Mon second cerveauJawad Boujnane · 10 chapitres · 32 modules
Portfolio
0/0

Base de connaissance · réseau, cloud, risque, homologation

Mon second cerveau

Rédigé par Jawad Boujnane, Ingénieur Cybersécurité GRC.

Mon espace personnel pour centraliser, structurer et partager mes connaissances.
Du paquet réseau au dossier d'homologation, en passant par le cloud, l'architecture et la gestion des risques.
Des notes techniques, des schémas et des retours d'expérience, enrichis au fil de mes apprentissages.

32
modules courts
dix chapitres
26
figures de cours
au trait, deux thèmes
35
schémas Archify
validés avant publication
163
termes au lexique
cherchables d'un Ctrl+K

Le plan de la base

Dix chapitres, du réseau à l'homologation. Chaque chapitre a sa couleur, comme les lots d'un plan d'architecte : on la retrouve dans le sommaire, les codes des modules et les figures.

011 module

Fondations

Vocabulaire du risque, DICT, défense en profondeur.

023 modules

Réseau

Paquet, OSI, VLAN, STP, EtherChannel, OSPF, BGP.

042 modules

Identité et accès

IAM, MFA, PAM, Zero Trust, ZTNA.

064 modules

Risque et EBIOS RM

EBIOS RM en cinq ateliers, cas du poste IA isolé, ATT&CK, STRIDE.

093 modules

Détecter et réagir

SOC, réponse à incident, détection, continuité.

10 chapitres · 32 modulesune couleur par chapitre, comme les lots d'un plan

Deux parcours, selon le poste

Même base, deux chemins. L'ingénieur suit la route technique, du paquet au SOC ; le RSSI suit la route de la décision, du risque à l'homologation.

Comment se lit un module

L'essentielQuatre points à retenir, lisibles en trente secondes.
Deux lecturesComprendre (ingénieur) et décider (RSSI), côte à côte.
FiguresLe croquis à garder en tête, au trait, dans les deux thèmes.
TableauxLes repères à consulter, datés quand ils citent un texte.
Schémas ArchifyL'architecture complète, explorable en plein écran.
Retour terrainCe que la pratique m'a appris, sans donnée client.
Retenir, piègesLes réflexes à garder et les erreurs classiques.
Auto-checkTrois questions pour vérifier que c'est acquis.
Ctrl+K · tout chercher (chapitres, modules, figures, tableaux, lexique)○ · marquer un module comme lu/ · J · K · T · R · raccourcis à une touche (recherche, module suivant ou précédent, thème, auto-checks) : à activer ci-dessous
01
Chapitre · 1 module

Fondations

Le vocabulaire du risque et les principes qui tranchent avant tout achat : besoin DICT, défense en profondeur, moindre privilège.

1.1Fondations

Principes d'architecture sécurité

Le vocabulaire du risque et les cinq principes qui tranchent d'avance — avant d'acheter quoi que ce soit.

  • Débutant
  • 14 min
  • principes
  • vocabulaire
  • arbitrage

L'essentiel en 30 secondes

  1. Une architecture se juge à ses arbitrages, pas à son catalogue d'outils : chaque choix a un coût et une dette à assumer.
  2. Six mots à ne jamais confondre : actif, vulnérabilité, menace, risque, contrôle, preuve. La plupart des débats stériles viennent de là.
  3. Cinq principes font 80 % du travail : moindre privilège, défense en profondeur, refus par défaut, séparation des tâches, échec sûr.
  4. La question qui sauve : « quelle preuve le prouve ? » — un contrôle déclaré n'est pas un contrôle testé.
5
principes permanents
ils tranchent d'avance
1
question à poser toujours
quelle preuve le prouve ?
8 · 4
plans · piliers transverses
schéma de référence 01

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir formuler un besoin en DICT (disponibilité, intégrité, confidentialité, traçabilité), distinguer menace, vulnérabilité et risque, et citer pour chaque principe (moindre privilège, défense en profondeur, refus par défaut) un exemple de mesure.

Lecture RSSI · décider

Ces principes servent à trancher avant d'acheter : un projet qui ne sait pas dire son besoin DICT n'est pas prêt pour un choix de solution. Les exiger dès l'expression de besoin évite de payer deux fois.

SEPT COUCHES COMPLÉMENTAIRES · PRÉVENIR, DÉTECTER, CONTENIR, REPRENDREOrganisationPSSI, homologation, sensibilisationPhysiquezones, contrôle d’accèsPérimètrepare-feu, DMZ, passerellefiltrer les accès exposésRéseau internesegmentation, NACHôtedurcissement, correctifs, EDRdétecter et contenir un malicielApplicationauthentification, droitsDonnéesdroits, chiffrement, sauvegardes isoléeslimiter la fuite et préparer la repriseChaque couche réduit le risque et compense certaines limites des autres.Le chiffrement ne bloque pas une exfiltration effectuée par un compte autorisé.
Fig. 1.1·aDéfense en profondeur : sept couches complémentaires pour prévenir, détecter, contenir et reprendreFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Avant les outils, il y a des distinctions qui tiennent dans le temps. Ce module pose le vocabulaire commun et les principes qui permettent de dire non à une mauvaise idée sans se fâcher avec personne.

Le vocabulaire qui évite les débats stériles

Six termes, une définition opérationnelle, et l'erreur qui coûte cher.

TermeDéfinition opérationnelleExemple (cloud)Erreur fréquente
ActifCe qui a de la valeur et qu'on protège (donnée, service, compétence, image).Base Postgres d'un service clientCompter les serveurs et oublier les données et les identités
VulnérabilitéFaiblesse exploitable : technique, de configuration, de processus ou humaine.Bucket S3 à policy publique, dépendance non patchéeLa réduire à un CVE : la mauvaise configuration domine
MenaceCe qui peut exploiter la faiblesse (acteur, capacité, intention, opportunité).Rançongiciel opportuniste, fraude au présidentImaginer un attaquant omniscient et gonfler la sévérité
RisqueCombinaison d'un impact et d'une vraisemblance, dans un contexte donné.Fuite de données clients via un accès trop largeTraiter le risque brut et jamais le risque résiduel
ContrôleCe qui réduit le risque : préventif, détectif ou correctif.SCP d'organisation, MFA matérielle, sauvegarde immuableConfondre contrôle et produit acheté
PreuveTrace datée, attribuable et rejouable qu'un contrôle fonctionne.Journal de révocation, rapport de restore, ticket d'écartPrendre une capture d'écran pour la preuve d'un contrôle permanent

Cinq principes qui tranchent d'avance

Quand deux options se valent techniquement, ces principes départagent — et se vérifient.

PrincipeCe que ça veut direCe que ça casseSignal de vérification
Moindre privilègeChaque identité a le droit minimum, pour une durée bornée, sur une ressource nommée.Les droits hérités « au cas où » et les comptes partagésCombien de rôles ont un * dans une politique ? Combien de droits permanents ?
Défense en profondeurAucune couche n'est censée suffire : l'attaquant doit en franchir plusieurs.Le pari sur un produit unique « qui règle tout »Quelle couche absorbe si la précédente échoue ?
Refus par défautCe qui n'est pas explicitement autorisé est refusé, et le refus est journalisé.Les flux implicites, l'accès « même réseau »Le refus apparaît-il dans les journaux avec son motif ?
Séparation des tâchesCelui qui décide, celui qui exécute et celui qui contrôle ne sont pas la même personne.Le compte administrateur unique, l'auto-approbation en productionQui peut modifier une politique sans revue ?
Échec sûrEn panne, le système se ferme ou se dégrade proprement — jamais il ne s'ouvre.Le mode dégradé oublié, l'accès de secours toujours ouvertQue se passe-t-il si l'annuaire est indisponible ? Le mode dégradé a-t-il été testé ?

Ces principes se traduisent en questions concrètes en revue de design : c'est ce qui les rend opposables.

Défense en profondeur : ce que chaque couche absorbe

Raisonner par couche évite de croire qu'un EDR remplace l'identité faible.

CoucheCe qu'elle arrêteCe qu'elle n'arrête pasContrôle de secours
Identité et accèsVol de mot de passe, accès depuis un poste non conforme, élévationSession déjà ouverte, jeton volé, identité de serviceDétection d'abus d'identité, durée de session courte, révocation rapide
Poste et endpointExécution malveillante, rançongiciel, mouvement latéral depuis le posteAttaque directe sur une API exposée, compromission d'un compte cloudEDR managé, durcissement, inventaire des logiciels, restauration
Réseau et segmentationMouvement latéral, exfiltration, accès aux interfaces d'administrationTrafic chiffré autorisé, hameçonnage, fuite par un SaaS approuvéFiltrage sortant, DNS filtré, détection réseau, cloisonnement par zone
Application et codeInjection, logique métier détournée, dépendance vulnérableAbus légitime de fonctionnalité, erreur de configurationRevue de code, SAST/SCA, tests, limitation de débit, journalisation applicative
Données et cryptographieLecture après vol de support ou d'instantané, altération silencieuseClé compromise, données exfiltrées avec des droits légitimesKMS/HSM, séparation des clés, rotation, DLP, classification
Journalisation et sauvegardeEffacement des traces, extension des privilèges non détectéeAttaque pendant la fenêtre de rétention, sauvegarde corrompue non testéeJournalisation immuable, horodatage, restauration testée, comptes dédiés
Vue d'ensemble — 8 plans de contrôle et 4 piliers à regarder : l'ordre des plans et le rayon d'impact Plein écran

À retenir

  • Un contrôle qui n'a pas de propriétaire nommé n'existe pas : il redeviendra une intention.
  • Le rayon d'impact se mesure, il ne se suppose pas : « et si cette brique tombe, qu'est-ce qui tombe avec elle ? »
  • Un refus journalisé est un signal de détection, pas un échec — c'est ce que produit le refus par défaut.
  • Dire « je ne sais pas encore, voici comment je tranche » est une position d'ingénieur, pas une faiblesse.

Pièges classiques

  • Raisonner en catalogue de produits : on ne conçoit plus, on choisit.
  • Confondre contrôle préventif et contrôle détectif, puis promettre une prévention là où on a posé une détection.
  • Traiter le vocabulaire comme de la sémantique : en réunion, un mot mal employé coûte une décision.
  • Oublier de nommer le hors-périmètre : ce qu'on exclut protège autant que ce qu'on inclut.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un bucket de stockage exposé publiquement : vulnérabilité ou menace ?

    Vulnérabilité (faiblesse exploitable). La menace est l'acteur qui la trouve et l'exploite ; le risque est la combinaison impact × vraisemblance dans le contexte considéré.

  2. Quelle différence entre contrôle déclaré et contrôle testé ?

    Déclaré : documenté dans une politique ou un schéma. Testé : exécuté et tracé (date, opérateur, résultat). Un auditeur ne paie qu'avec le second.

  3. Que vérifier systématiquement quand une couche est présentée comme « suffisante » ?

    Quelle couche absorbe l'échec de celle-ci. Aucune couche n'est suffisante seule : c'est le principe de défense en profondeur.

02
Chapitre · 3 modules

Réseau

Ce qu'il faut savoir du réseau avant de le sécuriser : le trajet d'un paquet, la commutation (VLAN, STP, EtherChannel) et le routage (OSPF, BGP, redondance).

2.1Réseau

Comment circule un paquet

Sécuriser un réseau commence par savoir ce qu'il fait : un poste obtient une adresse, résout un nom, trouve sa passerelle, puis traverse un pare-feu qui traduit et retient la session.

  • Débutant
  • 16 min
  • OSI
  • TCP/IP
  • DNS
  • NAT

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le modèle OSI range le réseau en 7 couches ; sur le terrain, on raisonne en 4 (TCP/IP). Chaque équipement travaille à une couche : le commutateur lit les adresses MAC (couche 2), le routeur les adresses IP (couche 3), le pare-feu les ports et les sessions (couches 3 et 4), le WAF le contenu (couche 7).
  2. Une adresse IP et un masque disent qui est « chez moi » : tout ce qui est hors du sous-réseau part vers la passerelle. 192.168.10.0/24 contient 254 adresses utilisables, de .1 à .254.
  3. Quatre services discrets font marcher tout le reste : DHCP (l'adresse), DNS (le nom), ARP (l'adresse MAC du voisin), NAT (la traduction entre adresses privées et publiques). Les détourner, c'est détourner tout le trafic.
  4. TCP ouvre une session (SYN, SYN-ACK, ACK) et garantit l'ordre ; UDP envoie sans session (DNS, voix, vidéo). Un pare-feu à états s'appuie sur la session TCP pour autoriser le retour.
7 → 4
couches OSI, couches TCP/IP
le modèle de cours, celui du terrain
/24
254 adresses utilisables
2 puissance 8, moins 2
3
messages pour ouvrir TCP
SYN · SYN-ACK · ACK
443 · 53 · 22
trois ports à connaître
HTTPS · DNS · SSH

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir dire à quelle couche travaille un équipement, calculer un sous-réseau en /24 ou /26, et suivre le trajet d'une requête (DHCP, DNS, ARP, routage, NAT). C'est ce qui permet de diagnostiquer avant d'accuser le pare-feu.

Lecture RSSI · décider

DNS, DHCP et la passerelle sont des actifs critiques : qui les détourne détourne tout le trafic. Exiger qu'ils figurent dans la cartographie, la supervision et l'analyse de risque, au même rang que les serveurs métier.

TCP/IPMODÈLE OSI · 7 COUCHESUNITÉÉQUIPEMENT, CONTRÔLEApplicationTransportInternetAccèsréseau7Applicationle service que l’utilisateur voit : HTTP, DNS, SMTPDONNÉESWAF, proxy, pare-feu NGFW6Présentationformat et chiffrement : TLS, encodageDONNÉESpas d’équipement propre5Sessionouverture, maintien et reprise du dialogueDONNÉESpas d’équipement propre4Transportports : TCP fiable, UDP sans garantieTCP / UDPpare-feu à états3Réseauadresses IP, routage entre réseauxPAQUETrouteur, filtrage IP (ACL)2Liaisonadresses MAC, VLAN, trames du réseau localTRAMEcommutateur, VLAN, 802.1X1Physiquesignal sur le support : cuivre, fibre, radioBITScâble, fibre, borne Wi-FiEncapsulation à l’émission, décapsulation à la réception · TCP : segment ; UDP : datagramme.
Fig. 2.1·aLe modèle OSI, ses quatre couches TCP/IP et l'équipement qui travaille à chaque coucheFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
Poste10.0.10.12/24CommutateurCOUCHE 2Pare-feu, routeurPASSERELLE .1NAT 198.51.100.7InternetServeur web203.0.113.10DNS, DHCP10.0.10.531234561DHCPà l’allumage, le poste reçoit son adresse IP,son masque, sa passerelle et son serveur DNS.2DNS« app.example.org ? » : le serveur DNSrépond 203.0.113.10.3ARPla destination est hors du sous-réseau : le postedemande l’adresse MAC de sa passerelle.4Commutationla trame part vers la MAC de la passerelle ;l’IP de destination reste celle du serveur.5Routage et NATle pare-feu applique sa règle, remplace l’IP privéepar son IP publique et retient la session.6Retourle pare-feu retrouve l’état de la session ;la traduction NAT ramène au poste.
Fig. 2.1·bLe trajet d'une requête, du poste au serveur, en six étapesFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module donne le minimum vital : les couches, l'adressage, les services de base et le trajet complet d'une requête. C'est la grammaire de tous les modules de sécurité réseau qui suivent.

Adresses privées, réservées, de documentation : les repères

Les plages à reconnaître d'un coup d'œil dans une configuration ou un journal.

PlageUsageÀ savoir
10.0.0.0/8 · 172.16.0.0/12 · 192.168.0.0/16Adresses privées (RFC 1918), non routées sur InternetSortie vers Internet par NAT ; deux sites qui utilisent la même plage se chevauchent
127.0.0.0/8Boucle locale : la machine elle-mêmeUn service qui n'écoute que sur 127.0.0.1 n'est pas joignable depuis le réseau
169.254.0.0/16Adresse automatique de lien localSymptôme typique : le poste n'a pas trouvé de serveur DHCP
192.0.2.0/24 · 198.51.100.0/24 · 203.0.113.0/24Plages de documentation (RFC 5737)À utiliser dans les schémas et les exemples : jamais l'adresse réelle d'un client
IPv6 fe80::/10 · fc00::/7Lien local, adresses locales uniques (l'équivalent du privé)L'IPv6 est souvent actif par défaut : il se filtre et se supervise aussi

Les services de base, et comment on les détourne

Rarement dans le périmètre d'un audit applicatif : c'est précisément pour cela qu'ils sont visés.

ServiceRôleAttaque typiqueParade
DHCP (UDP 67, 68)Attribue adresse, masque, passerelle, DNSFaux serveur DHCP qui se déclare passerelleDHCP snooping sur les commutateurs
ARPTrouve l'adresse MAC d'une IP voisineUsurpation ARP : l'attaquant s'interpose entre deux machinesInspection ARP dynamique, segmentation
DNS (UDP et TCP 53)Traduit un nom en adresseRéponse falsifiée ; données exfiltrées cachées dans les requêtesRésolveurs internes maîtrisés, DNSSEC, journalisation des requêtes
NATTraduit adresses privées et publiquesExposition involontaire par une redirection de port oubliéeRevue des redirections, inventaire d'exposition
NTP (UDP 123)Donne l'heureHorloges décalées : journaux inexploitables, certificats refusésSources de temps internes et authentifiées

À retenir

  • Commutateur = couche 2 (MAC), routeur = couche 3 (IP), pare-feu = couches 3 et 4 et au-delà, WAF = couche 7.
  • Tout ce qui sort du sous-réseau passe par la passerelle : c'est un point de contrôle et un point de défaillance.
  • DHCP, DNS, ARP et NTP sont des actifs de sécurité, pas de la plomberie.
  • Dans un schéma ou un exemple, on utilise les plages de documentation, jamais une adresse réelle.

Pièges classiques

  • Confondre « joignable » et « autorisé » : un ping qui passe ne dit rien des ports applicatifs.
  • Oublier l'IPv6 activé par défaut : un réseau filtré en IPv4 peut rester ouvert en IPv6.
  • Accuser le pare-feu avant d'avoir vérifié l'adresse, la passerelle et la résolution DNS.
  • Laisser des redirections de port sans propriétaire ni date de fin.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un poste en 192.168.10.12/24 veut joindre 192.168.20.5. Que fait-il en premier ?

    Il constate que la destination est hors de son sous-réseau (troisième octet différent avec un masque /24). Il obtient l'adresse MAC de sa passerelle par ARP et lui envoie la trame ; le routage, et le filtrage, se font sur la passerelle.

  2. Un poste a l'adresse 169.254.12.7. Quel est le problème probable ?

    Il n'a pas obtenu de bail DHCP et s'est attribué une adresse de lien local. À vérifier : le lien, le VLAN du port, la joignabilité du serveur DHCP ou du relais DHCP.

  3. Pourquoi un pare-feu à états n'a-t-il pas besoin d'une règle pour le trafic retour ?

    Parce qu'il mémorise la session ouverte (adresses, ports, état TCP) : le retour qui correspond à une session autorisée passe automatiquement. Un filtrage sans état exigerait une règle dans chaque sens.

2.2Réseau

Commutation : VLAN, Spanning Tree, EtherChannel

Le réseau local se découpe en VLAN, se protège des boucles avec Spanning Tree et gagne en débit et en redondance avec EtherChannel : trois mécanismes à connaître avant de parler de segmentation.

  • Débutant
  • 18 min
  • 802.1Q
  • STP
  • LACP
  • commutateur

L'essentiel en 30 secondes

  1. Un VLAN découpe un commutateur physique en plusieurs réseaux logiques étanches au niveau 2 : un poste du VLAN 10 ne voit pas directement le VLAN 20. Pour passer de l'un à l'autre, il faut router, idéalement à travers un pare-feu.
  2. Port d'accès : un seul VLAN, trames sans étiquette (le poste ne sait rien). Trunk 802.1Q : plusieurs VLAN sur un même lien, chaque trame porte une étiquette de 4 octets avec son numéro de VLAN.
  3. Spanning Tree (STP) élit un pont racine et bloque les liens redondants pour qu'aucune boucle n'existe ; si un lien tombe, un lien bloqué reprend. Sans STP, une boucle sature le réseau en quelques secondes.
  4. EtherChannel (norme LACP) agrège plusieurs liens physiques en un seul lien logique : plus de débit, une panne de lien sans coupure, et Spanning Tree ne bloque plus rien.
4 094
VLAN utilisables
identifiant sur 12 bits
4 octets
étiquette 802.1Q
dont le numéro de VLAN
30 à 50 s
reconvergence du STP classique
RSTP : quelques secondes au plus
8
liens actifs par agrégat LACP
valeur courante, selon le matériel

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir configurer un port d'accès et un trunk, lire une étiquette 802.1Q, reconnaître le pont racine et le port bloqué d'une topologie Spanning Tree, et expliquer pourquoi un agrégat LACP survit à la perte d'un lien.

Lecture RSSI · décider

Un VLAN cloisonne, mais il n'est pas une frontière de sécurité à lui seul : le contrôle se fait au routage entre VLAN. Exiger que ce routage passe par un point de filtrage, et que les protections de couche 2 soient activées sur les ports utilisateurs.

Pare-feuroutage inter-VLAN filtréCommutateur 1Commutateur 2TRUNK 802.1Q · VLAN 10, 20, 30destsrc802.1Q · VLAN 20donnéesTRAME ÉTIQUETÉE : 4 OCTETS AJOUTÉSPoste comptaVLAN 10Poste adminVLAN 20ImprimanteVLAN 10ServeurVLAN 30Poste RHVLAN 10Console adminVLAN 20Accès : un VLAN non étiqueté dans cet exemple. Trunk : VLAN autorisés avec étiquette 802.1Q.Le VLAN natif peut être non étiqueté ; harmoniser la configuration des deux extrémités.
Fig. 2.2·aDeux commutateurs, un trunk 802.1Q, trois VLAN ; le passage d'un VLAN à l'autre se fait au pare-feuFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
SANS STP : LA BOUCLESW-ASW-BSW-Cune trame de diffusion tournesans fin : tempête, réseausaturé en quelques secondesAVEC STP : UN LIEN BLOQUÉ, AUCUNE BOUCLESW-A · racineBridge ID minimalSW-BSW-CDPDPRPRPDPBLKRP : RACINE · DP : DÉSIGNÉ · BLK : BLOQUÉRSTP converge plus vite que STP ; le délai dépend de la topologie.La perte d’un lien entraîne un recalcul des rôles des ports.
Fig. 2.2·bSans Spanning Tree, la boucle ; avec Spanning Tree, un port bloqué en secoursFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
SANS AGRÉGATIONETHERCHANNEL · LACP · 802.1AXDistributionAccèsDans cet exemple, STP bloque trois ports.Un seul lien transmet.DistributionAccèsUN LIEN LOGIQUESTP voit un lien logique.Les flux sont répartis par hachage.[hypothèse] 4 × 1 Gb/s : jusqu’à 4 Gb/s cumulés ; un flux reste limité à la capacité d’un lien.
Fig. 2.2·cQuatre liens physiques : bloqués par Spanning Tree, ou agrégés en un seul lien logiqueFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module couvre la couche 2 : comment on découpe un réseau local, comment on évite qu'il s'effondre sur une boucle, et comment on double les liens sans créer de boucle.

Les attaques de couche 2 et leur parade

Ce qu'un poste branché sur une prise peut tenter, et ce que le commutateur doit empêcher.

AttaqueCe que fait l'attaquantParade sur le commutateur
Saut de VLANNégocie un trunk depuis un port d'accès, ou double l'étiquette pour atteindre un autre VLANPorts d'accès forcés en accès, négociation de trunk désactivée, VLAN natif inutilisé
Usurpation du pont racineAnnonce une priorité Spanning Tree plus basse pour devenir racine et voir le traficBPDU Guard sur les ports d'accès, Root Guard vers la périphérie
Saturation de la table MACInonde de fausses adresses MAC : le commutateur diffuse tout, comme un concentrateurPort security : nombre d'adresses MAC limité par port
Faux DHCP, usurpation ARPSe déclare passerelle, s'interpose entre les postesDHCP snooping, inspection ARP dynamique
Branchement sauvageUn équipement inconnu sur une prise libre802.1X, ports inutilisés désactivés et placés dans un VLAN poubelle

Trois mécanismes, trois questions

La norme et le réglage à vérifier en revue de configuration.

MécanismeProblème résoluNormeRéglage à vérifier
VLAN, trunkSéparer des réseaux sur le même matérielIEEE 802.1QListe des VLAN autorisés sur chaque trunk ; VLAN natif dédié et inutilisé
Spanning TreeÉviter les boucles d'une topologie redondante802.1D, 802.1w (RSTP), 802.1s (MSTP)Pont racine désigné par sa priorité ; BPDU Guard en accès
EtherChannel, LACPAgréger des liens : débit et redondanceIEEE 802.3ad, repris dans 802.1AXMême vitesse et même configuration sur tous les membres ; LACP en mode actif

À retenir

  • VLAN = cloisonnement de niveau 2 ; le contrôle se fait au routage entre VLAN, de préférence sur un pare-feu.
  • Accès = un VLAN sans étiquette ; trunk = plusieurs VLAN étiquetés 802.1Q.
  • Spanning Tree bloque pour éviter la boucle ; on choisit soi-même le pont racine.
  • EtherChannel transforme N liens en un seul pour Spanning Tree : débit et redondance sans blocage.

Pièges classiques

  • Laisser la négociation automatique de trunk sur les ports utilisateurs : porte ouverte au saut de VLAN.
  • Tout faire passer par le VLAN 1, ou transporter des données sur le VLAN natif.
  • Désactiver Spanning Tree « parce qu'il bloque des liens » : la première boucle coupe tout.
  • Agréger des liens de configurations différentes : l'agrégat tombe ou se comporte de façon imprévisible.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Deux postes sont branchés sur le même commutateur, l'un en VLAN 10, l'autre en VLAN 20. Peuvent-ils communiquer ?

    Pas directement : ils sont dans deux réseaux de niveau 2 distincts. Il faut un routage entre VLAN (routeur, commutateur de niveau 3 ou pare-feu). Placer ce routage sur un pare-feu permet de filtrer et de journaliser le passage.

  2. Pourquoi Spanning Tree bloque-t-il des liens que l'on a pourtant payés ?

    Parce qu'une topologie redondante crée des boucles en couche 2, où les trames de diffusion tourneraient sans fin. Spanning Tree garde un seul chemin actif vers le pont racine et met les autres en secours. Pour utiliser tous les liens entre deux équipements, on les agrège en EtherChannel.

  3. Quelles protections active-t-on sur un port où ne se branche qu'un poste utilisateur ?

    Mode accès forcé (pas de négociation de trunk), BPDU Guard (le port se coupe s'il reçoit une annonce Spanning Tree), port security ou 802.1X, et le bon VLAN métier. Un port inutilisé est désactivé.

2.3Réseau

Routage : statique, OSPF, BGP et redondance

Un routeur choisit le meilleur chemin selon sa table : écrite à la main (statique), apprise des voisins de l'entreprise (OSPF) ou négociée avec les autres réseaux d'Internet (BGP).

  • Intermédiaire
  • 18 min
  • OSPF
  • BGP
  • VRRP
  • VRF

L'essentiel en 30 secondes

  1. La table de routage associe un préfixe à un prochain saut ; la route la plus précise gagne (10.1.2.0/24 l'emporte sur 10.0.0.0/8). La route par défaut (0.0.0.0/0) attrape tout le reste.
  2. Statique : simple et prévisible, mais rien ne se réadapte seul. OSPF : protocole interne (IGP) ; chaque routeur connaît la carte de son aire, calcule le plus court chemin et converge vite.
  3. BGP : le protocole d'Internet (EGP), entre systèmes autonomes. Il choisit le chemin préféré par politique, pas le plus court. Une annonce erronée peut détourner le trafic de tiers : on filtre les préfixes et on signe les origines (RPKI).
  4. La redondance de passerelle (VRRP, HSRP) donne aux postes une adresse de passerelle virtuelle tenue par deux routeurs : si l'un tombe, l'autre reprend. Les VRF créent plusieurs tables de routage étanches sur un même équipement.
/24 > /8
la route la plus précise gagne
plus long préfixe
Aire 0
dorsale OSPF
toutes les aires s'y rattachent
AS
système autonome
un réseau, une politique BGP
2 → 1
routeurs pour une passerelle virtuelle
VRRP, HSRP

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir lire une table de routage, expliquer pourquoi le préfixe le plus long gagne, faire la différence entre OSPF (à l'intérieur) et BGP (entre réseaux), et décrire une bascule VRRP.

Lecture RSSI · décider

Le routage est un plan de contrôle : qui peut annoncer une route peut détourner du trafic. Demander que les sessions de routage soient authentifiées, que les annonces BGP soient filtrées, et que chaque changement de routage ait un retour arrière testé.

AS 64510 · ENTREPRISE · OSPF À L’INTÉRIEURAIRE 0 · DORSALEAIRE 1 · SITEOSPF + iBGPR1R2 · ABRR3 · bordR4 · bordR5 · siteOSPF · IGPCOÛT CONFIGURABLETOPOLOGIE À ÉTATS DE LIENSROUTAGE INTERNE À L’ASOpérateur AAS 64500Opérateur BAS 64501eBGPeBGPBGP · EGPCHOIX PAR POLITIQUEFILTRER LES PRÉFIXES, RPKI
Fig. 2.3·aOSPF à l'intérieur de l'entreprise, BGP vers deux opérateursFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
CŒURtransporter les flux,routage résilientDISTRIBUTIONroutage inter-VLAN,filtrage, passerelleredondanteACCÈSports utilisateurs,VLAN, 802.1X,double attacheCœur 1Cœur 2Dist. 1ADist. 1BDist. 2ADist. 2BAccès 1Accès 2Accès 3Accès 4IP VIRTUELLE .1 · VRRP / HSRPIP VIRTUELLE .1 · VRRP / HSRPDeux chemins par accès : la disponibilité dépend aussi des protocoles et de tests de bascule.
Fig. 2.3·bArchitecture hiérarchique : cœur, distribution redondante, accès en double attacheFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module donne les bases du routage : lire une table, distinguer routage interne et externe, rendre une passerelle redondante. Assez pour suivre une revue d'architecture réseau et repérer ce qui doit être protégé.

Statique, OSPF, BGP : lequel, où, pour quoi

Le choix du protocole fixe aussi le risque à maîtriser.

ProtocoleOùComment il choisitRisque à maîtriser
Routes statiquesPetits réseaux, liens simples, route par défautCe que l'administrateur a écritRoute oubliée qui survit des années ; aucune bascule automatique
OSPFÀ l'intérieur d'une organisation (IGP)Plus court chemin, selon un coût lié au débitVoisin non authentifié qui injecte des routes : authentifier les adjacences
BGPEntre organisations, vers les opérateurs (EGP)Politique : préférences, chemin d'AS, filtresAnnonce erronée ou détournement de préfixe : filtres, RPKI, surveillance des annonces
VRRP, HSRPPasserelle des postesPriorité : le routeur maître répond pour l'adresse virtuelleAnnonces non authentifiées : un tiers peut se déclarer maître

Le plan de contrôle : ce qu'on protège sur un routeur

Un routeur se protège comme un serveur critique, parce qu'il en est un.

ÉlémentPourquoi c'est sensibleMesure
Accès d'administrationQui administre le routeur contrôle le traficRéseau d'administration dédié, bastion, SSH, comptes nominatifs
Sessions de routageUne route injectée détourne ou coupe le traficAuthentification des voisins, filtres d'annonces
ConfigurationUne erreur de saisie peut isoler un siteGestion des changements, sauvegarde, retour arrière testé
Journaux et heureSans eux, impossible de reconstituer un incidentJournalisation centralisée, NTP interne
Tables séparées (VRF)Plusieurs réseaux partagent le même équipementUne VRF par niveau de confiance ; fuites de routes déclarées et justifiées

À retenir

  • La route la plus précise gagne ; la route par défaut attrape le reste.
  • OSPF à l'intérieur, BGP entre réseaux : la vitesse d'un côté, la politique de l'autre.
  • Qui peut annoncer une route peut détourner du trafic : on authentifie et on filtre.
  • Une passerelle se rend redondante (VRRP, HSRP) ; un équipement critique a son jumeau.

Pièges classiques

  • Mélanger routes statiques et dynamiques sans documenter laquelle prime.
  • Accepter tout ce qu'annonce un voisin BGP.
  • Oublier que l'interface d'administration d'un routeur est une cible de premier ordre.
  • Tester la bascule de passerelle pour la première fois pendant la panne.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un routeur a deux routes : 10.0.0.0/8 vers A et 10.1.2.0/24 vers B. Où part un paquet pour 10.1.2.7 ?

    Vers B : la route la plus précise (le plus long préfixe, /24) l'emporte sur la route générale (/8), quel que soit l'ordre de saisie.

  2. Pourquoi dit-on que BGP est un protocole de politique plutôt que de plus court chemin ?

    Parce qu'il choisit parmi les chemins annoncés selon des préférences administratives (opérateur préféré, chemin d'AS, filtres) et non selon la seule distance. C'est aussi pourquoi une annonce erronée se propage : chaque voisin applique sa politique à ce qu'on lui envoie.

  3. Que voit un poste quand le routeur maître VRRP tombe ?

    Rien, idéalement : il continue d'envoyer vers la même adresse de passerelle virtuelle, désormais tenue par le routeur de secours. Les sessions en cours peuvent subir une interruption de quelques secondes.

03
Chapitre · 3 modules

Sécurité réseau

Filtrer, cloisonner, administrer : pare-feu et DMZ, WAF et IPS, zones de confiance et matrice de flux, bastion, VPN et 802.1X.

3.1Sécurité réseau

Filtrer : pare-feu, DMZ, proxy, WAF et IPS

Un pare-feu ne protège que ce qu'on lui a appris à refuser : la valeur est dans la politique (refus par défaut, flux déclarés, journalisation), pas dans la boîte.

  • Débutant
  • 20 min
  • pare-feu
  • DMZ
  • WAF
  • IPS
  • proxy

L'essentiel en 30 secondes

  1. Trois générations de pare-feu : sans état (adresses et ports, paquet par paquet), à états (suit la session et autorise le retour), nouvelle génération (NGFW) (reconnaît l'application et l'utilisateur, inspecte le contenu, IPS intégré).
  2. La politique se lit de haut en bas, la première règle qui correspond s'applique, et la dernière est toujours « tout refuser, journaliser ». Chaque règle a un besoin métier, un propriétaire et une date de revue.
  3. La DMZ accueille ce qui doit être joignable depuis Internet (reverse proxy, relais de messagerie) sans exposer l'interne. En double barrière, deux pare-feu, souvent de deux éditeurs, encadrent la DMZ : une faille sur l'un ne suffit pas.
  4. Le WAF filtre le contenu HTTP devant une application (injections, abus) ; le proxy sortant filtre la navigation des utilisateurs ; l'IDS écoute et alerte, l'IPS est en ligne et bloque.
1
règle finale qui compte
tout refuser, journaliser
2
barrières autour d'une DMZ
souvent deux éditeurs
3
questions par règle
besoin · propriétaire · échéance
L7
couche du WAF
le contenu, pas seulement les ports

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir dire ce que voit un filtrage sans état, un pare-feu à états et un NGFW ; placer reverse proxy, WAF, relais de messagerie et proxy sortant dans une DMZ ; écrire une règle avec source, destination, service, action et journalisation.

Lecture RSSI · décider

Un pare-feu ne vaut que par sa politique : exiger une revue périodique des règles (propriétaire, besoin, expiration), le refus par défaut et la journalisation. Pour un SI sensible, la double barrière et le proxy sortant sont des attendus d'architecture.

CE QUE PORTE UN FLUXadresses IPprotocole, portétat de sessionapplicationutilisateur, contenuSans étatACL, par paquetfiltréfiltré———À étatssession suiviefiltréfiltréfiltré——NGFWselon configurationfiltréfiltréfiltrési activési activéautoriser utilisateurs → dmz-web tcp/443 journaliser # ticket, propriétairerefuser tout → tout journaliser # dernière règle : le non-déclaré ne passe pasUn flux TLS reste chiffré sans terminaison ou inspection autorisée.L’identité utilisateur suppose une intégration ; un NGFW ne la connaît pas automatiquement.
Fig. 3.1·aCe que filtre un pare-feu, selon ses fonctions activées et la visibilité du traficFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
InternetDMZ · ZONE EXPOSÉEZONE INTERNEPARE-FEU EXTERNE · ÉDITEUR APARE-FEU INTERNE · ÉDITEUR BReverse proxy + WAFTERMINAISON TLS, FILTRAGERelais de messagerieANTISPAM, ANTIVIRUSProxy sortantFILTRAGE WEB SORTANTServeur applicatifBase de donnéesPostes utilisateurs1243ACCÈS DIRECT À L’INTERNE : REFUSÉ1 · HTTPS vers le WAF / 2 · SMTP vers le relais / 3 · accès déclaré à l’applicatif4 · Navigation des postes via le proxy. Deux éditeurs : option de diversification.Chaque flux a un besoin, une règle et une trace ; le reste est refusé.
Fig. 3.1·bExemple de double barrière : une DMZ et des flux explicitement autorisésFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
WAF : EN COUPURE, DEVANT L’APPLICATIONGET /commande?id=42TRANSMISE403 · journaliséClientWAF · reverse proxyTLS TERMINÉ ICIRÈGLES + DÉBITApplicationid=42' OR 1=1 --IDS : EN ÉCOUTE · IPS : EN LIGNETRAFICCOPIETAP, miroirIPS · en ligneBLOQUE EN DIRECTIDS · en écouteALERTE SEULEMENTL’IDS alerte sur la copie ;il ne bloque pas ce flux.Un faux positif de l’IPSpeut couper un flux légitime.
Fig. 3.1·cWAF en coupure devant l'application ; IDS en écoute, IPS en ligneFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module présente les équipements de filtrage, ce que chacun voit, où il se place, et comment s'écrit une politique de flux qui tient dans le temps.

