octets avec son numéro de VLAN.
2.2 · VLAN, STP, EtherChannelTactiques, techniques et procédures d'un attaquant : son mode opératoire, décrit par exemple avec ATT&CK. Plus durables que les indicateurs techniques, donc meilleures cibles de détection.
9.2 · Détection et CTICe qui a de la valeur pour la mission (information, processus) ; point de départ de l'atelier 1.
6.1 · EBIOS RM, la méthodeDocument qui déclare si un produit est réellement affecté par une vulnérabilité — la réponse qui évite de courir après chaque CVE.
6.4 · STRIDE et priorisationRéseau logique isolé au niveau 2 sur un même commutateur ; passer d'un VLAN à l'autre exige un routage, idéalement filtré.
2.2 · VLAN, STP, EtherChannelTable de routage séparée sur un même équipement : plusieurs réseaux étanches partagent le matériel.
2.3 · Routage, OSPF, BGPRedondance de passerelle : deux routeurs partagent une adresse virtuelle, le secours reprend si le maître tombe.
2.3 · Routage, OSPF, BGPPare-feu applicatif web, en coupure devant une application : bloque injections et abus HTTP, sans remplacer le correctif.
3.1 · Pare-feu, DMZ, WAFWrite Once Read Many : stockage immuable (non modifiable, non supprimable) — condition pour que la preuve survive à la compromission.
9.1 · SOC et résilienceModèle où aucune confiance n'est accordée à partir de la position réseau : chaque accès est décidé par identité, contexte et posture.
4.2 · Zero TrustSocle multi-comptes standardisé : structure d'unités, garde-fous hérités, réseau et journalisation centralisés, comptes pré-provisionnés.
5.2 · Sécurité cloudZero Trust Network Access : accès à une application, jamais à un réseau. L'utilisateur ne voit que les applications autorisées pour lui.
3.2 · Réseau et segmentationRepères
Ce que contient ce site, d'où vient l'information, et comment il se régénère.
9/9 avant publication ; les figures de cours sont des croquis pédagogiques, sans donnée réelle.index.html (portfolio), base.html (cette base) et schemas/ (sources JSON et rendus HTML).Référentiels et documents de travail utilisés pour calibrer le contenu.
| Source | Ce qu'on en tire | Lien |
|---|---|---|
| ANSSI — EBIOS Risk Manager, guide v1.5 (2024) et fiches méthode | Les cinq ateliers, les échelles de gravité et de vraisemblance, la cartographie de la menace de l'écosystème, les cycles stratégique et opérationnel. | cyber.gouv.fr/la-methode-ebios-risk-manage |
| ANSSI et DINUM — guide de l'homologation de sécurité (avril 2025) | Homologuer en quatre étapes, trois niveaux de démarche, pièces du dossier, durées maximales et contrôles selon le texte applicable. | cyber.gouv.fr/securisation/homologation-de |
| IGI 1300 — protection du secret de la défense nationale (2021) | Niveaux Secret et Très Secret depuis le 1er juillet 2021, homologation des SI classifiés, dispositifs agréés, rôle de l'ANSSI. | cyber.gouv.fr/reglementation/cybersecurite |
| II 901 — SI sensibles et Diffusion Restreinte (2015) | Socle de sécurité, PSSI, homologation, exigences d'architecture, chiffrement agréé pour l'information DR qui sort du SI. | cyber.gouv.fr/reglementation/cybersecurite |
| IM 900 — ministère des Armées (arrêté du 15 mars 2021) | Protection du secret et des informations Diffusion Restreinte et sensibles au ministère des Armées ; en vigueur depuis le 1er juillet 2021. | www.legifrance.gouv.fr |
| ANSSI — administration sécurisée des SI (PA-022, v3.0, 2021) | Poste d'administration dédié, zone d'administration, bastion, administration par des tiers. | cyber.gouv.fr/publications |
| ANSSI — SecNumCloud 3.2 ; loi SREN, article 31, et décret du 14 avril 2026 | Qualification des offres cloud de confiance, immunité aux lois extra-européennes ; hébergement des données particulièrement sensibles de l'État. | cyber.gouv.fr |
| ANSSI — directive NIS 2 et référentiel ReCyF (2026) | Entités essentielles et importantes, mesures recommandées par l'ANSSI ; état de la transposition à relire avant tout engagement. | cyber.gouv.fr/reglementation/cybersecurite |