Les équipements de filtrage : qui fait quoi

Chacun voit une partie du flux ; aucun ne voit tout.

ÉquipementOù il se placeCe qu'il bloqueCe qu'il ne voit pas
Pare-feu à étatsEntre zones de confianceFlux non déclarés : adresses, ports, sessionsLe contenu d'un flux autorisé ; l'abus d'un compte légitime
NGFWEn bordure, entre zones sensiblesApplications et utilisateurs non autorisés, signatures d'attaqueLe trafic chiffré qu'il ne déchiffre pas
Reverse proxy + WAFDevant une application web exposéeInjections, abus de requêtes, robotsUne faille de logique métier ou d'autorisation
Proxy sortantEntre les utilisateurs et InternetSites malveillants, catégories interdites, téléchargementsCe qui le contourne, si la sortie directe n'est pas bloquée
IDSEn écoute, sur une copie du traficRien : il alerteCe qu'il ne reçoit pas en copie
IPSEn ligne, sur le cheminExploits connus, en temps réelLes attaques sans signature ; un faux positif coupe un flux légitime

Une règle de pare-feu qui tient dans le temps

Cinq champs, et la règle se relit encore dans trois ans.

ChampCe qu'on y metPourquoi
Source et destinationDes objets nommés (groupe, zone), pas des adresses brutesUne règle se relit ; une adresse isolée ne dit rien de son usage
ServiceLe port et le protocole exacts« any » est un aveu : personne ne sait ce qui doit passer
Action et journalisationAutoriser ou refuser, et toujours journaliserSans journal, ni enquête ni preuve en audit
Besoin et propriétaireLe ticket, l'application, la personne qui répondUne règle sans propriétaire ne sera jamais supprimée
ÉchéanceUne date de revue ou d'expirationLes règles temporaires deviennent permanentes par oubli

C'est le socle que l'on retrouve dans les recommandations de l'ANSSI pour l'interconnexion d'un SI à Internet : zones distinctes pour ce qui est exposé, flux sortants par un relais, refus par défaut.

SI sensible homologué — double barrière, administration et lien agréé à regarder : les deux éditeurs, le flux refusé vers les postes, le bastion et le chiffreur Plein écran

À retenir

  • Refus par défaut, flux déclarés, journalisation : le reste est de la configuration.
  • Ce qui est exposé vit en DMZ, jamais directement dans la zone interne.
  • Le WAF protège une application web ; il ne remplace ni le correctif ni le contrôle d'accès.
  • IDS = alerte, IPS = blocage : on choisit selon le coût d'un faux positif.

Pièges classiques

  • Ouvrir « any » en source ou en service pour aller vite.
  • Croire qu'un NGFW voit tout alors que le trafic chiffré passe sans inspection.
  • Laisser les serveurs de la DMZ ouvrir des connexions vers l'interne.
  • Passer un IPS en blocage sans période d'observation : il coupera un flux métier.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un service web doit être accessible depuis Internet et lire une base de données. Où placer chaque élément ?

    Le reverse proxy (avec WAF) en DMZ ; le serveur applicatif et la base en zone interne. Flux autorisés : Internet vers le reverse proxy en HTTPS, reverse proxy vers le serveur applicatif sur un port déclaré, serveur applicatif vers la base. Aucun accès direct d'Internet ni de la DMZ à la base.

  2. Pourquoi deux pare-feu d'éditeurs différents en double barrière ?

    Pour qu'une même vulnérabilité ou une même erreur de configuration ne suffise pas à traverser les deux barrières. C'est la défense en profondeur appliquée au périmètre ; le prix est une exploitation un peu plus lourde.

  3. IDS ou IPS devant une application métier critique ?

    Cela dépend du coût d'un faux positif. Un IPS bloque en temps réel mais peut couper un flux légitime : on le passe d'abord en observation, on ajuste, puis on bloque. Un IDS n'interrompt rien, mais il faut quelqu'un pour traiter ses alertes.

3.2Sécurité réseau

Réseau, zones et segmentation

Le périmètre n'est plus un mur : c'est un ensemble de zones, de flux déclarés et de décisions journalisées.

  • Débutant
  • 18 min
  • réseau
  • zones
  • ZTNA
  • SASE

L'essentiel en 30 secondes

  1. Aucun flux n'existe par défaut : chaque flèche d'un schéma réseau correspond à une règle déclarée, possédée par quelqu'un, et dont le refus est journalisé.
  2. Cinq zones de confiance (z0 bordure exposée → z4 administration) suffisent à raisonner tout un SI, cloud compris.
  3. Trois familles d'accès à ne plus confondre : VPN (on entre dans un réseau), ZTNA (on atteint une application), SASE/SSE (la sécurité devient un service cloud).
  4. Segmenter sans avoir observé les flux réels produit des exceptions : la micro-segmentation vient après 30 jours d'observation.
z0 → z4
5 zones de confiance
bordure → administration
30 jours
d'observation avant de segmenter
sinon on conçoit des exceptions
4 champs
minimum par flux déclaré
besoin · propriétaire · service/port · test

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir définir des zones de confiance, rédiger une ligne de matrice de flux (source, destination, service, justification, propriétaire) et expliquer la différence entre VPN, ZTNA et SASE.

Lecture RSSI · décider

La matrice de flux est la pièce qui prouve la segmentation : sans elle, un schéma de zones n'est qu'une intention. Exiger qu'elle soit tenue à jour, revue, et reliée aux règles réelles des pare-feu.

Le réseau reste la grammaire de base : on ne peut pas discuter d'architecture cloud sans savoir ce qu'est un flux, une zone et une frontière. Ce module donne la grille de lecture que le cloud réutilise telle quelle (VPC, security groups, points de terminaison).

Les 4 notions réseau à maîtriser avant tout débat

Ce qui revient systématiquement dans une conversation technique, même en full cloud.

NotionCe qu'il faut savoirPourquoi c'est un sujet de sécurité
Adressage et CIDRUne plage s'écrit 10.20.0.0/16 : 16 bits fixes, le reste variable. On découpe en sous-réseaux par usage, pas par étage.Un chevauchement de plages entre deux réseaux interdit tout routage propre et force des contournements.
DNSRésolution de noms : c'est le premier service appelé et le plus souvent oublié dans l'inventaire.Qui contrôle le DNS contrôle la destination : DNS filtré, enregistrements surveillés, DNSSEC côté zones publiques.
Flux et portsUn flux = source + destination + protocole + port + sens + authentification.Une règle any/any interne annule la segmentation : il faut nommer le service et le port.
Chiffrement TLSTLS 1.3 en standard ; le certificat prouve l'identité du serveur ; mTLS ajoute celle du client.Un flux interne non chiffré est lisible par un attaquant déjà présent : chiffrer ne remplace pas segmenter, mais limite.

Cinq zones de confiance et ce qu'on y met

Une zone n'est pas un VLAN : c'est un niveau de confiance, avec un contrôle imposé et un propriétaire.

ZoneCe qu'elle contientContrôle imposéPiège classique
z0 · Bordure exposéePoints d'entrée Internet : répartiteurs, pare-feu, passerelles applicativesFiltrage, limitation de débit, journalisation complète, correctifs rapidesY laisser une interface d'administration joignable depuis Internet
z1 · DMZ et services d'expositionReverse proxies, serveurs de rebond, collecteurs de fichiersZone sacrifiable par conception : aucune donnée de production, aucun accès direct au cœurUtiliser la DMZ comme zone de transit vers la production
z2 · Applications et APIServices métier, API, ordonnanceurs, files de messagesPolitique applicative nommée : qui appelle quoi, avec quelle authentificationOuvrir les flux « pour que ça marche » sans propriétaire nommé
z3 · Données et journauxBases, entrepôts, stockage objet, journaux, sauvegardesAucun accès direct depuis les postes ; chiffrement ; immuabilité des journaux et sauvegardesLaisser un compte applicatif écrire dans les journaux qu'il produit
z4 · Administration et supervisionBastions, consoles cloud, outils de supervision, coffre de secretsMFA matérielle, poste dédié, élévation à la demande, session enregistréeConfondre zone d'administration et zone applicative — c'est le rang 0, il administre tout le reste

La z4 est la plus critique : qui la compromet n'a plus besoin d'exploiter une faille applicative.

VPN, ZTNA, SASE : ne plus confondre

Trois réponses à trois questions différentes — les mélanger, c'est promettre ce qu'on ne livre pas.

SolutionCe qu'elle donne accèsOù se prend la décisionCe qu'elle ne règle pas
VPNUn réseau : une fois connecté, on atteint tout ce que le routage autorise.Au point d'entrée, une fois pour toutes : l'identité est vérifiée à la connexion.Le mouvement latéral dans le réseau, la visibilité applicative, l'accès des prestataires non maîtrisés.
ZTNAUne application précise, jamais un réseau.À chaque requête : identité + contexte + posture, la décision est rejouée.Le trafic SaaS direct qui ne passe pas par le tunnel, ni la donnée déjà copiée par un utilisateur légitime.
SASE / SSEUn plan de contrôle cloud unifié : web, SaaS, applications privées, avec politique unique.Dans le nuage de sécurité, au plus près de l'utilisateur, quel que soit son lieu.L'authentification elle-même, et la qualité des politiques : un mauvais réglage reste une mauvaise règle, simplement appliquée partout.

SSE = les fonctions de sécurité du SASE (ZTNA, passerelle web, CASB, filtrage DNS, pare-feu en service). SASE y ajoute la partie réseau (SD-WAN).

Ce qui doit figurer dans une matrice de flux

Une matrice de flux est un document d'ingénierie : six colonnes suffisent à la rendre opposable.

ChampPourquoi il est obligatoireExemple
Besoin métierUn flux sans besoin métier écrit est un flux à supprimer : c'est ainsi qu'on ferme une surface.« Le service de paie consulte l'annuaire pour valider les comptes »
PropriétaireUne personne, jamais une équipe — sinon personne ne tranche en cas de doute.Responsable de la plateforme paie (nom, pas service)
Service et portNommer le protocole empêche l'ouverture générique « pour que ça marche ».HTTPS 443 sortant vers le connecteur d'annuaire
Sens et déclencheurUn sens unique réduit la surface : le retour est souvent inutile.Entrant uniquement ; aucun appel retour côté annuaire
AuthentificationSans authentification, le flux est ouvert à qui atteint l'adresse.mTLS + rôle applicatif dédié
Test de non-accèsC'est la preuve que la segmentation existe vraiment, et pas seulement sur le schéma.Depuis z2, la base en z3 refuse la connexion — journal à l'appui

Avant toute micro-segmentation : 30 jours d'observation des flux réels. Sans inventaire, on conçoit des exceptions, pas des règles.

Le périmètre distribué — SASE, ZTNA et destinations à regarder : ce qui est réellement protégé, et les deux destinations hors périmètre Plein écran
Segmentation interne — z0 → z4 et contrôles par zone à regarder : la zone 4 (administration), la plus critique Plein écran

À retenir

  • Un flux se décrit par son besoin, son propriétaire, son service et son test de non-accès — pas par une plage IP.
  • La zone d'administration est le rang 0 : elle administre tout le reste, donc elle ne partage rien avec le reste.
  • Le refus journalisé est une preuve de segmentation : sans journal, la segmentation reste une intention.
  • En cloud, la même logique s'applique : VPC, sous-réseaux, groupes de sécurité, points de terminaison et politiques de ressources.

Pièges classiques

  • Segmenter avant d'avoir inventorié les flux : six mois plus tard, les exceptions ont reconstruit un réseau plat.
  • Oublier les flux de gestion (supervision, sauvegarde, correctifs, horodatage) — première cause d'ouvertures sauvages.
  • Confondre zone de confiance et VLAN : un VLAN est une découpe technique, une zone est un niveau de confiance avec ses règles.
  • Croire qu'un tunnel chiffré protège du mouvement latéral une fois dedans.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un nouveau fournisseur demande un accès « au réseau interne » pour sa supervision. Que lui répondre ?

    On ne donne pas un réseau : on expose une application ou une API précise, avec authentification, depuis une zone dédiée, avec journalisation, et un test de non-accès. Le besoin métier et le propriétaire doivent être écrits.

  2. Pourquoi la micro-segmentation arrive-t-elle après 30 jours d'observation ?

    Parce que les flux réels diffèrent presque toujours des flux documentés. Sans inventaire, on conçoit des règles à l'aveugle et on multiplie les exceptions ouvertes.

  3. Un utilisateur se plaint : « le VPN marche, mais pas l'application ». Où regarder d'abord ?

    À la décision d'accès applicative (ZTNA / politique), pas au tunnel réseau : le tunnel prouve seulement que l'utilisateur atteint le point d'entrée.

3.3Sécurité réseau

Administrer et accéder : bastion, VPN, 802.1X

Les accès les plus puissants doivent être les plus contrôlés : un poste d'administration dédié, un bastion qui trace tout, des tunnels chiffrés, et un réseau qui vérifie qui se branche.

  • Intermédiaire
  • 20 min
  • bastion
  • administration
  • IPsec
  • ZTNA
  • 802.1X

L'essentiel en 30 secondes

  1. L'administration se fait depuis un poste dédié (sans messagerie ni navigation), dans une zone d'administration, et passe par un bastion : authentification forte, comptes nominatifs, secrets injectés par un coffre, sessions enregistrées.
  2. Le VPN IPsec relie deux sites par un tunnel chiffré et authentifié (IKEv2 négocie les clés, ESP chiffre). Pour de l'information Diffusion Restreinte, l'II 901 impose des produits agréés pour chiffrer ce qui sort du SI.
  3. Pour un nomade, le VPN classique ouvre l'accès à tout un réseau ; le ZTNA n'ouvre qu'une application, décidée à chaque requête selon l'identité, l'état du poste et le contexte.
  4. 802.1X fait vérifier par un serveur RADIUS l'identité de chaque équipement qui se branche avant d'ouvrir le port, et l'envoie dans le bon VLAN ; les appareils inconnus restent en quarantaine.
1
poste dédié par administrateur
rien d'autre dessus
100 %
sessions d'administration enregistrées
derrière le bastion
IKEv2 + ESP
le couple IPsec
négocier, puis chiffrer
3
acteurs de 802.1X
poste · commutateur · RADIUS

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir décrire le trajet d'une session d'administration (poste dédié, bastion, cible), la différence entre tunnel de site à site et accès nomade, et les trois acteurs de 802.1X (supplicant, authentificateur, serveur RADIUS).

Lecture RSSI · décider

L'administration est la question posée à chaque commission d'homologation : par où passent les administrateurs, avec quel poste, et comment le prouver. Le bastion, ses journaux et la revue des comptes à privilèges répondent aux trois.

ZONE D’ADMINISTRATIONZONES DE PRODUCTION1 · MFAPoste d’admindédiédurci, sans Internetni messageriePostebureautiqueServeursSSH, RDPÉquipements réseauHyperviseurs, cloudBastion· MFA, comptes nominatifs· coffre : secrets injectés· sessions enregistrées· accès par cible et créneau· traces exportées2 · RELAISSIEMTRACES D’ACCÈSStockage des sessionsENREGISTREMENTSACCÈS DIRECT DEPUIS LA BUREAUTIQUE : REFUSÉ
Fig. 3.3·aAdministrer par un bastion : poste dédié, traçabilité, accès direct refuséFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
SITE À SITE · IPSEC (IKEV2 + ESP)SITE A · 10.1.0.0/16SITE B · 10.2.0.0/16INTERNETchiffrement · intégrité · authentification IKEv2Passerelle APasserelle BInformation Diffusion Restreinte : chiffreur agréé par l’ANSSI (II 901)NOMADE : VPN CLASSIQUE OU ZTNA ?PortableCLIENT + MFAConcentrateur VPNROUTES ET FLUX AUTORISÉSappli 1appli 2annuaireCourtier ZTNAUne application autoriséeVPN et ZTNA exigent tous deux une politique d’accès : identité, poste, contexte et révocation.
Fig. 3.3·bTunnel IPsec de site à site ; VPN nomade ou ZTNAFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
1 · EAPOL2 · RADIUS3 · ACCEPT4 · OUVERTPosteSUPPLICANTCommutateurAUTHENTIFICATEURServeur RADIUSANNUAIRE, PKIIdentité autoriséeVLAN ATTRIBUÉ PAR POLITIQUEAccès refuséPORT FERMÉ OU QUARANTAINEÉquipement sans 802.1XMAB : EXCEPTION À ISOLERUn certificat valide ne suffit pas : l’identité doit aussi être autorisée.La validation RADIUS précède l’ouverture du port contrôlé par le commutateur.
Fig. 3.3·c802.1X : le port ne s'ouvre qu'après l'avis du serveur RADIUSFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module couvre les accès privilégiés et distants : comment on administre sans s'exposer, comment on relie des sites et des nomades, et comment on empêche un équipement inconnu de se brancher.

Administration sécurisée : les briques

Chaque brique laisse une preuve, et c'est la preuve que l'on montre en audit.

Vérifié le 11/10/2026

BriqueRôlePreuve attendue
Poste d'administration dédiéSéparer l'administration des usages exposés (messagerie, web)Inventaire des postes, configuration durcie
Zone et réseau d'administrationFaire circuler les flux d'administration à partMatrice de flux, VLAN ou VRF dédiés
BastionPoint de passage unique, authentification forte, traçabilitéJournaux et enregistrements de session
Coffre de secretsMots de passe des comptes à privilèges gérés, renouvelés, jamais vusHistorique d'accès au coffre, rotation
Revue des comptesRetirer les droits devenus inutilesCompte rendu daté, signé par le responsable

Référence : recommandations de l'ANSSI relatives à l'administration sécurisée des systèmes d'information (PA-022, version 3.0 de 2021).

Accès distant : VPN, ZTNA, chiffreur agréé

Ce que chaque solution ouvre, et quand la choisir.

SolutionCe qu'elle ouvreQuand l'utiliserPoint d'attention
VPN IPsec de site à siteUn réseau à un autre réseauRelier deux sites de confiance équivalenteFiltrer quand même ce qui traverse le tunnel
VPN nomade (IPsec ou TLS)Le poste aux réseaux autorisésApplications internes, périmètre réseau définiUn poste compromis peut atteindre les routes et flux autorisés : limiter les accès et segmenter
ZTNAUne application préciseAccès aux applications, prestatairesLa décision ne vaut que par ses signaux : identité, état du poste
Chiffreur agréé par l'ANSSIUn lien entre SI sensiblesInformation Diffusion Restreinte ou classifiéeProduit et usage fixés par le texte et par l'homologation

À retenir

  • On administre depuis un poste dédié, par un bastion, avec des comptes nominatifs.
  • Un VPN étend un réseau ; un ZTNA n'ouvre qu'une application.
  • Information Diffusion Restreinte ou classifiée : le chiffrement passe par un produit agréé.
  • Avec 802.1X, aucune prise réseau n'est une porte ouverte.

Pièges classiques

  • Administrer depuis le poste bureautique « juste pour cette fois ».
  • Partager un compte administrateur générique dont personne ne répond.
  • Donner un VPN réseau complet à un prestataire qui n'a besoin que d'une application.
  • Laisser imprimantes et caméras sur un contournement par adresse MAC, sans cloisonnement.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Pourquoi le poste d'administration ne doit-il pas lire ses courriels ?

    Parce que la messagerie et la navigation sont les premières voies d'intrusion. Si le poste qui détient les accès d'administration est compromis par un courriel piégé, l'attaquant hérite de ces accès. Séparer les usages coupe ce chemin.

  2. Qu'apporte un bastion qu'un simple pare-feu n'apporte pas ?

    L'identification de la personne (comptes nominatifs, MFA), la gestion des secrets (l'administrateur ne connaît pas le mot de passe de la cible) et la traçabilité fine (qui a fait quoi, quand, avec l'enregistrement de la session). Le pare-feu, lui, ne voit que des flux.

  3. Un prestataire doit maintenir une application. VPN ou ZTNA ?

    ZTNA, ou un accès par bastion : il n'a besoin que de cette application, pas du réseau. Un VPN complet lui donnerait une visibilité et une surface d'attaque bien plus larges que son besoin.

04
Chapitre · 2 modules

Identité et accès

L'identité est devenue le périmètre : IAM, MFA, comptes à privilèges, puis Zero Trust et accès distant.

4.1Identité et accès

Identité, IAM et authentification

Quatre populations, cinq familles de politiques : l'identité est devenue le périmètre, et la preuve se lit dans les journaux.

  • Intermédiaire
  • 22 min
  • IAM
  • MFA
  • PAM
  • AWS

L'essentiel en 30 secondes

  1. Quatre populations, quatre exigences : humains, administrateurs, charges de travail, agents IA. Aucune ne se protège comme les autres.
  2. En cloud, tout se joue sur des politiques : identité, ressource, garde-fou d'organisation, plafond, session. C'est leur intersection qui autorise, et un refus explicite gagne toujours.
  3. Seule la MFA résistante au hameçonnage (FIDO2, passkey) tient face à un site de capture : le code à usage unique se relaie en temps réel.
  4. Un secret qui ne tourne jamais est un secret qui finit par fuir : fédération OIDC et rôles temporaires plutôt que clés d'accès longue durée.
4
populations d'identité
humains, admin, charges, agents
5
familles de politiques AWS à connaître d'abord
identité, ressource, SCP, borne, session (+ RCP)
< 15 min
pour révoquer un accès
objectif mesurable, pas une intention

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir distinguer les quatre populations d'identités, choisir un facteur MFA résistant à l'hameçonnage, et décrire le cycle de vie d'un compte, de l'arrivée au départ.

Lecture RSSI · décider

Les comptes à privilèges et les comptes de service sont le premier rayon d'impact d'une intrusion. Exiger une revue périodique, des comptes nominatifs et un MFA résistant à l'hameçonnage pour tout accès d'administration.

L'identité est le nouveau périmètre : l'attaquant n'a plus besoin d'entrer dans un réseau, il a besoin d'un compte. Ce module couvre les quatre populations, la mécanique réelle des politiques cloud et le cycle de vie d'un accès.

Quatre populations, quatre exigences

Même exigence de fond (identité, portée, journal) mais des moyens très différents.

PopulationCe qui la protègeCe qui la cassePreuve attendue
CollaborateursSSO, MFA résistante au hameçonnage, accès conditionnel par contexteMot de passe réutilisé, session ouverte, appareil non conformeTaux d'adoption MFA matérielle, liste des exceptions et leur échéance
AdministrateursComptes nominatifs, coffre de secrets, élévation à la demande (JIT), session enregistréeCompte partagé, droits permanents, poste non dédiéJournal d'élévation, durée moyenne de privilège, revue des comptes à privilèges
Charges de travailIdentité fédérée (rôle, mTLS, SPIFFE), portée minimale, expiration courteClé d'accès dans une variable d'environnement, secret dans le codeInventaire des identités non humaines, âge des secrets, rotation constatée
Agents IAIdentité propre, outils en liste blanche, plafonds quantitatifs, validation humaineAccès direct aux données et aux outils, absence de journal exploitableJournal des actions d'agent, tests adverses, procédure d'arrêt d'urgence testée

Une identité non humaine n'a pas de MFA : sa protection, c'est sa portée et sa durée de vie.

MFA : ce qui protège vraiment

Toutes les multifacteurs ne se valent pas face à la même attaque.

MéthodeRésiste au hameçonnageCe qu'elle arrêteCe qu'elle n'arrête pas
SMS ou appel❌ NonL'attaque par mot de passe seul, partiellementLa lecture du code relayée en direct, la fraude à la carte SIM
Code à usage unique (TOTP)❌ NonLe rejeu ultérieur du mot de passeLa capture en temps réel par un proxy inverse : l'attaquant saisit le code avec la victime
Notification push chiffrée (avec numéro)⚠️ PartiellementLa plupart des hameçonnages automatiquesLa fatigue de notification (spam de validation) : elle se traite par politique, pas par l'utilisateur
FIDO2 / passkey (facteur matériel)✅ OuiLe hameçonnage, la reprise de session, la fatigue de notificationRien de tout cela — le reste du travail porte sur les sessions et les jetons : durée courte, liaison à l'appareil, révocation

Un facteur lié à l'origine du site ne peut pas être rejoué sur un site cloné : c'est la seule barrière qui tienne face au proxy inverse.

Les cinq familles de politiques AWS à connaître d'abord

La question n'est pas « qui a le droit ? » mais « quelle intersection autorise ? ».

Vérifié le 26/09/2026

FamilleCe qu'elle faitCe qu'elle ne fait pasOù elle vit
Politique d'identitéAutorise des actions sur des ressources pour un principal (utilisateur, rôle, groupe).N'annule jamais un refus explicite posé ailleurs.Attachée au principal (ou à son groupe)
Politique de ressourceDécrit qui peut accéder à l'objet : seau, clé, file, fonction.Ne suffit pas seule pour un appel entre deux comptes : les deux côtés doivent autoriser.Sur la ressource elle-même
Garde-fou d'organisation (SCP)Plafonne ce que le compte peut faire, y compris son compte racine.N'accorde jamais de droit : c'est un plafond, pas une permission.À la racine de l'organisation ou sur une unité
Limite de permissionsFixe un plafond attaché à un principal précis (délégation encadrée).N'accorde aucun droit par elle-même : elle réduit.Attachée à l'utilisateur ou au rôle
Politique de sessionRéduit encore la portée le temps d'une session fédérée ou d'un rôle assumé.Ne survit pas à la session : tout redevient normal au prochain appel d'identifiants.Fournie au moment de l'obtention des identifiants

Règle simple à retenir : un refus explicite l'emporte ; sinon il faut un « autoriser » explicite ; sans autorisation, c'est un refus implicite — et tout cela finit dans le journal. La documentation AWS recense neuf types au total : s'y ajoutent les RCP (plafond d'organisation côté ressources, depuis 2024), les politiques de point de terminaison VPC, les ACL et les partages RAM.

Cycle de vie d'une identité en cinq temps

C'est là que se perdent les droits : pas à l'ouverture, au changement et au départ.

ÉtapeCe qu'on vérifieCe qui est souvent oublié
Arrivée (joiner)Qui approuve, quels rôles par défaut, quel appareil, quelle MFA ?Les rôles « par défaut » trop larges que personne ne revoit jamais
Mutation (mover)Les anciens droits sont-ils retirés quand la fonction change ?L'accumulation : on ajoute des droits, on n'en retire pas
Départ (leaver)Révocation en heures — sessions, jetons et secrets d'application inclus.Les jetons déjà émis, les secrets d'application, les comptes de service créés à la main
Revue périodiqueQui a accès à quoi, avec quelle justification écrite ?La revue validée en bloc sans regarder : elle produit une signature, pas une preuve
Révocation d'urgenceProcédure testée, périmètre connu, délai mesuré et publié.Le test : on découvre que la révocation prend trois jours — ou qu'elle ne marche pas sur les jetons

Un objectif de révocation (« moins de 15 minutes ») se mesure lors d'un exercice, pas dans une politique.

Identité et accès — quatre populations, six décisions à regarder : ce qui distingue une charge de travail d'un humain Plein écran
AWS IAM — comment une requête est réellement évaluée à regarder : le refus explicite d'abord, puis l'intersection des plafonds Plein écran
Fédération OIDC — déployer sans secret statique à regarder : l'anti-pattern de la clé statique, en bas du schéma Plein écran

À retenir

  • Le périmètre d'un accès, c'est sa portée et sa durée : un droit permanent est un droit trop large.
  • Une MFA résistante au hameçonnage est un facteur lié à l'origine, pas un code recopié.
  • La fédération d'identité remplace la clé statique : plus rien à stocker, tout devient attribuable à une session.
  • Les identités non humaines se gèrent comme un parc : inventaire, portée, expiration, revue.

Pièges classiques

  • Croire que la MFA protège une session déjà ouverte ou une identité de service : elle ne fait ni l'un ni l'autre.
  • Créer un compte administrateur d'urgence jamais testé — ou testé sans procédure écrite.
  • Accepter un wildcard dans une politique parce qu'« on verra plus tard » : il survivra à son auteur.
  • Confondre authentification (prouver qui on est) et autorisation (ce qu'on peut faire) : la seconde se décide à chaque appel.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un développeur demande une clé d'accès AWS pour son pipeline. Que lui proposer ?

    Une fédération OIDC vers un rôle temporaire, une politique de confiance restreinte (émetteur, audience, branche) et des permissions bornées. La clé statique est refusée par défaut : elle ne s'attribue ni ne tourne toute seule.

  2. Pourquoi un refus explicite est-il plus sûr qu'une absence d'autorisation ?

    Les deux refusent, mais le refus explicite est intentionnel et documenté : il protège même si une politique large est ajoutée plus tard par erreur. L'absence d'autorisation dépend de la configuration du moment.

  3. Que vérifier lors du départ d'un salarié administrateur ?

    Le compte et ses rôles, mais aussi : sessions actives, jetons, secrets d'application qu'il détenait, comptes de service créés à la main, accès physiques et de télémaintenance.

4.2Identité et accès

Zero Trust et accès distant

La confiance ne vient plus d'un lieu : chaque accès est décidé, journalisé, révocable — et la décision est rejouée en cours de session.

  • Intermédiaire
  • 16 min
  • Zero Trust
  • PEP
  • PDP
  • SASE

L'essentiel en 30 secondes

  1. PDP / PEP : le point d'application (PEP) exécute, le moteur de politique (PDP) décide. Le PEP ne décide jamais, sinon il n'y a plus de politique centrale.
  2. La question n'est plus « d'où vient la requête ? » mais « qui la fait, sur quoi, dans quel état, pour quel besoin ? » — à chaque requête.
  3. Une session ouverte n'est pas un état acquis : la décision se rejoue, et la révocation doit être possible sans attendre l'expiration du jeton.
  4. Le modèle a un coût assumé : le plan de contrôle devient une cible de rang 0 — jamais joignable depuis le plan de données.
7
temps de la boucle de décision
de l'intention à la surveillance
5
sources d'information (PIP)
identité, posture, menace, comportement, crypto
100 %
des accès sur décision explicite
l'objectif, mesuré et journalisé

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir placer le point de décision (PDP) et le point d'application (PEP), citer les signaux qui nourrissent une décision d'accès, et expliquer pourquoi la décision se rejoue pendant la session.

Lecture RSSI · décider

Zero Trust n'est pas un produit : c'est une trajectoire qui commence par l'inventaire des identités, des équipements et des flux. Demander une feuille de route par étapes plutôt qu'un achat unique.

Zero Trust n'est pas un produit à acheter : c'est un modèle de décision. Ce module explique la boucle réelle d'une requête d'accès, ce qu'elle garantit, ce qu'elle ne garantit pas, et pourquoi le plan de contrôle devient la cible numéro un.

Ce que Zero Trust change — et ce qu'il ne change pas

Beaucoup de malentendus coûteux se règlent avec ce tableau.

SujetCe que Zero Trust changeCe qu'il ne change pas
Le périmètreIl devient granulaire : une application, une action, une donnée.Il ne disparaît pas : il se déplace de la position réseau vers l'identité et le contexte.
L'authentificationElle se poursuit pendant la session (re-vérification, étape supplémentaire sur action sensible).Elle ne remplace pas l'autorisation : être authentifié ne dit rien de ce qu'on a le droit de faire.
La segmentationElle s'appuie sur une politique nommée par service, pas sur un plan d'adressage.Elle ne rend pas la segmentation réseau inutile : elle la complète, elle ne l'annule pas.
Le posteSa posture devient une condition d'accès : correctifs, chiffrement, agent de protection actif.Il ne dispense pas de l'inventaire : un poste inconnu est une condition qu'on ne peut pas évaluer.
L'exploitationLe refus devient normal et journalisé : c'est un signal de détection.Il n'exonère pas du support aux utilisateurs : un modèle qui bloque l'activité sera contourné.

Les cinq sources d'information de politique

Sans ces sources, la décision se réduit à une authentification déguisée.

SourceCe qu'elle apporte à la décisionCe qui se passe si elle manque
Identité et cycle de vieQui agit, avec quel rôle, dans quel état (actif, sortant, suspendu).Un compte oublié reste autorisé : c'est le chemin le plus court pour un attaquant.
Posture et inventaireL'état de l'appareil et de la charge : correctifs, chiffrement, agent actif.Un poste compromis accède comme un poste sain : la décision perd sa valeur.
Menace et réputationIndicateurs, campagnes en cours, adresses et domaines signalés.Aucun ajustement contextuel : pas de durcissement pendant une campagne active.
Comportement et journauxHistorique d'accès, dérive, horaires et volumes inhabituels.Les accès anormaux ne se distinguent pas des accès normaux.
PKI et attestationCertificats, facteur matériel, preuve d'intégrité de la machine.Impossible de distinguer un utilisateur de la copie de son poste.

Une politique se versionne et se relit comme du code : qui l'a changée, quand, pourquoi, et quel test l'a validée.

Ce qui casse un déploiement Zero Trust

Le modèle échoue rarement pour des raisons techniques.

ErreurSymptôme observableParade
Laisser des accès directs « pour ne pas bloquer »Des ressources joignables hors du point d'applicationInventorier les chemins de contournement, fermer avec une date ou écrire la dette et la faire valider
Décider sans source de postureLa politique retombe sur le seul mot de passeBrancher d'abord posture, inventaire et PKI : ce sont des sources, pas des accessoires
Bloquer sans expliquerContournements, partage de comptes, « VPN parallèle »Refus motivé, canal de support, mode dégradé borné et journalisé
Oublier la supervision du plan de contrôleUne compromission du moteur de décision ouvre tous les accèsPlan de contrôle isolé, administration dédiée, journalisation immuable, alertes sur les modifications de politique
Croire que c'est un projet avec une finLa politique se périme silencieusementRevue périodique, propriétaire nommé, tests de refus rejoués à chaque évolution
Zero Trust — plan de contrôle et boucle de décision à regarder : PEP, Policy Engine, Policy Administrator et les sources qui informent la décision Plein écran
La boucle de décision en sept temps à regarder : ce qui se passe à chaque requête, et où la décision se rejoue Plein écran

À retenir

  • Le point d'application ne décide pas : la décision vient d'ailleurs, elle est datée et révocable.
  • « Même réseau » n'est plus une justification d'accès : c'est une dette de sécurité à écrire.
  • Le refus journalisé est une valeur ajoutée : il alimente la détection et prouve que la politique vit.
  • Le plan de contrôle est la cible la plus rentable pour un attaquant : on le traite comme un rang 0.

Pièges classiques

  • Commencer par l'outil (le point d'application) au lieu de la politique et des sources d'information.
  • Confondre Zero Trust et « plus de VPN » : c'est un changement de logique de décision, pas de matériel.
  • Croire qu'un accès refusé est une panne : sans refus, la politique n'est jamais testée en conditions réelles.
  • Laisser une politique non versionnée : personne ne sait pourquoi une règle existe, ni si elle est encore justifiée.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Dans le SI, quelle ressource reste joignable sans passer par le point d'application de la décision ?

    Toute ressource joignable hors du point d'application est un chemin de contournement : il faut l'inventorier, puis décider de le fermer ou d'assumer la dette par écrit, avec un propriétaire et une échéance.

  2. Pourquoi le refus doit-il être journalisé avec son motif ?

    Parce qu'il devient un signal de détection (tentatives anormales) et une preuve que la politique est appliquée. Un refus silencieux ne produit ni sécurité observable, ni matière à investigation.

  3. Quelle est la différence entre le Policy Engine et le Policy Administrator ?

    Le Policy Engine évalue la politique et rend une décision ; le Policy Administrator la traduit en instruction concrète vers le point d'application (ouvrir, restreindre, révoquer). Aucun des deux ne voit le flux de données.

05
Chapitre · 5 modules

Cloud et DevSecOps

Ce qu'est le cloud, qui est responsable de quoi, et comment le sécuriser chez n'importe quel fournisseur : zone d'accueil, identité, chiffrement, conteneurs, chaîne logicielle.

5.1Cloud et DevSecOps

Le cloud : modèles de service et de déploiement

Le cloud n'est pas « l'ordinateur de quelqu'un d'autre » : c'est un service à la demande, élastique et mesuré, dont on choisit le modèle (IaaS, PaaS, SaaS) et le déploiement (public, privé, hybride) selon le besoin et la sensibilité des données.

  • Débutant
  • 16 min
  • IaaS
  • PaaS
  • SaaS
  • hybride
  • SecNumCloud

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le cloud, selon la définition du NIST : libre-service à la demande, accès par le réseau, ressources mutualisées, élasticité rapide et service mesuré (on paie ce qu'on consomme).
  2. Trois modèles de service : IaaS (on loue des machines, on gère le système), PaaS (on dépose son code, le fournisseur gère la plateforme), SaaS (on utilise un logiciel prêt). Plus on monte, moins on gère, mais les données, les identités et les accès restent toujours au client.
  3. Cinq déploiements : sur site (votre salle), cloud privé (dédié), cloud public (mutualisé), hybride (sur site et cloud reliés), multi-cloud (plusieurs fournisseurs). Chacun arbitre entre maîtrise et élasticité.
  4. La souveraineté est une question de droit autant que de technique : un fournisseur soumis à une loi extra-européenne peut être contraint de livrer des données. La qualification SecNumCloud de l'ANSSI exige notamment l'immunité à ces lois.
5
caractéristiques du cloud
définition du NIST
3
modèles de service
IaaS · PaaS · SaaS
5
modes de déploiement
du sur site au multi-cloud
3.2
version de SecNumCloud
référentiel de l'ANSSI, 2022

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir expliquer les cinq caractéristiques du cloud, classer une offre en IaaS, PaaS ou SaaS, et dire pour chacune ce qui reste à la charge du client : données, identités, accès, et selon le modèle, système et application.

Lecture RSSI · décider

Le choix du modèle et du fournisseur est d'abord un choix de risque : sensibilité des données, droit applicable, réversibilité. Exiger que la localisation, le droit applicable et la sortie soient contractualisés avant la migration, pas après.

SUR SITEIAASPAASSAASDonnées, identités, droitsvousvousvousvousApplication, paramétragevousvousvouspartagéExécution, intergicielvousvousfournisseurfournisseurSystème d’exploitationvousvousfournisseurfournisseurVirtualisationvousfournisseurfournisseurfournisseurServeurs, stockagevousfournisseurfournisseurfournisseurRéseau physiquevousfournisseurfournisseurfournisseurDatacenter, énergievousfournisseurfournisseurfournisseurclientfournisseurpartagéVue simplifiée de l’administration : vérifier les engagements propres au service et au contrat.Le client conserve des responsabilités sur ses données, ses identités et ses droits, même en SaaS.
Fig. 5.1·aQui administre les couches : sur site, IaaS, PaaS, SaaS — vérifier le service et le contratFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
Sur sitevos locaux,votre matérielCapacité à prévoiret à exploiterCloud privédédié à un organisme,chez lui ou hébergéDédié ne signifiepas souverainCloud publicservices mutualisés,offres à l’usageConfiguration etidentités à maîtriserHybridesur site et cloudreliés dans le SILiaisons, flux etidentités à coordonnerMulti-cloudplusieurs fournisseurscloud dans le SIPortabilité etexploitation à prévoirOFFRE ET PÉRIMÈTRE · QUALIFICATION SECNUMCLOUD (ANSSI)La qualification porte sur une offre et un périmètre précis : vérifier le certificat et les engagements.La localisation seule ne suffit pas à établir les garanties juridiques et techniques.
Fig. 5.1·bCinq configurations de déploiement et les choix à maîtriserFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module pose le vocabulaire du cloud et ses grands choix, avant d'aborder sa sécurité : qui gère quoi selon le modèle, où vivent les données, et ce que change la souveraineté.

IaaS, PaaS, SaaS : exemples et responsabilités

Ce que le client garde à sa charge, et où se produisent les incidents.

ModèleExemple de serviceCe que gère le clientRisque fréquent
IaaSMachines virtuelles, réseaux virtuels, stockageSystème, correctifs, réseau virtuel, applications, donnéesMachine exposée, non corrigée, ouverte au monde
PaaSBase de données gérée, fonctions, conteneurs gérésCode, configuration, identités, donnéesParamétrage public par défaut, secrets dans le code
SaaSMessagerie, gestion de la relation client, suite bureautiqueComptes, droits, paramétrage, donnéesPartages ouverts à tous, comptes non désactivés au départ
Sur siteVotre salle, votre matérielTout, du bâtiment aux donnéesMoyens et compétences pour tout maintenir à niveau

Souveraineté et confiance : les repères

Ce qui oriente le choix d'un hébergement quand les données sont sensibles.

Vérifié le 11/10/2026

RepèreCe que c'estPourquoi ça compte
SecNumCloud (ANSSI)Qualification d'offres cloud ; version 3.2 (2022) : exigences techniques, organisationnelles et juridiquesInclut l'immunité aux lois extra-européennes : la référence pour les données sensibles
Lois extraterritorialesTextes étrangers permettant d'exiger des données d'un fournisseur soumis à leur droitHéberger en Europe ne suffit pas si le fournisseur reste soumis à ces lois
Doctrine « cloud au centre »Politique de l'État pour ses propres systèmes (2021, mise à jour en 2023)Le cloud par défaut, et une offre qualifiée pour les données sensibles
Loi SREN, article 31Loi du 21 mai 2024 ; décret d'application du 14 avril 2026Les administrations concernées hébergent leurs données particulièrement sensibles sur des offres qualifiées SecNumCloud
RéversibilitéCapacité à récupérer ses données et à changer de fournisseurSans elle, le risque fournisseur devient un risque d'activité

Faits relus sur les sources officielles ; le décret de 2026 prévoit aussi des dérogations temporaires quand aucune offre adaptée n'existe.

À retenir

  • Cloud = à la demande, élastique, mesuré, mutualisé, accessible par le réseau.
  • Plus le modèle monte (IaaS, puis PaaS, puis SaaS), moins on gère ; les données et les accès restent toujours à soi.
  • Le mode de déploiement arbitre entre maîtrise et élasticité.
  • Souveraineté = droit applicable au fournisseur, pas seulement emplacement des serveurs.

Pièges classiques

  • Croire que le SaaS ne demande aucune sécurité : le paramétrage et les comptes sont chez vous.
  • Migrer sans clause de réversibilité ni plan de sortie.
  • Confondre « hébergé en France » et « protégé des lois extra-européennes ».
  • Choisir le fournisseur avant d'avoir classé les données.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Une équipe déploie une base de données gérée (PaaS). Qui corrige le moteur de base de données ? Qui gère les droits d'accès ?

    Le fournisseur corrige et maintient le moteur ; le client gère les identités, les droits, la configuration (exposition réseau, chiffrement) et les données. En PaaS, la plupart des incidents viennent d'un paramétrage client, pas de la plateforme.

  2. Quelle différence entre cloud hybride et multi-cloud ?

    L'hybride relie un SI sur site et un cloud pour former un seul système ; le multi-cloud utilise plusieurs fournisseurs de cloud, souvent publics. Les deux peuvent coexister ; chacun multiplie les identités et les flux à maîtriser.

  3. Pourquoi SecNumCloud parle-t-il de droit et pas seulement de technique ?

    Parce qu'un fournisseur soumis à une loi extra-européenne peut être obligé de transmettre des données, quel que soit leur emplacement. La version 3.2 ajoute des exigences d'immunité à ces lois aux exigences techniques et organisationnelles.

5.2Cloud et DevSecOps

Sécurité cloud : les fondamentaux, chez tous les fournisseurs

Dans le cloud, le périmètre est l'identité et la configuration : une zone d'accueil bien construite, des identités fédérées, des clés maîtrisées et des journaux immuables, quel que soit le fournisseur.

  • Intermédiaire
  • 20 min
  • responsabilité partagée
  • zone d'accueil
  • IAM
  • KMS
  • CSPM

L'essentiel en 30 secondes

  1. Responsabilité partagée : le fournisseur sécurise le cloud (bâtiments, matériel, virtualisation) ; le client sécurise ce qu'il met dans le cloud (identités, configuration, réseau virtuel, données). La frontière bouge selon IaaS, PaaS ou SaaS.
  2. La zone d'accueil (landing zone) se construit avant la première application : une organisation, des comptes séparés par usage (sécurité, réseau, production, hors production), des garde-fous hérités, une journalisation centralisée et immuable.
  3. L'identité est le périmètre : fédération depuis l'annuaire (SSO), MFA, rôles temporaires pour les automates et accès d'urgence encadrés et tracés. Une clé d'accès longue durée oubliée dans un dépôt de code expose le compte et les ressources qu'elle autorise.
  4. Données et visibilité : chiffrement avec des clés dont on maîtrise la gestion (KMS, voire clés détenues par le client), journaux d'activité envoyés hors de portée des projets, posture surveillée en continu (CSPM, CNAPP).
2
responsables
le fournisseur du cloud, le client dans le cloud
5
familles de comptes
sécurité · réseau · prod · hors prod · essais
0
clé d'accès longue durée
des rôles temporaires à la place
1
journal central, immuable
hors de portée des comptes projets

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir dessiner une zone d'accueil (organisation, comptes, garde-fous, journalisation), expliquer la responsabilité partagée pour un service IaaS et un service SaaS, et reconnaître les mauvaises configurations les plus courantes.

Lecture RSSI · décider

Exiger trois choses avant toute mise en production dans le cloud : une zone d'accueil avec garde-fous, une identité fédérée avec MFA, des journaux centralisés hors de portée des équipes projets. Le reste se surveille en continu, avec un propriétaire par écart.

Organisation · racineEXEMPLES DE GARDE-FOUS : JOURNAUX PROTÉGÉS · RÉGIONS PERMISES · EXPOSITION CONTRÔLÉESÉCURITÉAudit, outilsJournauxrétention protégéeINFRASTRUCTURERéseau hubDNS, lien sur sitePartagesannuaire, clésPRODUCTIONApplication AApplication BHORS PRODUCTIONDéveloppementRecetteBAC À SABLEEssaissans donnée réelleCOLLECTE CENTRALISÉE → RÉTENTION VERROUILLÉE À CONFIGURER ET À TESTERIdentité fédéréeSSO depuis l’annuaire, MFAaccès d’urgence encadrés et tracésAWS · ORGANIZATIONS, SCPAZURE · MANAGEMENT GROUPS, POLICYGCP · FOLDERS, ORGANIZATION POLICYAdapter les garde-fous aux usages ; toute exception doit être autorisée, limitée et suivie.
Fig. 5.2·aZone d'accueil : organisation, garde-fous, comptes par usage, journaux centralisésFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module donne les fondamentaux valables chez tous les fournisseurs, avec leurs équivalents chez les trois principaux. Le module suivant détaille un exemple concret sur AWS.

Les mêmes briques chez trois fournisseurs

Les noms changent, les questions restent : qui administre, avec quels droits, où partent les journaux, qui détient les clés.

Vérifié le 11/10/2026

BriqueAWSMicrosoft AzureGoogle Cloud
Organisation et garde-fousOrganizations, SCPManagement Groups, Azure PolicyFolders, Organization Policy
Identité et rôlesIAM Identity Center, rôles IAMEntra ID, RBACCloud Identity, IAM
Réseau virtuelVPC, groupes de sécuritéVNet, groupes de sécurité réseauVPC, règles de pare-feu
Clés de chiffrementKMS, CloudHSMKey Vault, Managed HSMCloud KMS, Cloud HSM
Journal d'activitéCloudTrailActivity Log, Azure MonitorCloud Audit Logs
Posture de sécuritéSecurity Hub, ConfigDefender for CloudSecurity Command Center

Les mauvaises configurations qui reviennent partout

Chacune a son garde-fou, posé au niveau de l'organisation plutôt que projet par projet.

ConfigurationConséquenceGarde-fou
Stockage objet publicFuite de données, parfois indexéePolitique d'organisation : blocage de l'accès public
Clé d'accès longue durée dans le codePrise de contrôle du compteRôles temporaires, détection de secrets dans les dépôts
Port d'administration ouvert à InternetForce brute, exploitationAccès par bastion ou session gérée ; aucune règle ouverte à tout Internet
Journaux désactivables par l'équipe projetAttaque sans traceJournal d'organisation, stockage immuable dans un compte séparé
Droits « administrateur » pour aller viteRayon d'impact maximalRôles au moindre privilège, revue trimestrielle
Responsabilité partagée et socle de garde-fous à regarder : la colonne client, et les garde-fous qui rendent la frontière vérifiable Plein écran

À retenir

  • Le fournisseur sécurise le cloud ; le client sécurise ce qu'il y met.
  • Zone d'accueil d'abord : comptes séparés, garde-fous hérités, journaux centralisés.
  • Identité fédérée, MFA, rôles temporaires : aucune clé longue durée.
  • D'un fournisseur à l'autre, les noms changent, les questions restent.

Pièges classiques

  • Ouvrir un compte cloud par projet sans organisation ni garde-fous communs.
  • Laisser l'équipe projet maîtresse de ses propres journaux.
  • Traiter la posture comme un audit annuel plutôt que comme une surveillance continue.
  • Croire que le chiffrement par défaut du fournisseur règle la question de la maîtrise des clés.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un stockage d'un compte de production est rendu public par erreur. Quel garde-fou aurait dû l'empêcher ?

    Une politique au niveau de l'organisation qui interdit l'accès public au stockage, héritée par tous les comptes et non modifiable par l'équipe projet. La surveillance de posture (CSPM) doit en plus alerter si un écart apparaît.

  2. Pourquoi séparer le compte de journalisation des comptes applicatifs ?

    Pour qu'un attaquant, ou une erreur, dans un compte applicatif ne puisse ni effacer ni modifier les traces. Les journaux partent vers un compte dédié, en stockage immuable, avec des droits de lecture limités.

  3. Qu'est-ce que la responsabilité partagée laisse au client pour une messagerie en SaaS ?

    Le fournisseur gère l'infrastructure et le logiciel ; le client reste responsable des comptes (MFA, départs), des droits, du paramétrage (partages, transferts automatiques) et des données. La plupart des incidents SaaS viennent de cette part client.

5.3Cloud et DevSecOps

Étude de cas : le socle de sécurité sur AWS

La responsabilité partagée n'est pas un slogan : elle se lit dans dix briques de socle, et se prouve dans les journaux.

  • Intermédiaire
  • 24 min
  • AWS
  • CSPM
  • VPC
  • KMS

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le fournisseur sécurise le cloud (matériel, hyperviseur, disponibilité) ; le client sécurise ce qu'il y met : identités, données, configuration, code et correctifs.
  2. Le socle minimal tient en dix briques : organisation et garde-fous, comptes cloisonnés, IAM, réseau, clés, journaux, détection, stockage verrouillé, inventaire, sauvegarde.
  3. Quatre capacités d'observation à ne pas confondre : CSPM (configuration), CIEM (droits effectifs), CWPP (charges de travail), DSPM (données) — réunies dans un CNAPP.
  4. Trois causes expliquent l'essentiel des incidents cloud : un stockage exposé, un rôle trop large, une clé statique qui ne tourne pas.
10
briques du socle
de Organizations à la sauvegarde
4
capacités d'observation
CSPM · CIEM · CWPP · DSPM
1
compte racine à ne jamais utiliser
MFA matérielle, aucune clé d'accès

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir dérouler un socle AWS minimal en dix briques et dire à quoi sert chacune : c'est l'application concrète, chez un fournisseur, des fondamentaux du module précédent.

Lecture RSSI · décider

Utiliser ce socle comme liste de contrôle de démarrage : chaque brique a une preuve attendue, à demander avant la première mise en production.

Le cloud déplace le travail : on ne durcit plus des serveurs, on écrit des politiques et des garde-fous. Ce module donne le socle AWS minimal, la lecture des droits effectifs et les réglages qui évitent 90 % des incidents.

Le socle AWS minimal en dix briques

À connaître par cœur : chaque brique a un rôle et une erreur classique associée.

BriqueRôleErreur classique
Organizations et garde-fous (SCP)Plafonner ce que chaque compte membre peut faire, y compris sa racine (le compte de gestion n'est pas concerné : on n'y fait tourner aucune charge).Créer des comptes hors organisation, sans héritage de garde-fous
Comptes cloisonnésSéparer production, hors production, journal et sécurité : le rayon d'impact devient un compte.Tout mettre dans un seul compte « pour simplifier »
IAMRôles fédérés, conditions, permissions minimales, bornes.Wildcard sur l'action et la ressource, clés longue durée
Réseau (VPC)Sous-réseaux, listes de sécurité, points de terminaison, sortie maîtrisée.Ouvrir 0.0.0.0/0 sur un port d'administration
Clés et chiffrement (KMS)Chiffrement au repos, clés séparées par usage, rotation.Une seule clé pour tout, jamais tournée, sans politique restrictive
Journalisation (CloudTrail, Config)Trace des actions d'API et état de conformité des ressources.Journal dans le compte de production, modifiable par ses administrateurs
Détection (GuardDuty, Security Hub)Findings prioritaires et vue consolidée.Activer sans triage : la file de findings devient un cimetière
Stockage verrouillé (S3)Blocage public, chiffrement, journalisation, verrouillage d'objet.Politique de seau permissive laissée par un test oublié
Inventaire et expositionSavoir ce qui existe et ce qui est joignable depuis Internet.Découvrir un service exposé lors de l'incident
Sauvegarde et restaurationInstantanés, sauvegardes immuables, restauration testée.Sauvegarde dans le même compte avec les mêmes droits que la production

AWS Well-Architected (pilier sécurité) et CIS Benchmarks donnent les détails de configuration : ici, on retient la structure.

Qui est responsable de quoi (modèle partagé)

Le curseur se déplace entre IaaS, PaaS et SaaS, mais la colonne de droite ne se délègue jamais.

CoucheCe que le fournisseur garantitCe qui reste au client
Identités et donnéesRien sur les données, l'annuaire et les habilitations du client.Classification, chiffrement, gestion des accès, cycle de vie, sauvegarde
Configuration des servicesIl fournit les garde-fous disponibles (plafonds d'organisation, blocage public, options de journalisation).Les activer, suivre les écarts, corriger — et ne pas laisser les valeurs par défaut en production
Charges de travailSécurité du service managé et de son plan de contrôle.Images, dépendances, systèmes invités, correctifs, droits d'exécution
RéseauIsolation physique, disponibilité des services réseau managés.Sous-réseaux, listes de sécurité, exposition, points de terminaison, sortie maîtrisée
Journalisation et détectionIl expose les journaux d'API et des moteurs de détection.Tout activer, centraliser, protéger (immuable) et exploiter dans un délai utile
RésilienceSLA du service, redondance des zones du fournisseur.Architecture multi-zone, sauvegardes, plan de reprise, exercices de restauration
Accès physiqueSécurité des centres de données du fournisseur.Les locaux du client, ses accès de télémaintenance, sa chaîne de sous-traitants

Phrase à retenir pour un comité : « managé » veut dire que le fournisseur opère le service, pas qu'il configure la sécurité à la place du client.

VPC et stockage : les réglages qui comptent

Cinq réglages qu'on retrouve dans presque tous les constats d'audit cloud.

ObjetÀ retenirErreur qui coûte cher
Listes de sécurité (security groups)Avec état, uniquement des autorisations, attachées à l'interface d'une ressource.Ouvrir 0.0.0.0/0 sur un port d'administration « temporairement » — le temporaire a une longue vie
Listes de contrôle (NACL)Sans état, autorisations et refus, appliquées au sous-réseau, évaluées dans l'ordre.Y loger la logique métier : une NACL ne voit pas l'application
Points de terminaison et sortieLe trafic vers les services managés passe sans sortir sur Internet ; la sortie est inspectée et journalisée.Laisser la sortie Internet grande ouverte : l'exfiltration devient invisible
Comptes et rôles par environnementUn compte par environnement, des rôles par usage, un compte journal séparé.Partager un rôle entre production et tests, puis s'étonner du rayon d'impact
Stockage objetBlocage public, chiffrement par défaut, journalisation des accès, verrouillage d'objet.Un seau de test resté public qui contient des journaux ou des extraits de base

Les quatre capacités d'observation cloud

Quatre questions différentes — la confusion vient du vocabulaire des éditeurs.

CapacitéLa question à laquelle elle répondExemples natifsPiège
CSPM — posture de configurationLa configuration est-elle conforme aux règles que je me suis fixées ?Config, Security Hub, évaluations de conformitéCorriger à la main ce qui devrait l'être par infrastructure-as-code
CIEM — droits effectifsQui peut réellement faire quoi, et par quel chemin d'escalade ?Analyseur d'accès IAM, inventaire des rôlesLire seulement les politiques attachées et ignorer les chemins hérités
CWPP — charges de travailQue font réellement mes conteneurs, fonctions et machines ?Détection d'exécution, analyse d'imagesProtéger les machines et oublier les fonctions et les conteneurs
DSPM — donnéesOù sont mes données sensibles, et qui peut y accéder ?Macie, étiquetage de sensibilitéClasser une fois puis ne jamais rafraîchir : la donnée se déplace

Un CNAPP n'est que la réunion de ces quatre vues dans une console corrélée : utile, mais ce sont les décisions de correction qui produisent la sécurité.

Posture cloud et applicative — quatre capacités d'observation à regarder : observer sans appliquer ne produit que des rapports Plein écran

À retenir

  • Le compte est la frontière de sécurité en cloud : les garde-fous hérités de l'organisation s'appliquent à tous les comptes membres, racine incluse — le compte de gestion, lui, y échappe et reste vide de charges.
  • Le compte racine ne s'utilise jamais au quotidien : MFA matérielle, aucune clé d'accès, alerte sur toute connexion.
  • Tout ce qui est exposé doit être connu et inventorié : ce qui n'est pas vu sera trouvé d'abord par l'attaquant.
  • La correction se fait par le code (infrastructure-as-code) : sinon l'écart revient à la prochaine livraison.

Pièges classiques

  • Croire que « managé » signifie « sécurisé » : la configuration reste la responsabilité du client.
  • Activer la détection sans triage : la file de findings devient un cimetière et l'équipe cesse de regarder.
  • Journaliser dans le compte de production : celui qui attaque peut effacer ses traces.
  • Sauvegarder dans le même compte avec les mêmes droits : l'attaquant supprime la production et ses sauvegardes d'un coup.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Affirmation entendue en comité : « le stockage est chiffré par défaut, donc les données sont protégées ». Que répondre ?

    Le chiffrement par défaut protège contre l'accès au support, pas contre un accès légitime mal encadré : qui a la permission de lecture peut lire. Ce sont les politiques d'accès, le blocage public et la journalisation qui protègent réellement.

  2. Un audit relève un rôle avec un wildcard sur toutes les actions. Quelle est la première question à poser ?

    Qui l'utilise réellement et pour quoi (droits effectifs, journaux d'usage) — puis remplacer par des actions nommées, ou justifier par écrit l'exception avec une échéance. Un wildcard non justifié est un incident en attente.

  3. Pourquoi séparer le compte de journalisation des comptes de production ?

    Pour que la compromission d'un compte de production ne permette pas de modifier ou d'effacer les preuves. Le journal est en écriture seule depuis les autres comptes, avec sa propre administration.

5.4Cloud et DevSecOps

Conteneurs et Kubernetes

Kubernetes est permissif par défaut : tout pod parle à tout pod, un compte de service trop large ouvre le cluster, un conteneur privilégié ouvre le nœud.

  • Avancé
  • 20 min
  • Kubernetes
  • RBAC
  • NetworkPolicy
  • Pod Security

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le plan de contrôle (serveur d'API, etcd) est l'actif le plus sensible : qui peut créer un pod privilégié ou lire les secrets contrôle le cluster.
  2. Par défaut, tous les pods communiquent entre eux : une NetworkPolicy de refus par défaut dans chaque espace de noms, puis des flux autorisés explicitement.
  3. Les Pod Security Standards (privileged, baseline, restricted) s'appliquent par espace de noms avec Pod Security Admission ; *restricted* est la cible des charges applicatives.
  4. Le contrôle d'admission est le dernier point de décision avant l'exécution : image signée, registre autorisé, aucun privilège, ressources bornées — des règles écrites comme du code.
3
profils Pod Security
privileged · baseline · restricted
1
NetworkPolicy de refus par défaut
dans chaque espace de noms
0
compte applicatif en cluster-admin
droits par espace de noms

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir citer les réglages par défaut à inverser (politiques réseau, droits des comptes de service, conteneurs privilégiés) et le rôle du contrôle d'admission.

Lecture RSSI · décider

Kubernetes est permissif par défaut : exiger des garde-fous au niveau du cluster (admission, politiques réseau) plutôt qu'une discipline laissée à chaque équipe.

Les modules cloud et DevSecOps traitent le compte cloud et le pipeline ; celui-ci traite ce qui tourne dedans. Il donne les couches de sécurité d'un cluster, les réglages par défaut à inverser et les contrôles d'admission qui arrêtent un déploiement dangereux avant la production.

Les couches d'un cluster et ce qui les protège

Six couches ; une seule ouverte suffit à perdre le cluster.

CoucheRisqueContrôlePreuve
Plan de contrôleServeur d'API exposé, etcd lisible, accès administrateur partagé.API privée ou filtrée, authentification par le fournisseur d'identité, secrets chiffrés dans etcd, journaux d'audit activés.Accès depuis Internet refusé ; journaux d'audit présents dans le SIEM
Identités (RBAC)Comptes de service trop larges, droits cluster-admin distribués, jeton monté partout.Rôles par espace de noms, aucun cluster-admin applicatif, montage automatique du jeton désactivé si inutile.Revue des liaisons de rôles : aucun sujet applicatif en cluster-admin
Charges de travailConteneur privilégié, exécution en root, accès au système de fichiers de l'hôte.Profil restricted, système de fichiers en lecture seule, capacités Linux retirées.Pod privilégié déployé dans un espace applicatif : refusé
RéseauTout pod joint tout pod, et le service de métadonnées du cloud.NetworkPolicy de refus par défaut, flux déclarés, sortie filtrée.Connexion entre deux espaces de noms : refusée
Chaîne d'approvisionnementImage non signée, registre public, vulnérabilités connues.Registre privé, signature vérifiée à l'admission, analyse d'image dans le pipeline.Image non signée : refusée à l'admission
NœudsUn nœud compromis livre tous ses pods.Système minimal durci, images de nœud renouvelées, pas d'accès SSH permanent, détection à l'exécution.Âge des images de nœud, alertes d'exécution remontées

Les réglages par défaut à inverser

Kubernetes de base privilégie la facilité de démarrage ; la production demande l'inverse.

Par défautRisqueRéglage cible
Tous les pods communiquent entre euxUn pod compromis balaie tout le cluster.NetworkPolicy de refus par défaut dans chaque espace de noms, puis flux déclarés
Jeton du compte de service monté dans chaque podUn pod compromis parle à l'API avec l'identité de son compte.automountServiceAccountToken à false sauf besoin, un compte dédié par application
Aucun profil de sécurité imposé aux podsConteneurs privilégiés ou en root admis.Pod Security Admission en mode enforce, profil restricted pour les applications
Secrets encodés, pas chiffrésLe Base64 n'est pas du chiffrement : qui lit etcd lit tout.Chiffrement des secrets au repos par KMS, ou gestionnaire de secrets externe
Aucune limite de ressourcesUn pod consomme tout le nœud.Requêtes et limites obligatoires, quotas par espace de noms

Défauts de Kubernetes de base : certains services managés en corrigent une partie (chiffrement des secrets notamment) — à vérifier pour le service retenu, et à consigner dans l'ADR.

Contrôle d'admission : ce qui ne passe pas

Cinq règles ; chacune passe d'abord en mode audit, puis en refus.

RèglePourquoiMise en œuvre
Image signée, issue du registre autoriséSeul ce qui sort du pipeline arrive en production.Vérification de signature et de provenance (SLSA) à l'admission
Aucun conteneur privilégié ni accès à l'hôteUn conteneur privilégié équivaut à un accès au nœud.Pod Security Admission, profil restricted
Pas d'étiquette latestUne étiquette mobile rend le déploiement non reproductible.Image référencée par son empreinte
Ressources bornéesUn pod ne doit pas affamer les autres.Requêtes et limites obligatoires
Étiquette de propriétaireChaque charge a un responsable joignable.Refus d'un déploiement sans étiquette propriétaire

Les politiques s'écrivent en ValidatingAdmissionPolicy (natif, langage CEL) ou avec un moteur dédié (Kyverno, OPA Gatekeeper) ; le choix se trace dans un ADR.

Kubernetes — un cluster en couches à regarder : l'admission entre le serveur d'API et l'exécution, et les métadonnées cloud tenues hors de portée des pods Plein écran

À retenir

  • Le plan de contrôle et les secrets sont l'actif principal : qui crée des pods privilégiés contrôle le cluster.
  • Réseau : refus par défaut dans chaque espace de noms, puis flux déclarés et testés.
  • Le profil restricted s'impose à l'admission pour les applications ; recommandé ne suffit pas.
  • Tout ce qui entre en production est signé, référencé par empreinte et borné en ressources.

Pièges classiques

  • Donner cluster-admin à l'outil de déploiement « pour simplifier ».
  • Croire les Secrets Kubernetes chiffrés parce qu'ils sont encodés en Base64.
  • Activer une politique d'admission directement en refus : la production s'arrête ; l'audit vient d'abord.
  • Laisser un pod joindre le service de métadonnées du cloud : il hérite de l'identité du nœud.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un développeur demande un pod privilégié pour déboguer en production. Que répondre ?

    Non en production : un pod privilégié donne accès au nœud et à ses autres pods. Alternatives : conteneur de débogage éphémère aux droits limités, reproduction hors production, ou exception temporaire tracée dans un espace de noms isolé, avec expiration et revue.

  2. Comment prouver que le cloisonnement réseau entre deux applications fonctionne ?

    Par un test : depuis un pod de l'application A, une connexion vers un pod de B échoue, alors que les flux déclarés passent. Le test se rejoue après chaque changement de politique ; la présence d'une NetworkPolicy ne prouve rien si le plugin réseau ne l'applique pas.

  3. Pourquoi désactiver le montage automatique du jeton de compte de service ?

    Parce que la plupart des applications n'appellent jamais l'API Kubernetes : le jeton monté ne leur sert à rien, mais sert à l'attaquant qui compromet le pod. Il n'est monté que pour les charges qui en ont besoin, avec un compte dédié aux droits minimaux.

5.5Cloud et DevSecOps

DevSecOps, IaC et chaîne logicielle

Le pipeline possède les droits de déployer : c'est donc lui qu'on protège, et c'est lui qui produit les preuves.

  • Intermédiaire
  • 22 min
  • Terraform
  • CI/CD
  • SAST
  • SBOM
  • SLSA

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le pipeline est un compte à privilèges : il peut modifier la production. Il se traite comme tel (droits bornés, identité fédérée, journalisation).
  2. Six portes suffisent : revue, secrets et dépendances, analyse statique et IaC, build signé, admission, déploiement fédéré — chacune laisse un artefact.
  3. Terraform : l'état est un secret (il contient des valeurs sensibles), la dérive est un risque, la politique versionnée tranche d'avance.
  4. Une signature jamais vérifiée ne prouve rien : le contrôle doit avoir lieu à l'admission, au moment du déploiement.
6
portes de contrôle
chacune laisse une preuve datée
4
familles d'analyse
secrets · SCA · SAST · IaC
0
secret statique en intégration
identité fédérée à la place

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir placer les contrôles dans un pipeline (secrets, dépendances, code, infrastructure, image, déploiement) et lire un rapport SAST ou SCA sans le confondre avec une preuve de sécurité.

Lecture RSSI · décider

Le pipeline a les droits de déployer en production : il se protège comme un compte à privilèges. Ses rapports sont des preuves datées, réutilisables en audit et en homologation.

La sécurité applicative ne se joue plus seulement dans le code : elle se joue dans la chaîne qui l'amène en production. Ce module couvre les portes du pipeline, les risques propres à l'infrastructure-as-code et ce qui rend un artefact réellement déployable.

Les six portes du pipeline

Une porte bloque, documente ou refuse — mais jamais elle ne « conseille ».

PorteCe qu'elle arrêtePreuve laissée
1 · Revue par un pairLe code livré sans relecture, les modifications de dernière minuteApprobation tracée sur la branche protégée
2 · Secrets et dépendancesSecret committé (même dans l'historique), bibliothèque vulnérable connueRapport de détection, décision de rotation ou exception écrite
3 · Analyse statique et IaCMotifs de code dangereux, configuration d'infrastructure non conformeRapport SAST et résultat de politique-as-code
4 · Build reproductible et signéArtefact non traçable, image gonflée par des outils inutilesEmpreinte, SBOM, attestation de provenance et signature
5 · AdmissionImage non signée, base vulnérable, configuration interdite en productionDécision d'admission journalisée (accepté ou refusé, et pourquoi)
6 · Déploiement fédéréSecret statique partagé, droits de déploiement permanentsJournal d'identité fédérée : rôle, session, heure, artefacts

Une exception non écrite devient la règle de fait : toute dérogation doit être datée, nommée et expirante.

SAST, SCA, IaC, secrets : qui trouve quoi

Un outil ne remplace pas l'autre : chacun voit une classe de problème.

AnalyseCe qu'elle chercheQuand elle tourneCe qu'elle ne voit pas
SecretsClés, jetons et mots de passe dans le code, l'historique et les variables du pipeline.À chaque commit, et sur tout l'historiqueUn secret stocké ailleurs (wiki, ticket, capture) ou déjà révoqué
SCA (dépendances)Bibliothèques vulnérables connues, versions obsolètes, licences.À chaque build, et en continu sur la productionUne vulnérabilité non encore publiée, ou un code non atteignable
SAST (code)Motifs dangereux : injection, cryptographie faible, gestion d'erreur, secret en dur.Avant le build, en priorité sur le diffLa logique métier détournée et les erreurs de conception
Scan IaCConfiguration non conforme : exposition, absence de chiffrement, droits trop larges.À la pull request, avant le plan et l'applicationL'écart entre la politique écrite et ce qui tourne réellement
DAST (applicatif)Failles observables à l'exécution : en-têtes, session, injection sur l'application déployée.Sur un environnement de test, à la demande ou en continuLes chemins fonctionnels que le scanner ne parcourt pas

Deux règles d'or : un rapport sans propriétaire ni échéance ne produit rien, et un seuil qui bloque doit être écrit avant d'être appliqué.

Terraform : où sont les risques

L'infrastructure-as-code est un programme privilégié : elle mérite la même rigueur qu'un accès administrateur.

PointLe risqueBonne pratique
État (state)Il contient des valeurs sensibles en clair et il est indispensable : le perdre ou le divulguer est grave.Stockage distant chiffré, versionné, accès restreint, verrouillage contre les exécutions concurrentes
SecretsUn mot de passe passé en variable se retrouve souvent dans l'état ou les journaux.Secrets gérés hors du code (coffre), références au lieu de valeurs, rotation après toute exposition
Dérive (drift)Quelqu'un modifie la production à la main : le code ne décrit plus la réalité.Détection planifiée de la dérive, correction par le code, exception écrite si la main est inévitable
Modules et versionsUn module tiers non figé peut changer de comportement sans prévenir.Versions figées, modules revus, sources internes quand c'est possible
Identité du pipelineUn jeton permanent dans les variables du pipeline ouvre la production à qui le lit.Rôle fédéré à durée courte, permissions bornées au périmètre déployé
Destruction et remplacementUn apply mal relu peut détruire une ressource à données (base, seau, journal).Protection contre la suppression sur les ressources sensibles, revue obligatoire des plans destructifs, sauvegarde avant application

Le plan (terraform plan) est une pièce d'audit : il montre exactement ce qui va changer avant que cela change.

DevSecOps — du commit à la production, six portes à regarder : chaque porte laisse un artefact daté Plein écran
Chaîne logicielle — des six portes au contrôle d'admission à regarder : ce qui se passe quand la provenance n'est plus vérifiée Plein écran

À retenir

  • La sécurité du pipeline, c'est la sécurité de la production : c'est le pipeline qui détient les droits de déployer.
  • Chaque porte doit produire une preuve exploitable : sans artefact, la porte est une opinion.
  • L'infrastructure-as-code rend la sécurité reproductible : la même règle s'applique à tous les environnements, automatiquement.
  • Une dérogation se date et expire : sinon elle devient la nouvelle norme silencieuse.

Pièges classiques

  • Tout automatiser sans réduire le bruit : quand tout compte, plus rien ne compte et l'équipe ignore les alertes.
  • Signer les artefacts sans vérifier la signature à l'admission : la garantie reste théorique.
  • Laisser un jeton de pipeline permanent « le temps de stabiliser » : il ne partira jamais.
  • Cacher un écart de politique derrière une exception permanente au lieu de corriger la règle ou l'infrastructure.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un pipeline de déploiement dispose d'un jeton permanent avec des droits d'administration. Quel est le risque principal et la correction ?

    Le jeton est un secret partagé et permanent : toute personne qui y accède (ou le vol) obtient la production, sans attribution claire. Correction : identité fédérée par OIDC, rôle à durée courte, permissions limitées au périmètre déployé, journalisation des sessions.

  2. Pourquoi détecter la dérive d'infrastructure plutôt que l'interdire seulement ?

    Parce que la réalité finit toujours par diverger (intervention d'urgence, correction à chaud). La détection permet de décider consciemment : réintégrer le changement dans le code, ou le supprimer. Sans détection, on découvre l'écart pendant l'incident.

  3. Un scan SAST remonte 300 alertes sur un dépôt historique. Que faire ?

    On ne bloque pas sur l'existant : on bloque sur le diff (nouveau code), on trie par exploitabilité et criticité, on corrige les hautes, et on planifie le reste avec un propriétaire et une échéance. Sinon l'équipe apprend à ignorer le rapport.

06
Chapitre · 4 modules

Risque et EBIOS RM

Le cœur du métier : apprécier un risque avec EBIOS Risk Manager, atelier par atelier, puis le relier aux attaques réelles et aux vulnérabilités à traiter.

6.1Risque et EBIOS RM

EBIOS Risk Manager : la méthode en cinq ateliers

La méthode française d'appréciation du risque : partir de ce qui a de la valeur, imaginer qui voudrait y nuire et par quel chemin, puis décider quoi faire et ce que l'on accepte.

  • Intermédiaire
  • 26 min
  • EBIOS RM
  • ANSSI
  • ISO 27005
  • homologation

L'essentiel en 30 secondes

  1. EBIOS Risk Manager est la méthode de l'ANSSI et du Club EBIOS (guide v1.5 de 2024, aligné sur ISO/CEI 27005:2022). Elle tient en cinq ateliers et s'appuie sur un socle de sécurité (la conformité) pour concentrer l'analyse sur les menaces intentionnelles.
  2. Atelier 1 : valeurs métier, biens supports, événements redoutés et leur gravité (G1 à G4), écarts au socle. Atelier 2 : les sources de risque et leurs objectifs visés (couples SR/OV).
  3. Atelier 3 : cartographier l'écosystème (parties prenantes classées par niveau de menace) et bâtir les scénarios stratégiques. Atelier 4 : détailler les modes opératoires techniques et leur vraisemblance (V1 à V4).
  4. Atelier 5 : synthèse des risques, stratégie de traitement, plan de traitement et risques résiduels acceptés par leur propriétaire. Les durées des cycles stratégique et opérationnel sont définies à l'atelier 1 selon le contexte ; un changement majeur peut déclencher une révision anticipée.
5
ateliers
du cadrage au traitement
G1 → G4
gravité
mineure · significative · grave · critique
V1 → V4
vraisemblance
peu vraisemblable → quasi certain
2 cycles
stratégique et opérationnel
durées fixées au cadrage

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir conduire chaque atelier : lister valeurs métier et biens supports, formuler un événement redouté et sa gravité, retenir des couples SR/OV, coter une partie prenante, dessiner un graphe d'attaque et le coter en vraisemblance.