| ANSSI — guides d'hygiène, de cloisonnement et d'interconnexion à Internet | Socle de mesures, zones, passerelle Internet, refus par défaut : le langage des recommandations françaises. | cyber.gouv.fr/publications |
| ISO/IEC 27001:2022, 27002:2022 et 27005:2022 | Exigences du SMSI (clauses 4 à 10), 93 mesures de l'Annexe A, gestion du risque à laquelle EBIOS RM v1.5 est alignée. | www.iso.org/standard/27001 |
| IEEE 802.1Q, 802.1D et 802.1w, 802.3ad ; IETF (OSPF, BGP, RFC 1918, RFC 5737) | Normes des VLAN, de Spanning Tree et de l'agrégation de liens ; protocoles de routage ; plages d'adresses privées et de documentation. | www.rfc-editor.org |
| NIST — définition du cloud (SP 800-145), Zero Trust (SP 800-207), CSF 2.0 | Cinq caractéristiques du cloud ; plan de contrôle Zero Trust ; référentiel pivot pour rattacher plusieurs réglementations. | csrc.nist.gov |
| MITRE ATT&CK | Tactiques et techniques adverses : nommer les menaces et mesurer la couverture de détection. | attack.mitre.org |
| CVSS v4.0 (FIRST), EPSS (FIRST), KEV (CISA) | Sévérité intrinsèque, probabilité d'exploitation à 30 jours, catalogue des vulnérabilités exploitées. | www.first.org/epss/ |
| Règlements UE : NIS 2, DORA, CRA, RGPD, AI Act | Obligations de notification et délais selon le régime ; obligations par niveau de risque pour l'IA. | eur-lex.europa.eu |
| OWASP — Top 10, API Top 10, ASVS, Top 10 LLM | Sécurité applicative et des modèles de langage : ce qu'on regarde dans une revue de conception. | owasp.org |
| Fournisseurs cloud — AWS, Microsoft Azure, Google Cloud | Responsabilité partagée, organisation et garde-fous, journalisation, gestion des clés : documentation de référence de chaque plateforme. | docs.aws.amazon.com/IAM/latest/UserGuide/r |
| IEC 62443 et modèle Purdue | Zones et conduits, niveaux de sécurité, sûreté industrielle. | www.iec.ch/blog/understanding-iec-62443 |
| SLSA, Sigstore, SBOM (SPDX, CycloneDX) | Provenance et signature des artefacts de build ; inventaire logiciel exploitable. | slsa.dev |
node outils/build-formation.cjs : reconstruit index.html et base.html depuis app/data/*.json.node outils/f1-selftest.cjs : rejoue les contrôles sans écran et écrit le reçu JSON.powershell -File schemas/_check.ps1 -Type architecture -Files <schéma.json> : revalide un schéma (9/9 exigé).Repères
Le site est traité comme un livrable d'ingénierie : contenu en données, assemblage déterministe, tests automatiques, preuves datées et limites déclarées.
Chaque étape laisse un artefact que l'on peut ouvrir et rejouer.
| Étape | Ce qui se passe | Artefact laissé |
|---|---|---|
| 1 · Contenu | Modules, tableaux, lexique et sources rédigés en JSON, relus et datés pour les faits sensibles. | app/data/*.json |
| 2 · Schémas | Composants et flux décrits en JSON typé, validés (9 vérifications sur 9), puis rendus par l'outil Archify. | schemas/*.json · schemas/rendus/*.html |
| 2 bis · Figures | Croquis de cours (couches, VLAN, ateliers EBIOS RM...) générés en SVG, une couleur par chapitre, sans aucune donnée réelle. | outils/figures.cjs |
| 3 · Assemblage | Un script lit les données, la feuille de style et les comportements, et produit une page unique avec sa CSP à empreintes. | index.html |
| 4 · Preuves | Harnais de comportement dans un navigateur sans écran, captures de rendu, capture et validation de chaque schéma. | reçus JSON et captures datées |
| 5 · Intégrité | Manifeste des empreintes SHA-256, vérifiable sur un clone neuf quelle que soit la plateforme. | MANIFEST.json · --verifier |
| 6 · Publication | Dossier dist/ sans aucune ressource tierce, avec les en-têtes de sécurité de l'hébergeur. | dist/ · _headers |
Le site a été conçu, structuré et vérifié par son auteur. Des assistants d'IA ont servi à rédiger des premiers jets, à produire les schémas via le skill Archify et à écrire l'outillage ; chaque sortie passe par les mêmes contrôles (validation des schémas, harnais, faits datés et sourcés). L'IA accélère ; la méthode, les arbitrages et la responsabilité du contenu restent humains.