Lecture RSSI · décider

EBIOS RM produit une décision, pas un document : une cartographie des risques, une stratégie de traitement et une liste de risques résiduels à accepter par écrit. Exiger que l'atelier 1 parte du métier, et que chaque risque ait un propriétaire.

EBIOS RISK MANAGER · 5 ATELIERS · GUIDE ANSSI V1.5 (2024)Que protège-t-on ?Qu’est-ce qui serait grave ?Cadrage etsocle de sécurité1VALEURS MÉTIERÉVÉNEMENTS REDOUTÉSÉCARTS AU SOCLEQui pourrait attaquer,et pour quoi faire ?Sourcesde risque2COUPLES SR/OVRETENUSPar quel chemin,via quel tiers ?Scénariosstratégiques3ÉCOSYSTÈMECHEMINS D’ATTAQUEAvec quel modeopératoire technique ?Scénariosopérationnels4GRAPHES D’ATTAQUEVRAISEMBLANCEQue fait-on, et quereste-t-il ?Traitementdu risque5PLAN DE TRAITEMENTRISQUES RÉSIDUELSCYCLE OPÉRATIONNEL · ATELIERS 4 ET 5CYCLE STRATÉGIQUE · REVISITER L’ENSEMBLE DE L’ÉTUDEFixer les durées à l’atelier 1 ; réexaminer aussi l’étude lors d’un changement majeur.
Fig. 6.1·aLes cinq ateliers, leurs questions, leurs livrables et les deux cyclesFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
VEILLECONTRÔLEDANGERPRESTATAIRESCLIENTSPARTENAIRES11 · Infogérant22 · Éditeur33 · Hébergeur44 · Client55 · Distributeur66 · Mainteneur77 · LaboratoireFlèche verte : évolution après des mesuresde réduction du niveau de menace à vérifier.DANGEROSITÉ · NIVEAU DE MENACEDépendance × PénétrationMaturité cyber × Confianceles quatre critères du guide v1.5Dangermenace très élevée : réduire le niveauou revoir la relation avec ce tiersContrôlevigilance et mesures de réductiondu niveau de menaceVeillesuivi adapté ; inclusion dans les scénariosà décider selon le contexteDanger ou contrôle : parties prenantes critiquesà intégrer aux scénarios stratégiques.Critères et seuils à adapter à l’objet étudié.Le rayon représente le niveau de menace,pas une distance géographique.[hypothèse] Positions et déplacement illustratifs, sans cotation d’un tiers réel.
Fig. 6.1·bAtelier 3 : cartographie de dangerosité de l'écosystème, le niveau de menaceFaire défiler horizontalement pour lire la suite.
ATELIER 3 · UN SCÉNARIO STRATÉGIQUE, DEUX CHEMINS D’ATTAQUECHEMIN DIRECTSource derisqueÉtat étrangervoler les plansPrestatairede maintenancepartie prenante critiqueSI deconceptionvaleur métier :plans du produitÉvénementredoutéfuite des plansgravité G4CHEMIN PAR L’ÉCOSYSTÈMEComparer les deux chemins.Estimer leur vraisemblanceà l’atelier 4, sur leursmodes opératoires.[hypothèse] Exemple et gravité G4 illustratifs ; aucune priorité entre les chemins n’est présumée.
Fig. 6.1·cAtelier 3 : deux chemins d'attaque dans un scénario illustratif [hypothèse]Faire défiler horizontalement pour lire la suite.
ATELIER 4 · GRAPHE D’ATTAQUE · QUATRE TEMPS PÉDAGOGIQUESCONNAÎTRERENTRERTROUVEREXPLOITERSources ouvertesORGANIGRAMME, TIERSPortail exposéTÉLÉMAINTENANCEHameçonnage cibléTECHNICIEN DU TIERSRebond par l’accèsDE TÉLÉMAINTENANCECartographieANNUAIRE, PARTAGESÉlévationCOMPTE DE SERVICEExfiltrationSORTIE CHIFFRÉEVraisemblance globaleà estimer et à justifierCAPACITÉS, ACCÈS, DÉFENSESBiens supports : poste du technicien, passerellede télémaintenance, annuaire, serveur de fichiers.Évaluer les étapes et les chemins alternatifs.[hypothèse] Mode opératoire illustratif ; les quatre temps ne sont pas des ateliers EBIOS RM.
Fig. 6.1·dAtelier 4 : mode opératoire illustratif et vraisemblance à justifier [hypothèse]Faire défiler horizontalement pour lire la suite.
G4critiqueG3graveG2significativeG1mineureV1peuvraisemblableV2vraisemblableV3trèsvraisemblableV4quasi certainVRAISEMBLANCE →GRAVITÉ →R1R1R2R2R3R3R4Élevé · inacceptabletraiter, éviter ou soumettre à l’arbitrageMoyen · tolérable sous contrôlesuivi et actions d’améliorationFaible · acceptable en l’étatdécision et suivi selon le contexterisque initialrisque résiduel, après traitementLe résiduel s’accepte par écrit,par le propriétaire du risque.[hypothèse] Grille et risques illustratifs.Seuils définis par l’organisation.
Fig. 6.1·eAtelier 5 : grille illustrative des risques avant et après traitement [hypothèse]Faire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module explique la méthode atelier par atelier, avec ses échelles, la cartographie de l'écosystème et la cartographie des risques. Le module suivant l'applique à un cas complet.

EBIOS RM : cinq ateliers, cinq livrables

Une démarche itérative : chaque atelier produit une pièce utilisable en comité.

Vérifié le 11/10/2026

AtelierLa question poséeLivrableErreur fréquente
1 · Cadrage et socle de sécuritéQuel périmètre, quelles valeurs métier, quels événements redoutés, avec quelle gravité ?Missions, valeurs métier, biens supports, événements redoutés, écarts au socleLister des menaces avant de savoir ce qu'on protège
2 · Sources de risqueQui pourrait porter atteinte aux missions, et dans quel but ?Couples source de risque et objectif visé retenusRetenir un attaquant omniscient : tout devient critique, donc rien ne l'est
3 · Scénarios stratégiquesPar quels chemins, y compris via l'écosystème, une source atteint-elle un événement redouté ?Cartographie de l'écosystème, parties prenantes critiques, scénarios stratégiquesOublier les tiers ou présumer la vraisemblance d'un chemin sans l'étudier
4 · Scénarios opérationnelsPar quels modes opératoires techniques, sur quels biens supports ?Graphes d'attaque, vraisemblance de chaque scénarioDécrire des enchaînements invraisemblables pour justifier un achat
5 · Traitement du risqueQuelles mesures, pour quel risque résiduel, accepté par qui ?Stratégie et plan de traitement, risques résiduels, cadre de suiviNe pas écrire le risque résiduel : il revient par surprise

Les échelles du guide, à adapter à son contexte

Elles se fixent avant l'atelier 1, pour que les cotations restent comparables d'une étude à l'autre.

Vérifié le 11/10/2026

NiveauGravité d'un événement redoutéVraisemblance d'un scénario
4Critique : incapacité d'assurer tout ou partie de l'activité ; la survie est menacéeQuasi certain : la source atteindra certainement son objectif
3Grave : forte dégradation, fonctionnement très dégradéTrès vraisemblable : elle l'atteindra probablement
2Significative : dégradation, fonctionnement dégradéVraisemblable : elle est susceptible de l'atteindre
1Mineure : pas d'impact opérationnel, consommation des margesPeu vraisemblable : elle a peu de chances de l'atteindre

Échelles d'exemple du guide ANSSI v1.5 (2024). Le niveau de menace d'une partie prenante se calcule à part : (dépendance × pénétration) ÷ (maturité cyber × confiance).

Le vocabulaire qui revient à chaque atelier

Six mots qui structurent toute l'étude.

TermeDéfinition courteExemple
Valeur métierCe qui a de la valeur pour la mission : une information, un processusLes plans d'un produit, la paie, la conduite d'un système
Bien supportCe sur quoi repose la valeur métier : matériel, logiciel, réseau, personne, localLe serveur de fichiers, le poste du bureau d'études
Événement redoutéCe que l'on craint pour une valeur métier, avec sa gravitéFuite des plans du produit, gravité G4
Source de risque, objectif viséQui pourrait nuire, et dans quel butUn État étranger qui veut voler la conception
Partie prenanteActeur de l'écosystème : client, partenaire, prestataireLe mainteneur qui dispose d'un accès distant
Risque résiduelCe qui reste après traitement, accepté par écritExfiltration via un prestataire, ramenée de V3 à V1
EBIOS Risk Manager en cinq ateliers à regarder : comment chaque atelier nourrit le suivant, jusqu'aux risques acceptés et à leur revue Plein écran

À retenir

  • On part du métier (valeurs, événements redoutés), jamais des outils ni d'un catalogue de menaces.
  • Les échelles de gravité et de vraisemblance se fixent avant de coter.
  • L'écosystème est souvent le chemin le plus court : les parties prenantes critiques entrent dans les scénarios.
  • Le livrable final est une décision : traitement, résiduel accepté par écrit, propriétaire, échéance.

Pièges classiques

  • Recopier une liste générique de menaces au lieu de partir des valeurs métier.
  • Coter la vraisemblance sans tenir compte des mesures déjà en place.
  • Oublier les parties prenantes : infogérant, éditeur, mainteneur.
  • Produire une étude que personne ne relit avant la prochaine homologation : le cycle opérationnel existe pour cela.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Quelle différence entre un événement redouté et un scénario de risque ?

    L'événement redouté décrit l'atteinte à une valeur métier et sa gravité (« fuite des plans du produit, G4 »). Le scénario décrit comment une source de risque y parvient (chemin stratégique, mode opératoire) et sa vraisemblance. Le risque combine les deux.

  2. Un infogérant dispose d'un accès distant permanent avec des droits élevés. Où le traite-t-on dans EBIOS RM ?

    À l'atelier 3 : c'est une partie prenante au niveau de menace élevé (forte dépendance, forte pénétration). Elle entre dans les scénarios stratégiques, et les mesures (accès par bastion, droits réduits, clauses contractuelles) visent à la sortir de la zone de danger.

  3. Qui accepte le risque résiduel, et sous quelle forme ?

    Le propriétaire du risque désigné au cadrage (pour un SI homologué, l'autorité d'homologation), par écrit, avec le risque restant, sa justification et la date de réexamen. Une acceptation orale n'existe pas en audit.

6.2Risque et EBIOS RM

EBIOS RM appliquée : le poste d'IA isolé

Un cas d'école complet, inspiré d'une analyse réelle mais entièrement fictif : un poste isolé qui fait tourner un modèle de langage en local, analysé atelier par atelier.

  • Avancé
  • 20 min
  • EBIOS RM
  • LLM
  • IA générative
  • cas d'école

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le contexte : un poste sans aucune interface réseau exécute un modèle de langage open source en local, pour aider des utilisateurs habilités à exploiter des documents sensibles. Tout ce qui entre et sort passe par un sas de transfert.
  2. Ce qui a de la valeur : la confidentialité des documents traités, l'intégrité des réponses (elles servent à décider), le respect du périmètre homologué. Le paradoxe : sans réseau, la menace ne vient pas du réseau ; elle vient de ce qui entre et de ce qui sort.
  3. Les scénarios clés : des poids de modèle piégés qui exécutent du code au chargement ; une fuite par support amovible ; des instructions cachées dans un document soumis ; une réponse fausse reprise comme un fait ; un usage au-delà du niveau homologué.
  4. Les mesures gardent ces deux portes : formats de modèle sans code exécutable, empreinte et provenance vérifiées, sas unique avec antivirus multi-moteurs, supports tracés, relecture humaine, mention « produit par IA », périmètre et niveau écrits dans la décision d'homologation.
0
interface réseau
isolement physique
2
portes à garder
ce qui entre, ce qui sort
5
scénarios retenus
du modèle piégé à l'usage hors périmètre
1
sas unique
station blanche, tout y passe

Lecture ingénieur · comprendre

Voir la méthode appliquée de bout en bout, de la valeur métier au graphe d'attaque puis aux mesures. Retenir qu'un système isolé reste exposé par sa chaîne d'approvisionnement (ici, les poids du modèle) et par ses supports.

Lecture RSSI · décider

Pour un usage d'IA générative en environnement sensible, l'isolement réseau ne suffit pas : la provenance du modèle, le sas de transfert et le cadrage des usages sont les vraies décisions. Le périmètre et le niveau d'information autorisés s'écrivent dans la décision d'homologation.

Dépôt publicMODÈLES PUBLICSPOIDS, CODESIbureautiqueSUPPORTS AMOVIBLESSas de transfertSTATION BLANCHE· provenance, intégrité· analyse antimalicielle· code vérifié, formats de poids non exécutablesPOSTE IA ISOLÉ · SANS RÉSEAUModèle localPOIDS DU LLMMoteurd’inférenceDocumentsDE TRAVAILJournauxlocauxTRACESUtilisateurshabilitésCOMPTES NOMINATIFS12345[hypothèse] Transferts contrôlés ; export des traces selon une procédure dédiée et tracée.MENACESMESURES RETENUES1 · code exécuté au chargement des poids2 · support infecté ou fuite par support3 · instructions cachées dans un document4 · réponse fausse reprise comme un fait5 · usage au-delà du niveau autorisé· poids non exécutables, code revu, provenance· sas unique, supports marqués et tracés· périmètre limité, contrôle des actions du modèle· mention « produit par IA », vérification humaine· périmètre et niveau fixés dans l’homologation
Fig. 6.2·aLe poste d'IA isolé, son sas de transfert, ses menaces et ses mesuresFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Le cas suit les cinq ateliers sur un exemple compact. Toutes les données sont fictives : il illustre une démarche, il ne reproduit aucune étude réelle.

Ateliers 1 et 2 : ce qu'on protège, contre qui

Données fictives, construites pour l'exemple.

ÉlémentDans ce cas
Valeurs métierConfidentialité des documents traités ; intégrité des réponses utilisées pour décider ; disponibilité de l'outil
Biens supportsPoste et son système, modèle (poids), moteur d'inférence, sas de transfert, supports amovibles, utilisateurs
Événements redoutésFuite de documents (G4) ; décision prise sur une réponse fausse (G3) ; perte de l'outil (G2)
Sources de risque et objectifsService de renseignement étranger : obtenir les documents ; acteur malveillant de la chaîne d'approvisionnement : piéger les modèles diffusés ; utilisateur négligent ou malveillant : sortir des données

Ateliers 3 à 5 : scénarios, vraisemblance, traitement

Vraisemblance avant et après les mesures retenues.

ScénarioCheminAvantMesuresAprès
Modèle piégéDépôt public, sas, chargement des poids, exécution de codeV3Formats sans code exécutable, empreinte et provenance vérifiées, chargement dans un environnement restreintV1
Fuite par supportCopie de résultats ou de documents vers un support non contrôléV3Sas unique, supports marqués et tracés, ports désactivés hors du sasV1
Instructions cachéesDocument soumis contenant des consignes adressées au modèleV2Documents du seul périmètre, relecture humaine des sortiesV1
Réponse fausse prise pour un faitHallucination reprise dans une note ou une décisionV3Mention « produit par IA », vérification à la source, formation des utilisateursV2
Usage hors périmètreDonnées d'un niveau supérieur à celui homologuéV2Niveau et usages écrits dans la décision, sensibilisation, contrôleV1

Le risque « réponse fausse » ne descend pas à V1 : aucune mesure technique ne supprime l'hallucination. Il reste un risque résiduel, accepté par écrit avec sa mesure organisationnelle.

À retenir

  • Un système isolé reste exposé par ce qui entre et par ce qui sort.
  • Un modèle de langage est un logiciel venu d'un tiers : provenance et format comptent autant que l'antivirus.
  • Certaines menaces de l'IA ne se traitent que par l'organisation : elles restent en résiduel accepté.
  • Le périmètre d'usage s'écrit dans l'homologation, pas dans une charte oubliée.

Pièges classiques

  • Croire que « pas de réseau » veut dire « pas de risque ».
  • Charger des poids de modèle dans un format qui peut exécuter du code, sans vérifier leur provenance.
  • Laisser les utilisateurs copier des sorties sur n'importe quel support.
  • Citer une réponse du modèle comme une source.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Pourquoi le format des poids de modèle est-il une mesure de sécurité ?

    Certains formats de sérialisation peuvent exécuter du code au chargement : un modèle piégé compromettrait le poste dès son ouverture. Un format qui ne contient que des données, avec une empreinte et une provenance vérifiées, ferme ce chemin.

  2. Quel risque reste notable même après traitement, et pourquoi ?

    La réponse fausse reprise comme un fait : l'hallucination est inhérente au fonctionnement d'un modèle de langage. On la réduit par la vérification humaine et le marquage des sorties, mais elle reste un risque résiduel accepté par écrit.

  3. Où se place le dépôt public de modèles dans l'analyse ?

    C'est une partie prenante de l'écosystème (atelier 3) et un maillon de la chaîne d'approvisionnement : il fournit des biens supports, les poids. Le scénario « modèle piégé » passe par lui, et les mesures portent sur le sas et la vérification de provenance.

6.3Risque et EBIOS RM

Menaces, attaques et surface d'exposition

Huit maillons alignés sur les 15 tactiques ATT&CK, trois voies d'intrusion dominantes : le but n'est pas de tout couvrir, c'est de savoir où l'on est aveugle.

  • Débutant
  • 18 min
  • ATT&CK v19
  • phishing
  • ransomware

L'essentiel en 30 secondes

  1. Trois voies dominent : l'identité (hameçonnage dopé par l'IA, vol de session), les périphériques exposés (exploitation d'un service joignable depuis Internet), l'abus de droits légitimes (personne n'a « piraté » — on a utilisé un accès existant).
  2. La chaîne d'attaque se lit ici en huit maillons, un modèle simplifié qui regroupe les 15 tactiques MITRE ATT&CK ; chaque maillon doit être cassé par un contrôle nommé. Un maillon sans contrôle n'est pas une hypothèse : c'est un écart à écrire.
  3. Le rançongiciel ne casse pas le chiffrement : il exploite une reprise non testée et des sauvegardes atteignables. La priorité n'est pas la détection, c'est la restauration.
  4. La surface d'exposition se gère comme un inventaire : ce qui est exposé sans être connu sera trouvé par l'attaquant avant le défenseur.
8
maillons à casser
15 tactiques ATT&CK regroupées
3
voies d'intrusion dominantes
identité · exposition · droits légitimes
1
priorité en cas de rançongiciel
restaurer, pas négocier

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir relier une tactique ATT&CK à un contrôle qui la casse et à un signal qui la détecte, et reconnaître les trois voies d'intrusion dominantes.

Lecture RSSI · décider

La chaîne d'attaque sert à décider où investir : chaque maillon sans contrôle est un écart à écrire, avec un propriétaire et une échéance. La reprise après rançongiciel se prépare, elle ne s'improvise pas.

Comprendre l'attaque sert à choisir les contrôles. Ce module donne la chaîne d'attaque en huit maillons alignés sur MITRE ATT&CK, les trois voies réelles d'intrusion, et les prérequis d'une reprise crédible.

Les huit maillons, leurs tactiques ATT&CK et le contrôle qui casse chacun

Modèle simplifié : chaque maillon regroupe une ou plusieurs tactiques MITRE ATT&CK Enterprise ; pour chacun, le contrôle préventif et le signal de détection.

Vérifié le 26/09/2026

MaillonTactiques ATT&CKCe que fait l'attaquantContrôle qui casse le maillonSignal de détection
1 · PréparationTA0043 Reconnaissance · TA0042 Resource DevelopmentInventorie l'exposition (domaines, services joignables, identités publiques, fuites) et prépare ses moyens : infrastructure, comptes, outils.Réduction de surface (inventaire d'exposition, fermeture des services inutiles), veille sur les fuites et sur les domaines qui imitent le sien.Balayages, énumération DNS, domaines voisins enregistrés
2 · Accès initialTA0001 Initial AccessEntre par une identité (hameçonnage, vol de session) ou par une faille exposée.MFA résistante au hameçonnage, filtrage entrant, correctifs rapides sur la bordure.Connexion impossible (voyage), nouvelle règle de transfert, exploitation de vulnérabilité
3 · ExécutionTA0002 ExecutionFait tourner du code : script, binaire, outil légitime détourné.Exécution durcie des charges, contrôle d'intégrité, liste blanche d'applications.Processus inattendu, ligne de commande suspecte, charge anormale
4 · PersistanceTA0003 PersistenceS'ancre pour survivre à un redémarrage ou à un changement de mot de passe : compte, clé, tâche planifiée, service.Revue des identités et des tâches planifiées, rotation des secrets, inventaire des clés d'accès.Nouveau compte, nouvelle clé, tâche planifiée ou service créé
5 · Élévation et vol d'identifiantsTA0004 Privilege Escalation · TA0006 Credential AccessPasse d'un compte ordinaire à un compte à privilèges ; récupère mots de passe, jetons et clés.Moindre privilège, séparation des rôles, protection du rang 0, secrets courts et coffre-fort.Création de rôle, ajout à un groupe privilégié, accès à la mémoire d'authentification
6 · Découverte et mouvement latéralTA0007 Discovery · TA0008 Lateral MovementCartographie l'environnement puis se déplace vers les données et les systèmes utiles.Segmentation, authentification entre services, aucun secret partagé.Connexions inhabituelles entre zones, énumération d'annuaire, découverte de partages
7 · Collecte, commande et exfiltrationTA0009 Collection · TA0011 Command and Control · TA0010 ExfiltrationRassemble les données, garde un canal de pilotage, les fait sortir.Sortie maîtrisée (proxy, filtrage DNS), DLP, liste blanche des destinations.Volume sortant inhabituel, balises régulières vers un domaine récent, archives créées en masse
8 · ImpactTA0040 ImpactChiffre, détruit, altère ou rend indisponible ; souvent après avoir volé (double extorsion).Sauvegardes déconnectées et immuables, restauration testée, identités de secours.Suppression massive, arrêt de services, altération de sauvegardes
Transverse · Furtivité et neutralisation des défensesTA0005 Stealth · TA0112 Defense ImpairmentÀ chaque maillon : se fond dans l'activité légitime, désactive agents, journaux et pipelines de sécurité.Journaux immuables hors de portée de l'attaquant, protection anti-altération des agents.Arrêt d'un agent, trou de journalisation, modification d'une règle de détection

Modèle simplifié : ATT&CK décrit des objectifs, pas une séquence — un attaquant répète, saute ou réordonne les tactiques. Version consultée : MITRE ATT&CK Enterprise v19.2 (15 tactiques ; TA0112 Defense Impairment créée le 14/04/2026, à côté de TA0005 renommée Stealth). Un maillon peut rester sans contrôle, mais il s'écrit alors comme dette assumée, avec l'impact estimé et une échéance.

Les trois voies d'intrusion dominantes

Concentrer l'effort là où ça arrive vraiment, plutôt que de couvrir tous les cas imaginaires.

VoieCe que cherche l'attaquantCe qui la réduit vraimentCe qui la détecte
Identité (hameçonnage, vol de session, fatigue de validation)Un compte valide, idéalement à privilèges, avec une session ouverte.MFA liée à l'origine, accès conditionnel, session courte, révocation rapide.Détection d'abus d'identité, connexions impossibles, création de règles de messagerie, pics de validation
Périphériques et services exposésUn service joignable depuis Internet avec une faille exploitable (appliance, interface d'administration, API).Inventaire d'exposition, fermeture par défaut, correctifs rapides, authentification forte sur les interfaces.Alertes d'exploitation, journaux de la bordure, comptes ou fichiers inattendus
Droits légitimes abusés (interne, prestataire, compte de service)Utiliser un accès existant sans déclencher d'alarme.Moindre privilège, revues d'accès, secrets non partagés, traçabilité des actions sensibles.Analyse comportementale, actions hors horaires, accès inhabituels à des données

Rançongiciel : cinq prérequis de reprise

Le jour où ça arrive, ce qui compte n'est pas la détection mais la capacité à redémarrer.

PrérequisCe que ça veut dire concrètementComment on le prouve
Sauvegardes déconnectées et immuablesUne copie non atteignable depuis le réseau de production, non modifiable pendant sa rétention.Test de suppression impossible, compte de sauvegarde séparé, verrouillage d'objet activé
Restauration testéeOn a déjà restauré un service complet, avec un chronomètre et un compte rendu.Rapport de restauration daté : périmètre, durée, écarts constatés
RTO et RPO écrits par criticitéCe que l'activité accepte comme interruption et comme perte de données.Validation par la direction, pas seulement par l'équipe technique
Plan de communicationQui parle aux clients, aux autorités, aux équipes — avec quels délais réglementaires.Annuaire de crise à jour, procédure de notification connue (24 h / 72 h selon le régime)
Identités de secoursUn accès d'administration hors du domaine compromis, testé et gardé hors ligne.Procédure d'urgence testée au moins une fois par an, avec compte rendu

Payer ne restaure pas la confiance : la reprise se joue sur les sauvegardes, la documentation et les décisions prises d'avance.

Chaîne d'attaque — huit maillons alignés sur ATT&CK et points de rupture à regarder : où chaque contrôle casse la chaîne, et ce qui reste transverse Plein écran

À retenir

  • L'attaquant ne « casse » pas toujours : le plus souvent, il se connecte.
  • Un maillon sans contrôle identifié est un écart assumé — à écrire, pas à oublier.
  • La priorité budgétaire suit le rayon d'impact : identité, sauvegardes, inventaire avant les outils spectaculaires.
  • La détection utile est corrélée : un signal isolé est du bruit, trois signaux alignés font une investigation.

Pièges classiques

  • Raisonner en catalogue de menaces sans les relier à ses propres composants : une liste générique ne protège rien.
  • Croire qu'un EDR suffit face à une intrusion par identité : il ne voit pas une connexion légitime.
  • Confondre chiffrement des sauvegardes et sauvegardes inaccessibles : l'attaquant utilise les mêmes identités que les administrateurs.
  • Chercher à détecter « tout » et ne plus trier : la fatigue d'alerte est une vulnérabilité organisationnelle.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Citer deux maillons sans contrôle documenté dans l'organisation, et dire ce qui en est fait.

    Méthode : projeter les huit maillons (et leurs tactiques ATT&CK) sur les contrôles réels, documentés et testés. Un maillon sans contrôle devient une ligne du registre de risque : impact, vraisemblance, propriétaire, échéance — pas un oubli tacite.

  2. Pourquoi la sauvegarde déconnectée est-elle décisive face au rançongiciel ?

    Parce que l'attaquant utilise des identités légitimes : si la sauvegarde est accessible avec ces mêmes identités, il la supprime. Sans copie non atteignable et non modifiable, la reprise dépend de la bonne volonté de l'attaquant.

  3. Un service exposé sur Internet n'a pas été mis à jour depuis six mois. Comment qualifier le risque ?

    Risque élevé : exposition (joignable), vraisemblance (vulnérabilités connues sur une interface exposée), impact (selon les données et les droits). Décision : fermer, isoler derrière une authentification forte, ou mettre à jour — avec une date.

6.4Risque et EBIOS RM

Threat modelling STRIDE et priorisation des vulnérabilités

Un risque s'argumente : impact, vraisemblance, contexte, propriétaire. Le reste n'est qu'une opinion bien présentée.

  • Intermédiaire
  • 24 min
  • STRIDE
  • CVSS
  • EPSS
  • KEV
  • registre

L'essentiel en 30 secondes

  1. Un risque se décrit en impact × vraisemblance dans un contexte : ce n'est ni une vulnérabilité, ni une intuition, ni un score isolé.
  2. EBIOS RM (modules 6.1 et 6.2) apprécie le risque d'un système entier ; STRIDE sert à l'échelle d'un design, frontière de confiance par frontière, pour ne rater aucune famille de menaces.
  3. STRIDE fournit six familles de menaces à parcourir systématiquement : usurpation, altération, répudiation, divulgation, déni de service, élévation de privilèges.
  4. Prioriser une vulnérabilité : l'exposition, l'exploitation observée (EPSS, KEV) et la criticité métier comptent plus que le seul score de sévérité.
1
threat model par évolution
rejoué, pas archivé
6
familles STRIDE
une grille à parcourir
3
notes à croiser
CVSS · EPSS · KEV
P0 → P3
échéances décidées
24-72 h · 7 j · 30 j · accepté

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir parcourir STRIDE frontière par frontière, croiser CVSS, EPSS et KEV avec l'exposition pour fixer une échéance, et tenir une ligne de registre de risque complète.

Lecture RSSI · décider

Le score ne décide pas : l'exposition, l'exploitation observée et la criticité métier fixent l'échéance. Exiger une preuve de clôture pour chaque correctif, et un résiduel écrit pour ce qui est accepté.

L'appréciation du risque d'un système se fait avec EBIOS RM (modules 6.1 et 6.2). Ce module donne les outils de l'échelle suivante : STRIDE pour un design, et la priorisation des vulnérabilités pour décider quoi corriger cette semaine.

STRIDE : six familles, six questions

La grille qui évite d'oublier une catégorie entière de menaces — à parcourir frontière par frontière.

FamilleQuestion à poser au designExemple concretContre-mesure typique
Usurpation (Spoofing)Peut-on se faire passer pour quelqu'un ou quelque chose ?Vol de session, faux service appelé par un autreAuthentification forte, authentification mutuelle, facteur lié à l'origine
Altération (Tampering)Peut-on modifier des données ou du code en transit ou au repos ?Artefact de build modifié, journal éditéSignature, contrôle d'intégrité, journal immuable
RépudiationPeut-on nier une action sans qu'on puisse le prouver ?Action administrative sans trace attribuableJournalisation fiable, horodatage, identités nominatives
Divulgation d'informationPeut-on accéder à ce qu'on ne devrait pas voir ?Stockage public, journal contenant des données personnellesChiffrement, moindre privilège, classification, filtrage des sorties
Déni de servicePeut-on empêcher le service de fonctionner ?Saturation, épuisement de ressources, requête coûteuseLimitation de débit, quotas, capacité d'absorption
Élévation de privilègesPeut-on obtenir plus de droits qu'attendu ?Rôle trop large, tâche planifiée détournéeMoindre privilège, séparation des rôles, revue des identités

Parcourir STRIDE sur chaque frontière de confiance, pas sur le schéma en général : c'est là que se trouvent les menaces intéressantes.

Prioriser une vulnérabilité : trois notes, une décision

Le score seul ne dit pas quoi faire cette semaine.

Vérifié le 26/09/2026

ÉlémentCe qu'il mesureCe qu'il ne dit pasComment on l'utilise
CVSS (sévérité)La gravité intrinsèque de la faille (score de base) ; CVSS 4.0 permet de l'ajuster à la menace et à l'environnement (CVSS-BT, -BE, -BTE).Si quelqu'un l'exploite réellement, ni si l'actif est exposé.Point de départ du tri, jamais une décision à lui seul
EPSS (probabilité)La probabilité d'exploitation dans les 30 jours, estimée sur des données observées.La gravité de l'impact dans l'organisation.Départage les failles de sévérité proche : on traite d'abord ce qui s'exploite en pratique
KEV (exploitation avérée)La faille est déjà exploitée activement (catalogue public de la CISA).Si l'actif est exposé, ni l'impact dans l'organisation.Priorité absolue si l'actif est exposé ou critique
Contexte métierExposition, criticité du service, données touchées, contrôles compensatoires.—C'est lui qui fixe l'échéance réelle
Décision et échéanceP0 : 24-72 h · P1 : 7 jours · P2 : 30 jours · P3 : accepté et écrit.—Chaque niveau a un propriétaire et une preuve de clôture

Un correctif non déployé n'est pas un risque traité : c'est un risque documenté. La preuve, c'est le re-scan ou le changement constaté.

Registre de risque : les colonnes qui comptent

Un registre utile se lit en comité en trois minutes.

ColonneCe qu'on y écritPourquoi c'est obligatoire
Identifiant et dateUne référence stable, la date de création et de dernière revue.Sans identifiant, aucune décision ne peut le citer ; sans date, il vieillit sans qu'on le sache
Énoncé du risque« Cause → événement → impact » en une phrase.Un énoncé flou donne un débat flou : la structure force la précision
Actif ou valeur métierCe qui est en jeu : donnée, service, image, conformité.Un risque sans valeur métier associée n'a pas de gravité défendable
Vraisemblance et impactÉchelle courte (1 à 4) avec justification écrite.La justification est ce qui rend l'échelle crédible et recalibrable en réunion
PropriétaireUne personne nommée, pas un service.Un risque sans propriétaire n'est traité par personne
Mesure et échéanceCe qui est fait, pour quand, et comment on saura que c'est fait.C'est la partie actionnable : sans elle, le registre est un inventaire de regrets
Risque résiduel acceptéCe qui reste après la mesure, validé par qui de droit.Sans acceptation formelle, le résiduel devient une surprise en cas d'incident
Threat modelling — cinq étapes, du périmètre au contrôle vérifié à regarder : la boucle qui se rejoue à chaque évolution d'architecture Plein écran
Prioriser les vulnérabilités — de l'exposition à la remédiation prouvée à regarder : où l'exposition et l'exploitation observée changent la décision Plein écran

À retenir

  • Un risque s'énonce « cause → événement → impact », avec une valeur métier et un propriétaire.
  • On traite d'abord ce qui est exploité en pratique et exposé, pas ce qui obtient le meilleur score.
  • Le risque résiduel s'accepte par écrit, par la bonne personne : c'est une décision, pas un oubli.
  • Un threat model se rejoue à chaque évolution d'architecture : sinon il devient un document d'archive.

Pièges classiques

  • Confondre risque et vulnérabilité : une faille non exploitable dans le contexte de l'organisation n'est pas un risque prioritaire.
  • Gonfler la criticité pour obtenir un budget : la crédibilité se perd en une réunion.
  • Produire un registre sans échéances ni propriétaires : il sera ignoré dès la deuxième revue.
  • Traiter la priorisation comme un exercice de notation plutôt que comme un exercice de décision.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Une faille critique (CVSS 9,8) touche une bibliothèque utilisée uniquement dans un outil interne non exposé et sans donnée. Quelle priorité ?

    Probablement P2 ou P3, par écrit : la sévérité est élevée mais l'exposition et l'impact sont faibles. La décision se documente (exposition, impact, contrôles compensatoires) et se revoit à date. Le P0 est réservé à l'exploitation avérée ou à une exposition critique.

  2. Comment prouver qu'une vulnérabilité est réellement traitée ?

    Par une preuve de clôture : re-scan propre, changement de version constaté, ou test manuel daté. Un ticket fermé « corrigé » sans vérification est une déclaration, pas une preuve.

  3. À quoi sert le risque résiduel dans une décision d'architecture ?

    À rendre explicite ce qu'on accepte de ne pas couvrir, avec son impact et ses critères de réexamen. C'est ce qui permet de dire en comité : « nous avons choisi, voici le coût de ce choix ».

07
Chapitre · 5 modules

Homologation et conformité

Intégrer la sécurité dans les projets, homologuer un système, connaître les textes de l'État et de la défense (IGI 1300, II 901, IM 900), tenir un SMSI et maîtriser les tiers.

7.1Homologation et conformité

ISP : intégrer la sécurité dans les projets

La sécurité coûte peu au début d'un projet et très cher à la fin : l'intégration de la sécurité dans les projets (ISP) pose les exigences dès le besoin, les vérifie à chaque jalon et livre un dossier prêt pour l'homologation.

  • Débutant
  • 18 min
  • ISP
  • sécurité dès la conception
  • jalons
  • PAS

L'essentiel en 30 secondes

  1. L'ISP accompagne chaque phase du projet : besoin, conception, réalisation, recette, mise en service, exploitation, fin de vie. À chaque phase, un livrable de sécurité ; entre deux phases, un jalon où la sécurité donne son accord.
  2. Au besoin : expression des besoins de sécurité (DICT), premiers ateliers EBIOS RM, niveau de la démarche d'homologation. À la conception : exigences au cahier des charges, architecture de sécurité revue, analyse de risque complète.
  3. À la réalisation et à la recette : plan d'assurance sécurité (PAS) du prestataire, durcissement, matrice de conformité, audit et test d'intrusion, vulnérabilités résiduelles. À la mise en service : la décision d'homologation.
  4. Après : maintien en condition de sécurité (veille, correctifs), revue annuelle, ré-homologation. En fin de vie : retrait des accès, effacement sûr des données. Le projet se termine ; la responsabilité, non.
7
phases suivies
du besoin à la fin de vie
4
jalons de décision
besoin · architecture · audit · homologation
≈ −40 %
non-conformités en homologation
mesuré sur le terrain, voir plus bas
1
plan d'assurance sécurité par prestataire
contractualisé avant la réalisation

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir quelle pièce produire à quelle phase (besoins DICT, exigences, architecture, PAS, matrice de conformité, audit, dossier d'homologation), et préparer un jalon : ce qui doit être prêt pour que la sécurité donne son accord.

Lecture RSSI · décider

L'ISP est le meilleur levier de coût : un écart trouvé en conception coûte une ligne à changer, trouvé en homologation une refonte et un retard. Exiger un jalon de sécurité dans la gouvernance des projets, au même titre que le budget et le planning.

ISP · LA SÉCURITÉ À CHAQUE PHASE DU PROJETJ0 · besoinsvalidésJ1 · revued’architectureJ2 · audit ettests passésJ3 · décisiond’homologationOpportunité,besoinbesoins DICTexpression desbesoins de sécuritéateliers 1 et 2Conceptionexigences aucahier des chargesarchitectureanalyse de risqueRéalisationPAS du prestatairedurcissementcode sécuriséconformité tracéeIntégration,recetteaudit, testd’intrusionvulnérabilitésrésiduellesMise enservicedossierd’homologationavis du comitédécision d’autoritéExploitation,MCSveille, correctifsrevue annuelleplan d’actionré-homologationFin de vieretrait des accèseffacement sûrarchivageclôtureILLUSTRATION · IMPACT POTENTIEL D’UNE CORRECTION TARDIVEEn conception : exigences et choixencore ajustables.En fin de projet : reprise d’architectureou retard possibles.
Fig. 7.1·aLa sécurité à chaque phase : livrables, jalons et impact possible d'une correction tardiveFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module décrit le processus d'intégration de la sécurité dans les projets : qui intervient, quand, avec quels livrables, et comment il prépare l'homologation au lieu de la subir.

Les livrables de sécurité, phase par phase

Chaque jalon pose une seule question ; le livrable y répond.

PhaseLivrable de sécuritéQuestion du jalon
Opportunité, besoinExpression des besoins de sécurité, niveau de la démarche d'homologationSait-on ce qu'on protège, et à quel niveau ?
ConceptionExigences au cahier des charges, architecture de sécurité, analyse de risqueL'architecture répond-elle aux risques retenus ?
RéalisationPlan d'assurance sécurité du prestataire, durcissement, matrice de conformitéCe qui est construit correspond-il à ce qui a été décidé ?
Intégration, recetteAudit, test d'intrusion, dossier des vulnérabilités résiduellesCe qui reste est-il connu et acceptable ?
Mise en serviceDossier et commission d'homologationL'autorité accepte-t-elle les risques résiduels ?
ExploitationMaintien en condition de sécurité, plan d'action, revue annuelleLe niveau de sécurité tient-il dans le temps ?

Qui fait quoi dans un projet (RACI simplifié)

R réalise, A approuve, C est consulté, I est informé.

ActivitéChef de projetArchitecteSécurité (RSSI)Autorité d'homologation
Besoins de sécurité (DICT)RCAI
Analyse de risqueCCRA
Architecture de sécuritéIRAI
Exigences au prestataire, PASRCAI
Audit, test d'intrusionCCRI
Décision d'homologationIICA

La sécurité ne dessine pas l'architecture à la place du projet : l'architecte la réalise, la sécurité l'approuve. C'est ce partage qui évite le « dossier de sécurité » écrit à côté du vrai système.

Du besoin de sécurité à la ré-homologation à regarder : les cinq ateliers d'EBIOS RM au milieu du projet, puis la décision et le maintien Plein écran

À retenir

  • La sécurité se décide au besoin, se vérifie à chaque jalon, se prouve à l'homologation.
  • Chaque phase a son livrable de sécurité ; chaque jalon, sa question.
  • Le prestataire s'engage par un plan d'assurance sécurité, contractualisé avant de construire.
  • Une correction tardive coûte une refonte : le jalon d'architecture est le plus rentable.

Pièges classiques

  • Appeler la sécurité à la recette « pour signer ».
  • Écrire des exigences génériques que personne ne peut vérifier.
  • Oublier le maintien en condition de sécurité dans le budget du projet.
  • Considérer l'homologation comme la fin du sujet.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Le projet est en conception et l'architecture prévoit un accès d'administration direct depuis Internet. Que fait la sécurité au jalon ?

    Elle refuse le jalon ou le conditionne : l'administration passera par un bastion depuis une zone dédiée. L'écart se corrige maintenant pour le prix d'une ligne de schéma, au lieu d'une refonte découverte à l'audit.

  2. Qu'est-ce qu'un PAS, et quand l'exige-t-on ?

    Le plan d'assurance sécurité décrit comment le prestataire respecte les exigences de sécurité du projet (organisation, moyens, contrôles). On l'exige dans la consultation et on le contractualise avant la réalisation, pour pouvoir ensuite l'auditer.

  3. Pourquoi fixer le niveau de la démarche d'homologation dès le besoin ?

    Parce qu'il détermine les pièces à produire (analyse de risque plus ou moins complète, audits, plans), donc le budget et le planning. Le découvrir à la fin, c'est découvrir des travaux non prévus.

7.2Homologation et conformité

L'homologation de sécurité

Homologuer, c'est faire décider par une autorité, en connaissance de cause, qu'un système peut être mis en service avec les risques qui restent. C'est une décision de responsabilité, pas un certificat technique.

  • Intermédiaire
  • 22 min
  • homologation
  • ANSSI
  • commission
  • risque résiduel

L'essentiel en 30 secondes

  1. L'homologation est la décision formelle d'une autorité d'homologation, proche du métier, d'accepter les risques résiduels d'un système d'information avant sa mise en service. Elle est obligatoire pour les SI soumis notamment à l'IGI 1300, à l'II 901, au RGS ou aux règles des SIIV ; l'ANSSI la recommande pour tous.
  2. Le guide de l'ANSSI et de la DINUM d'avril 2025 la ramène à quatre étapes : constituer le comité d'homologation ; fixer le niveau de la démarche (simplifié, intermédiaire ou renforcé, selon la criticité et l'exposition) ; évaluer les pièces et rendre un avis ; tenir la commission.
  3. Le dossier est proportionné au niveau : document d'accompagnement, dossier d'architecture, matrice de conformité, analyse de risque, procédures et plans de maintien en condition, plan d'action, plan de résilience, audits, historique du système.
  4. La décision est limitée dans le temps : l'IGI 1300 fixe 3 ans au plus pour Secret et 2 ans pour Très Secret. En l'absence de durée réglementaire, l'ANSSI recommande de ne pas dépasser 3 ans. L'autorité fixe la durée adaptée, sans renouvellement automatique ; les engagements restent suivis entre deux décisions.
4
étapes
guide ANSSI et DINUM, 2025
3
niveaux de démarche
simplifié · intermédiaire · renforcé
≤ 3 ans
durée d'une homologation
≤ 2 ans en Très Secret
1 par an
revue de sécurité
entre deux homologations

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir constituer un dossier d'homologation au bon niveau, rédiger un dossier des vulnérabilités résiduelles (vulnérabilité, mesure compensatoire, risque restant, échéance) et préparer ce qui sera montré en commission.

Lecture RSSI · décider

L'homologation engage l'autorité, pas l'équipe technique : le rôle du RSSI est d'animer le comité et de rendre un avis clair. Un bon dossier tient en peu de pages, montre l'architecture d'un coup d'œil et donne à chaque risque résiduel un propriétaire et une échéance.

GUIDE ANSSI · DINUM (AVRIL 2025) · HOMOLOGUER EN QUATRE ÉTAPESHomologuédurée fixée par l’autoritéAvec réservesplan d’action et échéancesRefuspas de mise en service1 · Constituerle comitéRSSI, métiers,experts2 · Fixerla démarchecriticité, exposition3 · Évalueret rendre un avisdossier proportionné4 · Commissionsi requiseavis à l’autoritéDécision del’autoritéSIMPLIFIÉINTERMÉDIAIRERENFORCÉAméliorer en continurevue annuelle, MCS, plan d’actionRÉ-HOMOLOGATIONLa commission formule un avis ; l’autorité décide et accepte les risques résiduels.Guide 2025 : commission obligatoire en démarche renforcée.IGI 1300 : Secret ≤ 3 ans, Très Secret ≤ 2 ans. Hors durée réglementaire, recommandation ANSSI : ≤ 3 ans.Réexaminer lors d’un changement majeur ; aucun renouvellement automatique.
Fig. 7.2·aHomologation : préparer l'avis, faire décider l'autorité et suivre les engagementsFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module explique l'homologation telle que la décrit le guide de 2025 : qui décide, comment se proportionne la démarche, ce que contient le dossier et comment se tient une commission.

Les pièces du dossier d'homologation

Ce que chaque pièce démontre, et l'erreur qui la rend inutile.

Vérifié le 11/10/2026

PièceCe qu'elle démontreErreur fréquente
Document d'accompagnementLe système dans son contexte, et pourquoi ce niveau de démarcheUn copier-coller de la présentation du projet
Dossier d'architecture techniqueComposants, flux, zones, administrationUn schéma illisible ou périmé
Matrice de conformitéChaque exigence applicable, son statut et sa preuveDes « conforme » sans preuve ni date
Analyse de risqueLes risques, leur traitement, le résiduelUne liste de menaces génériques sans lien avec le système
Procédures, plans de maintien en conditionComment le système est exploité et maintenu sûrDes documents d'organisation jamais déclinés pour ce système
Plan d'actionLes écarts restants, avec responsable et échéanceDes actions sans date
Plan de résilience, audits, historiqueLa capacité à reprendre, les contrôles passés, les incidentsDes audits trop anciens pour être représentatifs

Le guide de 2025 rappelle que la documentation doit exister pour exploiter le système, et non être écrite pour l'homologation ; les pièces sont protégées selon le besoin d'en connaître.

Les acteurs et les trois lignes de maîtrise

Qui fait quoi, du technicien à l'autorité.

Vérifié le 11/10/2026

ActeurRôleCe qu'on attend de lui
Autorité d'homologationDécide de l'emploi du système et accepte les risques résiduelsÊtre proche du métier ; décider par écrit
Comité d'homologationRassemble métier, technique et sécurité ; émet un avisUn avis motivé, des réserves précises
RSSI (deuxième ligne)Anime le comité, conduit la démarcheUn dossier proportionné et lisible
Équipes techniques (première ligne)Produisent la documentation, mettent en œuvre les mesuresDes preuves à jour
Audit, conseiller sécurité numérique (troisième ligne)Contrôle indépendantDes constats exploitables
ANSSIPeut siéger à toute commission ; membre de droit quand le SGDSN est l’autoritéAvis technique, agrément des dispositifs

Durée et contrôles selon le texte applicable

La durée maximale et les audits viennent du texte, pas d'un choix de confort.

Vérifié le 11/10/2026

TexteDurée maximaleContrôles spécifiques
IGI 1300 · Secret3 ansAudits de conformité, technique et organisationnel ; TEMPEST ; avis d'aptitude physique des locaux
IGI 1300 · Très Secret2 ansLes mêmes. Autorité : l’AQSSI, ou le SGDSN (ANSSI par délégation) si classification spéciale
RGS, SIIVSelon le texte ; 3 ans recommandésAudits d'organisation, de configuration et d'architecture par un prestataire qualifié (PASSI)
Sans texte imposant une durée3 ans recommandés par l'ANSSISelon la PSSI de l'organisme et le niveau de la démarche

À retenir

  • L'homologation est une décision de l'autorité, sur avis du comité : une acceptation de risques, pas un certificat.
  • Quatre étapes, trois niveaux de démarche, un dossier proportionné.
  • Trois ans au plus, deux en Très Secret, jamais de renouvellement automatique.
  • Entre deux homologations : revue annuelle et plan d'action suivi.

Pièges classiques

  • Écrire des documents pour la commission au lieu de documenter le système pour l'exploiter.
  • Présenter un dossier de cent pages que l'autorité ne lira pas.
  • Appeler « test » un environnement qui traite en réalité des données de production.
  • Laisser expirer une homologation sans plan de ré-homologation.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un système de test sans donnée réelle, sans lien avec la production, doit-il être homologué ?

    Non, selon le guide de 2025 : l'homologation porte sur l'emploi en conditions réelles. Elle devient obligatoire avant le passage en production, ou dès que de vraies données y sont traitées.

  2. Comment choisir entre démarche simplifiée, intermédiaire et renforcée ?

    En évaluant la criticité du système pour l'organisation et son exposition aux sources de risque : un site vitrine ou un poste isolé peu critique relève du simplifié, un système traitant des données personnelles de l'intermédiaire, un système sensible ou critique du renforcé.

  3. Que se passe-t-il si l'autorité ne peut pas décider ?

    Les points bloquants sont traités et le dossier est présenté à nouveau. La commission, lorsqu'elle est réunie, formule un avis ; l'autorité peut décider avec réserves, un plan d'action et une durée adaptée. Sa décision et l'acceptation des risques résiduels sont formalisées par écrit.

7.3Homologation et conformité

Les textes de l'État et de la défense : IGI 1300, II 901, IM 900

Le niveau de l'information désigne le texte applicable, et le texte fixe les exigences : produits agréés, homologation, durée, audits. Savoir lire cette chaîne, c'est savoir cadrer un projet sensible dès le premier jour.

  • Intermédiaire
  • 22 min
  • IGI 1300
  • II 901
  • IM 900
  • IGI 1337
  • NIS 2

L'essentiel en 30 secondes

  1. L'IGI 1300 (2021) protège le secret de la défense nationale : depuis le 1er juillet 2021, deux niveaux, Secret et Très Secret (l'ancien Confidentiel Défense correspond désormais au Secret). Un SI classifié est homologué avant emploi et s'appuie par défaut sur des dispositifs agréés. L'ANSSI peut siéger à chaque commission ; elle est membre de droit lorsque le SGDSN est l'autorité (Très Secret à classification spéciale, notamment).
  2. L'II 901 (2015) couvre les SI sensibles, dont ceux qui traitent de l'information Diffusion Restreinte (DR) : socle de sécurité, PSSI, homologation, exigences d'architecture, chiffrement par des produits agréés quand l'information DR sort du SI. DR est une mention de protection, pas un niveau de classification.
  3. L'IM 900 (arrêté du 27 août 2025, en vigueur le 1er novembre 2025) décline au ministère des Armées la protection de l'information et des données, dont le secret et la Diffusion Restreinte.
  4. Autour : l'IGI 1337 et la PSSIE (gouvernance de la sécurité numérique de l'État), le RGS (échanges avec l'administration), la LPM et les SIIV (opérateurs d'importance vitale), NIS 2 et le référentiel ReCyF de l'ANSSI (entités essentielles et importantes), le RGPD.
2
niveaux de classification
Secret · Très Secret, depuis 2021
DR
mention de protection
relève de l'II 901, pas de l'IGI 1300
200+
exigences dans mes matrices
IGI 1300 · II 901 · IM 900 · PSSI
3
labels à ne pas confondre
certification · qualification · agrément

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir déterminer le texte applicable à partir du niveau de l'information, citer ce qu'il impose (homologation, produits, audits, durée), et tenir une matrice de conformité qui relie chaque exigence à sa preuve.

Lecture RSSI · décider

Le texte applicable se décide au cadrage, avec le niveau de l'information : il conditionne les produits, l'hébergement, les habilitations, les audits et le calendrier. Un niveau mal cadré est l'erreur la plus coûteuse d'un projet sensible.

LE NIVEAU DE L’INFORMATION DÉTERMINE LE RÉGIME DE PROTECTIONNON CLASSIFIÉCLASSIFIÉ · DEUX NIVEAUXLa mention DR ne constitue pas une classification.Secret de la défense nationale · IGI 1300Non classifiéhors DRProtection selon le contextePSSI, données personnelleset autres obligationsDiffusionRestreinteMENTION DE PROTECTIONII 901 · SI sensiblePSSI et homologationchiffrement agréé en sortieSecretIGI 1300dispositifs agrééshomologation ≤ 3 anshabilitations et auditsTrès SecretIGI 1300homologation ≤ 2 anshabilitations et auditsautorité selon le régimeet la classification spécialeARMÉES · IM 900 : DÉCLINAISON MINISTÉRIELLE SELON LE PÉRIMÈTRETEXTES TRANSVERSES · SELON L’ORGANISME, L’ACTIVITÉ ET LES DONNÉESÉtat : IGI 1337, PSSIE, RGS · secteurs réglementés : LPM/SIIV, NIS 2 et textes applicables.Données personnelles : RGPD · prescriptions complémentaires selon le régime de protection.
Fig. 7.3·aNon classifié, mention DR, Secret et Très Secret : distinguer les régimes de protectionFaire défiler horizontalement pour lire la suite.

Ce module donne la carte des textes rencontrés sur un SI de l'État ou de la défense : lequel s'applique, ce qu'il impose, et comment s'y retrouver entre agrément, qualification et certification.

Quel texte pour quel système

Le niveau de l'information désigne le texte ; le texte désigne les exigences.

Vérifié le 11/10/2026

TexteCe qu'il couvreExigences pharesQui est concerné
IGI 1300 (2021)Secret de la défense nationale : SI classifiés Secret et Très SecretHomologation, dispositifs agréés, audits dont TEMPEST, habilitationsAdministrations, industriels de défense habilités
II 901 (2015)SI sensibles, information Diffusion RestreintePSSI, homologation, architecture, chiffrement agréé en sortie du SIAdministrations et organismes qui traitent du DR
IM 900 (2021)Protection du secret et des informations DR et sensibles au ministère des ArméesOrganisation, rôles, règles internes au ministèreMinistère des Armées et ses partenaires
IGI 1337 (2022), PSSIEGouvernance de la sécurité numérique de l'ÉtatRôles (HFDS, FSSI, AQSSI, CSN, RSSI), instances, règles de sécuritéMinistères et établissements publics
RGSÉchanges électroniques entre usagers et administrationsHomologation, produits et prestataires qualifiésAutorités administratives
LPM, SIIVSystèmes d'importance vitale des opérateurs d'importance vitaleHomologation, audits, détection, déclaration d'incidentsOpérateurs désignés
NIS 2, ReCyFEntités essentielles et importantes (directive européenne)Gestion du risque, notification d'incidents ; ReCyF : mesures recommandées par l'ANSSIDes milliers d'entités, selon le secteur et la taille

Lors de la dernière vérification, la loi française de transposition de NIS 2 restait en cours d'adoption ; l'ANSSI a publié le ReCyF en mars 2026 comme document de travail. Relire l'état du texte avant tout engagement.

Agrément, qualification, certification : ne pas confondre

Trois labels de l'État, trois usages.

Vérifié le 11/10/2026

LabelCe qu'il attesteExemple d'usage
Certification (CSPN, Critères communs)Un produit a résisté à une évaluation de sécurité menée par un laboratoire agrééChoisir un produit dont la robustesse a été évaluée
Qualification (élémentaire, standard, renforcée)Un produit ou un prestataire est recommandé par l'État après évaluation et contrôle de conformitéPrestataires d'audit (PASSI), de réponse aux incidents (PRIS), de détection (PDIS) ; offres SecNumCloud
AgrémentUn dispositif est autorisé à protéger de l'information classifiée ou Diffusion RestreinteChiffreurs pour le DR (II 901) et pour le classifié (IGI 1300)

Les acteurs de la sécurité des SI de l'État

Qui fixe, qui contrôle, qui décide.

ActeurRôle
SGDSNCoordonne la politique de sécurité nationale ; l'ANSSI lui est rattachée
ANSSIAutorité nationale de sécurité des SI : doctrine, agrément, qualification. Elle peut siéger à toute commission d'homologation classifiée et en est membre de droit quand le SGDSN est l'autorité
HFDS, FSSIHaut fonctionnaire de défense et de sécurité, et fonctionnaire de sécurité des SI, dans chaque ministère
AQSSIAutorité qualifiée pour la sécurité des SI, responsable de son périmètre
Autorité d'homologationDécide de l'emploi d'un SI et accepte ses risques résiduels
RSSI, OSSI, CSNConduisent la sécurité au quotidien et la démarche d'homologation

À retenir

  • Le niveau de l'information désigne le texte ; le texte désigne les exigences.
  • Secret et Très Secret relèvent de l'IGI 1300 ; Diffusion Restreinte relève de l'II 901.
  • Agréé, qualifié et certifié sont trois labels, pour trois usages.
  • Une seule matrice de conformité : une ligne par exigence, une preuve par ligne.

Pièges classiques

  • Parler de « Confidentiel Défense » : ce niveau n'existe plus depuis 2021.
  • Traiter le DR comme un niveau de classification : c'est une mention de protection.
  • Choisir un chiffreur « reconnu sur le marché » au lieu d'un produit agréé pour le niveau visé.
  • Tenir une matrice par texte : elles divergent dès la première mise à jour.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un système doit traiter de l'information Diffusion Restreinte et l'échanger avec un autre site. Quels textes et quelles exigences ?

    L'II 901 : SI homologué, socle de sécurité et PSSI, architecture conforme, et chiffrement de l'information DR qui sort du SI par un produit agréé. Au ministère des Armées, l'IM 900 précise l'organisation interne.

  2. Quelle différence entre un produit qualifié et un produit agréé ?

    La qualification est une recommandation de l'État après évaluation (niveaux élémentaire, standard, renforcé) ; l'agrément autorise un dispositif à protéger de l'information classifiée ou Diffusion Restreinte. Pour du classifié, c'est l'agrément qui est exigé par défaut.

  3. Un ancien document est marqué « Confidentiel Défense ». À quoi correspond-il aujourd'hui ?

    Depuis le 1er juillet 2021, l'ancien Confidentiel Défense correspond au niveau Secret, et l'ancien Secret Défense au Très Secret. Les règles de transition du décret de 2019 encadrent le traitement des anciens marquages.

7.4Homologation et conformité

SMSI, ISO 27001 et référentiels

Un SMSI n'est pas un classeur : c'est un cycle qui transforme une politique en preuve, et une preuve en décision.

  • Intermédiaire
  • 26 min
  • ISO 27001
  • CSF 2.0
  • NIS2
  • CRA

L'essentiel en 30 secondes

  1. ISO/IEC 27001:2022 : les clauses 4 à 10 décrivent le système (contexte, leadership, planification, support, fonctionnement, évaluation, amélioration) ; l'Annexe A liste 93 mesures en 4 thèmes.
  2. La déclaration d'applicabilité (SoA) est le document le plus lu en audit : chaque mesure y est incluse ou exclue, avec justification.
  3. Déclaré ≠ testé : un contrôle devient prouvé par une exécution tracée (date, opérateur, résultat). Le reste est une intention documentée.
  4. Les référentiels ne s'empilent pas : on choisit un pivot (souvent CSF 2.0 ou ISO 27001) et on y rattache NIS2, DORA, CRA et RGPD au lieu de maintenir quatre copies.
93
mesures de l'Annexe A
37 org · 8 personnes · 14 physiques · 34 techno
7
clauses pour le système
de la clause 4 à la clause 10
3 ans
cycle de certification
audit initial puis surveillances annuelles
24 h / 72 h
délais de notification
selon le régime applicable

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir ce qu'un auditeur vérifie à chaque clause d'ISO 27001, ce qu'est une déclaration d'applicabilité, et comment rattacher plusieurs référentiels à un seul pivot.

Lecture RSSI · décider

Un SMSI se juge à ses traces : une politique signée, des revues tenues, des non-conformités analysées. Choisir un référentiel pivot évite d'entretenir quatre vérités différentes.

La conformité n'est utile que si elle change des décisions techniques. Ce module donne la mécanique du SMSI, la carte des référentiels et les obligations de notification qu'il faut connaître sans les confondre.

ISO 27001:2022 — clauses 4 à 10 : ce que l'auditeur vérifie

Le système de management, avant même les mesures techniques.

ClauseExigencePreuve typiquement demandéeÉcart classique
4 · ContexteComprendre l'organisation, les parties intéressées, définir le périmètre du SMSI.Analyse de contexte, périmètre documenté, cartographie des parties intéresséesPérimètre flou : les filiales ou le cloud sont « dedans mais pas vraiment »
5 · LeadershipDirection impliquée : politique, rôles, responsabilités, moyens.Politique signée, comptes rendus de comité, définition de rôlesPolitique signée il y a trois ans, jamais revue, jamais déclinée
6 · PlanificationAppréciation des risques, traitement, déclaration d'applicabilité, objectifs.Méthode d'appréciation, registre de risques, SoA, objectifs mesurablesRisques identifiés sans propriétaire ni échéance
7 · SupportRessources, compétences, sensibilisation, communication, informations documentées.Matrice de compétences, plan de sensibilisation, gestion documentaireSensibilisation annuelle générique, sans mesure d'efficacité
8 · FonctionnementMettre en œuvre ce qui a été planifié, maîtriser les prestataires et les évolutions.Procédures appliquées, suivi des changements, contrats fournisseursProcédures écrites jamais suivies : le document vit sa vie
9 · ÉvaluationSurveillance, mesure, audit interne, revue de direction.Programme d'audit, rapports d'audit interne, revue de direction annuelleAuto-évaluation déguisée en audit interne : la même personne contrôle son travail
10 · AméliorationNon-conformités, actions correctives, amélioration continue.Fiches de non-conformité, actions correctives, suivi d'efficacitéNon-conformités fermées sans analyse de cause racine

Un SMSI se juge à ses traces : si une exigence n'a pas de preuve datée, elle n'existe pas pour un auditeur.

Annexe A : quatre thèmes, 93 mesures

La répartition à connaître, avec ce qui rate le plus souvent dans chaque thème.

ThèmeNombreExemplesCe qui rate le plus souvent
Organisationnelles (A.5)37Politiques, rôles et responsabilités, gestion des incidents, continuité, relations fournisseurs, menaces liées au cloudPolitiques écrites jamais déclinées dans les outils ; fournisseurs jamais évalués ni revus
Personnes (A.6)8Sélection, sensibilisation, télétravail, signalement des incidents, fin de contratSensibilisation annuelle générique, sans mesure d'efficacité ni retour d'expérience
Physiques (A.7)14Zones sécurisées, accès physique, bureaux, équipements, destruction de supportsAccès physiques des prestataires accordés puis jamais revus
Technologiques (A.8)34Identité, chiffrement, journalisation, sécurité des développements, réseau, sauvegardes, cloudJournalisation activée mais non testée ; secrets hors coffre ; sauvegardes non restaurées

La SoA justifie l'inclusion ou l'exclusion de chaque mesure : « non applicable, voici pourquoi » est une réponse valable — « on verra plus tard » n'en est pas une.

Carte des référentiels : lequel utiliser pour quoi

Neuf textes qui reviennent en permanence, et le piège d'usage de chacun.

Vérifié le 26/09/2026

RéférentielNatureCe qu'il apportePiège d'usage
ISO/IEC 27001:2022 (+ Amd 1:2024)Exigences certifiables pour un SMSI ; l'amendement 2024 ajoute le changement climatique au contexte (4.1, 4.2)Un système managé, auditable et reconnu en EuropeConfondre certification et sécurité réelle : on certifie un système, pas un niveau de résistance
ISO/IEC 27002:2022Recueil de mesures (guide)Le détail des 93 mesures et un vocabulaire communLe présenter comme une exigence : c'est un guide, pas un cahier des charges
NIST CSF 2.0Cadre volontaire (6 fonctions, 22 catégories)Excellent pivot pour rattacher plusieurs réglementationsRépondre oui/non sans preuve : le taux de couverture devient décoratif
CIS Controls v8.118 contrôles opérationnels priorisésLe langage de l'exploitation, très concretLe suivre seul et ignorer la gouvernance et le risque
SOC 2Attestation (critères de confiance)Attendu par les clients SaaS anglo-saxonsCroire qu'il remplace ISO 27001 — ou l'inverse : les périmètres diffèrent
NIS2Directive UE (art. 21 mesures, art. 23 notification)Obligation juridique avec délais et responsabilité de la directionAttendre la transposition nationale : les obligations s'imposent déjà par contrat
DORARèglement UE (secteur financier)Risque TIC, incidents, tests de résistance, prestataires tiersOublier le registre des prestataires et la capacité de sortie (réversibilité)
CRARèglement UE (produits comportant du numérique)Sécurité produit, SBOM, notification des vulnérabilités exploitéesNe pas qualifier son périmètre : fabricant, importateur et distributeur ont des rôles différents
RGPDRèglement UE (données personnelles)Protection des personnes, analyse d'impact, notification sous 72 hLe traiter comme un sujet purement juridique, déconnecté de la sécurité

Un seul pivot, plusieurs déclinaisons : maintenir quatre copies d'un même contrôle aboutit toujours à quatre vérités différentes.

Notifications : qui, quoi, quand

Quatre régimes, des délais courts, et une procédure unique à écrire avant l'incident.

Vérifié le 26/09/2026

RégimeDéclencheurDélaisPiège
CRAVulnérabilité activement exploitée ou incident grave affectant un produit.Vulnérabilité : 24 h (alerte précoce) · 72 h (notification) · 14 j après le correctif (rapport final). Incident grave : 24 h · 72 h · 1 moisNe pas savoir qui notifie : c'est le fabricant, pas le client
NIS2Incident significatif dans une entité essentielle ou importante.24 h (alerte) · 72 h (évaluation initiale) · 1 mois (rapport final)Confondre « significatif » et « grave » : les critères sont écrits, il faut les lire avant
RGPDViolation de données personnelles susceptible d'engendrer un risque pour les personnes.72 h auprès de l'autorité de contrôle ; information des personnes si risque élevéAttendre la fin de l'investigation pour prévenir : le délai court dès la connaissance
DORAIncident lié aux technologies avec impact majeur sur les services financiers.4 h après classification comme majeur (au plus tard 24 h après la connaissance) · 72 h (rapport intermédiaire) · 1 mois (rapport final) — règlement délégué (UE) 2025/301Isoler le sujet « incident TIC » de la classification d'incident : les deux se recoupent

Un incident peut déclencher les quatre : la procédure doit désigner un décideur, trois canaux et un modèle de notification prêt à remplir.

SMSI ISO 27001 — la boucle qui transforme une politique en preuve à regarder : la non-conformité qui revient vers la mise en œuvre, pas vers le document Plein écran
NIST CSF 2.0 — six fonctions et rôle de pivot à regarder : GOUVERNER en position transversale, d'où tout se décline Plein écran

À retenir

  • Un contrôle se prouve par une exécution tracée : date, opérateur, résultat — sinon il est déclaré, pas testé.
  • La déclaration d'applicabilité porte la logique : ce qui est exclu doit être justifié, pas oublié.
  • Un référentiel pivot évite de maintenir quatre vérités parallèles (NIS2, DORA, CRA, RGPD).
  • Les délais de notification courent dès la connaissance de l'incident, pas à la fin de l'investigation.

Pièges classiques

  • Faire de la conformité un exercice documentaire : le classeur est beau, les contrôles ne tournent pas.
  • Confondre audit interne et auto-évaluation : celui qui conçoit ne peut pas être seul à contrôler.
  • Fermer une non-conformité sur la déclaration « c'est corrigé » sans test de non-régression.
  • Répondre « conforme » partout pour rassurer : l'écart réel se découvre toujours, et plus cher.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Quelle est la différence entre une mesure incluse dans la SoA et une mesure testée ?

    Incluse : la mesure est déclarée applicable et s'applique dans le périmètre. Testée : on a vérifié par une exécution tracée qu'elle fonctionne réellement. Beaucoup d'organisations ont la première sans la seconde — c'est exactement ce que l'auditeur cherche à distinguer.

  2. Un incident touche des données personnelles et concerne aussi un produit logiciel. Que faire ?

    Appliquer la procédure unique : qualification (RGPD + CRA, voire NIS2 selon le secteur), désignation du décideur, notification à 72 h pour le RGPD et 24 h/72 h pour le CRA, communication coordonnée, puis retour d'expérience. Les régimes se cumulent, ils ne se remplacent pas.

  3. Pourquoi choisir un référentiel pivot plutôt qu'une matrice par réglementation ?

    Parce que les contrôles sont les mêmes à 80 % : un pivot (CSF 2.0 ou ISO 27001) évite de maintenir plusieurs vérités divergentes, permet de prouver une fois et de décliner vers NIS2, DORA, CRA et RGPD sans recompter.

7.5Homologation et conformité

Tiers et chaîne d'approvisionnement

Un fournisseur est une extension du SI : ses accès, ses sous-traitants et ses défaillances deviennent ceux de l'organisation.

  • Intermédiaire
  • 20 min
  • TPRM
  • DORA
  • NIS 2
  • réversibilité

L'essentiel en 30 secondes

  1. La gestion des tiers (TPRM) proportionne l'effort à la criticité : un prestataire qui détient des données ou un accès d'administration ne se traite pas comme un fournisseur de fournitures.
  2. Le contrat est un contrôle : droit d'audit, notification des incidents, localisation des données, sous-traitance encadrée, réversibilité et stratégie de sortie.
  3. DORA impose aux entités financières un registre d'information de tous les accords TIC et des stratégies de sortie ; NIS 2 (art. 21, § 2, d) fait de la sécurité de la chaîne d'approvisionnement une mesure obligatoire.
  4. La confiance se vérifie dans le temps : preuves à jour, suivi des incidents, et accès techniques du prestataire traités comme des accès à privilèges.
3
niveaux de criticité
exigences proportionnées
1
registre d'information DORA
tous les accords TIC, tenu à jour
19
prestataires TIC critiques désignés
autorités européennes, 18/11/2025

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir classer un tiers par criticité, lister les clauses qui comptent (accès, sous-traitance, notification, audit, réversibilité) et relier un tiers à l'atelier 3 d'EBIOS RM.

Lecture RSSI · décider

Un fournisseur critique est une extension du SI : ses accès, ses sous-traitants et sa sortie se décident au contrat. Exiger un registre des tiers critiques et une stratégie de sortie pour chacun.

Les autres modules sécurisent ce que l'organisation opère ; celui-ci traite ce qu'elle confie à d'autres. Il donne une méthode de classement des tiers, les clauses qui comptent, les exigences de DORA et de NIS 2, et la façon de garder la main sur les accès des prestataires.

Classer les tiers par criticité

Trois niveaux ; l'effort de vérification suit le niveau, pas la taille du contrat.

NiveauCritèresExigences à l'entréeSuivi
CritiqueSoutient une fonction critique, détient des données sensibles ou dispose d'un accès d'administration ; difficile à remplacer.Analyse de risque, preuves d'audit (ISO 27001 au périmètre vérifié, rapport SOC 2 de type II), clauses complètes, plan de sortie.Revue annuelle, suivi des incidents, audit possible, plan de sortie testé
ImportantAccès à des données internes ou connexion au SI ; remplaçable en quelques mois.Questionnaire de sécurité, certifications, clauses de notification et de confidentialité.Revue tous les deux ans, preuves mises à jour
StandardNi données sensibles ni accès au SI.Clauses contractuelles types.Revue à l'échéance du contrat

Le périmètre d'une certification se lit : un certificat ISO 27001 qui couvre le siège social ne dit rien du service réellement fourni.

Les clauses qui font la différence

Six clauses ; chacune a un signe d'alerte reconnaissable à la lecture.

ClauseCe qu'elle garantitSigne d'alerte
Notification d'incidentDélai et contenu de la notification, contact d'astreinte.« Dans les meilleurs délais », sans durée chiffrée
Droit d'audit et d'accèsAccès aux preuves, audit sur place ou mutualisé, suivi des écarts.Audit refusé, ou limité aux documents commerciaux
Sous-traitanceListe des sous-traitants, information préalable, obligations répercutées en cascade.Sous-traitance libre, sans information
Localisation et droit applicableLieux de traitement et de stockage, juridiction, accès des autorités étrangères.Localisation « selon les besoins du service »
Réversibilité et sortieRestitution des données dans un format exploitable, assistance à la transition, délais.Restitution en format propriétaire, sans délai garanti
Sécurité et niveaux de serviceExigences minimales, indicateurs, pénalités, résiliation pour manquement.Aucune exigence de sécurité mesurable

DORA et NIS 2 : ce qu'ils imposent sur les tiers

Deux textes, une même logique : connaître ses dépendances, les encadrer par contrat, pouvoir en sortir.

Vérifié le 27/09/2026

TexteExigenceConséquence pratique
DORA · art. 28Stratégie de risque lié aux tiers TIC, registre d'information de tous les accords, évaluation avant contrat, stratégies de sortie pour les fonctions critiques.Registre tenu à jour et remis chaque année à l'autorité ; plan de sortie testé pour les prestataires critiques
DORA · art. 30Dispositions contractuelles essentielles : description des services, localisation, niveaux de service, notification d'incident, droits d'accès et d'audit, résiliation.Contrats revus, avenants pour les accords existants
DORA · art. 31 et suivantsSurveillance directe des prestataires TIC critiques par les autorités européennes de surveillance.19 prestataires désignés le 18/11/2025 ; cette surveillance n'exonère pas l'entité de sa propre gestion du risque
NIS 2 · art. 21, § 2, d)Sécurité de la chaîne d'approvisionnement, y compris les relations avec les fournisseurs directs.Exigences de sécurité dans les contrats, évaluation des fournisseurs
NIS 2 · art. 21, § 3Tenir compte des vulnérabilités propres à chaque fournisseur direct et de la qualité de ses pratiques, développement sécurisé compris.Évaluation fournisseur par fournisseur, pas un questionnaire unique

Registre d'information : modèles fixés par le règlement d'exécution (UE) 2024/2956, collecte annuelle par les autorités nationales pour les autorités européennes. Liste des prestataires critiques publiée par l'EBA, l'EIOPA et l'ESMA.

Tiers — le cycle de vie d'un fournisseur à regarder : le passage de relais entre métier et sécurité à chaque étape, et la réévaluation qui revient au classement Plein écran

À retenir

  • L'effort se proportionne à la criticité : données sensibles, accès d'administration et difficulté de remplacement.
  • Le contrat est un contrôle : notification chiffrée, audit, sous-traitance, localisation, réversibilité.
  • Les accès techniques d'un prestataire sont des accès à privilèges : nominatifs, bornés, enregistrés, révocables.
  • Un plan de sortie non testé ne permet pas de sortir : il se répète pour les prestataires critiques.

Pièges classiques

  • Envoyer le même questionnaire de 300 questions à tous les fournisseurs, puis ne rien en faire.
  • Accepter une certification sans lire son périmètre.
  • Oublier les sous-traitants du sous-traitant : l'incident vient souvent du rang 2.
  • Laisser un compte de télémaintenance permanent et partagé « parce que le contrat le prévoit ».
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un éditeur SaaS critique refuse tout audit. Que faire ?

    Demander des preuves indépendantes équivalentes (rapport SOC 2 de type II récent, certificat ISO 27001 au périmètre vérifié, résultats de tests d'intrusion), proposer un audit mutualisé avec d'autres clients, et compenser par des contrôles côté client (journaux, chiffrement, réversibilité). Pour une fonction critique d'une entité soumise à DORA, le droit d'accès et d'audit n'est pas négociable.

  2. Que contient une stratégie de sortie crédible ?

    Les données à récupérer et leur format, une solution de remplacement identifiée, la durée et le coût de la transition, l'assistance contractuelle du prestataire sortant, et un test daté, au moins sur table. Sans ces éléments, la dépendance est subie.

  3. Comment traiter les accès de télémaintenance d'un prestataire ?

    Comme des accès à privilèges : comptes nominatifs, passage par un bastion ou un courtier d'accès, activation à la demande et limitée dans le temps, session enregistrée, revue régulière et révocation immédiate en fin de contrat.

08
Chapitre · 3 modules

Données, applications, postes

Protéger ce qui a de la valeur : clés et chiffrement, API et applications, poste de travail, messagerie et SaaS.

8.1Données, applications, postes

Cryptographie, clés et données

Chiffrer ne suffit pas : la vraie question est qui détient la clé, pour combien de temps, et comment on la remplace.

  • Intermédiaire
  • 22 min
  • KMS
  • PKI
  • secrets
  • post-quantique

L'essentiel en 30 secondes

  1. Trois états à couvrir : au repos, en transit, et en usage (le plus souvent oublié, et le plus difficile).
  2. Un secret qui vit dans le code, un ticket ou un état d'infrastructure n'est pas protégé : il est seulement en attente de fuite.
  3. KMS, HSM, PKI interne et coffre de secrets sont quatre usages différents — un seul secret partagé partout est le contraire d'une architecture.
  4. Post-quantique : le risque est présent (intercepter aujourd'hui pour déchiffrer demain) ; la réponse commence par l'agilité — inventaire, algorithmes paramétrables, rotation répétée.
3
états à couvrir
repos · transit · usage
4
niveaux de classification
public · interne · confidentiel · secret
4
vagues post-quantiques
inventaire → hybridation → signatures → retrait
3
conditions d'agilité
paramétrable · multi-algorithmes · rotation testée

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir dire qui détient la clé dans chaque modèle (fournisseur, service de clés, clé apportée, clé détenue), distinguer KMS, HSM, PKI et coffre de secrets, et appliquer un niveau de classification.

Lecture RSSI · décider

La question n'est pas « est-ce chiffré ? » mais « qui détient la clé, et peut-on la renouveler ? ». Pour l'information sensible ou classifiée, le texte impose le produit : le choix se fait au cadrage.

La cryptographie est le dernier rempart : quand tout le reste est tombé, c'est elle qui protège encore la donnée. Ce module couvre la détention des clés, la gestion des secrets, la classification des données et la trajectoire post-quantique.

Qui détient la clé ? Quatre modèles

Le même chiffrement ne protège pas la même chose selon qui contrôle la clé.

ModèleCe que ça protègeCe que ça ne protège pasCas d'usage
Clé gérée par le fournisseurL'accès au support physique et les erreurs d'exploitation de bas niveau.Une injonction légale visant le fournisseur, ou une compromission de son plan de contrôle.Données peu sensibles, services managés, rapidité de mise en œuvre
Clé gérée par le client (dans son compte)La séparation des périmètres : un accès perdu chez le client ne donne pas la donnée.Une mauvaise politique de clé côté client : wildcard, clé partagée, rotation absente.Données métier sensibles, environnements multi-comptes
Clé détenue hors du cloud (BYOK / HYOK)Le contrôle juridique et opérationnel de la clé racine.La disponibilité : perdre la clé, c'est perdre la donnée.Exigences de souveraineté, données réglementées
Clé matérielle (HSM)L'extraction de la clé : elle ne sort pas du module.Le mauvais usage fait avec la clé depuis l'application autorisée.Signature, PKI racine, chiffrement à haute criticité

Question à poser systématiquement en revue : « qui peut utiliser cette clé, depuis où, et comment le prouve-t-on ? »

KMS, HSM, PKI, coffre de secrets : qui fait quoi

Quatre briques complémentaires — les confondre est une erreur d'architecture classique.

BriqueRôleCe qu'elle protègeErreur classique
Gestionnaire de clés (KMS)Créer, stocker, utiliser et faire tourner les clés de chiffrement, avec journalisation des usages.Les clés elles-mêmes et la traçabilité de leur usage.Une seule clé pour toute l'organisation, sans politique ni rotation
Module matériel (HSM)Conserver les clés racines hors d'atteinte logique : elles ne sortent pas du module.Les clés les plus critiques (signature, autorité racine).Garder la clé racine dans un fichier de configuration « plus simple »
Autorité de certification (PKI)Émettre et révoquer des certificats, avec des durées de vie courtes.L'identité des services et la confiance mutuelle (mTLS).Certificats de dix ans, liste de révocation jamais publiée ni testée
Coffre de secretsStocker et distribuer les secrets applicatifs (mots de passe, jetons) avec audit et rotation.Les secrets d'exécution, hors du code et de l'état d'infrastructure.Secrets dans les variables d'environnement du pipeline, visibles de tous

Le chiffrement d'enveloppe (une clé de données protégée par une clé maîtresse) permet de tourner la clé maîtresse sans réécrire toutes les données : c'est ce qui rend la rotation praticable.

Classification : quatre niveaux et ce qu'ils imposent

Une donnée mal classée n'est protégée par aucune politique — elle est seulement espérée protégée.

NiveauExemplesCe que ça imposePiège
PublicSite vitrine, documentation produit, offres d'emploi.Intégrité et disponibilité ; diffusion maîtrisée.Publier par erreur un document interne non classé
InterneProcédures, comptes rendus, données d'exploitation non sensibles.Accès réservé aux collaborateurs et prestataires habilités, journalisation des accès.Tout laisser « interne par défaut » y compris le sensible
ConfidentielDonnées clients, contrats, données financières, journaux contenant des identifiants.Chiffrement au repos et en transit, accès nominatif, traçabilité, restriction de partage externe.Partager par lien public « le temps d'une réunion »
Secret / hautement critiqueDonnées réglementées, secrets industriels, clés, données de sécurité.Chiffrement avec clés dédiées, séparation des environnements, journalisation immuable, DLP strict.Mettre ces données dans le même compartiment que le reste pour simplifier

La classification doit être rafraîchie : les données se déplacent, se copient dans des exports, des sauvegardes, des environnements de test.

Post-quantique : quatre vagues et une priorité

Le risque n'est pas futur : ce qui est intercepté aujourd'hui peut être déchiffré demain.

Vérifié le 26/09/2026

VagueCe qu'on faitPourquoi cette prioritéPiège
1 · Inventaire et agilitéInventorier les algorithmes, clés et certificats (inventaire cryptographique) et rendre l'algorithme paramétrable.Sans inventaire, aucune migration n'est planifiable ; l'agilité est le seul prérequis durable.Attendre la fin de l'inventaire pour rendre le code paramétrable
2 · Hybridation des échanges de clésCombiner un algorithme post-quantique et un algorithme classique sur les flux à longue conservation.Protège contre l'interception aujourd'hui pour déchiffrement demain (HNDL).Migrer tout en même temps plutôt que par criticité et durée de conservation
3 · Signatures et racines de confianceMigrer les signatures et les autorités racines, avec double signature pendant la transition.Une signature forgée casse la confiance dans les mises à jour et les certificats.Oublier les composants embarqués et les micrologiciels, difficiles à mettre à jour
4 · Retrait des algorithmes faiblesRetirer progressivement RSA et les courbes classiques là où c'est possible, avec des critères écrits.La dette cryptographique finit toujours par devenir un risque opérationnel.Considérer la fin comme une date : c'est un plan par périmètre, pas un couperet

Trois conditions d'agilité : algorithme paramétrable (jamais en dur), bibliothèques et matériel multi-algorithmes, rotation déjà répétée en production avant d'en avoir besoin. Jalons publics : la feuille de route coordonnée de l'UE (2025) demande des plans nationaux fin 2026, la migration des cas à haut risque fin 2030 et la généralisation fin 2035 ; le projet NIST IR 8547 déprécie RSA et les courbes elliptiques après 2030 et les interdit après 2035.

Cryptographie appliquée — clés, secrets et agilité à regarder : où vit chaque clé et comment la rotation se prouve Plein écran
Cycle de vie de la donnée — de la découverte à la destruction à regarder : le sort des clés après la destruction des données Plein écran
Trajectoire post-quantique — quatre vagues à regarder : la priorité donnée à l'agilité plutôt qu'au remplacement Plein écran

À retenir

  • La question n'est pas « est-ce chiffré ? » mais « qui peut utiliser cette clé, et comment le prouve-t-on ? ».
  • Un secret partagé dans le code, un ticket ou un état d'infrastructure est un secret déjà fuité en puissance.
  • La rotation de clés doit être testée en production avant d'être nécessaire, pas pendant un incident.
  • L'agilité cryptographique se prépare des années avant la menace : c'est une décision d'architecture, pas un projet de fin d'année.

Pièges classiques

  • Choisir un modèle de clés pour la simplicité sans évaluer qui peut y accéder juridiquement et opérationnellement.
  • Tourner les clés une fois puis arrêter : la rotation doit être un processus répété, pas un exploit ponctuel.
  • Classer les données dans un fichier Excel que personne ne met à jour : la classification doit être une propriété, pas un inventaire parallèle.
  • Traiter le post-quantique comme un sujet de veille : les données à longue conservation sont déjà concernées.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un éditeur propose de gérer lui-même les clés. Quelle question poser en premier ?

    Qui peut utiliser la clé, sous quelle juridiction, et avec quelle traçabilité ? Si la clé est chez le fournisseur, une injonction ou une compromission de son plan de contrôle peut donner accès à la donnée : d'où l'intérêt du modèle client, voire externe, pour les données sensibles.

  2. Pourquoi le chiffrement d'enveloppe facilite-t-il la rotation ?

    Parce qu'on ne rechiffre pas les données : on renouvelle la clé maîtresse qui protège les clés de données. La rotation devient une opération rapide et peu risquée, donc praticable régulièrement.

  3. Que répondre à « le quantique, c'est pour 2030 » ?

    Que le risque d'interception aujourd'hui est déjà couvert par la stratégie HNDL : toute donnée à longue conservation (données de santé, secrets industriels, archives) peut être déchiffrée plus tard. On commence par l'inventaire cryptographique et l'agilité, sur les données qui ont la plus longue durée de vie.

8.2Données, applications, postes

Sécurité applicative et API

Une API expose la logique métier, pas seulement des données : la plupart des failles viennent d'une autorisation oubliée, pas d'un chiffrement faible.

  • Intermédiaire
  • 22 min
  • ASVS 5.0
  • API Top 10
  • OAuth
  • BOLA

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le premier risque des API est l'autorisation au niveau de l'objet (BOLA) : l'appel est authentifié, mais personne ne vérifie que l'objet demandé appartient à l'appelant.
  2. Authentifier n'est pas autoriser : le jeton dit qui appelle ; chaque point d'entrée décide encore, côté serveur, ce que cet appelant peut lire, modifier et déclencher.
  3. L'ASVS 5.0 (OWASP, mai 2025) fournit des exigences vérifiables en 17 chapitres et trois niveaux : un niveau se choisit par application, selon son exposition, puis se teste.
  4. On ne protège que ce qu'on connaît : inventaire des API (versions, environnements, consommateurs), contrat OpenAPI versionné, passerelle comme point de passage unique.
10
risques du Top 10 API
OWASP 2023 · BOLA en tête
17
chapitres de l'ASVS 5.0
trois niveaux de vérification
3
décisions par appel
qui · sur quel objet · quelle action

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir reconnaître les failles d'autorisation (BOLA, BFLA) de l'OWASP API Top 10, choisir un niveau ASVS, et poser les six questions du threat model d'une API.

Lecture RSSI · décider

La plupart des failles graves d'une API sont des contrôles d'autorisation oubliés, pas du chiffrement faible. Exiger un niveau ASVS cible et des tests d'autorisation dans la recette.

Les applications modernes sont des assemblages d'API : applications mobiles, partenaires, microservices et agents d'IA les consomment. Ce module donne les risques propres aux API, les exigences vérifiables de l'ASVS et un threat model d'API qui tient sur une page.

OWASP API Security Top 10 (édition 2023)

Dix risques, dont la moitié relève de l'autorisation ou de l'inventaire — pas de la cryptographie.

Vérifié le 27/09/2026

RisqueCe qui se passeContrôle d'architectureTest qui le prouve
API1 · BOLA (objet)Changer un identifiant dans l'URL donne accès à l'objet d'un autre client.Contrôle d'appartenance côté serveur à chaque accès ; identifiants non devinables en complément, jamais à la place.Deux comptes de test : A demande l'objet de B, refus attendu et journalisé
API2 · Authentification défaillanteJetons mal validés, force brute sans limite, récupération de compte contournable.Fournisseur d'identité standard (OIDC), validation stricte du jeton (signature, audience, expiration), limitation des tentatives.Jeton expiré, mauvaise audience ou signature altérée : refus
API3 · BOPLA (propriétés)L'API renvoie ou accepte des champs sensibles qu'elle ne devrait pas (affectation de masse).Schémas de requête et de réponse explicites, liste blanche des champs modifiables.Envoi d'un champ « role » ou « prix » non prévu : ignoré ou refusé
API4 · Consommation sans limiteRequêtes coûteuses, pagination infinie, fichiers énormes : déni de service ou facture.Quotas par client, pagination bornée, tailles maximales, délais d'expiration à la passerelle.Dépassement de quota : réponse 429 et alerte
API5 · BFLA (fonctions)Un utilisateur standard appelle une route d'administration.Autorisation par fonction centralisée, refus par défaut, routes d'administration séparées.Route d'administration appelée avec un jeton standard : refus
API6 · Flux métier sensiblesAchat en masse, création de comptes, réservation automatisée : l'abus respecte les règles techniques.Flux à forte valeur identifiés, limitation par flux, détection d'automatisation.Rejeu scripté d'un flux d'achat : ralenti ou bloqué
API7 · SSRFL'API va chercher une URL fournie par l'appelant et atteint le réseau interne ou les métadonnées cloud.Liste blanche de destinations, sortie réseau filtrée, IMDSv2 côté AWS.URL vers 169.254.169.254 ou un hôte interne : refus
API8 · Mauvaise configurationCORS permissif, erreurs verbeuses, en-têtes manquants, TLS hétérogène.Configuration de référence versionnée, appliquée par la passerelle et vérifiée en CI.Scan de configuration comparé à la référence : zéro écart
API9 · Inventaire défaillantUne ancienne version ou une API de test reste exposée, sans les correctifs.Inventaire à jour, contrat OpenAPI par version, retrait daté des anciennes versions.Découverte externe comparée à l'inventaire : zéro API inconnue
API10 · Consommation risquée d'API tiercesLes réponses d'un partenaire sont crues sans validation.Valider et borner les données reçues, délais et chiffrement vers les tiers, suivi du fournisseur.Réponse tierce malformée injectée en test : rejetée

OWASP API Security Top 10, édition 2023 : toujours l'édition en vigueur au 27/09/2026. L'ordre reflète la fréquence et l'impact observés, pas un ordre de traitement.

ASVS 5.0 : choisir un niveau, puis vérifier contre lui

Le niveau se décide par application, selon l'exposition et la valeur des données — pas une fois pour tout le SI.

Vérifié le 27/09/2026

NiveauPour quelles applicationsCe qu'il ajouteComment on le vérifie
Niveau 1Premier palier pour tout le parc ; exposition limitée, données peu sensibles.Les défenses de base : encodage et validation, authentification, session, contrôle d'accès élémentaire.Tests automatisés en CI et revue ciblée
Niveau 2La plupart des applications métier : données personnelles, transactions, accès partenaires.Autorisation fine, journalisation de sécurité, cryptographie maîtrisée, configuration durcie.Revue de code et de configuration, test d'intrusion applicatif
Niveau 3Applications critiques : santé, paiement, infrastructures, forte valeur pour un attaquant.Défense en profondeur sur chaque chapitre, architecture documentée et vérifiée.Accès au code, à l'architecture et aux équipes ; vérification approfondie

ASVS 5.0.0, publié par l'OWASP en mai 2025 : 17 chapitres, de l'encodage et la validation (V1, V2) à l'API (V4), aux jetons autoportés et à OAuth/OIDC (V9, V10) et à la journalisation (V16). Le niveau retenu s'écrit dans l'ADR de l'application.

Le threat model d'une API en six questions

Une page par API, relue à chaque changement de contrat.

QuestionCe qu'on regardeRéponse attendue
Qui appelle ?Types de clients : navigateur, mobile, partenaire, service interne, agent d'IA.Une identité par type de client, jamais un secret partagé entre clients
Avec quel jeton ?Flux OAuth adapté (code + PKCE, identifiants client), durée de vie, audience.Jetons courts, audience restreinte, signature vérifiée par l'API elle-même
Sur quels objets ?Identifiants exposés, règles d'appartenance, cloisonnement entre clients.Contrôle d'appartenance à chaque accès, testé avec deux comptes
Quelles actions ?Routes d'écriture, d'administration, d'export, flux métier sensibles.Autorisation par fonction, limitation par flux, validation humaine si l'action est irréversible
Jusqu'où ?Quotas, tailles, pagination, appels sortants.Limites à la passerelle, sortie réseau en liste blanche
Qu'est-ce qui reste ?Journaux, corrélation, traces d'accès aux données sensibles.Un journal par appel : identité, objet, action, décision — exploitable par le SOC

La méthode générale (STRIDE, périmètre, preuves) est dans le module Risque et priorisation ; ces six questions en sont la version API.

Sécurité d'une API — un appel, trois décisions à regarder : ce que la passerelle décide, et ce que seule l'API métier peut décider Plein écran

À retenir

  • Chaque appel porte trois décisions : qui appelle, sur quel objet, pour quelle action — l'authentification ne tranche que la première.
  • Le contrôle d'appartenance se fait côté serveur, à chaque accès ; un identifiant aléatoire n'est pas une autorisation.
  • Une API non inventoriée n'est pas protégée : ni correctif, ni surveillance, ni retrait.
  • L'ASVS donne des exigences testables : le niveau choisi s'écrit et se vérifie application par application.

Pièges classiques

  • Croire que la passerelle suffit : elle authentifie et limite, mais ne sait pas à qui appartient la facture n° 4312.
  • Renvoyer l'objet complet et laisser le client filtrer : les champs sensibles partent quand même sur le réseau.
  • Garder l'ancienne version « le temps de migrer » sans date de retrait.
  • Partager un même secret client entre plusieurs applications : impossible d'en révoquer une sans casser les autres.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Une application mobile appelle /factures/{id} avec un jeton valide. Quel test prouve l'absence de BOLA ?

    Deux comptes de test : le compte A demande une facture du compte B et reçoit un refus (403 ou 404), journalisé. Le test s'automatise en CI pour chaque route qui prend un identifiant d'objet.

  2. Quelle différence entre BOLA et BFLA ?

    BOLA : l'appelant accède, par une fonction légitime, à un objet qui ne lui appartient pas. BFLA : il appelle une fonction qui ne lui est pas permise, comme une route d'administration. Le premier se corrige par un contrôle d'appartenance, le second par une autorisation par fonction.

  3. Quel niveau ASVS pour un portail client qui affiche des données personnelles et permet des paiements ?

    Le niveau 2 au minimum, pour les données personnelles et les transactions. Le niveau 3 se discute si le portail est une cible de forte valeur (paiement à grande échelle, santé). La décision et sa justification vont dans l'ADR de l'application.

8.3Données, applications, postes

Poste de travail, messagerie et SaaS

L'attaque commence le plus souvent par un courriel, un poste ou un compte SaaS : c'est la surface la plus banale, et la plus exposée.

  • Intermédiaire
  • 20 min
  • EDR
  • DMARC
  • SSPM
  • MDM

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le poste se protège en couches : configuration durcie gérée centralement (MDM), EDR qui observe et peut isoler, droits d'administration locaux retirés, correctifs mesurés en jours.
  2. La messagerie se protège en amont : SPF, DKIM et DMARC jusqu'à la politique p=reject empêchent l'usurpation du domaine ; le filtrage traite le reste.
  3. Le SaaS laisse la configuration de sécurité au client : partage externe, applications tierces autorisées par OAuth, journaux — le SSPM mesure cette posture en continu.
  4. Le compte est la nouvelle périphérie : MFA résistant à l'hameçonnage, accès conditionné à l'état du poste, revue des consentements OAuth accordés aux applications tierces.
3
protocoles d'authentification du courriel
SPF · DKIM · DMARC
p=reject
politique DMARC cible
après une phase de surveillance
0
administrateur local permanent
élévation à la demande, tracée

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir empiler les protections du poste, configurer SPF, DKIM et DMARC, et repérer les paramétrages SaaS à risque (partages, transferts, applications tierces).

Lecture RSSI · décider

La surface la plus banale est la plus exposée : messagerie, poste et comptes SaaS. Les usages non maîtrisés, comme l'IA générative grand public, se gouvernent par une offre encadrée plutôt que par une simple interdiction.

Les modules d'identité et de cloud couvrent l'infrastructure ; celui-ci couvre ce que les utilisateurs touchent tous les jours : poste, messagerie et applications SaaS. Il donne les contrôles de base, leur ordre de déploiement et la façon de prouver qu'ils fonctionnent.

Le poste de travail en couches

Six couches ; chacune a sa preuve, sinon elle n'existe que dans la politique.

CoucheContrôlePreuve de fonctionnement
ConfigurationRéférentiel de durcissement appliqué par la gestion centralisée (MDM ou équivalent), chiffrement du disque, démarrage sécurisé.Taux de conformité par parc, écarts datés et traités
PrivilègesAucun administrateur local permanent ; élévation à la demande, tracée ; mot de passe administrateur local unique par machine et renouvelé.Inventaire des comptes locaux : aucun compte partagé
ExécutionContrôle applicatif (liste d'autorisation) sur les postes sensibles, macros bloquées par défaut.Exécution non autorisée tentée : bloquée et journalisée
Détection et réponseEDR sur tout le parc, alertes remontées au SOC, isolation réseau à distance.Couverture mesurée (poste sans agent actif = écart), test d'isolation
CorrectifsSystème et navigateur à jour en quelques jours, vulnérabilités exploitées (KEV) en priorité.Délai médian de déploiement mesuré par parc
Perte ou volChiffrement, effacement à distance, révocation des sessions et jetons.Exercice de révocation chronométré

Messagerie : empêcher l'usurpation, filtrer le reste

L'authentification du domaine se règle une fois ; le filtrage et le signalement s'exploitent tous les jours.

Vérifié le 27/09/2026

MécanismeCe qu'il garantitDéploiementErreur fréquente
SPFQuels serveurs ont le droit d'envoyer pour le domaine.Enregistrement DNS listant les émetteurs, prestataires compris.Dépasser la limite de 10 résolutions DNS : SPF invalide
DKIMQue le message est signé par le domaine et n'a pas été modifié.Une clé par émetteur, rotation planifiée.Oublier la signature chez un prestataire d'envoi (CRM, facturation)
DMARCQue le domaine affiché (From) est aligné sur SPF ou DKIM ; dit au destinataire quoi faire sinon.p=none avec rapports, correction des émetteurs, puis quarantine, puis reject.Rester en p=none indéfiniment : aucune protection réelle
Filtrage et bac à sableQu'une pièce jointe ou un lien n'est pas malveillant au moment du clic.Filtrage entrant, réécriture des liens, analyse dynamique.Laisser chaque utilisateur libérer lui-même la quarantaine
SignalementQu'un message suspect remonte en un clic au SOC.Bouton de signalement, retour vers l'utilisateur.Signalements jamais traités : les utilisateurs arrêtent

DMARC est normalisé depuis mai 2026 par les RFC 9989, 9990 et 9991, qui remplacent la RFC 7489 (2015). Les grands fournisseurs de messagerie exigent SPF, DKIM et DMARC des expéditeurs en volume depuis 2024.

SaaS : la configuration est chez le client

Le fournisseur sécurise la plateforme ; ces cinq réglages restent à la charge du client.

RisqueExempleContrôleMesure (SSPM)
Partage externe ouvertLiens « toute personne disposant du lien » sur des documents sensibles.Partage externe restreint par défaut, expiration des liens, étiquettes de sensibilité.Liens publics par niveau de sensibilité
Applications tierces (OAuth)Une application obtient la lecture de toutes les boîtes aux lettres par un simple consentement.Consentement utilisateur limité, validation administrateur pour les droits étendus, revue périodique.Applications autorisées, droits accordés, dernière utilisation
Comptes et rôlesAdministrateurs trop nombreux, comptes d'anciens salariés encore actifs.Rôles minimaux, provisionnement SCIM depuis l'annuaire, revue des administrateurs.Administrateurs globaux, comptes orphelins
JournalisationJournaux d'audit désactivés ou conservés quelques jours.Journaux activés et exportés vers le SIEM, rétention adaptée.Sources SaaS présentes dans le SIEM
Accès conditionnelConnexion depuis un poste non géré à des données sensibles.Accès conditionné à l'état du poste et au niveau de MFA.Connexions hors politique, par application

Le SSPM fait pour le SaaS ce que le CSPM fait pour le cloud (module Sécurité cloud) : comparer en continu la configuration réelle à une référence.

Poste, messagerie et SaaS — la surface du quotidien à regarder : trois flux, trois contrôles en amont, et un SOC qui reçoit la télémétrie du poste et les écarts de posture SaaS Plein écran

À retenir

  • Le poste se défend en couches : configuration gérée, privilèges retirés, EDR, correctifs rapides.
  • Sans DMARC en p=reject, n'importe qui peut envoyer un courriel au nom du domaine.
  • En SaaS, le fournisseur sécurise la plateforme ; partage, consentements OAuth et journaux restent à la charge du client.
  • Chaque contrôle se prouve par une mesure : couverture EDR, politique DMARC, liens publics, applications autorisées.

Pièges classiques

  • Déployer l'EDR en mode détection seule et ne jamais tester l'isolation.
  • Garder des droits d'administration locaux « pour les développeurs » sans élévation tracée.
  • Publier DMARC en p=reject sans inventaire des émetteurs légitimes : les factures ne partent plus.
  • Autoriser tout consentement OAuth utilisateur : l'hameçonnage par consentement contourne le MFA.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un courriel semble venir du directeur financier, avec le vrai domaine de l'entreprise. Qu'est-ce qui aurait dû l'arrêter ?

    Si le domaine est usurpé : DMARC en p=reject, avec SPF et DKIM alignés, fait rejeter le message par le destinataire. Si le message vient d'un compte réellement compromis, DMARC passe : ce sont alors la détection (connexion anormale, règle de transfert créée) et le MFA résistant à l'hameçonnage qui protègent.

  2. Pourquoi l'hameçonnage par consentement OAuth contourne-t-il le MFA ?

    Parce que l'utilisateur s'authentifie normalement, MFA compris, puis accorde des droits à une application malveillante : celle-ci reçoit un jeton et lit les données sans jamais connaître le mot de passe. La parade : limiter le consentement utilisateur et revoir les applications autorisées.

  3. Comment prouver que l'EDR protège réellement le parc ?

    Par trois mesures : couverture (postes avec agent actif sur postes inventoriés), remontée effective des alertes au SOC, et test d'isolation à distance sur un poste de test. Un agent installé mais muet, ou jamais exercé, ne prouve rien.

09
Chapitre · 3 modules

Détecter et réagir

Voir, réagir, redémarrer : SOC et réponse à incident, ingénierie de détection, continuité d'activité et crise.

9.1Détecter et réagir

SOC, réponse à incident et résilience

Détecter vite, contenir sans détruire la preuve, restaurer pour de vrai : trois compétences différentes, une même chaîne.

  • Intermédiaire
  • 24 min
  • SOC
  • NIST 800-61
  • RTO
  • sauvegardes

L'essentiel en 30 secondes

  1. La chaîne de valeur du SOC va de la télémétrie à la décision humaine : sans télémétrie collectée, il n'y a rien à détecter ; sans procédure, rien à exécuter.
  2. Les seuls indicateurs qui comptent sont le délai de détection et le délai de remédiation — pas le nombre d'alertes générées.
  3. Contenir n'est pas éteindre : on isole en préservant la preuve (mémoire, journaux, images), sinon l'analyse devient impossible.
  4. La résilience se prouve par des exercices : RTO/RPO décidés par l'activité, restauration testée, sauvegardes déconnectées et immuables (règle 3-2-1-1-0).
5
étapes de la chaîne SOC
télémétrie → décision humaine
2
indicateurs qui comptent
délai de détection, délai de remédiation
3-2-1-1-0
règle de sauvegarde
copies isolées, immuables, testées

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir dérouler les phases d'une réponse à incident, préserver une preuve avant de nettoyer, et appliquer la règle de sauvegarde 3-2-1-1-0.

Lecture RSSI · décider

La réponse à incident se gagne avant l'incident : procédure à jour, journaux réellement collectés, annuaire de crise disponible hors du SI. Exiger un exercice par an et une restauration testée.

Détecter et répondre ne s'improvise pas au moment de l'incident. Ce module couvre la chaîne de valeur du SOC, le cycle de réponse aligné sur le CSF 2.0, et la mécanique de résilience qui décide de la survie d'un service.

La chaîne de valeur du SOC

Cinq étapes ; si l'une est faible, les suivantes ne compensent pas.

ÉtapeObjectifIndicateur utilePiège
1 · TélémétrieCollecter ce qui permet de détecter et de reconstituer : identités, postes, réseau, cloud, applications.Couverture par source et par actif critiqueCollecter beaucoup et n'exploiter rien : le volume n'est pas la couverture
2 · PlateformeNormaliser, corréler, conserver — avec une rétention adaptée aux délais d'investigation.Durée de rétention utile, coût par sourceRétention de 30 jours sur une attaque qui dure trois mois
3 · AnalytiqueDétecter par règles versionnées et par comportement, avec un tri par risque réel.Taux de vrais positifs, couverture des techniques adversesEmpiler des règles sans réduire le bruit : l'équipe cesse de regarder
4 · RéponseContenir, éradiquer, restaurer selon des procédures connues et des rôles nommés.Délai de confinement, taux de procédures appliquéesImproviser le confinement et détruire les preuves
5 · HumainDécider : escalade, crise, communication, obligations réglementaires.Délai de décision, qualité du retour d'expérienceConfier la décision à un outil ou à une seule personne non suppléée

Objectifs de temps à écrire et à mesurer : détection en minutes pour les signaux forts, confinement en heures, restauration selon le RTO validé.

Réponse à incident : phases, décisions, preuves

Chaque phase a une décision à prendre et une trace à conserver.

PhaseDécision à prendrePreuve à conserverErreur qui coûte cher
PréparerQui est d'astreinte, qui décide, avec quels moyens et quels accès de secours ?Playbooks testés, annuaire de crise, exercices datésDécouvrir pendant l'incident que personne ne peut couper un accès
Détecter et qualifierEst-ce un incident, quelle sévérité, qui est prévenu ?Journal de qualification : heure, signaux, décisionQualifier à la baisse pour éviter la procédure
ContenirQuel périmètre isoler, sans détruire la preuve ?Horodatage des actions, captures, images mémoire si pertinentÉteindre la machine : la mémoire et les indices disparaissent
ÉradiquerQuelle est la cause racine, et qu'est-ce qui a été touché ?Analyse de cause, liste des comptes et secrets à révoquerSe contenter de supprimer le symptôme visible
RestaurerQuel retour progressif, avec quelle surveillance renforcée ?Rapport de restauration, mesures de surveillance temporairesReconnecter tout d'un coup sur une sauvegarde non vérifiée
ClôturerQuelles actions datées, quels contrôles à renforcer ?Retour d'expérience, actions avec propriétaire et échéanceClore sans retour d'expérience : le même incident revient
Crise et obligationsFaut-il notifier, à qui, et qui communique ?Modèle de notification horodaté, journal de criseAttendre la fin de l'analyse pour respecter un délai qui courait déjà

Un incident se termine quand les actions du retour d'expérience sont planifiées, pas quand le service redémarre.

Sauvegardes : la règle 3-2-1-1-0

Cinq exigences qui font la différence entre une sauvegarde et une illusion.

ExigenceCe que ça veut direComment on le prouve
3 copiesTrois exemplaires des données au minimum, dont la production.Inventaire des jeux de sauvegarde et des dépendances oubliées
2 supports différentsDeux technologies ou emplacements distincts (pas deux dossiers du même serveur).Cartographie des supports, séparation des identifiants d'accès
1 copie hors siteUne copie dans un autre lieu ou un autre compte, isolée du réseau principal.Test d'accès depuis le réseau compromis : doit échouer
1 copie hors ligne ou immuableNon modifiable, non supprimable pendant la rétention (verrouillage d'objet, bande hors ligne).Tentative de suppression refusée, documentée
0 erreur de restaurationOn a restauré et vérifié l'intégrité, pas seulement écrit les données.Rapport de restauration daté, avec durée et écarts

Un RTO et un RPO se décident avec l'activité : sans validation, ce sont des vœux techniques que personne ne tiendra en cas de crise.

SOC — chaîne de valeur, de la télémétrie à la décision à regarder : le délai entre le premier signal et le confinement Plein écran
Réponse à incident — cycle de vie, décisions et preuves à regarder : la boucle d'amélioration qui revient vers la préparation Plein écran

À retenir

  • Sans télémétrie collectée, la détection n'existe pas : la couverture compte plus que le volume.
  • Le confinement préserve la preuve : on isole, on n'éteint pas.
  • Un délai de remédiation mesuré vaut mieux qu'un taux de conformité déclaré.
  • La sauvegarde ne compte que si la restauration a été testée et chronométrée.

Pièges classiques

  • Mesurer l'activité du SOC au nombre d'alertes : c'est un indicateur de bruit, pas de sécurité.
  • Sauvegarder dans le même domaine d'administration : l'attaquant supprime les deux.
  • Confondre plan de reprise et sauvegarde : le premier décrit comment redémarrer, la seconde fournit la matière.
  • Reporter les exercices : un plan non testé est une hypothèse, pas une capacité.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un serveur est compromis : l'isoler ou l'éteindre ?

    On isole (réseau, identités) pour préserver la mémoire et les journaux locaux. Éteindre détruit les indices volatils et complique l'analyse — sauf si le risque physique ou la propagation impose la coupure, et cela se décide explicitement.

  2. Quelle différence entre RTO et RPO ?

    Le RTO est la durée maximale d'interruption acceptée par l'activité ; le RPO est la perte de données maximale acceptable. Les deux se décident avec les métiers, par criticité, et se vérifient par des exercices de restauration.

  3. Pourquoi la détection-as-code change-t-elle la donne ?

    Parce que les règles deviennent versionnées, testées et déployées comme du code : on peut mesurer la couverture des techniques adverses, gérer les régressions et démontrer au comité ce qui est réellement détecté.

9.2Détecter et réagir

Ingénierie de détection et renseignement sur la menace

Une détection vaut par la technique adverse qu'elle couvre et par le test qui prouve qu'elle se déclenche — pas par le nombre de règles.

  • Avancé
  • 22 min
  • ATT&CK
  • Sigma
  • CTI
  • TLP

L'essentiel en 30 secondes

  1. L'ingénierie de détection part d'une hypothèse de menace (une technique ATT&CK, sur un actif précis), pas de la source de journaux qui se trouve disponible.
  2. Une règle est un produit : données requises, logique, test d'attaque simulé, gestion des faux positifs, propriétaire et date de revue.
  3. Sigma décrit une détection indépendamment de l'outil : la même règle se traduit vers plusieurs SIEM, se relit en revue de code et se versionne.
  4. La CTI n'a de valeur que si elle change une décision (correctif, détection, blocage) ; un indicateur technique se remplace en minutes, un mode opératoire en mois.
15
tactiques ATT&CK Enterprise
v19 · base de la couverture
1
test par règle, au minimum
sinon la règle reste une hypothèse
5
étiquettes TLP 2.0
CLEAR · GREEN · AMBER · AMBER+STRICT · RED

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir écrire une règle de détection reliée à une technique ATT&CK, la tester en rejouant la technique, et mesurer une couverture sans gonfler les chiffres.

Lecture RSSI · décider

Une règle jamais déclenchée en test n'existe pas : demander la preuve de déclenchement, pas le nombre de règles. Le renseignement sur la menace n'a de valeur que s'il change une décision.

Le module SOC décrit la chaîne qui exécute ; celui-ci explique comment décider quoi détecter. Il relie la menace (ATT&CK, renseignement) à des règles versionnées et testées, et donne les indicateurs qui disent si la couverture progresse vraiment.

Le cycle de vie d'une détection

Six étapes ; une règle qui saute le test n'est qu'une intention.

ÉtapeCe qu'on produitCritère de sortie
1 · HypothèseTechnique visée (identifiant ATT&CK), actifs concernés, scénario de l'attaquant.Hypothèse écrite, rattachée à un risque ou à un renseignement
2 · DonnéesSources nécessaires (identité, EDR, cloud, réseau) et champs requis.Source collectée, normalisée, conservée assez longtemps pour enquêter
3 · LogiqueRègle en Sigma ou dans le langage du SIEM, seuils, exclusions justifiées.Revue par un pair, règle versionnée dans le dépôt
4 · TestÉmulation de la technique en environnement contrôlé.Alerte déclenchée par le test, silence sur l'activité normale mesurée
5 · DéploiementMise en production par pipeline, runbook de réponse associé.Runbook lié à l'alerte, propriétaire nommé
6 · Mesure et revueTaux de vrais positifs, volume, délai de traitement, date de revue.Règle revue, ajustée ou retirée à échéance

C'est le « detection-as-code » du module SOC, détaillé : la règle vit dans un dépôt, passe en CI et porte son test d'émulation.

Mesurer la couverture sans se mentir

Cinq indicateurs ; chacun a sa façon de paraître bon sans l'être.

IndicateurCe qu'il mesurePiège
Couverture ATT&CK testéePart des techniques prioritaires qui ont au moins une détection testée récemment (par exemple sur 90 jours).Déclarer une technique « couverte » sur la foi de la documentation de l'éditeur
Couverture des donnéesPart des actifs critiques dont les journaux nécessaires arrivent réellement.Un tableau de bord vert alors qu'une source est muette depuis un mois
Taux de vrais positifsAlertes confirmées sur alertes traitées, règle par règle.Supprimer une règle bruyante au lieu de l'affiner
Délai de détectionTemps entre l'action de l'attaquant (ou du test) et l'alerte.Ne mesurer que le délai de traitement, une fois l'alerte ouverte
Âge des règlesRègles non revues depuis un an, règles jamais déclenchées.Prendre une règle jamais déclenchée pour la preuve d'une absence d'attaque

Les techniques prioritaires se choisissent avec le threat model et la CTI du secteur : couvrir 100 % d'ATT&CK n'est ni possible ni utile.

La CTI qui sert à décider

Quatre niveaux de renseignement, quatre publics, quatre types de décision.

NiveauPour quiQuestion traitéeExemple de décision
StratégiqueDirection, comité des risquesQuels acteurs visent le secteur, avec quels objectifs ?Arbitrer un budget de résilience face au rançongiciel
OpérationnelResponsable sécurité, cellule de criseQuelle campagne est en cours, avec quel mode opératoire ?Durcir en urgence un service exposé visé par une campagne
TactiqueIngénierie de détection, architectureQuelles techniques (TTP) ces acteurs emploient-ils ?Écrire ou tester les détections des techniques observées
TechniqueSOC, outils de filtrageQuels indicateurs (IP, domaines, empreintes) bloquer maintenant ?Blocage temporaire, recherche rétroactive dans les journaux

Pyramide de la douleur (David Bianco) : une empreinte ou une adresse IP se remplace en minutes, un mode opératoire en mois — les détections comportementales durent. Partage selon le TLP 2.0 du FIRST (2022).

Ingénierie de détection et CTI — de la menace à la règle testée à regarder : la boucle de couverture qui ramène la revue vers de nouvelles hypothèses Plein écran

À retenir

  • Une détection part d'une technique adverse et d'un actif, pas d'une source de journaux disponible.
  • Une règle sans test d'émulation reste une hypothèse ; une règle sans propriétaire finit muette.
  • La couverture se mesure en techniques prioritaires testées, pas en nombre de règles.
  • La CTI utile change une décision : correctif, détection, blocage ou arbitrage.

Pièges classiques

  • Acheter un flux d'indicateurs sans capacité à l'exploiter : des milliers d'adresses IP périmées dans le pare-feu.
  • Afficher une matrice ATT&CK « verte » remplie d'après la documentation de l'éditeur.
  • Désactiver les règles bruyantes sans analyse : le bruit cachait parfois le signal.
  • Diffuser un renseignement TLP:AMBER sur une liste ouverte : la source ne partagera plus.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Une campagne vise le secteur avec des jetons OAuth volés. Par quoi commencer ?

    Extraire les techniques (TTP) du rapport, vérifier que les journaux d'identité et de consentement OAuth sont collectés, écrire ou adapter une détection, la tester par émulation, puis chercher rétroactivement dans l'historique. Les indicateurs techniques du rapport servent à cette recherche, pas de protection durable.

  2. Pourquoi écrire les règles en Sigma plutôt que directement dans le SIEM ?

    Parce que la logique devient portable et versionnable : la même règle se traduit vers plusieurs outils, se relit en revue de code et survit à un changement de SIEM. Le langage natif sert à l'optimisation, pas de source de vérité.

  3. Une règle ne s'est jamais déclenchée depuis deux ans. Bonne nouvelle ?

    Pas forcément : la source peut être muette, un champ renommé ou la logique cassée. Le test d'émulation se rejoue : s'il ne déclenche pas l'alerte, la règle est réparée ou retirée.

9.3Détecter et réagir

Continuité d'activité et gestion de crise

La continuité ne se décide pas dans la salle serveur : c'est l'activité qui dit ce qui redémarre d'abord, en combien de temps, et avec quelle perte acceptable.

  • Intermédiaire
  • 20 min
  • BIA
  • PCA / PRA
  • ISO 22301
  • crise

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le BIA (bilan d'impact sur l'activité) part des processus métier, pas des serveurs : pour chacun, la durée d'interruption tolérable, la perte de données acceptable et les dépendances.
  2. Trois dispositifs, trois questions : le PCA garde l'activité en marche (mode dégradé), le PRA remet le SI en service, la gestion de crise décide et communique.
  3. Le scénario de référence est le SI indisponible en entier (rançongiciel, annuaire compromis) : un plan qui suppose l'annuaire, la messagerie ou la supervision disponibles échoue ce jour-là.
  4. Un plan non exercé est une hypothèse : exercices sur table, tests de bascule et restauration chronométrée, suivis d'actions correctives datées.
3
seuils par processus
DMIA · RTO · RPO
3
dispositifs distincts
continuité · reprise · crise
1
scénario de référence
SI entièrement indisponible

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir conduire un bilan d'impact sur l'activité, en déduire RTO et RPO, et distinguer continuité, reprise et gestion de crise.

Lecture RSSI · décider

C'est le métier qui fixe ce qu'il accepte de perdre, en durée et en données ; l'informatique en déduit l'architecture. Exiger que ces objectifs soient validés par la direction, puis testés.

Le module SOC traite l'incident ; celui-ci traite ce qui se passe pendant qu'il dure. Il donne la méthode du BIA, la différence entre plan de continuité, plan de reprise et gestion de crise, et le programme d'exercices qui transforme un document en capacité.

Du BIA aux objectifs de reprise

Cinq étapes ; les objectifs de reprise sont des décisions de l'activité, arbitrées par la direction.

ÉtapeCe qu'on établitQui décideLivrable
1 · Processus critiquesLes activités dont l'arrêt met en cause la mission, la conformité ou la trésorerie.Direction et métiersListe hiérarchisée des processus
2 · Impacts dans le tempsCe que coûte l'arrêt à 4 h, 24 h, 72 h, une semaine : financier, réglementaire, humain, image.Métiers, avec la gestion des risquesCourbe d'impact par processus
3 · SeuilsDMIA, RTO et RPO par processus, cohérents entre eux.Métiers, arbitrés par la directionObjectifs de reprise signés
4 · DépendancesApplications, données, identités, prestataires, locaux et personnes clés derrière chaque processus.Architecture et métiersCartographie des dépendances
5 · ÉcartsComparaison entre les objectifs et ce que l'infrastructure sait réellement faire.Architecture, avec le RSSIPlan d'action chiffré, ou risque accepté par écrit

Si le RTO d'une application est plus court que celui de l'annuaire ou du réseau dont elle dépend, l'objectif est faux : les dépendances fixent le plancher.

Continuité, reprise, crise : qui fait quoi

Quatre dispositifs complémentaires ; aucun ne remplace les autres.

DispositifQuestion traitéeContenu minimalPreuve de capacité
PCA · plan de continuité d'activitéComment l'activité continue-t-elle pendant l'interruption ?Modes dégradés par processus, procédures manuelles, sites et moyens de repli, rôles.Exercice métier en mode dégradé, daté
PRA · plan de reprise d'activitéComment le SI revient-il, dans quel ordre, en combien de temps ?Ordre de reprise par dépendances, sauvegardes isolées, environnement de reconstruction, runbooks.Restauration chronométrée, comparée au RTO
Gestion de criseQui décide, qui communique, qui notifie ?Cellule de crise, annuaire hors ligne, moyens de communication de secours, main courante, modèles de notification.Exercice de crise sur table ou simulé, retour d'expérience
Plan de reconstructionComment repartir d'un SI de confiance après une compromission ?Cœur de confiance (identité, administration) reconstruit en premier, secrets renouvelés, réintégration progressive.Répétition de la reconstruction du cœur d'identité

Après un rançongiciel, restaurer ne suffit pas : restaurer sur une infrastructure encore compromise rejoue l'attaque. La reconstruction du cœur de confiance précède la reprise des applications.

Ce que les textes exigent sur la continuité

Trois références ; les mêmes preuves servent aux trois.

Vérifié le 27/09/2026

TexteCe qu'il exigeConséquence d'architecture
NIS 2 · art. 21, § 2, c)Continuité des activités : gestion des sauvegardes, reprise après sinistre, gestion des crises.Sauvegardes isolées et testées, plan de reprise et cellule de crise documentés
DORA · art. 11 et 12Politique de continuité des TIC, plans de réponse et de rétablissement testés au moins une fois par an, politique de sauvegarde et de restauration.Exercices annuels tracés, sauvegardes séparées physiquement et logiquement de la source
ISO 22301:2019Système de management de la continuité : BIA, stratégies, plans, exercices, amélioration continue.Cadre certifiable, qui partage le cycle PDCA du SMSI ISO 27001

NIS 2 (directive (UE) 2022/2555) s'applique à travers la transposition de chaque État membre ; DORA (règlement (UE) 2022/2554) s'applique directement aux entités financières depuis le 17 janvier 2025.

Continuité — du BIA à la reprise à regarder : le cœur de confiance reconstruit avant les applications, et le retour d'expérience qui revient aux seuils Plein écran

À retenir

  • Le BIA part des processus métier : les objectifs de reprise sont des décisions de l'activité, pas des paramètres techniques.
  • Les dépendances fixent le plancher : aucune application ne redémarre avant l'identité, le réseau et les sauvegardes dont elle dépend.
  • Le scénario dimensionnant est le SI entièrement indisponible ; la crise se gère avec des moyens extérieurs au SI.
  • Une capacité se prouve par l'exercice : restauration chronométrée, bascule testée, retour d'expérience daté.

Pièges classiques

  • Stocker le PCA et l'annuaire de crise uniquement sur le SI qu'ils sont censés secourir.
  • Afficher un RTO de 4 heures sans avoir jamais restauré l'application en moins de deux jours.
  • Confondre haute disponibilité et reprise : la réplication recopie aussi le chiffrement du rançongiciel.
  • N'exercer que l'équipe technique : la décision, la communication et les notifications restent improvisées.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un métier demande un RTO de 2 heures pour une application qui dépend d'un annuaire dont le RTO est de 24 heures. Que répondre ?

    Que l'objectif est incohérent : l'application ne redémarre pas avant l'annuaire. Soit l'annuaire reçoit un objectif plus court et les moyens associés, soit l'application prévoit un mode dégradé sans lui, soit le RTO est révisé. La décision est tracée et arbitrée par la direction.

  2. Quelle différence entre PCA et PRA ?

    Le PCA maintient l'activité pendant l'interruption (modes dégradés, procédures manuelles, repli) ; le PRA restaure le système d'information dans l'ordre fixé par les dépendances et dans les délais convenus. Les deux s'appuient sur le BIA et se testent séparément.

  3. Pourquoi la gestion de crise doit-elle disposer de moyens extérieurs au SI ?

    Parce que le scénario de référence rend le SI indisponible ou non fiable : messagerie et annuaire peuvent être compromis, voire surveillés par l'attaquant. Annuaire de crise imprimé, téléphones et canal de communication de secours permettent de décider et de notifier quand même.

10
Chapitre · 3 modules

Spécialités et méthode

Les terrains particuliers (industriel, IA) et la méthode pour revoir un design et fermer un écart par une preuve.

10.1Spécialités et méthode

OT et systèmes industriels

En industrie, la sûreté des personnes prime sur la confidentialité : cette inversion change toutes les règles.

  • Avancé
  • 18 min
  • Purdue
  • IEC 62443
  • sûreté

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le modèle Purdue (niveaux 0 à 5) reste la carte de référence : chaque niveau a des contraintes de temps réel et de sûreté différentes.
  2. Deux règles non négociables : aucun scan actif sur le procédé (un scan peut arrêter une ligne), et exercices conjoints IT/OT avant tout incident.
  3. Un conduit (IEC 62443) est l'unique chemin autorisé entre deux zones : filtrage protocolaire en liste blanche, unidirectionnel quand c'est possible.
  4. L'inventaire passif précède tout : sans savoir ce qui parle sur le réseau industriel, toute segmentation est une hypothèse.
0 → 5
niveaux Purdue
du procédé physique au SI de gestion
1
conduit par paire de zones
tout autre chemin est interdit
0
scan actif sur le procédé
règle absolue, sans exception

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir placer un équipement dans le modèle de Purdue, et expliquer ce qu'est un conduit et ce qui ne doit jamais le traverser.

Lecture RSSI · décider

En industriel, la sûreté des personnes passe avant la confidentialité : toute mesure de sécurité se valide avec l'exploitation. Diodes et conduits se décident à l'architecture, pas après un incident.

L'OT n'est pas « l'IT en plus dur » : les priorités sont inversées (sûreté, disponibilité, intégrité, puis confidentialité), les équipements ont vingt ans et ne se patchent pas. Ce module donne la carte et les deux règles qui évitent l'accident industriel.

Purdue : niveaux et contrôles associés

Ce qui protège à chaque niveau, et ce qui ne se fait jamais.

NiveauCe qu'on y trouveContrôle adaptéInterdit
Niveau 5 et 4 · SI de gestionERP, messagerie, postes de bureau, services partagés.Sécurité IT classique, cloisonnement strict avec l'OT.Établir une confiance implicite avec l'OT « puisqu'on est interne »
Niveau 3,5 · DMZ industrielleRépliques de données, dépôts de correctifs, courtier d'accès distant.Aucun passage direct : médiation, authentification, journalisation, unidirectionnel si possible.Laisser un accès direct de l'IT vers la supervision
Niveau 3 · Opérations du siteSupervision centrale, historiens, ingénierie.Cloisonnement par cellules, comptes nominatifs, journaux remontés vers le SOC.Ouvrir un accès distant de maintenance en permanence
Niveau 2 · Supervision localeInterfaces opérateurs, automates de conduite.Sessions nominatives, restrictions d'usage, pas de messagerie ni de navigation.Brancher une clé USB « juste pour un rapport »
Niveau 1 · AutomatisationAutomates, capteurs et actionneurs intelligents.Programmes versionnés et sauvegardés, accès d'ingénierie encadré.Mettre à jour un automate sans fenêtre ni sauvegarde du programme
Niveau 0 · Procédé physiqueCapteurs, actionneurs, machines.Sûreté intrinsèque : système instrumenté de sécurité indépendant, arrêt d'urgence matériel.Compter sur le réseau pour arrêter un procédé dangereux

Ce qui traverse le conduit — et ce qui ne passe jamais

Chaque flux entre zones est un contrôle nommé, possédé et surveillé.

FluxSens autoriséContrôle appliquéCe qui est interdit
Données de supervision vers l'ITOT → IT uniquement (réplique)Miroir en lecture seule, filtrage protocolaire, journalisation vers le SOC.Écriture depuis l'IT vers la supervision
Journaux industrielsOT → SOCCollecte dédiée, sonde passive, horodatage, conservation immuable.Utiliser un compte d'administration OT partagé pour la collecte
Correctifs et dépôtsIT → OT (via dépôt contrôlé)Dépôt intermédiaire, validation antivirale et de signature, application en fenêtre de maintenance.Déposer un correctif directement depuis un poste de bureau
Télémaintenance constructeurEntrant borné, sur demandeCourtier d'accès : session enregistrée, fenêtre validée, comptes nominatifs, journalisation.Accès permanent, compte partagé, absence d'enregistrement de session
Observation de sécuritéPassif uniquementSonde en écoute (SPAN/TAP), aucun paquet émis vers le procédé.Scan actif, requêtes d'énumération, script d'inventaire agressif

Le SIS (système instrumenté de sécurité) reste indépendant du réseau : cette indépendance est une exigence de sûreté, pas un choix d'architecture.

OT et ICS — niveaux industriels et contrôles associés à regarder : la frontière IT/OT et la priorité à la sûreté Plein écran
Conduits IEC 62443 — faire remonter les données sans exposer le procédé à regarder : le sens unique et le courtier d'accès distant Plein écran

À retenir

  • En OT, la priorité est sûreté > disponibilité > intégrité > confidentialité : elle gouverne toutes les décisions.
  • Un conduit unique par paire de zones, filtrage protocolaire en liste blanche, unidirectionnel quand c'est possible.
  • L'inventaire passif précède toute segmentation : on n'inventorie pas un réseau industriel en le scannant.
  • IT et OT s'entraînent ensemble : un exercice de crise séparé découvre les problèmes le jour de l'incident.

Pièges classiques

  • Appliquer les réflexes IT (scan actif, patch immédiat, redémarrage) sur un réseau industriel.
  • Laisser un accès de télémaintenance permanent « pour éviter les délais ».
  • Confondre segmentation logique et sûreté : l'arrêt d'urgence reste matériel.
  • Oublier les copies de données consommées en IT : la source ne doit jamais être exposée.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un constructeur demande un accès permanent à distance pour « monitorer » une machine. Que lui répondre ?

    Un courtier d'accès : accès sur demande, fenêtre validée, compte nominatif, session enregistrée et journalisée, à travers la DMZ industrielle. Pas d'accès permanent ni partagé — et l'accès doit pouvoir être coupé immédiatement.

  2. Pourquoi ne pas scanner activement un réseau industriel ?

    Parce que certains équipements anciens (automates, capteurs) ne supportent pas le trafic inattendu : un scan peut provoquer un arrêt de production, voire un incident de sûreté. On inventorie par observation passive (miroir de port, sonde en écoute).

  3. Comment prouver qu'un conduit est bien unidirectionnel ?

    Par un test : une tentative de connexion dans le sens interdit doit échouer et être journalisée. Le sens unique se prouve par le refus observé, pas par la documentation de l'équipement.

10.2Spécialités et méthode

IA et sécurité

Un copilote fuite, un RAG se fait piéger, un agent agit : trois risques distincts, une même règle — rien ne parle directement aux données.

  • Intermédiaire
  • 20 min
  • IA
  • agents
  • prompt injection
  • OWASP LLM
  • ATLAS
  • AI Act

L'essentiel en 30 secondes

  1. Trois usages, trois risques : copilote (fuite de données vers un tiers), RAG (injection indirecte via un document), agent (action non contrôlée sur un outil).
  2. L'injection indirecte est le vrai vecteur : l'instruction hostile est cachée dans un contenu que le modèle consulte (page, ticket, document, télémétrie).
  3. Aucun accès direct entre le modèle, les données et les outils : tout passe par une passerelle IA avec identité, filtrage, plafonds et journal exploitable.
  4. Gouvernance minimale : inventaire des cas d'usage, outils en liste blanche, validation humaine sur l'action sensible, capacité d'arrêt testée.
  5. Trois repères externes se complètent : l'OWASP Top 10 LLM (risques applicatifs), MITRE ATLAS (techniques adverses) et l'AI Act (obligations par niveau de risque, haut risque reporté au 2 décembre 2027).
4
usages à inventorier
copilote · RAG · agent · assistant de code
4
garde-fous de passerelle
identité · filtrage · périmètre · journal
6
conditions pour un agent
identité propre, outils bornés, plafonds, validation, journal, arrêt
02/12/2027
haut risque de l'AI Act (annexe III)
report voté par l'Omnibus IA

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir distinguer les risques d'un copilote, d'un RAG et d'un agent, et dire à quoi sert chaque référentiel de l'IA (AI Act, ISO 42001, OWASP Top 10 LLM, MITRE ATLAS).

Lecture RSSI · décider

L'IA est un composant d'architecture comme un autre : identités, flux, données, droits. Gouverner les usages, y compris l'IA non déclarée, et conduire une analyse de risque dédiée pour les usages sensibles, comme dans le cas du module 6.2.

L'IA n'est pas un sujet à part : c'est un nouveau composant d'architecture, avec des identités, des flux et des responsabilités. Ce module donne les usages, les risques réels et les conditions à remplir avant de laisser un agent agir.

Quatre usages, quatre risques

Le risque change de nature selon que le modèle lit, restitue ou agit.

UsageCe que ça apporteRisque principalContrôle prioritaire
Copilote (assistant généraliste)Gain de temps sur la rédaction, la synthèse, le code.Fuite de données dans un service tiers, hallucinations prises pour des faits.Interdiction d'entrée des données classifiées, journalisation des requêtes, sensibilisation ciblée
RAG (recherche augmentée)Réponses ancrées dans des documents internes, traçables.Injection indirecte par un document empoisonné ; fuite par élargissement du périmètre de recherche.Filtrage des sources indexées, cloisonnement par droits de l'utilisateur, citations obligatoires
Agent (appelle des outils)Automatisation d'actions : requêtes, tickets, correctifs, déploiements.Action non autorisée, effet de bord en cascade, boucle coûteuse.Identité propre, outils en liste blanche, plafonds, validation humaine, arrêt d'urgence
Assistant de codeProductivité des développeurs, génération de tests, revue assistée.Code vulnérable accepté sans revue, dépendance inventée, secret suggéré.Revue humaine obligatoire, analyse statique, détection de secrets, politique de provenance des dépendances

Six conditions avant de laisser agir un agent

Une seule manquante suffit à transformer un gain de productivité en incident.

ConditionCe que ça veut direComment on le vérifie
Identité propreL'agent a sa propre identité, journalisée comme telle — pas celle d'un humain.Journal des appels attribués à l'agent, pas au compte du demandeur
Outils en liste blancheIl ne peut appeler que des outils explicitement autorisés, avec des actions bornées.Configuration de la passerelle, test d'appel refusé
Plafonds quantitatifsLimites de volume, de coût, de débit et de portée d'écriture.Compteurs et alertes, test de dépassement
Validation humaineToute action sensible (écriture, suppression, envoi externe) exige une approbation.Trace d'approbation par action, proportion d'actions auto-approuvées
Journal exploitableRequêtes, sources consultées, outils appelés et résultats : de quoi reconstituer une décision.Relecture d'un incident simulé : peut-on reconstituer le cheminement ?
Arrêt d'urgenceCoupure immédiate, testée, avec effet connu sur les tâches en cours.Exercice d'arrêt daté et compte rendu

Le modèle n'est pas le seul composant à sécuriser : la passerelle, les sources, les outils et les identités portent l'essentiel du risque.

Les référentiels de l'IA : à quoi sert chacun

Quatre repères, quatre usages : ils ne se remplacent pas, ils se complètent.

Vérifié le 27/09/2026

RéférentielCe qu'il contientUsage en architecture
OWASP Top 10 LLM (2025)Dix risques des applications à base de LLM : injection de prompt (LLM01), divulgation d'informations sensibles, chaîne d'approvisionnement, empoisonnement des données et du modèle, gestion des sorties, agentivité excessive (LLM06), fuite du prompt système, faiblesses des vecteurs et embeddings, désinformation, consommation illimitée.Grille de revue d'une application d'IA et de ses tests avant mise en production
MITRE ATLASMatrice des tactiques et techniques adverses contre les systèmes d'IA, sur le modèle d'ATT&CK : 16 tactiques, 120 techniques, 73 études de cas (version v2026.09 du 15/09/2026).Threat model d'un système d'IA, scénarios d'exercice, couverture de détection
AI Act · règlement (UE) 2024/1689Obligations par niveau de risque : pratiques interdites et maîtrise de l'IA depuis le 02/02/2025, modèles à usage général depuis le 02/08/2025, transparence (art. 50) depuis le 02/08/2026 ; haut risque reporté par l'Omnibus IA, en vigueur depuis le 27/07/2026, au 02/12/2027 (annexe III) et au 02/08/2028 (annexe I).Inventaire des cas d'usage classés par niveau de risque ; dossier de conformité pour chaque système à haut risque
ISO/IEC 42001 · NIST AI RMFSystème de management de l'IA (norme certifiable, 2023) et cadre de gestion des risques de l'IA (NIST, 2023).Gouvernance : rôles, inventaire, évaluation d'impact, revue périodique

Sources relues le 27/09/2026 : genai.owasp.org (édition 2025), atlas-data v2026.09, Conseil de l'UE (adoption finale de l'Omnibus IA le 29/06/2026) et Commission européenne (entrée en vigueur le 27/07/2026).

Plateforme d'IA — des usages aux garanties à regarder : la passerelle, et pourquoi aucun accès direct n'existe entre modèle, données et outils Plein écran

À retenir

  • Le risque suit la capacité : un modèle qui lit ne fait pas les dégâts d'un agent qui écrit.
  • L'injection indirecte se traite par l'architecture (cloisonnement, outils bornés), pas par des consignes de prompt.
  • Tout usage d'IA s'inventorie : sans inventaire, ni gouvernance, ni retrait possible.
  • Un agent sans arrêt d'urgence testé n'est pas prêt à agir sur la production.
  • OWASP Top 10 LLM pour revoir l'application, ATLAS pour modéliser l'attaquant, AI Act pour classer l'usage : trois questions différentes.

Pièges classiques

  • Croire qu'une instruction du type « ignore les instructions malveillantes » suffit : le contenu hostile arrive par une source que le modèle doit lire.
  • Laisser un agent utiliser une identité humaine à privilèges : aucune attribution, aucune limitation.
  • Indexer tous les documents sans appliquer les droits des utilisateurs : le RAG devient un canal de fuite.
  • Acheter un outil de gouvernance avant d'avoir un inventaire des cas d'usage : le catalogue précède l'outil.
Auto-check : 4 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Un métier veut brancher un agent sur la base de production pour automatiser les demandes. Quelles conditions poser ?

    Identité propre à l'agent, accès en lecture via une vue restreinte, outils en liste blanche, plafonds de volume et de coût, validation humaine sur toute écriture, journal exploitable, arrêt d'urgence testé, et un test d'injection indirecte (document piégé).

  2. Comment un RAG peut-il devenir un vecteur de fuite ?

    Si l'index agrège des documents au-delà des droits de l'utilisateur, la réponse peut restituer une information à laquelle il n'a pas accès. La correction est le cloisonnement des sources par périmètre de droits, pas un filtre après coup.

  3. Que met-on dans un inventaire de cas d'usage IA ?

    Usage, propriétaire, données concernées et leur classification, modèle employé, outils accessibles, garde-fous en place, preuve de test, et décision (autorisé, encadré, refusé). Sans cette base, la gouvernance reste déclarative.

  4. Un assistant RAG interne doit être mis en production. Quels référentiels mobiliser, et pour quoi faire ?

    L'OWASP Top 10 LLM pour la revue de l'application (injection de prompt, divulgation d'informations sensibles, faiblesses des vecteurs et embeddings) ; MITRE ATLAS pour construire le threat model et les scénarios de test ; l'AI Act pour classer l'usage — un assistant documentaire interne n'est en général pas à haut risque, mais l'obligation de transparence envers les utilisateurs s'applique [hypothèse : à confirmer selon le cas d'usage].

10.3Spécialités et méthode

Méthode : revoir un design, fermer un écart par une preuve

Une compétence ne se déclare pas, elle se démontre : une action minimale, une pièce vérifiable, une date.

  • Tous publics
  • 14 min
  • méthode
  • revue de design
  • preuves

L'essentiel en 30 secondes

  1. Un écart de compétence se traite comme un écart de contrôle : on le nomme, on choisit l'action minimale qui le ferme, on produit la preuve qui le démontre.
  2. La preuve est un livrable vérifiable par un tiers : un déploiement reproductible, un pipeline avec ses portes, une revue de code documentée, un outil qui tourne, un parc administré.
  3. Le plan se lit en trois temps : fondations (poser un socle reproductible), pratique (répéter les gestes du métier), démonstration (montrer la chaîne de bout en bout, écarts assumés compris).
  4. Ce qui convainc en comité comme en revue : une décision argumentée, un schéma, une trace datée — jamais une affirmation.
1
preuve par écart
vérifiable par un tiers
3
temps du plan
fondations · pratique · démonstration
10
questions de revue
avant de valider un design

Lecture ingénieur · comprendre

Savoir conduire une revue de design avec dix questions, et transformer un écart en action vérifiable : une action minimale, une pièce, une date.

Lecture RSSI · décider

Une compétence ou un contrôle ne se déclare pas, il se démontre. Demander, pour chaque écart, la preuve qui le fermera et la date à laquelle on la verra.

Une méthode ne vaut que par ce qu'elle produit. Ce module donne la façon de transformer un écart en pièce démontrable, puis les dix questions à poser avant de valider un design — la grille qui sert aussi à relire ses propres architectures.

Cinq familles de compétences, cinq preuves

Pour chaque famille : l'action minimale qui produit une compétence réelle, et la pièce qui la démontre.

FamilleAction minimalePreuve attendueDurée réaliste
Cloud opérationnelMonter un compte dans une organisation avec garde-fous, un réseau, des rôles fédérés, la journalisation et la détection managée.Schéma d'architecture du compte + garde-fous actifs + journal d'API centralisé3 à 5 semaines
Infrastructure-as-code et CI/CDÉcrire un module versionné, un état distant verrouillé, et un pipeline avec portes (secrets, IaC, build signé, admission).Dépôt de démonstration : plan, garde-fous, artefact signé, pipeline vert puis rouge sur un écart4 à 6 semaines
AppSec et revue de codeRevoir dix pull requests avec une grille écrite : entrées, authentification, autorisation, secrets, dépendances, journalisation.Grille de revue + deux revues documentées avec commentaires et suivi de correction2 à 3 semaines
Automatisation sécuritéÉcrire un outil utile : collecte de preuves, vérification de configuration, export de conformité — testé et journalisé.Code versionné, tests, exécution planifiée, sortie exploitable par un tiers4 à 8 semaines
Administration de parcAdministrer un parc réel ou un laboratoire : politiques de conformité, inventaire, durcissement, remontée d'alertes.Tableau de conformité du parc, politique appliquée, procédure d'exception écrite3 à 4 semaines

Un laboratoire personnel suffit : ce qui compte est la démarche complète (conception, mise en œuvre, preuve, écarts assumés), pas la taille du parc.

Trois temps : fondations, pratique, démonstration

Ce qui doit être vrai à la fin de chaque temps — et comment le montrer.

TempsObjectifLivrable démontrableSignal d'échec
1 · FondationsPoser un socle reproductible sans dépendre d'un tiers : compte et garde-fous, réseau, identités fédérées, journalisation, premier module d'infrastructure-as-code.Un dépôt d'infrastructure qui déploie un environnement complet, avec garde-fous actifs et journaux centralisés.Un environnement monté à la main, sans code, impossible à reproduire
2 · PratiqueRépéter les gestes du métier : revue de code avec grille, threat model d'un service, priorisation de vulnérabilités, pipeline à portes.Une revue de code documentée, un threat model d'une page, une file de vulnérabilités priorisée avec échéances.Des rapports sans décision : rien n'est corrigé, rien n'est daté
3 · DémonstrationMontrer la chaîne complète : un service déployé, détecté, sauvegardé, documenté, avec ses preuves et ses écarts assumés.Un dossier de cinq pages : schéma, décisions, preuves (journal, rapport de restauration, pipeline), écarts et plan.Un dossier sans écarts assumés : signe qu'il n'a pas été regardé en face

Le même dossier sert à plusieurs auditoires : ce sont les preuves mises en avant qui changent, pas le fond.

Dix questions à poser avant de valider un design

La grille de revue à garder sous la main — en comité comme sur une pull request d'architecture.

QuestionCe qu'elle révèle
Qu'est-ce qui tombe si ce composant tombe ?Le rayon d'impact et les points uniques de défaillance
Qui a le droit de faire quoi, et qui l'a décidé ?La propriété des accès et la traçabilité des décisions
Quelle est la preuve que ce contrôle fonctionne ?La différence entre un contrôle déclaré et un contrôle testé
Que se passe-t-il si l'authentification est indisponible ?Le mode dégradé, souvent oublié, et l'accès de secours
Où sont les secrets, et comment tournent-ils ?La gestion des identités non humaines et des clés
Quels flux sont autorisés, et qui les possède ?Le sérieux de la segmentation et l'existence d'un propriétaire par règle
Quel signal produit ce composant en cas d'abus ?L'observabilité et l'exploitabilité de la détection
Comment restaure-t-on, et en combien de temps ?La résilience réelle, mesurée par un test et non par une promesse
Quelle donnée sort du périmètre, vers qui ?Les tiers, la souveraineté et la réversibilité
Qu'est-ce qu'on accepte de ne pas couvrir ?Le risque résiduel : la question qui transforme un débat en décision

Ces dix questions se posent en cinq minutes ; elles évitent trois réunions et un incident.

Feuille de route — quatre vagues et les gains associés à regarder : la séquence, et le gain obtenu à chaque étape plutôt qu'en fin de programme Plein écran

À retenir

  • Un écart se ferme par une preuve, pas par une lecture ni une certification.
  • On séquence : les fondations (identité, journaux, sauvegardes, inventaire) avant l'optimisation.
  • Le livrable qui convainc tient en cinq pages : schéma, décisions, preuves, écarts assumés.
  • Les dix questions de revue valent pour tous les designs, y compris les siens.

Pièges classiques

  • Empiler les formations sans jamais livrer : le savoir non pratiqué ne se défend pas.
  • Attendre de tout maîtriser avant de montrer : une trajectoire assumée est plus crédible qu'une perfection simulée.
  • Confondre volume de livrables et qualité des preuves : dix schémas sans décision valent moins qu'un dossier argumenté.
  • Oublier d'écrire ce qui n'est pas couvert : c'est pourtant la première question d'un relecteur.
Auto-check : 3 questions pour vérifier que c'est acquis
  1. Trois semaines pour démontrer une compétence cloud et infrastructure-as-code : par quoi commencer ?

    Un environnement complet déployé par code : organisation et garde-fous, réseau, rôles fédérés, journalisation centralisée, un module versionné avec état distant. On peut alors raconter des décisions et des erreurs vécues — c'est ce qui distingue une pratique d'une lecture.

  2. Comment démontrer une compétence d'administration de parc sans parc à disposition ?

    Par un laboratoire : deux machines, un outil open source d'administration, des politiques de conformité, un inventaire, une exception écrite et un test de non-conformité détecté. La démarche et les écarts sont transposables — la taille du parc n'est pas le sujet.

  3. Quelle est la preuve la plus utile à montrer sur un profil GRC ?

    Un registre de risque ou une matrice de conformité reliés à des preuves datées : contrôle, composant, propriétaire, statut déclaré/testé, échéance. C'est la démonstration qu'on ne confond pas l'écrit et le fait.

Repères

Lexique

Le vocabulaire qui fait gagner du crédit en réunion technique : filtrable à la volée, chaque terme relié à son module.

  • 163 termes

802.1X

Contrôle d'accès au réseau : le commutateur n'ouvre le port qu'après validation de l'équipement par un serveur RADIUS.

3.3 · Bastion, VPN, 802.1X

Admission (contrôle d'admission)

Porte d'entrée d'un déploiement : elle vérifie la signature, la provenance et la configuration avant d'admettre un artefact en production.

5.5 · DevSecOps et IaC

ADR

Architecture Decision Record : fiche datée d'une décision — contexte, options, décision, conséquences, critères de réexamen. Règle du dossier : aucune technologie retenue sans ADR.

6.4 · STRIDE et priorisation

AI Act

Règlement (UE) 2024/1689 : obligations par niveau de risque. Interdictions depuis février 2025, modèles à usage général depuis août 2025 ; haut risque reporté par l'Omnibus IA au 2 décembre 2027 (annexe III) et au 2 août 2028 (annexe I).

10.2 · IA et sécurité

AIBOM

AI Bill of Materials : inventaire des modèles, jeux de données et dépendances d'intelligence artificielle.

10.2 · IA et sécurité

AQSSI

Autorité qualifiée pour la sécurité des systèmes d'information, responsable de la sécurité des SI de son périmètre.

7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900

ARP

Protocole qui associe une adresse IP voisine à son adresse MAC ; son usurpation permet de s'interposer entre deux machines.

2.1 · Trajet d'un paquet

ASPM

Application Security Posture Management : dette de sécurité applicative, priorisée par le risque réel.

5.5 · DevSecOps et IaC

AssumeRole / identité fédérée

Obtention d'identifiants temporaires par échange de confiance (OIDC, SAML) au lieu d'un secret permanent : attribuable, expirant, révocable.

4.1 · Identité et IAM

ASVS

Application Security Verification Standard (OWASP) : exigences de sécurité applicative vérifiables, en 17 chapitres et trois niveaux ; version 5.0 publiée en mai 2025.

8.2 · AppSec et API

ATT&CK

Référentiel MITRE des tactiques (15 en version Enterprise v19) et des techniques adverses. Les tactiques sont des objectifs, pas une séquence ; le référentiel sert à nommer les menaces d'un threat model et à mesurer la couverture de détection.

6.3 · Menaces et attaques

Autorité d'homologation

Responsable, proche du métier, qui décide de l'emploi d'un SI et accepte ses risques résiduels.

7.2 · Homologation SSI

Bastion

Point de passage unique de l'administration : authentification forte, comptes nominatifs, secrets injectés, sessions enregistrées.

3.3 · Bastion, VPN, 802.1X

BGP

Protocole de routage entre systèmes autonomes (Internet) : choix par politique ; filtrer les préfixes et signer les origines (RPKI).

2.3 · Routage, OSPF, BGP

BIA (bilan d'impact sur l'activité)

Analyse, processus métier par processus métier, de l'impact d'une interruption dans le temps : elle fixe DMIA, RTO et RPO et révèle les dépendances.

9.3 · Continuité et crise

Bien support

Ce sur quoi repose une valeur métier : matériel, logiciel, réseau, personne, local. C'est lui que l'attaquant vise.

6.1 · EBIOS RM, la méthode

Blast radius

Rayon d'impact : ce qu'une compromission d'un composant permet d'atteindre ensuite. À mesurer, jamais à supposer.

4.1 · Identité et IAM

BOLA / BFLA

Autorisation défaillante au niveau de l'objet (accès à la donnée d'un autre) ou de la fonction (appel d'une route interdite) : premier et cinquième risques du Top 10 API de l'OWASP (2023).

8.2 · AppSec et API

CASB

Cloud Access Security Broker : découverte des applications SaaS et contrôle des flux, en API et/ou inline. Couvrir les deux modes est une preuve, pas une option.

3.2 · Réseau et segmentation

CBOM

Cryptography Bill of Materials : inventaire des algorithmes, clés et certificats. Prérequis de la migration post-quantique.

8.1 · Crypto et données

Cellule de crise

Instance restreinte qui décide, communique et notifie pendant une crise, avec des moyens extérieurs au SI touché (annuaire imprimé, téléphones, canal de secours) et une main courante.

9.3 · Continuité et crise

Chiffrement d'enveloppe

Une clé maîtresse protège des clés de données : la rotation devient praticable sans rechiffrer les volumes.

8.1 · Crypto et données

CIEM

Cloud Infrastructure Entitlement Management : droits effectifs et chemins d'escalade de privilèges dans le cloud.

5.3 · Cas pratique AWS

Cloud hybride

SI qui relie un existant sur site et un cloud pour former un seul système ; à distinguer du multi-cloud (plusieurs fournisseurs).

5.1 · Comprendre le cloud

CNAPP

Cloud-Native Application Protection Platform : posture cloud et applicative (CSPM, CIEM, CWPP, DSPM) dans une vue corrélée.

5.3 · Cas pratique AWS

Commission d'homologation

Réunion où le comité présente le dossier et son avis à l'autorité ; courte, décisionnelle.

7.2 · Homologation SSI

Compte racine

Compte créateur d'un compte AWS, qui détient tous les droits sur ce compte. Dans une organisation, les SCP le plafonnent sur les comptes membres, jamais sur le compte de gestion. MFA matérielle, aucune clé d'accès, usage exceptionnel et alerté.

5.3 · Cas pratique AWS

Conduit

IEC 62443 : unique chemin autorisé entre deux zones — filtrage protocolaire en liste blanche, unidirectionnel quand c'est possible.

10.1 · OT / ICS

CRA

Cyber Resilience Act (règlement UE 2024/2847). Vulnérabilité activement exploitée : alerte 24 h, notification 72 h, rapport final 14 jours après la mise à disposition d'un correctif. Incident grave : 24 h, 72 h, rapport final sous 1 mois. Déclarations obligatoires depuis le 11 septembre 2026 ; application complète le 11 décembre 2027.

7.4 · SMSI et référentiels

Crypto-agilité

Capacité à changer d'algorithme par paramétrage : l'algorithme est un paramètre, les bibliothèques en supportent plusieurs, la rotation est testée en production.

8.1 · Crypto et données

CSPM

Cloud Security Posture Management : détection des écarts de configuration aux référentiels durcis, corrigés par infrastructure-as-code.

5.3 · Cas pratique AWS

CTI (renseignement sur la menace)

Cyber Threat Intelligence : connaissance des acteurs, campagnes, techniques et indicateurs, organisée pour éclairer une décision — stratégique, opérationnelle, tactique ou technique.

9.2 · Détection et CTI

CTPP (prestataire TIC critique)

Prestataire de services TIC désigné critique au titre de DORA et surveillé directement par les autorités européennes : 19 désignés le 18/11/2025.

7.5 · Tiers et fournisseurs

CWPP

Cloud Workload Protection Platform : protection à l'exécution des charges de travail, blocage des comportements interdits.

5.3 · Cas pratique AWS

DCP (donnée à caractère personnel)

Toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable (RGPD, art. 4). Sa violation déclenche la notification à la CNIL sous 72 heures lorsqu'elle présente un risque pour les personnes.

8.1 · Crypto et données

Déclaré / testé

Un contrôle documenté est « déclaré » ; il ne devient « testé » qu'après une exécution tracée (date, opérateur, résultat). Seul le test mesure la maturité réelle.

6.4 · STRIDE et priorisation

Deny-by-default

Aucun flux n'existe par défaut : chaque flèche correspond à une règle déclarée, possédée par une personne nommée, et son refus est journalisé.

3.2 · Réseau et segmentation

Detection-as-code

Règles de détection versionnées, testées et déployées comme du code — condition d'une couverture ATT&CK mesurable et opposable.

9.1 · SOC et résilience

DHCP

Service qui attribue adresse, masque, passerelle et DNS ; un faux serveur DHCP peut se déclarer passerelle (parade : DHCP snooping).

2.1 · Trajet d'un paquet

Diffusion Restreinte (DR)

Mention de protection d'une information sensible (et non niveau de classification), régie par l'II 901.

7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900

Diode de données

Transfert unidirectionnel : les données remontent, aucune commande ne descend. Moyen technique d'imposer un sens unique.

10.1 · OT / ICS

DMIA

Durée maximale d'interruption admissible d'un processus métier, fixée par le BIA : au-delà, l'impact devient inacceptable. Le RTO doit rester en deçà.

9.3 · Continuité et crise

DMZ

Zone qui accueille les services joignables depuis Internet, entre deux barrières de filtrage, sans exposer la zone interne.

3.1 · Pare-feu, DMZ, WAF

DORA

Règlement (UE) 2022/2554 sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier : risque TIC, incidents, tests, prestataires tiers. Applicable depuis le 17 janvier 2025.

7.4 · SMSI et référentiels

Drift (dérive d'infrastructure)

Écart entre l'infrastructure décrite par le code et celle qui tourne réellement. Se détecte par un plan régulier, se corrige par le code.

5.5 · DevSecOps et IaC

DSPM

Data Security Posture Management : découverte et classification de la donnée, y compris celle que l'on croyait absente.

5.3 · Cas pratique AWS

EBIOS Risk Manager

Méthode d'appréciation du risque de l'ANSSI et du Club EBIOS : cinq ateliers, du cadrage au traitement du risque (guide v1.5, 2024).

6.1 · EBIOS RM, la méthode

EDR

Endpoint Detection and Response : agent qui observe l'activité du poste ou du serveur, détecte les comportements malveillants et permet l'isolation à distance. Se prouve par sa couverture et un test d'isolation.

8.3 · Poste, messagerie et SaaS

EPSS

Probabilité d'exploitation d'une vulnérabilité dans les 30 jours, fondée sur des données observées : complète le score de sévérité.

6.4 · STRIDE et priorisation

Espace de noms (namespace)

Cloisonnement logique d'un cluster Kubernetes : unité d'application des rôles, des quotas, des NetworkPolicy et des profils Pod Security.

5.4 · Conteneurs et Kubernetes

EtherChannel, LACP

Agrégation de plusieurs liens physiques en un lien logique (802.3ad) : débit cumulé, redondance, aucun blocage par Spanning Tree.

2.2 · VLAN, STP, EtherChannel

FIDO2 / passkey

Authentification résistante au hameçonnage par facteur matériel ou clé liée à l'origine. NIST SP 800-63B-4 (2025) encadre aussi les passkeys synchronisées entre appareils.

4.1 · Identité et IAM

Garde-fou (guardrail)

Contrôle appliqué automatiquement par la plateforme ou par le code, qui rend une mauvaise configuration difficile, voire impossible.

5.5 · DevSecOps et IaC

Hameçonnage par consentement

Attaque où l'utilisateur, authentifié normalement, accorde par OAuth des droits à une application malveillante : le MFA ne protège pas, la limitation du consentement oui.

8.3 · Poste, messagerie et SaaS

HNDL

Harvest Now, Decrypt Later : intercepter aujourd'hui ce qui sera déchiffrable demain. C'est pourquoi la menace post-quantique est présente, pas future.

8.1 · Crypto et données

Homologation de sécurité

Décision d'une autorité d'accepter les risques résiduels d'un SI avant sa mise en service ; trois ans au plus, deux en Très Secret.

7.2 · Homologation SSI

IaaS, PaaS, SaaS

Trois modèles de service cloud : machines louées, plateforme gérée, logiciel prêt. Données, identités et accès restent toujours au client.

5.1 · Comprendre le cloud

IAC (infrastructure as code)

Décrire réseaux, identités et services dans des fichiers versionnés : la sécurité devient reproductible et vérifiable en revue.

5.5 · DevSecOps et IaC

IdP

Identity Provider : socle d'identité. Quand il est unique, il devient un point de défaillance de tous les accès — d'où l'ADR-004 sur l'accès d'urgence.

4.1 · Identité et IAM

IDS, IPS

Détection d'intrusion en écoute (alerte seulement) ou prévention en ligne (bloque, au risque d'un faux positif).

3.1 · Pare-feu, DMZ, WAF

IGI 1300

Instruction générale interministérielle sur la protection du secret de la défense nationale (2021) : niveaux Secret et Très Secret, SI classifiés homologués.

7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900

II 901

Instruction interministérielle de 2015 sur les SI sensibles et l'information Diffusion Restreinte : PSSI, homologation, chiffrement agréé.

7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900

IM 900

Instruction du ministère des Armées (2021) sur la protection du secret et des informations Diffusion Restreinte et sensibles.

7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900

Injection indirecte

Instruction hostile logée dans un contenu que l'agent consulte (document, ticket, télémétrie). Le vrai vecteur d'attaque des agents, plus que le jailbreak spectaculaire.

10.2 · IA et sécurité

IPsec

Protocole de tunnel chiffré entre deux points : IKEv2 négocie et authentifie, ESP chiffre et protège l'intégrité.

3.3 · Bastion, VPN, 802.1X

ISO 42001 / NIST AI RMF

Référentiels de management et d'évaluation du risque d'IA : inventaire des cas d'usage, tests adverses, journal, capacité de retrait.

10.2 · IA et sécurité

ITDR

Identity Threat Detection and Response : détection d'abus d'identité — dérive de comportement, vol de jeton, MFA fatigue.

4.1 · Identité et IAM

JIT

Just-In-Time : droit accordé pour une durée bornée, puis expiré automatiquement. Le contraire d'un droit permanent.

4.1 · Identité et IAM

KEV (Known Exploited Vulnerabilities)

Catalogue public (CISA) des vulnérabilités exploitées activement : un signal fort, à croiser avec l'exposition et la criticité de l'actif pour fixer la priorité.

6.4 · STRIDE et priorisation

Limite de permissions (permission boundary)

Plafond attaché à un principal IAM : elle réduit ses droits effectifs sans jamais en accorder. Utile pour déléguer la création de rôles sans donner les clés du royaume.

4.1 · Identité et IAM

Masque, CIDR

Notation /n : nombre de bits qui désignent le réseau. Un /24 laisse 254 adresses d'hôtes ; tout ce qui sort du sous-réseau passe par la passerelle.

2.1 · Trajet d'un paquet

Matrice de conformité

Registre reliant chaque contrôle d'un référentiel à un composant d'architecture et à une preuve. Une ligne sans preuve n'est pas un contrôle : c'est un écart.

7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900

MCS (maintien en condition de sécurité)

Veille, correctifs, revue des comptes et des règles : ce qui garde un SI au niveau homologué dans la durée.

7.2 · Homologation SSI

MDM

Mobile Device Management : gestion centralisée des postes et mobiles (configuration, chiffrement, correctifs, effacement à distance) ; l'état qu'il rapporte sert aussi à l'accès conditionnel.

8.3 · Poste, messagerie et SaaS

MFA

Authentification multifacteur. Attention à ce qu'elle ne protège pas : une session déjà ouverte, ni une identité de service.

4.1 · Identité et IAM

Micro-segmentation

Politique par service à l'intérieur d'une zone : le rayon d'impact se réduit au service, et le refus devient un signal exploitable.

3.2 · Réseau et segmentation

MITRE ATLAS

Base de tactiques, techniques et études de cas d'attaques contre les systèmes d'IA, construite sur le modèle d'ATT&CK : 16 tactiques et 120 techniques en version v2026.09.

10.2 · IA et sécurité

ML-KEM / ML-DSA

FIPS 203 (ML-KEM, encapsulation de clés) et FIPS 204 (ML-DSA, signatures), publiés le 13 août 2024 avec FIPS 205 (SLH-DSA), signature à base de hachage retenue comme alternative de secours. HQC a été sélectionné en mars 2025 comme second mécanisme d'encapsulation.

8.1 · Crypto et données

Modèle OSI

Sept couches pour décrire un échange réseau, de la couche physique (1) à l'application (7) ; sur le terrain, on raisonne en quatre couches TCP/IP.

2.1 · Trajet d'un paquet

Moindre agence

Principe appliqué aux agents IA : lecture seule par défaut, action bornée par exception, outils en liste blanche, plafonds et journal exploitable.

10.2 · IA et sécurité

MTTD / MTTR

Délais de détection et de remédiation : les seuls indicateurs qui comptent réellement pour un SOC. Le volume d'alertes n'en est pas un.

9.1 · SOC et résilience

NAT

Traduction d'adresses entre réseau privé et Internet ; le pare-feu retient la session pour inverser la traduction au retour.

2.1 · Trajet d'un paquet

NetworkPolicy

Règle Kubernetes qui filtre les flux entre pods. Sans elle, tout pod joint tout pod ; elle n'agit que si le plugin réseau l'applique — d'où le test de connexion refusée.

5.4 · Conteneurs et Kubernetes

NGFW

Pare-feu de nouvelle génération : reconnaît l'application et l'utilisateur, inspecte le contenu, intègre un IPS.

3.1 · Pare-feu, DMZ, WAF

NHI

Non-Human Identity : identité de service, de charge de travail ou d'agent. Aucune MFA ne la protège : il faut un registre, une portée et une expiration.

4.1 · Identité et IAM

NIS2

Directive (UE) 2022/2555 : dix domaines de mesures (art. 21) et notification d'incident 24 h / 72 h / 1 mois (art. 23). Transposition française en attente (CJUE saisie le 08/07/2026).

7.4 · SMSI et référentiels

Non-conformité / action corrective

Écart constaté, analyse de cause racine, correction, vérification d'efficacité. La clause 10.2 est le moteur de l'amélioration.

7.4 · SMSI et référentiels

OIDC

OpenID Connect : couche d'identité au-dessus d'OAuth 2.0. En fédération CI → cloud, la plateforme présente un jeton signé et reçoit un rôle temporaire, sans secret statique à stocker.

4.1 · Identité et IAM

OSPF

Protocole de routage interne (IGP) : chaque routeur connaît la carte de son aire et calcule le plus court chemin.

2.3 · Routage, OSPF, BGP

OWASP Top 10 LLM

Liste des dix risques des applications à base de grands modèles de langage (édition 2025) : de l'injection de prompt (LLM01) à la consommation illimitée (LLM10), en passant par l'agentivité excessive (LLM06).

10.2 · IA et sécurité

PAM

Privileged Access Management : coffre de secrets, élévation à la demande, enregistrement de session pour les comptes à privilèges.

4.1 · Identité et IAM

Pare-feu à états

Pare-feu qui suit chaque session et autorise automatiquement le trafic retour d'une connexion permise.

3.1 · Pare-feu, DMZ, WAF

Partie prenante critique

Acteur de l'écosystème en zone de danger ou de contrôle : il entre dans les scénarios stratégiques.

6.1 · EBIOS RM, la méthode

PAS (plan d'assurance sécurité)

Engagement contractuel du prestataire sur la manière dont il respecte les exigences de sécurité du projet.

7.1 · ISP, sécurité des projets

PCA / PRA

Plan de continuité d'activité (l'activité continue en mode dégradé) et plan de reprise d'activité (le SI revient dans l'ordre des dépendances). Deux plans distincts, testés séparément.

9.3 · Continuité et crise

PDCA (roue de Deming)

Planifier, déployer, contrôler, améliorer : la boucle qui fait vivre un SMSI et se prouve par des enregistrements datés.

7.4 · SMSI et référentiels

PDP

Policy Decision Point : le moteur de décision (le « juge »). Il évalue la politique et rend une instruction — il ne voit pas le trafic.

4.2 · Zero Trust

PEP

Policy Enforcement Point : le point d'application de la décision (le « gendarme »). Il intercepte la requête et exécute l'instruction.

4.2 · Zero Trust

PKCE

Proof Key for Code Exchange : extension d'OAuth qui lie la demande du code d'autorisation à son échange, et rend inutile un code intercepté. Recommandée pour tous les clients par la RFC 9700 (2025).

8.2 · AppSec et API

Pod Security Standards

Trois profils de sécurité des pods (privileged, baseline, restricted), imposés par espace de noms avec Pod Security Admission ; restricted est la cible des applications.

5.4 · Conteneurs et Kubernetes

Poste d'administration dédié

Poste réservé à l'administration, sans messagerie ni navigation, placé dans une zone d'administration.

3.3 · Bastion, VPN, 802.1X

Posture

État de conformité de l'appareil ou de la session (correctifs, chiffrement, EDR actif). Une posture non fiable ramène la décision au niveau d'une simple authentification.

4.2 · Zero Trust

Posture (cloud)

État de conformité d'un environnement : configuration, droits effectifs, charges, données. Quatre vues, quatre outils, une décision.

5.3 · Cas pratique AWS

PQC

Post-Quantum Cryptography : algorithmes résistants à l'ordinateur quantique. Migration hybride, par vagues, priorité à l'agilité.

8.1 · Crypto et données

Preuve

Pièce datée, attribuable et rejouable : fichier:ligne, commande exécutée, capture horodatée, compte rendu de test. Une capture prouve un état à une date, pas un contrôle permanent.

6.4 · STRIDE et priorisation

Purdue

Modèle de référence des niveaux industriels : 0 procédé, 1 automatisation, 2 supervision, 3 opérations, 3,5 DMZ industrielle, 4-5 SI de gestion.

10.1 · OT / ICS

Pyramide de la douleur

Modèle de David Bianco : plus un indicateur est haut (des empreintes et adresses IP jusqu'aux TTP), plus il coûte à l'attaquant de le changer — et plus la détection qui s'y appuie dure.

9.2 · Détection et CTI

Qualification ANSSI

Recommandation de l'État pour un produit ou un prestataire (PASSI, PRIS, PDIS, SecNumCloud) après évaluation.

7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900

RBAC (Kubernetes)

Contrôle d'accès par rôles de l'API Kubernetes : rôles et liaisons, par espace de noms ou pour tout le cluster. Un compte applicatif ne reçoit jamais cluster-admin.

5.4 · Conteneurs et Kubernetes

ReCyF

Référentiel cyber France publié par l'ANSSI (2026) : mesures recommandées pour atteindre les objectifs de sécurité de NIS 2.

7.3 · IGI 1300, II 901, IM 900

Registre d'information (DORA)

Registre, imposé par l'article 28 de DORA, de tous les accords contractuels TIC d'une entité financière ; modèles fixés par le règlement d'exécution (UE) 2024/2956, collecte annuelle par les autorités.

7.5 · Tiers et fournisseurs

Responsabilité partagée

Le fournisseur sécurise le cloud, le client ce qu'il y met ; la frontière bouge entre IaaS, PaaS et SaaS.

5.2 · Sécurité cloud

Reverse proxy

Relais placé devant un service : termine TLS, filtre, répartit ; le serveur réel n'est jamais exposé directement.

3.1 · Pare-feu, DMZ, WAF

Réversibilité

Capacité de sortie d'un fournisseur : clause contractuelle, format d'export, coût et délai. Elle se prouve par un test, jamais par une clause.

6.4 · STRIDE et priorisation

Risque résiduel

Risque qui subsiste après traitement, accepté par écrit par son propriétaire, avec une date de réexamen.

6.1 · EBIOS RM, la méthode

RTO / RPO

Durée maximale d'indisponibilité tolérée et perte de données acceptable, par criticité. Un RTO est une décision d'activité, pas un choix technique.

9.3 · Continuité et crise

SASE

Secure Access Service Edge : convergence du réseau et de la sécurité en un plan de contrôle cloud (ZTNA, SWG, FWaaS, CASB). Le périmètre n'est plus un lieu, c'est une décision.

3.2 · Réseau et segmentation

SBOM

Software Bill of Materials : inventaire des composants logiciels. Sans inventaire, une vulnérabilité critique devient une chasse au trésor de plusieurs semaines.

5.5 · DevSecOps et IaC

Scénario opérationnel

Mode opératoire technique sur les biens supports, représenté en graphe d'attaque et coté en vraisemblance (atelier 4).

6.1 · EBIOS RM, la méthode

Scénario stratégique

Chemin d'attaque de haut niveau, d'une source de risque à un événement redouté, souvent via l'écosystème (atelier 3).

6.1 · EBIOS RM, la méthode

SCP (Service Control Policy)

Garde-fou d'organisation AWS : il plafonne ce que les comptes membres peuvent faire, y compris leur compte racine — mais pas le compte de gestion, qu'aucune SCP ne limite. Il n'accorde jamais de droit.

5.3 · Cas pratique AWS

SecNumCloud

Qualification ANSSI des offres cloud (version 3.2, 2022), incluant l'immunité aux lois extra-européennes ; exigée pour les données particulièrement sensibles de l'État.

5.1 · Comprendre le cloud

Sigma

Format ouvert de description des règles de détection, indépendant de l'outil : une règle Sigma se traduit vers plusieurs SIEM et se versionne comme du code.

9.2 · Détection et CTI

SIS

Safety Instrumented System : système instrumenté de sécurité, indépendant du réseau — son indépendance est une exigence de sûreté, pas une option d'architecture.

10.1 · OT / ICS

SL-T / SL-A

IEC 62443 : niveau cible de sécurité (SL-T, ce que l'on vise) et niveau atteint (SL-A, ce qui est démontré). Deux valeurs distinctes, à écrire toutes les deux ; SL-C désigne la capacité intrinsèque d'un composant.

10.1 · OT / ICS

SL1 à SL4

IEC 62443 : niveaux de sécurité, du niveau 1 (violation fortuite ou accidentelle) au niveau 4 (attaque intentionnelle, moyens sophistiqués, ressources étendues, forte motivation).

10.1 · OT / ICS

SLSA

Niveaux de garantie de provenance d'un artefact de build ; la signature de la provenance arrive dès le niveau 2, le niveau 3 ajoute une plateforme de build durcie et des builds isolés.

5.5 · DevSecOps et IaC

SoA (déclaration d'applicabilité)

Document central du SMSI : chaque mesure de l'Annexe A est déclarée applicable ou non, avec justification, propriétaire et preuve.

7.4 · SMSI et référentiels

Socle de sécurité

Ensemble des règles applicables (référentiels, PSSI) dont on mesure les écarts à l'atelier 1 d'EBIOS RM.

6.1 · EBIOS RM, la méthode

Source de risque, objectif visé

Qui pourrait nuire (SR) et dans quel but (OV) ; les couples SR/OV retenus nourrissent les scénarios.

6.1 · EBIOS RM, la méthode

Souveraineté

Localisation et contrôle juridique des données et des traitements : contrôle capitalistique, immunité extraterritoriale, exposition aux injonctions.

5.1 · Comprendre le cloud

Spanning Tree (STP)

Protocole qui élit un pont racine et bloque les liens redondants pour éviter les boucles de couche 2 ; RSTP (802.1w) converge plus vite.

2.2 · VLAN, STP, EtherChannel

SPF / DKIM / DMARC

Authentification du courriel : serveurs autorisés (SPF), signature du domaine (DKIM), alignement avec le domaine affiché et politique en cas d'échec (DMARC, RFC 9989 depuis mai 2026).

8.3 · Poste, messagerie et SaaS

SPIFFE / mTLS

Identité cryptographique de charge de travail et authentification mutuelle entre services, sans secret statique.

4.1 · Identité et IAM

SPOF

Single Point Of Failure : composant dont la perte arrête le service. Le plus fréquent n'est pas matériel — c'est un plan de contrôle ou un annuaire.

6.4 · STRIDE et priorisation

SSE

Security Service Edge : sous-ensemble du SASE, limité aux fonctions de sécurité. Ne pas confondre avec SASE — ambiguïté corrigée dans le schéma 04.

3.2 · Réseau et segmentation

SSPM

SaaS Security Posture Management : comparaison continue de la configuration des applications SaaS (partage, applications tierces, rôles, journaux) à une référence.

8.3 · Poste, messagerie et SaaS

SSRF

Server-Side Request Forgery : le serveur émet une requête vers une destination choisie par l'attaquant — réseau interne, métadonnées cloud. Se traite par liste blanche de destinations et filtrage de sortie.

8.2 · AppSec et API

Stratégie de sortie

Plan qui permet de quitter un prestataire sans interrompre la fonction soutenue : données et format, remplacement, durée, coût, assistance, test daté.

7.5 · Tiers et fournisseurs

Threat model

Analyse structurée des menaces : actifs, frontières de confiance, chemins d'abus, priorisation impact × exploitabilité, contre-mesures. Règle du dossier : aucun schéma livré sans threat model.

6.4 · STRIDE et priorisation

Tier 0

Domaine de contrôle qui administre tous les autres (annuaire, plan de contrôle, console d'administration). Qui le contrôle, contrôle l'ensemble.

4.1 · Identité et IAM

TLP (Traffic Light Protocol)

Étiquettes de diffusion du renseignement, version 2.0 du FIRST (2022) : CLEAR, GREEN, AMBER, AMBER+STRICT, RED — du partage public au destinataire nommé seulement.

9.2 · Détection et CTI

TPRM

Third-Party Risk Management : gestion du risque lié aux tiers, de la sélection à la sortie, avec un effort proportionné à la criticité de chaque fournisseur.

7.5 · Tiers et fournisseurs

Trunk 802.1Q

Lien qui transporte plusieurs VLAN, chaque trame portant une étiquette de 4 octets avec son numéro de VLAN.

2.2 · VLAN, STP, EtherChannel

TTP

Tactiques, techniques et procédures d'un attaquant : son mode opératoire, décrit par exemple avec ATT&CK. Plus durables que les indicateurs techniques, donc meilleures cibles de détection.

9.2 · Détection et CTI

Valeur métier

Ce qui a de la valeur pour la mission (information, processus) ; point de départ de l'atelier 1.

6.1 · EBIOS RM, la méthode

VEX

Document qui déclare si un produit est réellement affecté par une vulnérabilité — la réponse qui évite de courir après chaque CVE.

6.4 · STRIDE et priorisation

VLAN

Réseau logique isolé au niveau 2 sur un même commutateur ; passer d'un VLAN à l'autre exige un routage, idéalement filtré.

2.2 · VLAN, STP, EtherChannel

VRF

Table de routage séparée sur un même équipement : plusieurs réseaux étanches partagent le matériel.

2.3 · Routage, OSPF, BGP

VRRP, HSRP

Redondance de passerelle : deux routeurs partagent une adresse virtuelle, le secours reprend si le maître tombe.

2.3 · Routage, OSPF, BGP

WAF

Pare-feu applicatif web, en coupure devant une application : bloque injections et abus HTTP, sans remplacer le correctif.

3.1 · Pare-feu, DMZ, WAF

WORM

Write Once Read Many : stockage immuable (non modifiable, non supprimable) — condition pour que la preuve survive à la compromission.

9.1 · SOC et résilience

Zero Trust

Modèle où aucune confiance n'est accordée à partir de la position réseau : chaque accès est décidé par identité, contexte et posture.

4.2 · Zero Trust

Zone d'atterrissage (landing zone)

Socle multi-comptes standardisé : structure d'unités, garde-fous hérités, réseau et journalisation centralisés, comptes pré-provisionnés.

5.2 · Sécurité cloud

ZTNA

Zero Trust Network Access : accès à une application, jamais à un réseau. L'utilisateur ne voit que les applications autorisées pour lui.

3.2 · Réseau et segmentation

Repères

Sources, méthode et outillage

Ce que contient ce site, d'où vient l'information, et comment il se régénère.

  • Traçabilité

La règle du dossier

  1. Aucune donnée inventée : chaque schéma Archify est un fichier JSON validé 9/9 avant publication ; les figures de cours sont des croquis pédagogiques, sans donnée réelle.
  2. Les faits réglementaires sont datés : un tableau qui cite un texte porte la date de sa dernière relecture sur la source officielle.
  3. Aucune donnée client : les retours terrain décrivent une méthode et des enseignements, jamais un système, un client ou un incident identifiable.
  4. Un seul site : index.html (portfolio), base.html (cette base) et schemas/ (sources JSON et rendus HTML).

Sources d'appui

Référentiels et documents de travail utilisés pour calibrer le contenu.

SourceCe qu'on en tireLien
ANSSI — EBIOS Risk Manager, guide v1.5 (2024) et fiches méthodeLes cinq ateliers, les échelles de gravité et de vraisemblance, la cartographie de la menace de l'écosystème, les cycles stratégique et opérationnel.cyber.gouv.fr/la-methode-ebios-risk-manage
ANSSI et DINUM — guide de l'homologation de sécurité (avril 2025)Homologuer en quatre étapes, trois niveaux de démarche, pièces du dossier, durées maximales et contrôles selon le texte applicable.cyber.gouv.fr/securisation/homologation-de
IGI 1300 — protection du secret de la défense nationale (2021)Niveaux Secret et Très Secret depuis le 1er juillet 2021, homologation des SI classifiés, dispositifs agréés, rôle de l'ANSSI.cyber.gouv.fr/reglementation/cybersecurite
II 901 — SI sensibles et Diffusion Restreinte (2015)Socle de sécurité, PSSI, homologation, exigences d'architecture, chiffrement agréé pour l'information DR qui sort du SI.cyber.gouv.fr/reglementation/cybersecurite
IM 900 — ministère des Armées (arrêté du 15 mars 2021)Protection du secret et des informations Diffusion Restreinte et sensibles au ministère des Armées ; en vigueur depuis le 1er juillet 2021.www.legifrance.gouv.fr
ANSSI — administration sécurisée des SI (PA-022, v3.0, 2021)Poste d'administration dédié, zone d'administration, bastion, administration par des tiers.cyber.gouv.fr/publications
ANSSI — SecNumCloud 3.2 ; loi SREN, article 31, et décret du 14 avril 2026Qualification des offres cloud de confiance, immunité aux lois extra-européennes ; hébergement des données particulièrement sensibles de l'État.cyber.gouv.fr
ANSSI — directive NIS 2 et référentiel ReCyF (2026)Entités essentielles et importantes, mesures recommandées par l'ANSSI ; état de la transposition à relire avant tout engagement.cyber.gouv.fr/reglementation/cybersecurite
ANSSI — guides d'hygiène, de cloisonnement et d'interconnexion à InternetSocle de mesures, zones, passerelle Internet, refus par défaut : le langage des recommandations françaises.cyber.gouv.fr/publications
ISO/IEC 27001:2022, 27002:2022 et 27005:2022Exigences du SMSI (clauses 4 à 10), 93 mesures de l'Annexe A, gestion du risque à laquelle EBIOS RM v1.5 est alignée.www.iso.org/standard/27001
IEEE 802.1Q, 802.1D et 802.1w, 802.3ad ; IETF (OSPF, BGP, RFC 1918, RFC 5737)Normes des VLAN, de Spanning Tree et de l'agrégation de liens ; protocoles de routage ; plages d'adresses privées et de documentation.www.rfc-editor.org
NIST — définition du cloud (SP 800-145), Zero Trust (SP 800-207), CSF 2.0Cinq caractéristiques du cloud ; plan de contrôle Zero Trust ; référentiel pivot pour rattacher plusieurs réglementations.csrc.nist.gov
MITRE ATT&CKTactiques et techniques adverses : nommer les menaces et mesurer la couverture de détection.attack.mitre.org
CVSS v4.0 (FIRST), EPSS (FIRST), KEV (CISA)Sévérité intrinsèque, probabilité d'exploitation à 30 jours, catalogue des vulnérabilités exploitées.www.first.org/epss/
Règlements UE : NIS 2, DORA, CRA, RGPD, AI ActObligations de notification et délais selon le régime ; obligations par niveau de risque pour l'IA.eur-lex.europa.eu
OWASP — Top 10, API Top 10, ASVS, Top 10 LLMSécurité applicative et des modèles de langage : ce qu'on regarde dans une revue de conception.owasp.org
Fournisseurs cloud — AWS, Microsoft Azure, Google CloudResponsabilité partagée, organisation et garde-fous, journalisation, gestion des clés : documentation de référence de chaque plateforme.docs.aws.amazon.com/IAM/latest/UserGuide/r
IEC 62443 et modèle PurdueZones et conduits, niveaux de sécurité, sûreté industrielle.www.iec.ch/blog/understanding-iec-62443
SLSA, Sigstore, SBOM (SPDX, CycloneDX)Provenance et signature des artefacts de build ; inventaire logiciel exploitable.slsa.dev

Régénérer le site

  • node outils/build-formation.cjs : reconstruit index.html et base.html depuis app/data/*.json.
  • node outils/f1-selftest.cjs : rejoue les contrôles sans écran et écrit le reçu JSON.
  • powershell -File schemas/_check.ps1 -Type architecture -Files <schéma.json> : revalide un schéma (9/9 exigé).

Ce que ce site ne prouve pas

  • Les schémas et les figures sont pédagogiques : ils ne décrivent pas un SI réel audité.
  • Les textes évoluent : la source officielle fait foi et se relit avant tout engagement.
  • Aucun test avec lecteur d'écran n'a été conduit : la structure est sémantique, sans plus.

Repères

Comment ce site est construit

Le site est traité comme un livrable d'ingénierie : contenu en données, assemblage déterministe, tests automatiques, preuves datées et limites déclarées.

  • Méthode et preuves

L'essentiel en 30 secondes

  1. Le texte est une donnée : chaque module vit dans un fichier JSON ; le HTML est assemblé par un script et n'est jamais retouché à la main. La même entrée produit le même fichier, octet pour octet.
  2. Chaque schéma est validé avant d'être livré : 35 schémas d'architecture décrits en JSON, contrôlés par l'outil Archify (9 vérifications sur 9), puis rendus en pages interactives. Les 26 figures de cours sont dessinées en SVG par l'outillage (outils/figures.cjs) et suivent les deux thèmes.
  3. Le comportement est prouvé, pas affirmé : un navigateur sans écran rejoue la recherche, le thème, les filtres, la progression, la politique de sécurité du contenu, l'absence de débordement et le contraste, puis écrit un reçu daté.
  4. L'intégrité est vérifiable : un manifeste liste l'empreinte SHA-256 de chaque source, rendu, outil et preuve ; une commande la rejoue sans rien réécrire. Le dépôt source est privé : accès et démonstration sur demande.

La chaîne de production, étape par étape

Chaque étape laisse un artefact que l'on peut ouvrir et rejouer.

ÉtapeCe qui se passeArtefact laissé
1 · ContenuModules, tableaux, lexique et sources rédigés en JSON, relus et datés pour les faits sensibles.app/data/*.json
2 · SchémasComposants et flux décrits en JSON typé, validés (9 vérifications sur 9), puis rendus par l'outil Archify.schemas/*.json · schemas/rendus/*.html
2 bis · FiguresCroquis de cours (couches, VLAN, ateliers EBIOS RM...) générés en SVG, une couleur par chapitre, sans aucune donnée réelle.outils/figures.cjs
3 · AssemblageUn script lit les données, la feuille de style et les comportements, et produit une page unique avec sa CSP à empreintes.index.html
4 · PreuvesHarnais de comportement dans un navigateur sans écran, captures de rendu, capture et validation de chaque schéma.reçus JSON et captures datées
5 · IntégritéManifeste des empreintes SHA-256, vérifiable sur un clone neuf quelle que soit la plateforme.MANIFEST.json · --verifier
6 · PublicationDossier dist/ sans aucune ressource tierce, avec les en-têtes de sécurité de l'hébergeur.dist/ · _headers

Le dossier d'architecture

  • Un dossier d'architecture de travail accompagne le site : 8 décisions d'architecture (ADR), 9 threat models, 2 matrices de contrôles (NIST CSF 2.0 et ISO/IEC 27002:2022, 133 lignes), une revue contradictoire de 14 constats.
  • Il s'agit d'un cas d'étude sans aucune donnée client réelle : il sert à pratiquer la méthode de bout en bout, pas à décrire un système en production.
  • Règles du dossier : aucun schéma livré sans threat model, aucune technologie retenue sans ADR, aucun contrôle déclaré sans preuve datée.

Réserves assumées

  • 9 threat models couvrent, à ce jour, 9 schémas sur 35 : le périmètre SASE, la chaîne d'attaque et chaque schéma ajouté depuis le 27/09/2026. La dette est déclarée, pas cachée. Les figures de cours, croquis pédagogiques sans composant réel, ne relèvent pas de cette règle.
  • Les 133 contrôles des matrices sont déclarés, 0 est encore testé : c'est la différence entre « déclaré » et « testé » que le site enseigne.
  • Aucun test avec lecteur d'écran ni impression papier n'a encore été réalisé.
  • Les retours terrain s'appuient sur le parcours de l'auteur ; ils décrivent des enseignements, jamais un système, un client ou un incident identifiable.

Part de l'IA

Le site a été conçu, structuré et vérifié par son auteur. Des assistants d'IA ont servi à rédiger des premiers jets, à produire les schémas via le skill Archify et à écrire l'outillage ; chaque sortie passe par les mêmes contrôles (validation des schémas, harnais, faits datés et sourcés). L'IA accélère ; la méthode, les arbitrages et la responsabilité du contenu restent humains.